‹ Description des maladies de la peauChapitre 5 sur 94 · XII DISCOURS · texte numérisé non relu

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le produit d'une irriLation secondaire de la peau, et que les frictions ne manquent jamais d'accroître et d'exaspérer. Dans ce cas, les onctions huileuses , les bains tièdes , etc. , ne sont-ils pas préférables aux substances acres que certains praticiens mettent en usage? Je dois observer encore que la suppression des menstrues, des hémorroïdes , de la transpiration , etc. , donne lieu à des éruptions prurigineuses dont il importoit de faire mention. Il y avoit, en outre, quelques faits à recueillir, relativement à des gales diverses que les animaux domestiques peuvent communiquer à l'homme. Il y avoit enfin beaucoup d'incertitudes à fixer, relativement à l'affection vulgairement appelée pédiculaire. Mais la propagation des poux sur les tégumens ne constitue pas proprement une maladie; c'est un simple accident du prurigo, auquel j'ai cherché à remédier par divers topiques, dont la plupart ont eu des effets salutaires. Que de points de vue intéressans cette matière nouvelle m'a fournis !

§. XIII. Après avoir fixé mon attention sur des maladies qui se manifestent en produisant des élévations sur la peau , je me suis livré à l'étude des simples décolorations de cet organe. Le système dermoïde est sujet à des taches, à des maculations de tout genre, qui altèrent tantôt une partie , tantôt l'universalité de sa surface ; certaines de ces taches sont passagères et fugitives, certaines sont immuables ou se perpétuent plusieurs années. On sent combien il m'en a coûté pour fixer leur nombre, qui est infini. Il en est beaucoup qui affectent une figure circulaire , et beaucoup qui n'ont point de forme déterminée. On voit des taches simples qui s'évanouissent , sans laisser après elles aucun vestige de leur apparition ; mais on en voit qui, en s'éteignant, donnent lieu à des desquammations furfuracées. Les unes n'occupent que l'épiderme ; d'autres ont un siège plus profond : leur couleur n'est pas moins sujette à changer. On remarque des taches brunes comme des lentilles , ou violacées comme des piqûres de puce; on en observe qui offrent le noir de Fébène ou la blancheur du lait, etc. La

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plupart ternissent l'éclat de la peau , en lui imprimant une teinte jaune, livide ou terreuse, etc. Telles sont celles qui se développent dans l'ictère, le scorbut, et dans d'autres maladies dont j'ai eu occasion de suivre la marche à l'hôpital Saint-Louis. La connoissance approfondie de ces décolorations diverses m'a paru d'autant plus importante , qu'elle peut révéler des lésions intérieures et expliquer l'état pathologique du foie, de la rate, de l'utérus , etc. Ce rapport morhifique du système dermoïde avec les viscères de l'abdomen , a été mal étudié par les ancieris , aussi bien que par les modernes.

§. XIV. Enfin, pour mettre le dernier complément à cet ouvrage , j'ai cru devoir le terminer par le tableau de tous les exanthèmes aigus. Plusieurs raisons m'ont porté à opérer ce rapprochement. En effet , ces éruptions , dont la marche est si rapide , produisent sur la peau les mêmes désordres que les exanthèmes chroniques ; elles donnent également lieu à des renouvellemens furfuracés ou squammeux de l'épiderme , à des exsudations qui se convertissent en croûtes, à des boutons pustuleux , à des vésicules , à des plîlyctènes , etc. Elles affectent les mêmes systèmes d'organes ; elles rentrent , par conséquent , dans le même cadre , et se rattachent à la même théorie. D'ailleurs , j'ai souvent observé qu'il est des exanthèmes aigus qui ressemblent d'une manière si parfaite aux exanthèmes chroniques , qu'il n'y a que la seule présence de la fièvre concomitante qui puisse les faire distinguer. Or , comment la fièvre pourroit-elle constituer une différence notable , puisqu'on la remarque souvent dans la lèpre , l'éléphantiasis, dans le pemphigus et autres maladies cutanées qui tendent lentement à leur solution , et dont les périodes sont d'une très-longue durée? Je dois ajouter qu'il est des exanthèmes chroniques qui finissent par revêtir un caractère aigu , ou qui prennent alternativement l'un et l'autre de ces caractères. Ne voit-on pas des dartres qui affectent l'allure de l'érysipèle , ou qui trompent la vue par une physionomie absolument analogue à celle de la petite-vérole, de

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la rougeole , etc. ? D'après cette considération , il importoit infiniment de ne pas séparer l'histoire des exanthèmes aigus de celle des exanthèmes chroniques. Aussi suivrai-je la même méthode pou^r la traiter. Le pinceau du peintre retracera fidèlement chacune de ces affections, telle qu'elle existe lorsqu'elle est arrivée à son état parfait, et qu'elle n'a plus qu'à déchner et à décroître. J'imiterai le botaniste exact, qui ne fait représenter la fleur à notre curiosité, que lorsqu'elle est entièrement épanouie, et que toutes les parties de la fructification sont formées.

§. XV. Ainsi la collection que je publie en ce jour comprendra la pathologie entière du système dermoïde. Qui ne voit déjà l'étendue des travaux que j'ai entrepris ! En efîet , les maladies dont je traite sont d'autant plus multipliées, que la peau qui en est l'objet, répond à tous les viscères, et participe, en quelque sorte , à toutes les fonctions du corps humain. Tapissée de nerfs , d'artères , de veines , de lymphatiques , peuplée de glandes , partout imprégnée du corps muqueux , sa structure se diversifie à chaque instant comme ses usages. Aussi essentielle à l'individu que l'écorce l'est à l'arbre , elle sert à l'ornement et à la conservation de l'homme. Non-seulement l'exhalation et l'absorption lui sont départies, mais elle est l'instrument suprême du toucher; et, par ce double emploi dans l'économie animale , elle exerce à-la-fois la vie d'assimilation et la vie de relation , pour me servir du langage des physiologistes. Aucun phénomène de l'organisme ne lui est , par conséquent , étranger.

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