CHAPITRE XXXIX
POMPES CENTRn^nGES.
Le principe de la pompe centrifuge est maintenant trop connu pour qu'il soit nécessaire de s'étendre longuement à ce sujet.
Une roue à aubes calée sur un axe est animée d'un mouvement rapide de rotation; l'eau renfermée entre les ailettes est refoulée sur toute la circonférence de la roue, et s'échappe par un tuyau se raccordant tangcntiellement avec le corps de
ut roMPES CENTHIFUGES.
qui augmente avec le volume de Teau enlevé par la pompe.
La seconde pompe sur train présente une disposition assez singulière : l'axe de la pompe se confond avec celui des roues du chariot, qui servent de support et de coussinets à l'arbre delà pompe. La pompe peut donc osciller autour de cet axe selon que l'exige son raccord avec les tuyaux.
Les pompes de MM. John et H. Gwynne sont bien étudiées dans tous leurs détails, d'une bonne construction et d'une grande solidité.
A côté dos pompes John et H. Gwynne figuraient les pompa Bernay. Le corps de pompe est à peu près semblable à ceux du type cylindrique ; seulement, l'espace réservé à l'échappement de l'eau à sa sortie du disque présente une section uniforme rectangulaire avec angles arrondis. En outre, vers sa circonférence, le disque mobile est ajusté entre deux surfaces tournées dans le but de soustraire les deux faces du disque à la pression de l'eau de refoulement, et par suite de diminuer le frottement. En supposant que cette disposition enlève la pression sur le disque, il n est pas certain que le frottement soit réduit. Les expériences de Morin sur le frottement de l'eau dans les tuyaux de conduite ont établi que ce frottement était le mtini» sous dos pressions diflérontes et par conséquent qu'il était indépendant de la pression. C'est en outre se faire singulirroniont illusion que do supposer que l'espace limite par lo diamotro du disque peut olre soustrait à la pression de la colonne d'eau du refoulement.
En supposant l'ajustage parfait, la grande vitesse de rotation produira nécessairement un frottement très-énergique, et il est impossible qu'au contact de l'eau pure, et à plus ferle raison de l'eau chargée de sable ou d'autres matières en suspension, ce frottement ne détermine pas une usure rapide et, par suite, du jeu entre les parties frottantes. Le moindre interstice permet, comme on le sait, à la pression de la colonne liquide de se transmettre, et, de plus, le jeu qui se produit au
POMPES CENTBirUGES. .K.T
coussinets ou btiLlûcs duns le sons parallèle h l'axt! a pour n'— sultal d'iiracncr le disque ù frotter succcssivtjineQt d'un cùtù ou du l'autre contre les parties tournùee.
En rt'isiimé, celte disposllion nouvellL' ne prut être d'aucune utililù et doit au conlraire causer une perte do travail par suite des frottements nouveaux qu'elle détermine.
MM. (iwynne et C exposaient quelques pompes de leur type ordinaire et dans lesquelles nous n'avons remarqué aucune niodillcation nouvelle ; ce sont les mêmes modèles qui liguraientàri^xpositJon de 1867.
L'une des pompes de ces constructeurs Gst muuic d'une macliinc pour l'actionner directement, comme celles de MM. John et H. (iwynne que nous avons déjà citées: celte disposition adoptée par ces deux constructeurs anglais no nous parait pas d'une application pratique, à moins qu'il ne s'agisse de trèst'aibtcs élévations ou de tri;s-grands volumes d'eau; le nombre des tours et par suite le nombre des coups de piston de la mactiine doivent âtre nécessairement triis-considérabliis. On peut, il est vrai, augmenter le diamètre du disque dv la pompe ; mais il est admis qu'en s'écartant tles proportions normales on diminue d'une façon sensible l'elVet utile de la pompe.
Les petites machines à faible course, mouvements courts et ramassés, distribution primitive, allyres très-rapides, n'utilisent qu'une très-l'aiblc partie de la vapeur qu'elles consomment, et leur rendement n'est que de jU pour 100 environ de celui des machines ordinaires. En outre, l'usure est rapide et les cchauffements très-fréquents, malgré tout le soin qu'on peut apporter au graissage. A l'Exposition de 1807, nous avons pu constater que la pompe à action directe de MM. 'jwyiine et C° était souvent en réparation, bien que ne fonctionnant que quelques heures par jour, ne faisant que 200 tours par minute et n'élevant l'eau qu'à 3 mètres au plus de hauteur.
donc évident qu'à mnins de circonstances tout li fait s, il faut préférer aux macbîacii autioimaul directe-
3ii POMPES CENTKIFUGES.
ment les pompes, Temploi de machines ordinaires commandant la pompe au moyen de courroies ou d'engrenages, remploi de cette dernière disposition assurant une grande économie de combustible.
Les pompes de MM. Gwynne et C sont plus légères que celles de MM. John et H. Gwynne et sont loin de présent^^r autant de solidité.
La pompe à hélice de MM. Boulton et Imray , exposée' dans la section anglaise, n'est pas à proprement parler une pompe centrifuge, puisqu'elle n'admet pas l'eau au centre pour la rejeter à la circonférence. Cependant toutes les pompes sans piston frottant ou plutôt toutes les pompes qui, au repos, ont une libre communication entre l'aspiration et le refoulement sont soumises à la loi qui régit l'action des pompes centrifuges, c'est-à-dire que la vitesse à donner à la partie mobile pour équilibrer une colonne d'eau d'une hauteur h est égale à {^2gh^ et que le mouvement du liquide est déterminé par une augmentation de vitesse de la partie mobile sur la vitesse produisant l'équilibre, qui est la même pour tous les systèmes.
Dans la pompe de MM. Boulton et Imray, la conduite d'aspiration s'enroule circulairement, en diminuant graduellement de section, sur un espace annulaire ouvert et dans lequel se meut une roue garnie de palettes à surface hélicoïdale. L'eau saisie par les palettes glisse sur les surfaces, et s'échappe vers l'autre face de la roue dans un conduit ayant une direction contraire au conduit d'arrivée. Les dimensions de ce conduit s'accroissent d'une façon constante dans le sens de la rotation jusqu'à son point de raccord avec le tuyau de refoulement.
Les constructeurs annoncent que leur pompe hélicoïdale donne un rendement bien supérieur à celui des pompes centrifuges ; mais nous ne voyons pas bien ce qiri pourrait moti* ver cette prétendue supériorité, qui n'est du reste confirmée ptr aucune expérience comparative. •
La vitesse de rotation de la roue à palettes hélîc
POMI'ES CKNTlUtlJGi:s, .US
osaclemrnt la même que colli? d'une pompe centrifuge de môme dimension. La vitesse d'arrivée de l'eau est bien inférieape i celle des palettes, et la différence est d autant plua grande que la rencontre avec les autres a lieu plus loin du centre, ce qui donne une perte plus «grande par suite du choc. D'après les inventeurs, l'eau conserve partout la môme section, ce qu'on peut obtenir également dans une pompe centrtfug'e bien proportionnée. La forme hélico'idale des aubes donne nécessairpment lieu à une poussée parallèlement à l'axe ayant pour résultat des frottomeats, qui n'existent pas avec des aubes de la forme ordinaire dont la génératrice est. parallèle à l'axe. A notre avis cette forme d'aubes ne permettrait pas l'application de ce système de pompes pour élever de l'eau a. une certaine hauteur.
La pompe Boulton et Imray, qui Fonclionnait à l'Exposition, est à axe vertical et actionnée directement par une machine composée de trois cylindres i simple effet disposes à angles égaux autour de l'axe.
Dans la section française. MM. Neul et Dumont exposaient une série de pompes parmi lesquelles nous avons remarqué une pompe en bronze pour les liquides acides, d'une exécution parfaite, et une pompe de grande dimension avec double commande montée sur un train. Cette disposition a pour objet de faciliter l'installation rapide de cette pompe sur un chantier.
Les pompes Neut et Dumont appartiennent ati type le plus généralement adopté, c'est-à-dire qu'elles admettent l'eau des den.T côtés du disque. Elles présentent, comme dispositions particulières, uncalfat hydraulique empêchant d'une manière absolue toute rentrée d'air, et l'assemblage de deux pompes conjuguées permettant d'élever l'eau pratiquement et avec un bon rendemcntà de grandes hauteurs.
Ces constructeurs avaient exposé difl'érents spécimens des produits de leur fabrication courante : des tuyaux ot des ^Seudn» en bien exécutés; des tuyaux en
:a(i POMPES CENTRIFUGES.
caoulchouc h surface lisse intérieure avec spirale métallique noyée, ce qui leur donne une très-grande solidité — ces tuyaux, qui conservent la flexibilité nécessaire, sont employés dans les travaux d'épuisement avec les pompes du plus grand diamètre; — des rondelles en caoutchouc à section ovale formant avec une faible pression un joint parfaitement étanche et suffisamment rigides pour être glissées entre les deux collets à réunir; des robinets à flotteur pour régulariser le débit et la marche des pompes; des robinets d amorçage, etc., etc.
On voit que ces constructeurs ont non-seulement cherché à améliorer les pompes centrifuges, mais qu'eu outre ils ont étudié avec soin tous les accessoires qui peuvent assurer un fonctionnement régulier.
Les clapets de retenue méritent une mention spéciale, car c'est un des organes les plus importants de la pompe centrifuge. Les crépines d'une grande section eflective sont en tôle galvanisée ; la boîte à clapet est également en tôle galvanisée, ce qui rend cet organe léger et facile à manier, même pour les plus grandes dimensions. Le clapet proprement dit est formé d'une feuille de caoutchouc dont la partie extérieure sert à faire le joint. La partie mobile de cette fouille en caoulchouc est armée on dessus et en dessous de deux tôles réunies par des rivets entretoisés pour éviter le gondolement ou Técrasement irrégulier du caoutchouc, et couvre l'espace circulaire qui sert (le passage à l'eau. Le battement a lieu sur un cordon en saillie terminé par une partie légèrement arrondie, formant un joint parfait sous la pression de quelques centimètres d'eau. Grâce à la flexibilité de l'articulation, la partie mobile retombe toujours d'aplomb. Aucun corps étranger ne peut rester sur la saillie du cordon Je battement; ces clapets ne manquent jamais, comme ceux beaucoup plus rigides à tige ou à charnière recliligne. lli> ont encore l'avantage de laisser à l'eau un passage plein et circulaire dans lequel la veine fluide n'est pas déformée, ce qui est fort important en raison de sa vitesse. Ces clapets se sou-
[■OMI'ia CENÏltIhUUES. .'UT
li;vt'nt et resk'tit complu Le ment ouverts sans 1» mniniliT ilépressiou dans le tuyau, ti'opposaat ainsi au paâsa^e <le i'euu qu'une résistance absolument iasignifiante. Des clupetu établis sur ou mômt principe sont disposéa spétiialement pour iMie inlercnli!'» dans des conduites verticales ou borizontales; ils tiont munis de regards; dus clapets spéciaux sont destinés aux travaux d'épuisement avec peu do fond.
L'ensemble de la construction de ces pompos et do leurs accessoires est à la l'oia simple et solide ; les paliers graisseurs ont de larges surfaces, les mouvements dans le sens parallèle Il l'axe sont empêchés pur de larges liagues, le uiontage et le démontage peuvent se faire facilement et rapidement. Un pt'hord intérieur empêche les subies et les graviers de s'introduire entre les disques mobiles et les parties fixes ; les arbres sont en acier et les frottements intérieurs ont Heu sur un métal dL> composition spécialeassurunt une grande durée aux parties en contact. Les poulies, dont le diamètre est faible, sont revêtues d*uiio garniture en cuoutcliouc durci pour prévenir le glissement des courroies.
En résumé, sans avoir rien changé au principe nirme de ia pompe centrifuge, MM. Neul et Uumont ont apporté dans la consti-uclion de sesdiflérentes parties, dans la forme et la disposition des accessoires et dans le mode d'installation en général des perfectionnements de détail qui ont rendu lus pompes qu'ils construisent vérittiblemeut pratiques et vn ont amuné l'application sur une vaste échelle dans les ti-avaux les plus variés et dans un grand nombre d'industries.
Les expériences de M. Treaca ont constaté que ces pompes donnaient un rendement de 58 pour 100; ce rendement peut être dépassé de 10 à ly pour 100 au plus par les granduK pompes de distribution d'eau dans les villes, qui élîjvent l'eau à une grande hauteur, mais n'esljamais atteint par les pompes employées pour les besoins des usines.
En dehors des travaux d'épuisement, d'irriguUon et de
dessèchement, remploi des pompes centrifuges offre des avantages certains dans toutes les usines qui consomment continuellement l'eau en grande quantité, telles que les sucreries, les blanchisseries, les teintureries, les papeteries, les brasseries, etc., etc.; nous citerons en terminant quelques applications spéciales dans lesquelles ces pompes sont d'une utilité incontestable.
Nous avons déjà parlé du calfat hydraulique appliqué aux pompes Neut et Dumont. Voici en quoi consiste cette disposition, figurée sur la planche 41 . Entre la douille qui guide l'arbre et la garniture ordinaire du presse-étoupe, arrêtée par une bague, existe une chambre dans laquelle vient déboucher un conduit amenant de l'eau prise sur le corps de pompe et soumise par conséquent à la pression de la colonne de refoulement. S'il se produit une succion de l'intérieur vers le presseétoupe, une certaine quantité de l'eau contenue dans la chambre passe dans l'aspiration, mais la rentrée d'airest complètement interceptée. Cette disposition provient d'une façon absolue de la formation au centre de la pompe d'un noyau d'air rentrant par le presse-étoupe et ayant pour résultat d'arrêter complètement l'aspiration.
La planche 41 indique la disposition adoptée pour conjuguer deux ou plusieurs pompes dans le but d'atteindre en pratique une élévation d'eau de 25 mètres avec deux pompes et de 35 à 40 mètres avec trois pompes sans forcer la vitesse et en conservant le rendement d'une pompe fonctionnant seule dans des conditions ordinaires. Les pompes conjuguées tournent à la même vitesse et se partagent intégralement le travail.
Cette planche donne encore la disposition d'ensemble d'une application assez curieuse de pompe centrifuge à un travail qu'il serait assez difficile d'exécuter avec d'autres pompes. Dans une cuve fermée sont empilés des tissus ; du liquide bouillant arrive a la partie supérieure de cette cuve, dans
POMPES CENTH1FUGE!). 319
[quelle la pression ptut s'élever jusqu'à -i ou 5 iitmoaphëres. Une pompe centrifuge aspire ce liquide !i la partie iafiirieupe et le refoule à la partie supérieure, établissant ainsi un courant continu et énergique à travers la masse des tissus, dont le blanchiment par l'emploi de ce procédé se trouve oonsîdêrabiement activé.
Parmi les applications spéciales des pompes centrifuges nous itérons l'opération du renflouage des navires et nous mentionnerons particulièrement comme accomplis dans des circonstances très-difficiles, et avec de puissants appareils, les renflouages delà Corrèze au Sénégal en 1870, du Panama, steamer de la Compagnie transatlantique, àSantandcr, et du François I" à Montevideo en 1872, et tout récemment celui du jFingal à. Houlleur.
\ L'installation pour la l'orme de radoub de Saint-Nazaîrod'un
appareil complet, machines, pompes et chaudières, pouvant
épuiser 30 000 mètres cubes d'eau en cinq heures de travail,
est certainement une des plus belles applications qui aient été
ites de la pompe centrifugL'. Deux appareils analogues, mais
l'une puissance moindre, ont été fournis au Japon pour
-arsenal de Yokoska, dont la construction et la direction ont
confiées à un ingénieur de la marine française.
Pour les docks flottants, M.M. Neut et Dumont ont employé
Havre et à Lisbonne une disposition particulière, permettant,
ins perte de travail, de placer les pompes près du pont au lieu
le les loger dans le fond, où il est très-difficile de les aborder.
La pompe îi action directe fournie à la marine française,
pour la frégate cuirassée le Suffren, est une application
nouvelle; elle est destinée à combattre les efl'ets d'une puissante
rentrée d'eau ; les essais ont constaté un débit de 20000 litres
■par minute.
^ L'application de la pompe centrifuge aux draguages des vases molles, au moyen do dispositions particulières, expérimentée dans le port de Lorient par les ingénieurs de l'Etat, a
donné des résultats très-satisfaisants, le rendement en vase atteignant 70 pour 100 du volume élevé.
Les pompes Edoux sont celles du système Coiguard qui figuraient a l'Exposition de 1867. L'eau arrive dans une cavité intérieure communiquant avec la partie centrale de deux disques fermés du côté opposé et montés sur le même axe. Les aubes, de forme hélicoïdale, suivent une courbe très-développée ; cette disposition a pour but d'isoler complètement les presseétoupes de l'aspiration; le double disque doit neutraliser la pression latérale, qu'un seul disque aurait à supporter en même temps que celle qui résulterait de lasurfaoe hélicoïdale.
Pour remplir ce but, les deux disques ne peuvent être semblables; ils sont symétriques ^t forment, pour ainsi dire, un assemblage de deux pompes distinctes, ce qui augmente les dimensions de l'appareil et complique le travail de montage. Ces disques ne projettent pas Teau dans le plan de rotation, comme le font la plupart des pompes centrifuges. Depuis son entrée par la tubulure d'aspiration jusqu'à sa sortie par la tubulure de refoulement, la colonne d'eau se trouve divisée en deux portions, puis changée de chaque côté quatre fois de direction à angle droit. Il y a là évidemment des pertes de force vive dont on ne peut nier l'importance. Il est en outre difficilo d'admettre que l'eau puisse se répartir également entre les deux disques, et la répartition inégale doit occasionner des efforts latéraux nuisibles et amener l'usure sur certains points.
La pompe Maginot reçoit l'eau d'un seul côté de son disque mobile, en forme de vis conique. D'après l'inventeur, cette pompe aurait un rendement supérieur de 20 à 25 pour 100 à celui des meilleures pompes centrifuges; mais il est difficile d'admettre que ce spécimen ait une supériorité quelconque sur les nombreux appareils du même genre qui ont été essayés depuis plusieurs années. Des expériences faites par M. le général Morin sur la pompe à hélice qui figurait à l'Exposition
do 1855 ont établi que son rendement n'était que de 18 à 19 pour 100, c est-à-dire bien inférieur à celui des pompes centrifuges les plus défectueuses.
Le mouvement de poussée dû à Thélice, combiné h la vitesse de rotation, qui égale au moins celle des pompes centrifuges de môme diamètre, détermine nécessairement une pression considérable sur la crapaudine qui reçoit l'extrémité pointue du pivot, et qui, vu sa faible surface, doit être usée très-rapidement. Il faut noter encore que la pression de la colonne de refoulement agitde son côté pour pousser le disque dans le même sens. Le système des pompes Maginot ne nous paraît donc pas pratique et nous n'en connaissons du reste aucune application.
Dans la section allemande, les exposants de pompes cenlrifuges étaient assez nombreux.
La pompe de MM. Nagel et Kaemp, de Hambourg, fonctionnait au milieu de la galerie pour élever l'eau dans de grands bassins. Cette eau, en retombant dans un bassin inférieur, mettait en mouvement divers spécimens de turbines ; l'ensemble de cette exposition occupait beaucoup d'espace et attirait l'attention des visiteurs.
MM. Nagel et Kaemp n'ont pas jugé à propos de publier les dessins de leur pompe ou d'en exposer un modèle démonté, ce qui oblige à s'en rapporter à la description fort incomplète qu'ils en ont donnée et aux observations faites sur son fonctionnement.
Cette pompe, d'un très-grand diamètre, est mise en mouvement au moyen d'une transmission souterraine; elle fait un bruit sourd analogue à celui d'un ventilateur. L'eau arrive au disque central par un seul côté ; le tuyau de refoulement est de forme conique depuis la pompe jusqu'au bassin supérieur, où il atteint son plus grand diamètre.
D'après les inventeurs, le disque est muni de palettes extérieures conductrices absolument comme dans une turbine, et c'est parce que les pompes centrifuges ordinaires n'ont pas
cette disposition qu'elles ne peuvent élever Teau à de grandes hauteurs et donner un rendement considérable. Ils ajoutent que les expériences faites sur les pompes centrifuges accusent des résultats inexacts, aussi bien pour l'évaluation de la force employée que pour celle du volume d eau élevé. Il est vrai que les inventeurs ne citent en faveur de leur propre pompe aucune expérience plus sérieuse et ne donnent pas le chifiTre de son rendement. Ils n'indiquent même que deux applications, l'une à axe vertical, Tautre à axe horizontal, mais sans coefficient d'utilisation, et il est difficile de se rendre compte de la valeur de ces appareils avec des données aussi vagues.
Ces pompes sont dépourvues de clapets de retenue, bien qu'elles soient placées au-dessus du bassin d'aspiration. L'amorçage se fait par entraînement comme dans le Giffard ou en faisant le vide comme avec les monte-jus des sucreries, par l'injection et la condensation de la vapeur, de façon à attirer l'eau et à remplir la pompe. Pour établir le vide et amorcer la pompe, il faut nécessairement fermer la tubulure de refoulement et on ne comprend pas l'avantage de supprimer la fermeture à l'aspiration pour la placer au refoulement. Avec de gros diamètres on doit employer une vanne; sou établissement est beaucoup plus coûteux que celui d'un clapet, et il faut en outre saisir le moment précis où la pompe est mise en marche, sans quoi la pression extérieure ferait retomber la colonne d'eau et il y aurait lieu de recommencer l'amorçage. Dans tous les cas, cette opération est nécessaire après chaque arrêt et elle ne peut s'effectuer que lorsqu'on a de la vapeur à sa disposition. Si Ton se trouve à une grande distance des générateurs, l'installation de la conduite de vapeur peut coûter aussi cher que la pompe elle-même.
En résumé, nous ne saurions admettre qu'un pareil système puisse présenter aucun avantage sur l'emploi d'un bon clapet de retenue, qui dispense de tout souci d'amorçage une fois que la pompe a été remplie.
POMPïS CENTRIFUGES. 333
L'établissement technique de Trieste exposait, coname accessoire d'une machine marine, une pompe centriFugc deslinée h alimenter d'eau froide le condenseur par surface de cette machine. L'emploi des pompes de ce système pour faire circuler l'ciiu dans les condenseurs nous paraît une de leurs plus utiles applications. L'eau prise un peu au-dessous du niveau de la mer est animée d'un courant régulier et sans chocs à travers les tubes du condenseur et est rejetée ù une très-faible hauteur au-dessus du point où elle a été prise; c'est donc plutôt un déplacement d'eau qu'une èlévalioo.
La pompe exposée était d'un très-fort diamètre et ne devait faire que 100 à 120 révolutiona par minute : dans ces conditions, on peut commander directement au moyen d'un moteur spécial et obtenir un service régulier; une légère accélération de vitesse do la machine augmente la quantité d'eau traversant le condenseur et permet ainsi d'obtenir un vide meilleur. En général l'espace très- restreint dont on peut disposer à bord des navires nécessite une étude spéciale pour l'installation dans chaque cas particulier, et on ne peut prendre comme modèle l'installation exposée par l'établissement technique de Trieste.
Notons encore que dans cette pompe l'eau arrive d'un seul côté du disque, après avoir traversé deux coudes à angle droit.
A1.M. Hriider, Noback et Fritze, de Prague, exposaient une série de pompes dont la seule particularité est de recevoir l'eau d'un seul côté du disque mobile. Cette disposition est adoptée, comme nous l'avons déjà dît, pour soustraire le presseétoupes à l'influence do l'aspiration qui occasionne des rentrées d'air, mais, par contre, le disque mobile subit sur ses deux faces la pression de la colonne de refoulement et se trouve ruponssée vers l'aspiration. On travail t-norme est consommé en pure perte par les frottements, et, J'autre part, l'usure des parties frottantes est très-rapide , soit qu'on emploie des
bagues, soît qu'on fasse porter Taxe par un pivot. En somme, les pompes à aspiration d'un seul côté du disque aspirent comme les autres, mais elles sont incapables de refouler l'eau, même à une très-faible hauteur.
Les pompes exposées par MM. Heinrich et fils, de Vienne, sont du type ordinaire aspirant l'eau des deux côtés du disque; seulement les aubes de ce disque présentent leur concavité dans le sens de la rotation, ce qui est contraire aux idées théoriques de tous les professeurs, qui font admettre la courbure en sens inverse, afin d'abandonner l'eau à la circonférence avec la moindre vitesse possible.
La pompe Schiele, de Francfort-sur-le-Mein, ressemble extérieurement aux pompes ordinaires, mais ses aubes, an lieu d'être reliées à deux joues, sont isolées, et c'est sur une sorte de moyeu que sont attachées des aubes tout à fait libres. Nous pensons que cette rotation rapide des aubes contre une surface fixe formée par l'intérieur du corps de pompe doit présenter de graves inconvénients, avec de l'eau chargée de graviers, car des corps étrangers peuvent s'interposer entre les côtés des aubes et les surfaces tournées du corps de pompe et occasionner des ruptures ou tout au moins une usure rapide. Plusieurs autres pompes centrifuges figuraient dans la section allemande, mais comme ces pompes n'étaient que des copies des divers types que nous avons décrits, il est inutile de les mentionner.
Les pompes do MM. Sulzer frères, de Winterthur, se distinguaient, comme tous les produits sortant des ateliers de ces mécaniciens, par leur excellente construction. Dans ce type de pompe, l'eau aspirée horizontalement pénètre dans le disque par les deux cùtés ; h»s aubes, comme celles du ventilateur des mêmes constructeurs, sont a courbure inverse, c'est-à-dire que leur concavité est tournée dans le sens du mouvement de rotation. La série des pompes exposées, quoique de dimensions très-diverses, étaient montées sur des bâtis de longueur uniforme
POMPES CENTBIVUGKS.
lous n'avons pu comprendre l'ulilité do cette disposition. En râsumû, l'examen des pompes centrifuges exposées à Vienne, donne lieu aux observations suivantes:
Le type le plus généralement admis aspire l'eau dos deux côlés d'un seul disque formé de deux joues entre lesquelles sont placées les palettes ou aubes ; ces aubes ont leur convexité tournée dans le sens du mouvement. Le ou les presseéloupes sont placés sur l'aspiration, l'eau est rejetée dans le plan de la rotation et s'écoule par un oriiice se raccordant langcntiellement avec le corps de pompe.
La pompe Neut et Dumont est la seule qui soit munie d'un prcsse-étoupcs avec chambre hydraulique empêchant complément les rentrées d'air.
La pompe Schiele est la seule ofi les aubes ne soient pas entre
deux joues, mais libres et simplement rattachées à un moyeu.
Les pompes Heinricb et fila et Sulzer frères se distinguent
par leurs aubes à courbe inverse, c'est-à-dire avec la concavité
tournée dans le sens du mouvement.
Viennent ensuite les pompes qui admettent l'eau d'un seul du disque, lequel porte des pâlottes normak^s ou hélicoïî ; cette disposition est surtout appliquée dans le but d'éviter les inconvénients d'unpresse-étoupes sur l'aspiration. Parmi les pompes de ce système, celle de MM. Nagel et Kaemp est la seule qui rejette l'eau sortant du disque le long de palettes directrices comme dans une turbine.
Ija pompe Boulton ut Imray admet et rejette l'eau à la même distance du ctMitro; ce n'est pas à proprement parler une pompe centrifuge, mais bien plutôt une turbine du genre Fontaine sans directrices, employée à élever de l'eau au lieu d'en recevoir le mouvement.
La pompe Edoux présente deux particnlarités : elle admet l'eau dans deux disques au lieu d'un, et elle lu rejette perpendiculairement au plan de rotation au Heu de l'expulser dans ce plan uu'me.
RSlIei
Les pompes centrifuges ou bélicoïdes de tous les systèmes doivent nécessairement être pleines d'eau au moment de leur mise en marche, elles ne pourraient raréfier l'air de façon à aspirer l'eau ; il faut donc, quand elles ne sont pas noyées, les munir d'un clapet de retenue permettant de faire l'amorçage.
La pompe Nagel et Kaemp est la seule qui ne soit pas munie de cet accessoire indispensable, qu'elle remplace par un appareil à éjection d'eau au moyen de la vapeur, qui rend mutile le clapet de retenue sur la conduite d'aspiration.
Disons, en terminant, que de nombreux modèles de pompes rotatives étaient exposées à Vienne. La véritable application de ces pompes de petite dimension est pour l'élévation des vins, des bières et autres liquides d'un certain prix. Noos citerons parmi les meilleurs modèles ceux de la maison V. Prick, de Vienne.
M. Greindly de Bruxelles, exposait une pompe rotative de grand diamètre qui fonctionnait dans la galerie des machines, m'ais qui n'offrait rien de bien intéressant à étudier.