MOYENS CURATIFS ESSAYÉS JUSQU A CE JOUR POUR LA GUERISON DES
CANCROÏDES.
CGGLXL On a souvent extirpé les cancroïdes; mais elles n'ont pas tardé à repulluler \ en sorte que l'opération chirurgicale doit être ici considérée comme un moyen infructueux. Je pourrois même citer plusieurs cas où elle n'a fait qu'accroître le mal. On a voulu aussi détruire les cancroïdes par la pierre infernale ou autres caustiques plus ou moins actifs , qui suscitoient une suppuration abondante. Soins superflus! la maladie n'a point tardé à reparaître. J'ai pourtant réussi en les cautérisant avec l'acide nitrique.
CCGLXn. J'ai tenté la guérison de ces tumeurs par l'application immédiate de la pulpe fraîche de morelle, de l'extrait d'opium, de l'extrait de ciguë, du camphre, de l'acétate de plomb, du soufre, et autres préparations de ce genre : j'ai eu recours aux douches faites par l'eau factice de Naples et de Barèges, aux bains domesli([ucs long-temps conlinués, etc. J'ai observé que ces
divers topiques procuroient un soulagement momentané, que les tumeurs devenoient moins fongueuses, etc.; mais bientôt elles reprenoient leur volume ordinaire. Le malade B^^^ ayant pris Fétat de mousse, a remarqué que les bains de mer lui étoient salutaires.
CGCLXIIL Les remèdes intérieurs n'ont pas été négligés. J'ai conseillé les pilules de ciguë , les différens laits médicinaux , plusieurs espèces d'eaux minérales, les préparations diverses de muriate sur-oxigéné de mercure, etc. J'avoue que les résultats sont encore loin de me satisfaire ; je termine donc ce que j'avois à dire sur cet objet. C'est assez pour moi d'avoir fait connoitre une affection qui n'avoit été décrite encore par aucun auteur. Il y a lieu d'espérer que mes successeurs achèveront un travail que je n'ai fait qu'ébaucher. Je viens de recommencer une série d^expériences sur le traitement. J'en donnerai quelque jour les résultats.