CONSIDÉRATIONS GENERALES SUR LE TRAITEMENT DES EPHÉLIDES
CCGXLIX. Ce seroit sans contredit une idée chimérique que d'aspirer à guérir toutes les espèces d'éphélides; car il en est qui résistent à tous les moyens de Fart. Telles sont , par exemple , les éphélides lentiformes, appelées taches de rousseur par le vulgaire. Il arrive aussi que lorsque les éphélides sont très-anciennes et très-invétérées, les médecins renoncent communément à les traiter. En effet , à la longue la peau se modifie et change , pour ainsi dire, de nature. Nous possédons toutefois des moyens assez efficaces contre quelques espèces d'éphélides.
CCCL. Pour traiter avec certitude les éphélides , il importe de remonter à la cause première qui a pu influer sur leur développement. Tant que le foie et les autres viscères abdominaux conservent de la disposition à s'engorger , la peau est nécessairement sujette à se maculer. S'il existe une cause toujours présente, qui soit en rapport avec les effets que l'on observe (et le plus souvent cette cause est interne), c'est vers cette cause qu'il faut diriger les remèdes. Il n'est pas néanmoins très-rare d'observer que, quoique la cause soit enlevée , les taches formées depuis longtemps dans le tissu des tégumens deviennent incurables.
CCCLI. Peut-être que si l'on connoissoit mieux la théorie des fonctions du système exhalant, on arriveroit à des méthodes plus certaines pour guérir les éphélides. En effet, dans la plupart de ces affections, la peau est en quelque sorte flétrie; elle a perdu sa contractilité naturelle. Il importe de lui restituer son ton et sa vigueur.
ARTICLE Vî.