‹ Description des maladies de la peauChapitre 14 sur 94 · XXVIII DISCOURS · texte numérisé non relu

XXVIII DISCOURS

différens virus peuvent se modifier à l'infini dans l'économie animale, et produire les altérations cutanées les plus extraordinaires. Une femme qui avoit éprouvé , pendant sa grossesse , une petite - vérole confluente , mit au monde un enfant mâle , lequel était recouvert d'une dartre squammeuse , dont l'aspect étoit hideux. Un homme étoit en proie à la goutte , et cette affection douloureuse avoit pris le caractère herpétique , chez deux filles auxquelles il avoit donné le jour. Il arrive souvent que les maladies cutanées passent des pères aux enfans , avec des symptômes rigoureusement semblables. Nous avons sous nos yeux , un jeune homme qui a ainsi hérité d'un cancer , lequel occupe les lèvres et une partie des fosses nasales. Les deux individus dont l'épiderme se convertit en écailles, et qui parcourent aujourd'livù l'Europe pour se montrer à la curiosité publique , ont reçu de leur aïeul , cette altération physique si extraordinaire , ainsi que le constatent les journaux scientifiques du temps. Concluons généralement qu'il n'est point de maladies qui se perpétuent plus facilement par des causes purement héréditaires , que celles qui intéressent la peau et le système lymphatique : telles sont les dartres, les scrophules, le prurigo, le vice vénérien, etc. On verra plus bas, que rien n'est plus difficile à déraciner que ces dispositions morbifiques , ainsi transmises d'âge en âge , parce qu'elles s'identifient si énergiquement avec l'économie humaine , qu'elles constituent , pour ainsi dire , une seconde nature.

PRÉLIMINAIRE. xxix

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