‹ Description des machines les plus remarquables et les plus nouvelles à l'Exposition de Vienne en 1873Chapitre 75 sur 107 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

CHAUDIÈEES ▲ YAPEUR.

L'Exposition de Vienne renfermait des générateurs à vapeur de toutes sortes de systèmes, les uns alimentant les moteurs en mouvement, les autres démontés et classés dans la galerie des machines.

On pouvait diviser tous ces appareils en trois groupes bien distincts ; le premier renfermant les chaudières simples, formées essentiellement de corps cylindriques et de bouilleurs, logés dans une maçonnerie ; le deuxième comprenant les chaudières tubulaires combinées avec des bouilleurs, logées aussi dans une maçonnerie; le troisième enfin, composé de chaudières tubulaires, genre locomotive, des appareils essentiellement tubulaires sans corps cylindriques ni bouilleurs, et d'autres systèmes portatifs sans maçonnerie. En général, les exposants avaient cherché la solution du problème, qui consiste à réunir dans un même appareil les quatre qualités suivantes : économie de combustible, conduite facile, sécurité et longue durée. Quelques-uns ajoutaient à leur programme le prix réduit d'installation, d'autres visaient à l'emplacement restreint, mais tous, sans exception, faisaient valoir le bon emploi du combustible.

Les appareils tubulaires bien combinés, à foyer intérieur, sont un peu plus compliqués que les autres, mais ils ont un meilleur rendement, ce qui fait renoncer petit à petit aux chaudières du premier groupe.

Les chaudières portatives, à grandes surfaces de chauffe, sont en général très-difficiles à bien exécuter, à entretenir et i réparer ; c'est pourquoi leur usage est limité à des applications spéciales, lorsqu'on dispose d'un emplacement peu considé-

rable, ou qu'on a besoin de changer souvent Tinstallation de place.

Dans les travaux usuels, les chaudières du deuxième groupe, dont Galloway et Fives-Lille présentaient des types très-bien étudiés, sont préférables aux autres, car elles utilisent raieux le combustible que les premières et sont moins compliquées que les troisièmes. Les chaudières Galloway ont deux bouilleurs intérieurs et une série de tubes coniques entretoisant les parois du bouilleur et mettant en communication les couches d'eau inférieures et supérieures. Ces tubes sont faits de manière à ce que les brides inférieures puissent passer au travers (lu trou ménagé à la partie supérieure du bouilleur; leur emmanchement est très-facile, et ils offrent le double avantage d'accroître la résistance des bouilleurs et d'augmenter notablement la surface de chauffe. Les gaz se rendent à la cheminée en traversant les carnaux latéraux et inférieurs. Plus de 100000 tubes Galloway, fonctionnant en Angleterre et sur le continent, prouvent assez en faveur du système qui vient de valoir à son inventeur le diplôme d'honneur.

La chaudière de la compagnie de Fives-Lille, qui alimentait les moteurs de la section française, était composée de deux bouilleurs inférieurs et d'un corps cylindrique muni d'un faisceau de tubes.

Cette disposition, que Fives emploie généralement dans ses installations, utilise bien le combustible, coûte un prix modéré et ne nécessite qu'un espace relativement restreint.

La chaudière de l'Exposition avait 140 mètres carrés de surface de chauffe, elle était garnie de tubes en fer de 0'",070 de diamètre sur 5", 600 de longueur.

Sulzer frères emploient une disposition qui diffère peu d'une double chaudière de Cornouailles avec des tubes de Galloway. Les tôles des foyers sont assemblées sur des bords rabattu» ^a façon à ce qu'aucune clouure ne soit en contact de^" Dans le double but d'augmenter la circolatio

bouilleurs et d'empêcher le tartre d'adhérer sur les parties directement exposées au feu, les constructeurs placent à l'intérieur de la chaudière des tôles courbées, enveloppant les bouilleurs jusqu'au milieu de leur pourtour, et laissant entre les deux surfaces (interne des plaques et externe des bouilleurs) une couche d'eau de quelques centimètres.

On a pris soin dans l'installation d'éviter de faire reposer la chaudière sur la maçonnerie, ou de l'emprisonner d'une manière complète. Toute la partie métallique porte sur quatre consoles en fonte, et les bouilleurs sont suspendus à une tôle rigide.

Le réchauffeur d'eau d'alimentation a une surface égale à celle de la chaudière. Le générateur qui fonctionnait à Vienne avait les dimensions suivantes :

Longueur du corps cylindrique et des bouilleurs. 6*, 10

Diamètre du corps cylindrique 1*,90

Diamètre des bouilleurs 0",72

Diamètre des tubes réchaufieurs 0"^,50

Pression effectuée 5'' 00

Surface de chauffe 46"*,30

Surface totale du réchauffeur 36", 80

La grille était du système Mehl, avec de nombreux barreaux très-hauts et très-étroits.

Bède se servait d'un générateur Belleville, modèle de 1872, que nous décrirons plus loin.

Bolzano et Tedesco, de Prague, chargés de fournir la vapeur aux pompes motrices de Decker, avaient installé un double foyer à grilles en gradins, deux corps cylindriques munis de faisceaux tubulaires longitudinaux et deux réservoirs de vapeur reliés aux corps cylindriques par une tubulure.

Les gaz chauds, après avoir enveloppé la paroi extérieure du grand réservoir d'eau, passaient dans les tubes et se rendaient à la cheminée en entourant complètement les réservoirs

GHAUOIÈHES A VAPEDR. «77

de vapeur. Les deux géuérateurs pouvaient fonctionner simultanément ou l'un sana l'autre.

Les pompes de la Société de Briinn étaient également munies de deux chaudières composées chacune d'un corps cylindrique horizontal recevantraction directe de la flamme, et d'un grand corps cylindrique tabulaire vertical placé à l'extrémité du premier.

De nombreuses expériences ayant démontré que la principale cause des pertes de chaleur provient du rayonnement de la tôle sur les maçooneries, la tendance générale des constructeurs de chaudières est de faire des foyers intérieurs (1). On fait également des chambres de combustion spacieuses, et grands réchauffeurs d'eau d'alimentation.

Dans un autre ordre d'idées, -on peut encore signaler, comme se généralisant, l'emploi des tubes en fer amovibles qui procurentaux chaudières une grande facilité de transport, une notable économie de premier établissement sur les tubes en cuivre.

Parmi tous les appareils exposés, nous en avons remarqué cinq, qui par leur originalité nous ont paru dignes d'être dessinés et décrits. Nous voulons parler des chaudières Meyn, Bergmana, Cater, Davey-Paxman et Belleville, modèle 1872.

(1)&ctieiirer-Kesliier a IrouTéen 1869que, sur 100 calories;

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