‹ Description des machines les plus remarquables et les plus nouvelles à l'Exposition de Vienne en 1873Chapitre 76 sur 107 · par la vapeur d'eau de la fumée · texte numérisé non relu

par la vapeur d'eau de la fumée

ii.3 perdues dans la maçonnerie.

PIds récemment U . Léon Llioerl, ingénieur des minesi a déterminé les proporlious suivantes :

S9.S9 dans la vapeur; 9.10 dans les cendres ; S.43 dans les gaz écliappés par la cheminée ; 9.07 perdu par combustion incomplète ; U.tâ pvi'iiii pur vvaporjlian <le l'euu de moiiillagi! ; iO.Si perdu pur rayunnenicnt, par le nettoyage des Teux 61 d*aiitrei causes non évaluées.

Chaudière Terticale, «irstèiiie Mejn. — Cette chaudière, que nous représentons planche 33, se compose d'un corps cylindrique vertical, surmonté d'un réservoir de vapeur, d'un grand foyer, d'une boîte à fumée enveloppant le réservoir de vapeur, et de deux faisceaux tubulaires.

Les gaz chauds lèchent d'abord une série de tubes méplats et le ciel de la boite à feu, puis ils traversent la deuxième série de tubes en se rendant à la boite à fumée, dans laquelle se trouve un surchauffeur de vapeur.

Pour donner au foyer des proportions suffisantes, on construit un léger appendice en briques qui vient se raccorder avec la fondation de la chaudière.

Le ciel du foyer et le dôme du réservoir de vapeur sont solidement reliés entre eux par quatre tirants fixés au moyen de grands goussets et a de larges pattes.

Les tubes inférieurs constituent la particularité la plus saillante du système, ils ont un double but : augmenter la surface de chauffe et s'opposer au passage trop rapide des gaz chauds. Leur construction est indiquée par une coupe, un plan et une élévation.

L'aplatissement de ces tubes et la création des plissures sur leurs deux faces sont obtenus par un procédé particulier que les constructeurs ne divulguent pas, mais qu'il serait facile d'imiter ou de remplacer par un autre ; le perçage des trous dans les plaques tubulaires, pas plus que la pose des tubes, ne présontiuit aucune sérieuse difficulté.

La résistance des tubes plissés est considérable. Le constructeur avait exposé à Vienne l'appareil .1 pression hydraulique, qui lui sert a éprouver chaque tube avant la pose, et nous avons pu (îHHiiynr plusieurs échantillons, jusqu'à 15 atmosphères, sans prodiiin^ la moindre déformation.

Ainni vvWv nouvelle disposition procure, sur les tubes ronds, diîiix avaiitagrH réels : elle augmente considérablement la surtua* dr cliaiilli» pour un espace déterminé, et retarde le passage

CHAUDIÈKES A VAPEUR. 279

des gaz chauds dans les tubes supérieurs et la boîte à fumée.

Les tubes inférieurs sont remplis d'eau, les autres reçoivent la fumée. Le niveau moyen de l'eau se trouve aux deux tiers de la hauteur de ces derniers.

Comme on le voit, M. Meyn s'est surtout préocoupé d'avoir de la vapeur sèche. Le réservoir de vapeur est totalement entouré par les gaz se rendant à la cheminée, les tubes sont découverts sur une partie de leur hauteur, enfin un serpentin d'une grande longueur embrasse le dôme et se trouve ainsi léché par l'air chaud et la fumée. Ces précautions multiples auraient peut-être donné Heu à des inconvénients sérieux, si, grâce h la combinaison des tubes plats, on avait réussi à absorber dès le début une grande partie de la chaleur dégagée dans le foyer.

Le manomètre, le niveau d'eau et les robinets de jauge sont placés sur une tubulure en fonte faisantsaillie sur la chaudière. Cotte tubulure, d'un assez grand diamètre, tst surmontée d'un silïlet d'alarme que fait mouvoir un flotteur à action directe.

Bien que ce système de générateur paraisse compliqué et soit réellement formé d'un grand nombre de pièces, toutes ses parties sont faciles à aborder, à nettoyer ou à réparer.

La seule preuve que nous puissions donner de son bon fonctionnement est celle-ci : l'usine Krupp possédait en janvier 1873 vingt-cinq chaudières Meyn, il en a été commandé dans le courant de l'année vingt-quatre nouvelles.

II est juste d'ajouter que M. Holler est un excellent chaudronnier, et que le rîvetage obtenu à la machine est d'une perfection inconnue dans le travail à la main. Les rivets remplissent bien les trous, leurs tètes sont larges, nourries à la naissance et parfaitement concentriques (1).

RiB joints horizontaux des viroles entre elles sont à rappro- Hous avons jjgé le Iravail sur une série de pièces coupées au DilUem*' « nom SHpposuus ici, ce qui est J'ailleurî probabifl, qiie tous les la mÈme précision.

M) GHAUDliBES k TÀPECl.

chement avec bandes de recouyrement. Il n'y a qii*ime seule rangée de rivets sur chaque tôle, ce qui nous parait un peu hardi, malgré le serrage énergique produit par la rivure et la qualité supérieure du métal. Nous aurions préféré une double rangée de rivets en quinconce, afin de présenter au cisaillement deux sections légèrement affaiblies, au lieu d'une seule trèsfaible.

La pression de la vapeur de ces chaudières dépasse rarement 4^,5. Leur chauffage est souvent obtenu par le gaz perdu des fours à puddler.

De nombreuses expériences ont été faites avec les chaudières Meyn, et toutes ont donné des résultats satisfaisants, même après plusieurs années de service.

Voici le résumé des derniers essais faits à Taciérie d'Essen:

La chaudière avait 34*',o de surface de chauffe totale, savoir: 24 mètres carrés au-dessus de la ligne d'eau et 10 mètres audessus. Sa surface de grille était de 1"',54.

On a d'abord analysé le charbon, qui adonné :

de carbone ;

hydrogène non combiné ;

hydrogène combiné ;

oxygène et nitrogène ;

soufre ;

eau;

cendres.

La température du gaz dans la cheminée, dans le voisinage immédiat de la boîte à fumée, a varié de 215 à 240 degrés centigrades; les cendres n'ont pas dépassé 14 à 16 pour 100 da combustible brûlé.

Ce qui donne de l'importance aux résultats obtenus à Essen, c'est que les expériences ont été faites en dehors du concours de l'inventeur, par le chef machiniste, qui voulait se rendre compte de l'allure la plus convenable à donner au feu, et qu'on

s'est servi des chauffeurs de l'usine et du charbon ordinaire-* ment employé.

HUMÉROS

do

L'BXFBAimCB.

K1L06. D'BàU

éraporée

pvrkiloff. de charbon.

Kilog. de charbon

brûlée

par mètre carré

de surface

de chaulIlB

et par heure.

Kilog. de charbon

brûlée

par mètre carré

de iurrace de grille

et par heure.

Effet utile

de la chaudière

ou rapport des caloriee

contenuea

dans la Tapeur

arec œllet contenues

dans la chaudière.

Moyennes

Pour faire apprécier les résultats très-remarquables obtenus à Essen, en ce qui concerne le charbon brûlé par mètre carré de surface de chauQe, il nous suffira de donner, d'après MM. Morin et Tresca, le résumé d une série d'expériences exécutées sur les chaudières les plus diverses de formes et de systèmes (I).

D<S16NAT10!f DBS CHAUDIÈRES.

KILOG. DE CHARBON brûlée par mèlre carr6 de aarrac«d« cbaufte et par heure. '

KILOG. DK CHARBON brûlés par mètre carré de sarfàee de grille et par beare.

En tombeau (expériences de Wicksteed)

Cylindrique sans bouilleurs. . .

Cylindrique à un seul bouilleur.

Cylindrique h. deux bouilleurs.

Cylindrique h trois bouilleurs.

Cylindrique à bouilleurs latéraux, système Farcot

Tubulaire' (type locomotive). . .

Tubulaire, système Molinos et Pronnier

Tubulaire, système Zambeaux.

Tubulaire Prouvost.

Nous pourrions multiplier les exemples; mais ceux qui précèdent suffiront pour démontrer qu*avec une chaudière

(1) Des Machines à vapeur, t. I, p. 405 et suivantes.

28S CHÂUDIÈRBS A VAPEUR.

système Meyn on peut, en sacrifiant dans une certaine mesure réconomie de combustible, produire beaucoup plus de vapeur qu'avec n'importe quel autre système, à surfaces de chauffe égales.

Cette grande production de vapeur peut rendre des services importants dans les forges et dans toutes les usines oii l'emplacement du générateur est restreint. On peut placer, en effet, dans un espace de 4 mètres carrés, un générateur Meyn de 35 mètres carrés de surface de chauffe, lequel peut alimenter une machine de 60 à 100 chevaux.

Un examen attentif du dessin fera voir que, malgré la multiplicité de ses parties, la construction de cette chaudière ne présente aucune difficulté pratique et qu'elle est très-facilement démontable.

En général, les tubes, dont les plaques d'attache sont exposées, d'un côté à l'action directe des gaz chauds, de l'autre à celle de l'eau ou de la vapeur humide, donnent lieu à de fréquentes fuites. Aussi redoutait-on cet inconvénient lors de la construction des premières chaudières système Meyn. L'expérience de plusieurs années a démontré que la faible longueur des tubes et leur pénétration presque entière dans le réservoir d'eau empêchaient les grands écarts de dilatation et, par suite, les fuites à la partie supérieure.

Chaudière Berg^mann. — La chaudière Bergmann présente aussi une disposition nouvelle très-en faveur dans les usines allemandes. Nous la représentons planche 34 en élévation, coupe longitudinale, et diverses coupes transversales.

Ce générateur se compose : 1* d'un corps cylindrique vertical de 0",785 de diamètre sur 3", 440 de hauteur, reposant sur un socle en briques ; 2* d'un deuxième corps cylindrique placé au-dessus du premier, ayant 1",410 de diamètre et 1",570 de hauteur, et d'une série de tubes pendentifs à circulation placés sur le fond du corps cylindrique supérieur, autour du premier réservoir.

Le corps cylindrique supérieur est entièrement enfermé dans la maçonnerie; les tubes de circulation, au nombre de quarante-quatre, forment une double couronne autour du réservoir d*eau; leur diamètre est de O^jOTS et leur longueur de 1",520. Pour placer le tube de niveau d'eau, on a ajouté un appendice cylindrique horizontal qui traverse l'enveloppe en briques. Au sommet de la chaudière se trouve un petit dôme recevant les soupapes de sûreté et le robinet de prise de vapeur.

Le foyer est complètement à Textérieur de la chaudière ; la grille, qui se compose de deux séries de barreaux, a 1°',50 de longueur sur 1",300 de largeur. L'entrée du combustible se fait par une double porte.

Le tirage est combiné de façon à forcer les produits de la combustion à suivre en spirale le corps de la chaudière et à passer au milieu des tubes dans la direction indiquée par les flèches.

En réalité, la chaudière Bergmann est du système Field, à foyer et à tubes extérieurs.

Avant de discuter la valeur des tubes à circulation, nous reproduisons la critique faite par le journal V Engineering sur la chaudière Bergmann, critique à laquelle nous adhérons complètement :

« Nous ne saurions nous associer aux témoignages d'admiration accordés à ce spécimen de l'industrie allemande. On appuie surtout sur l'avantage de voir tous les dépôts séparés de l'eau dans le corps inférieur de la chaudière, ce qui évite le danger de voir brûler les tubes. On ajoute que les tubes penditifs sont dans de meilleures conditions pour utiliser la chaleur du foyer. C'est là le seul avantage que nous reconnaissions à la chaudière Bergmann. A surface de chauffe égale, cette chaudière pourra être plus légère que la chaudière Field, mais il faut mettre en regard de cet avantage les frais considérables de l'enveloppe en briques.

284 CHAUDlinES A VAPEnL

c Sans discuter les avantages du chauffage intérieur ou extérieur d*une chaudière, disons que les ingénieurs du continent ont une préférence pour le chauffage extérieur, que nous n a- Yons pas en Angleterre ; il est vrai qu*avec le chauffage intérieur il est souvent difficile d'avoir une surface de grille suffisante, surtout quand le charbon à employer est de qualité inférieure.

« Le grand défaut de cette chaudière, c'est que toutes ses parties sont inaccessibles, et comme, même d*apres la maxime des Allemands, la durée des chaudières est une question de facilité d'accès à toutes ses parties, celle-ci ne peut durer longtemps.

« Deux trous sont réservés dans l'enveloppe en briques ponr le nettoyage de la chaudière et pour pouvoir au besoin faire sauter un tube à remplacer en le frappant par-dessous avec nn maillet ; mais ces trous sont bouchés avec des briques réfractaires, qu'on doit enlever chaque fois qu'on veut nettoyer le bas de la chaudière ou remplacer un tube. Dans ces conditions, la difGculté du nettoyage est telle, qu'on est certain qu'il restera sans être nettoyé. 11 est inutile d'insister sur l'importance qu'a le nettoyage au point de vue du bon fonctionnement et de la sécurité d'une chaudière. L'inventeur, de son côté, dit qu'avant tout, dans toutes les parties de la chaudière exposées à l'action des flammes, les formes doivent être établies de façon à oDrir de très-larges surfaces en raison de leur capacité, et que dans les parties exposées au refroidissement par l'air extérieur les formes employées doivent être, autant que possible, sphériques et ouvrant une grande capacité par rapport à leur surface. Ceci est très-correct en théorie et en pratique, et nos lecteurs peuvent juger combien cette nouvelle chaudière fait une bonne application de ce principe. »

Beaucoup de personnes croient encore aujourd'hui que l'invention des tubes pendentifs est de M. Field, et que la circulation de Teau dans les tubes procure en pratique une mise en

CHAUDffeRES A VAPEUR. 28S

pression plus rapide, une économie de combustible ot empêche la destruction des parties exposées au fou.

Autant de faits, autant d'erreurs.

Perkins imagina !e premier d'introduire un tube intérieur dans un tube bouilleur vertical, pour amener rapidement toute l'eau d'une chaudière en conlactdirect avec le foyer. Ses brevets datent de 1831.

<< Les appareils à circulation, disent à ce sujet MM. Morin et Tresca (1), jouirent à ce moment d'une certaine vogue ; mais, soit que l'alimentation ne fût pas suffisamment régulière, soit que la vapeur fftt portée à une température trop élevée, soit enfin que les dépôts formés par les eaux pendant leur parcours eussent mis rapidement ces appareils hors de service, ils furent bientôt abandonnés, et c'est seulement à une époque beaucoup plus rapprochée de nous que les chaudières à circulation ont été de nouveau employées en France. »

Nous ajouterons que la fabrication des tubes en fer s'est beaucoup perfectionnée depuis quarante ans, et que c'est surtout à cette circonstance qu'on doit le succès récent des '^énératears tubulaires de toutes sortes.

Perfcins mettait le tube intérieur au niveau du tube extérieur, il en résultait que la vapeur, sortant abondamment par l'orifice annulaire, s'opposait à la rentrée de l'eau dans le tube intérieur et que souvent les tubes se vidaient pour se remplir ensuite d'un seul coup. Field, il est vrai, imagina de surmonter le tube intérieur d'un petit entonnoir, qui force la vapeur à s'éloigner du centre et remédie à l'inconvénient des tubes de même niveau imaginés par Perkins; mais Abbott avait déjà pris, dès 1832, un brevet français pour une disposition où la surélévation du tube intérieur supprimait les mêmes inconvénients (2).

(1) Machirtti à vapeur, éililioii 1863, p. 279.

(2) L'invuniioi) lie M. AbboU, mise acluellenicnl ea prRlînue par plusieurs ciiauilruiinicrs, doDnc des résullatâ siilisraisanU.

Il est juste de dire, à la gloire de M. Field, que c'est lui qui, le premier, a ressuscité une idée totalement oubliée, et que si les chaudières à tubes pendentifs rendent de grands services dans certaines circonstances, c'est bien à lui qu'on le doit. S'il n'a pas été le créateur du système, il en est incontestablement le vulgarisateur, ce qui vaut mieux, au point de vue du service rendu à la société. La solution du petit entonnoir est d'ailleurs extrêmement remarquable et donne d'aussi bons résultats qu'il est possible d'en obtenir avec ce genre d'appareil .

La circulation, pratiquement parlant, n'économise pas le combustible et ne permet pas de monter plus rapidement en pression. Pour économiser le combustible, il faut procéder tout autrement : loin de chercher à agiter Teau, ce qui , en résumé, nécessite une dépense de chaleur, il est nécessaire de chauffer méthodiquement. Les gaz chauds doivent être en contact d'abord avec les couches d'eau supérieures et, avant d'arriver à la cheminée, ils doivent rencontrer l'eau le plus froide possible. Comme l'eau est essentiellement mauvaise conductrice de la chaleur, on pourrait arriver, avec un chauffage renversé dans une chaudière verticale, à avoir de l'eau presque froide en bas, les bouillonnements et les enchaînements d'eau seraient à peu près nuls, et on obtiendrait ainsi le maximum de rendement.

Une preuve de ce que nous avançons, c'est que la chaudière Molinos, sans aucune circulation, vaporisait en service courant de 10 à 11 kilogrammes d'eau par kilogramme de charbon, tandis que les chaudières Field vaporisent 8 à 9 kilogrammes dans les essais et 6 kilogrammes en service courant.

La rapidité de la mise en pression dépend du rapport entre la surface de chauffe et le volume d'eau; à surfaces de chauffe égales et à volumes d'eau égaux, elle est évidemment d'autant plus grande que le rendement calorifique est plus grand. Or une chaudière à circulation a un rendement inférieur aux

CllAUDli^ES A VAPEDR. 587

chaudières à chauffage méthodique ; donc les premières ne peuvent revendiquer une supériorité comme rapidité de mise en pression.

Les tubes pendcnllfs se brûlent fréquemment, soit par suite de l'accumulation de l'air à leur partie inférieure, soit par les dépôts que forment certaines eaux, malgré l'énergie de ta circulation. Beaucoup de chaudières ne fonclionnent pas d'une manière continue, et les députa formés pendant les repos acquièrent quelquefois une adhérence telle, que le burin seul peut les attaquer. Nous avons vu des tubes, remplis jusqu'à 0",10 de hauteur, ayant le tube de circulation complètement noyé dans le tartre. Lorsqu'on emploie des eaux à peu près pures, les tubes se conduisent très-bien, et la circulation suffit pour empêcher les dépôts adhérents.

Le seul avantage des chaudières Perkins, Abbott, Saint- Georges, Alban, Field, Girard, Lanet, Bergmann, Thirîon, Fontaine, Guibert, etc., etc., c'est de pouvoir renfermer sous UQ petit volume une très-grande surface de chauffe, ce qui est excellent pour les pompes à incendie et pour toutes les installations qui exigent une grande puissance et un petit poids.

Cette digression est un peu longue ; mais elle n'est pas sans utilité. Dans le courant d'une seule année, nous avons reçu trente-quatre lettres d'industriels qui nous demandaient notre avis sur cette importante question, et huit demandes de brevets d'invention à déposer, pour des perfectionnements soidisant nouveaux aux dispositions actuelles des tubes de circulation.

cbandlère Cater. — La chaudière Cater , représentée planche 35, était exposée à Vienne par les successeurs de Barrett, de Reading. Elle se compose d'un corps cylindrique dans lequel sont disposés deux groupes de tubes inclinés, d'une boîte à fumée, d'un foyer extérieur, d'un dôme de vapeur et d'une petite construction en briques.

Les gaz chauds, après avoir léché la partie inférieure du

i88 CHAUDIÈRES A VAPEUR.

corps cylindrique, traversent les tubes du bas, arrivent à la boîte à feu et se rendent à la cheminée par la rangée supérieure des tubes.

Les tubes se nettoient facilement, grâce à la double porte placée sur le devant de la boite à fumée. La cheminée peut d'ailleurs se démonter en très-peu de temps.

Le nombre des tubes est de quarante-deux en bas et soixante* quatre en haut ; leur diamètre est de O^'^Oô ; leur longueur, de 1",80 en bas et 2", 25 en haut. La surface de chauffe est de 25 mètres carrés. Cette chaudière tient dans un espace de 1",70 de largeur sur 2", 60 de longueur.

CTIiaadtère Davey-Paxman. — Cette chaudière, représentée planche 35, est du système vertical à foyer intérieur. Elle repose sur un socle en fonte servant de base au foyer. Seize tubes courbés, fixés d'une part à la partie inférieure de la boite à feu, et d'autre part au ciel du foyer, forment la partie principale de la surface de chauffe.

La disposition de ces tubes n'est pas nouvelle, mais les par^ ticularités brevetées par Davey-Paxman consistent dans ce que les tubes sont légèrement diminués de diamètre à leur extrémité inférieure, au point oh ils se courbent pour rejoindre les côtés de la boîte à feu, et qu'ils sont munis à leur extrémité supérieure de déflecteurs légèrement concaves en dessous.

La diminution de diamètre à Textrémité inférieure rend le tube plus élastique et augmente sensiblement l'intensité de la circulation au point où les dépôts sont le plus à redouter. Le déflecteur donne une direction horizontale au courant ascendant et empêche toute projection d'eau dans le réservoir de vapeur.

Chaudière BelleTiUe. — Le moteur Bède était desservi par une chaudière Belleville, modèle de 1872, dont nous donnons un dessin complet planche 36.

Cette chaudière renfermant les différences essentielles avec

l'ancien type du môme inventeur, nous allons la décrire avec ses principaux détails.

La chaudière Belleville, modèle 1872, se compose d'un faisceau de tubes disposés horizontalement au-dessus d'un foyer à double grille ; le tout renfermé dans une enveloppe pourvue de portes, qui rendent toutes les parties accessibles pour les visites et le nettoyage. L'enveloppe est formée extérieurement d'une caisse en tôles et cornières ; elle est en briques sur trois de ses faces.

Le faisceau de tubes comprend une série d'éléments composés chacun de tubes droits, suocessivement inclinés dans le sens du courant et disposés sur deux plans. A chaque étage, le tube d'un plan se relie, à l'aide d'une boîte de raccordement horizontale, avec le tube correspondant de l'autre plan. De sorte que chaque élément tubulaire complet a l'aspect d'un serpentin composé de spirales de forme très-allongée, dont le rampant est réparti également entre tous les tubes.

Les éléments distincts sont réunis en haut et en bas à des collecteurs communs placés transversalement.

L'alimentation se fait naturellement par le collecteur inférieur et la prise de vapeur par le collecteur supérieur.

On comprend que la conduite d'un appareil renfermant une si petite quantité d'eau aurait présenté des difficultés insurmontables, si l'inventeur n'eût combiné des régulateurs automatiques pour l'alimentation de l'eau et du combustible. Le moindre arrêt dans la consommation de vapeur aurait fait monter la pression d'une manière e.vagérée, et la plus petite variation dans le débit des pompes aurait eu des conséquences fâcheuses.

Le régulateur agissant sur la consommation du combustible se compose d'une capacité cylindrique en fonte dans laquelle se trouve logé un tube élastique, absolument étanche, composé d'une succession de disques en acier séparés par des rondelles de caoutchouc. La capacité en fonte est en commu-

3d0 CHAUDIÈRES A VAPEUR.

nication avec la chaudière, dont la pression agit extérieure^ ment sur le tube élastique et le comprime plus ou moins fortement. Ce tube est intérieurement en communication avec l'atmosphère ; tous les mouvements que la pression lui fait éprouver sont transmis au registre de la cheminée, lequel active ou modère la combustion, et maintient ainsi une près* sion uniforme dans la chaudière.

Cet appareil est d*une grande simplicité; il est facile à installer, à régler et à réparer. Son fonctionnement est très* régulier.

L ah'mentation est réalisée au moyen d'une pompe, d'un robinet particulier et d'un régulateur. Le robinet est gradué; sa clef possède un orifice rectangulaire dont la longueur est réglée à raison de tant de millimètres par chaque mètre carré de grille. Cette proportion est déterminée de telle sorte que, sous la hauteur de charge constante à laquelle on veut réaliser l'alimentation à régime permanent, chaque tranche d'un millimètre d'ouverture puisse débiter le cinquième du poids total maximum d'eau que peut vaporiser le générateur.

Le régulateur est formé de deux capacités : l'une élastique, qui reçoit intérieurement la vapeur du générateur ; l'autre en fonte, qui est en communication avec la conduite d'eau d'alimentation. Le tube élastique est formé de disques coniques en laiton rivés entre eux, à leurs circonférences extérieures et intérieures, avec interposition d'une bande de caoutchouc. II est soumis extérieurement à la pression de la conduite d'eau d'alimentation, et intérieurement, à la pression du générateur. Voici comment ce régulateur agit :

Lorsque la différence entre les pressions de la vapeur et de l'eau refoulée atteint 2 kilogrammes, par exemple, le ressort est suffisamment comprimé pour que la tige supérieure soulève la soupape de décharge et empêche toute rentrée d'eau dans le générateur, sans pour cela que la pompe subisse aucun arrêt.

Il résulte de là que, tant que la pompe fournira un voloffl*

CUAUDlËnES A VAPEUR. 391

d'eau supérieur à celui absolument indispensable pour la dépense de la vapeur, la pression ou hauteur de charge sous laquelle s'effectue l'alimentation, reste constaroment à 2 kilogrammes par centimètre carré, ou 20°, 66 de colonne d'eau. Il eu serait de même pour toute autre pression, eavuede laquelle seraient réglées la tension du ressort et la course de la tige supérieure.

Bclleville emploie encore dans ses chaudières un épurateur d'eau, qui nous parait aussi simple qu'efficace. Cet appareil est basé sur la propriété qu'ont les solides et les liquides de se séparer des produits gazeux, en raison do leur différence de densité, sous l'action de la force centrifuge- La vapeur du générateur pénètre par la tubulure B dans le tube spiral C, qui a un diamètre aussi réduit que peut le permettre le débit ù effectuer, pour que la circulation rapide de la vapeur détermine le maximum réalisable d'action centrifuge. Sous l'influence du mouvement de rotation, les parties les plus denses, solides ou liquides, se portent à la circonférence extérieure du tube spiral, et au sortir dudit tube elles sont projetées tangentiellement sur la paroi du cylindre et tombent bientôt au fond de l'épuratcur. La vapeur s'élève sans mélange par l'orifice de sortie D.

L'eau et les autres corps étrangers séparés mécaniquement de la vapeur sont extraits, au fur et à mes'jrc de leur accumulation, par le robinel de purge automatique E.

En résumé, le foyer, les régulateurs, l'épurateur et la disposition nouvelle des tubes du générateur Bclleville sont des combinaisons très-ingénicuses qui facilitent beaucoup la conduite du feu et donnent une sécurité, contre tout accident, presque absolue. Cependant nous ne saurions en préconiser l'usage d'une manière générale, car nous avons souvent reconnu que les meilleures combinaisons automatiques peuvent donner lieu ù un défaut de surveillance et à des dérangements au moment où on s'y attend le moins* J

i92 CHAODIÈRES A VAPKDR.

appareils nécessaires au fonctionnement d'un semblable générateur constitue en réalité une installation assez compliquée, ce qui, pour beaucoup d'ingénieurs, est un défaut capital.

Des expériences faites tout récemment, aux usines de Seraing, sur un générateur de 60 chevaux, ont démontré que la production de vapeur était de 23 kilogrammes par cheval, et de 9 kilogrammes par kilogramme de charbon de terre de bonne qualité.

A Bességes, la production de vapeur a été de 26 kilogranmies par cheval,et de 8^,5 par kilogramme de charbon menu de forge.

mégwdmUmr «allHMntattoM ém nmttÊkmû flréres — MM . Buf-

faud frères exposaient un régulateur pour l'alimentation des générateurs que nous représentons avec une essoreuse des mêmes constructeurs (pi. 59).

Lorsque le niveau normal est atteint, le flotteur A, qui manœuvre dans un récipient en fonte indépendant de la chaudière, ferme la petite soupape C placée sur le tuyau latéral au récipient; celle-ci interrompt la communication de la vapeur et enlève toute pression sur le piston D. L'eau, refoulée par la pompe dans le tuyau E, passe alors sous la soupape supérieure et se rend au réservoir d'alimentation. La soupape inférieure est appuyée sur son siège par la pression de la chaudière.

Si le niveau d'eau du récipient vient à baisser, le flotteur A descend, et par l'intermédiaire du levier B découvre la soupape C, laquelle donne passage à la vapeur de la chaudière. Le piston D ferme alors la soupape supérieure et la tient collée sur son siège avec une puissance proportionnelle a la surface dudil piston. L'eau refoulée soulève la soupape inférieure et pénètre dans la chaudière en traversant le robinet F.

Dans le cas où le niveau de la chaudière, et par suite du récipient, continue à baisser, il arriverait un moment où le levier B presserait sur Técrou G et découvrirait la soupape du sifflet. Le chauffeur serait donc immédiatement averti du manque d'eau.

L*eau s'élevant, le flotteur recommencera sa manœuvre dès que le niveau normal sera obtenu.

Ce régulateur, basé sur le déplacement d'un flotteur et l'emploi de plusieurs soupapes, donnera un bon résultat tant que le flotteur A restera étanche, que le piston D ne laissera pas passer de vapeur et que les soupapes reposeront bien sur leurs sièges. Toutes choses faciles à obtenir et à conserver avec des eaux de bonne qualité.

aNQUIÈME PARTIE

Page 1