‹ Description des machines les plus remarquables et les plus nouvelles à l'Exposition de Vienne en 1873Chapitre 64 sur 107 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

MOTEURS REINECKE, DE GORLITZ ET DANEK.

Machine horizontale Relnecke, de Rcenlgsberi^. — La

machine Reinecke (pi. 27) est pourvue du système de distribution Corliss, tel qu'il est appliqué en Amérique sur les machines construites par M. Corliss lui-môme. Nous le

MOTF.UR HEINECKE. 221

blions, pour servir de point de comparaison avec les machines du mi^rae type dont les mouvements ont été modifiés.

La machine, en elle-même, ne présentant aucune disposition particulière, nous donnons simplement un croquis de l'ensemble avec les principales cotes. La pompe à air est mise en mouvement par le prolongement de la tige du piston ; elle est fondue à part le condenseur sur lequel elle repose.

Le piston a O'",i30 de diamètre et C", 833 de course; l'arbre fait 60 révolutions par minute.

Le mouvement des tiroirs est ainsi obtenu : l'excentrique unique, calé sur l'arbre moteur, actionne une sorte de disque Iriangulaipc, dont l'axe est fixé sur une flasque à trois branches de forme irrégulière. Ce disque oscillant porte quatre articulations sur lesquelles sont montées des tiges commandant les deux tiroirs d'échappement et les bielles des appareils de déclanc bernent.

L'ouverture et la fermeture des tiroirs d'échappement s'opèrent sur les orifices latéraux. Les deux articulations placées à gauche du disque transmettent un mouvement alternatif continuel à deux leviers verticaux creux oscillant sur un axe placé à la partie inférieure de la flasque. Chaque levier porte une touche poussant sur l'un des tiroirs d'admission et soumise à l'action du régulateur.

Ces touches sont en fer garni d'acier aux parties frottantes, et elles tendent toujours, par leur propre poids, à se mettre en contact avec les buttées fixées à l'extrémité des tiges.

Les extrémités des touches, à l'opposé des plaques d'acier, sont courbées de manière à subir graduellement l'action d'un régulateur Buss muni de sa cataracte.

Derrière les leviers verticaux sont placés de forts ressorts en acier, maintenus îi la base des flasques et libres à l'autre extrémité. Deux petites bielles relient ces ressorts aux tiges des tiroirs.

±n MOTEUR RBINECKE.

La vue en plan montre que toutes ces pièces sont en porte à faux de la flasque et que les tourillons de tiroirs sont naturellement à des distances différentes de Taxe du cylindre.

Dès que Tun des tiroirs, ouvert par les mouvements du disque et du levier vertical, a sa touche en contact avec le levier recourbé du régulateur, le déclanchement s'opère et le ressort, se détendant, ferme brusquement l'orifice. Le tampon à air forme coussin pour amortir les chocs.

Il est facile maintenant de se rendre compte de tout le mécanisme et des conditions de marche des quatre tiroirs. L'échappement commence à la fin de chaque course et ne se termine que lorsque le piston a presque fini son mouvement de retour. C'est exactement comme si les tiroirs d'échappemennt étaient conduits par deux excentriques spéciaux.

L'admission commence également un peu avant la fin de la course du piston et peut se continuer jusqu'à la moitié de la course suivante. La détente varie donc de 50 à 100 pour 100 de la course. La fermeture des orifices d'admission est essentiellement rapide; l'espace nuisible est très-restreint. En somme, comme on a rarement besoin de détendre avant la moitié de la course, on peut dire que cette distribution remplit bien le programme au point de vue de l'économie de la vapeur.

Le principal défaut de ce système réside dans la complication des organes et dans la difficulté de les entretenir toujours en bon état, quels que soient d'ailleurs les soins qu'on ait pris pour le construire. II n'y a pas moins de ving^-quatre articulations et de quarante pièces distinctes, rien que dans la distribution. Lorsque la moindre des choses se dérange, il faut un mécanicien très-compétent pour faire la réparation. En France, étant donné le peu d'intelligence des hommes généralement préposés au chauflage des générateurs et à la surveillance des moteurs, nous n'en conseillerions pas l'emploi, malgré l'économie de combustible qui pourrait en résulter.

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