‹ Description des maladies de la peauChapitre 12 sur 94 · XXIV DISCOURS · texte numérisé non relu

XXIV DISCOURS

iiomènes obscurs à dévoiler ! Chaque affection cutanée a , pour ainsi dire, sa voie de communication. J'ai expérimenté à l'hôpital Saint- Louis, que rien ne diffère davantage que la manière dont les exanthèmes se propagent. Si la petite-vérole et la vaccine peuvent se développer par l'introduction du pus dans les vaisseaux absorbans, il n'en est pas de même de la gale , que j'ai essayé vainement de faire naître par inoculation. Au surplus , le mécanisme de la contagion est particulièrement expliqué par l'état physiologique de la peau. On sait aujourd'hui que la gravité d'un exanthème, dépend plutôt de l'individu qui reçoit le virus , que de celui qui le donne; en sorte qu'une peau saine et vigoureuse est souvent plus apte à Finfection , qu'une peau foible et sans énergie. On peut, par exemple , comparer le vaccin à un grain de blé , qui fructifie avec d'autant plus de force, qu'il est ensemencé dans un bon terrain. Fautil s'étonner que la diathèse scorbutique nuise quelquefois à son développement dans l'économie animale ? Durant le cours des recherches que j'ai eu occasion d'entreprendre à l'hôpital Saint- Louis, j'ai éclairci d^ autres points de doctrine non moins essentiels: j'ai prouvé que les dartres les plus superficielles sont, en général, les plus contagieuses. Celles qui attaquent à-la-fois le système dermoïde et les viscères intérieurs , ou qui sont profondément invétérées dans l'économie animale , ne se transmettent point d^une personne à Pautre , ou du moins c'est avec une difficulté extrême ; et il faudroit d'ailleurs que leur invasion fût favorisée par des causes prédisposantes. On avoit cru également que le prurigo se communiquoit par le simple contact : mes expériences ont bien démontré l'inexactitude de cette assertion. J'ai étudié la teigne , la plique et beaucoup d^autres maladies, sous le même aspect. J'avoue toutefois qu'il est une foule de problèmes relatifs au phénomène de la contagion , que je suis loin d'avoir résolus : pour y parvenir, il faut des circonstances que je n'ai pas rencontrées.

§. XXrX. Les progrès de l'histoire naturelle , et son union

PRÉLIMINAIRE. xxy

intime avec la médecine , font qu'on apprécie mieux , depuis quelque temj)Sj Faction des insectes dans la production des maladies cutanées. On n'ignore pas , de nos jours , que beaucoup d^exantliêmes sont dus à l'irritation que peut causer leur présence dans le système dermoïde. On a presqu'entièrement reconnu la nature de Vacarus , qui provoque l'éruption de la gale. Dans les temps chauds , il survient , dans l'atmosphère , des nuées de mouches qui donnent lieu à des phénomènes non moins redoutables. On a vu quelquefois la totalité de la peau acquérir une tuméfaction extraordinaire. Ce qui est fort remarquable , c'est que chaque animalcule exerce , pour ainsi dire , un genre d'altération qui lui est propre. Les mêmes effets ne sauroient résulter de la piqûre des abeilles, des frelons, des cousins, des chenilles, des scorpions, etc. Les insectes nuisent généralement à la peau, par la morsure qu'ils y opèrent , par le venin qu'ils y répandent , par les œufs qu'ils y déposent. On en voit qui se nichent et perpétuent leur séjour dans cet organe : c'est ce qui arrive, surtout dans les régions de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique, où la température brûlante de l'air se mêle parfois à l'humidité constante des lacs, et des fleuves bordés d'épaisses forêts. MM. Humboldt et Bonpland ont observé , dans la partie haute de l'Orénoque , une espèce d^aracus , qui laboure l'épiderme , en causant des démangeaisons insupportables : ils parvenoient à le détruire à l'aide d'une pommade faite avec les fleurs de soufre et la graisse de caïman. Je reviens aux faits que mon expérience particulière a recueillis. J'ai cru devoir diriger mes recherches sur le genre d'altération qu'impriment au système dermoïde, les poux qui se développent en nombre incalculable dans certaines maladies, sans que l'œil puisse assigner le siège de leur résidence, ou le lieu précis de leur sortie. Je me suis occupé de la nature de ces insectes , conjointement avec M. Latreille , l'un des plus exacts entomologistes de Paris; et j'ai déjà eu occasion de dire ce que je pensois de cet accident terrible de la nature humaine , vers lequel

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