VUES GÉNÉRALES SUR LE TRAITEMENT DES ICTHYOSES
DCXVI. Les icthyoses ne sont, comme on a pu le voir, que des affections propres à l'épiderme; de là vient sans doute que les remèdes ont généralement une action très-foible et très-peu énergique pour les combattre. En effet , cette membrane est
dépourvue des facultés vitales , dont jouissent les autres organes de l'économie animale; elle ne saur oit par conséquent être médicamentée par des procédés analogues.
DGXVIL La structure de l'épiderme diffère essentiellement de celle de la peau elle-même. Cette membrane n'a, pour ainsi dire, qu'une vie d'emprunt, et cette vie est obscure et comme isolée ; les pbénomènes de son altération ne sont par conséquent accompagnés d'aucun symptôme fébrile. Il est en quelque sorte passif, jusque dans les maladies qui l'affectent, et ces maladies ne sont, pour la plupart, que des vices de nutrition; il se dessèche alors et devient aride, comme un végétal sur une terre qui ne seroit point arrosée. S'il partage quelquefois les affections du chorion, c'est à cause des cbangemens opérés dans les prolongemens vasculaires qui l'unissent à cette membrane. Ce qu'on a dit de la dégénération écailleuse s'applique parfaitement aux transformations ou aux excroissances cornées ; car ces excroissances ne diffèrent de l'épiderme que par leur apparence extérieure ; mais elles sont absolument de la même nature, pour peu qu'on les soumette à des expériences ou à divers essais physiologiques.
DGXVIII. La première et la plus pressante indication , est de soustraire les malades à l'influence des causes qu'on soupçonne avoir produit les icthyoses ; les individus qui habitent le bord de la mer se transporteront dans l'intérieur des terres et se placeront dans des situations tout-à-fait contraires. Le changement d'air et des alimens ne tardera pas à exercer une heureuse influence. Ce que nous disons ici de l'icthyose nacrée peut s'appliquer à l'icthyose pellagre. Gherardini avoit proposé de faire conduire les pellagreux dans un autre pays , et Titius parle d'un homme qui trouva le moyen de se soustraire aux plus terribles accidens de cette maladie, en s'expatriant pendant vingt ans; on pourroit même adopter cette mesure pour d'autres affections endémiques.
ARTICLE VIIL