‹ Description des mammifèresChapitre 106 sur 125 · MESSIEURS · texte numérisé non relu

MESSIEURS

Je m'empresse de remplir la promesse que j'ai eu l'honneur de vous faire relativement aux mœurs, usages et habitudes de l’Orang Troglodyte (Gorille), que je viens d'offrir au Muséum d'histoire naturelle *.

Permettez-moi d'entrer dans quelques détails sur le pays dont cet animal gigantesque est originaire, et que, dans mes rares loisirs, j'ai pu étudier.

Le Gabon, un des principaux foyers de traite, était depuis fort longtemps fréquenté par les négriers; et maintenant, depuis que la traite est défendue, il se trouve sous le protectorat de la France, qui y entretient un poste militaire depuis six ans.

Ce blockhaus est situé sur l’estuaire du même nom. C’est un vaste golfe de 40 milles de profondeur, de trois à huit milles de largeur dans ses plus grands diamètres. Son embouchure, large, et hérissée de bancs à fleurs d’eau, rend l'entrée dangereuse aux navires d’un certain tonnage. Cependant, la frégate la Belle-Poule, sous les ordres du prince de Joinville, y est entrée à la sonde, et a découvert une passe qui porte le nom de passe de la Belle-Poule.

Ce golfe, alimenté par des rivières, encore inconnues, mais nombreuses (car au jugé, le courant est de trois nœuds passés), déverse ses eaux dans la mer à 0° 6° nord de l’équateur. Plusieurs iles habitées surgissent, couronnées de verdure, du sein de ses eaux.

Cette vaste nappe d’eau, environnée de toutes parts par une ceinture de feuillage, toujours verte, se trouve emprisonnée entre deux presqu’iles, dont les contours ne sont pas encore connus des géographes, ni mis sur les cartes.

De nombreux cours d’eau qu’alimentent d'immenses marigots, viennent gonfler ses eaux. Leurs cours nous sont inconnus, excepté l’affluent principal Le Cômo, exploré jusqu'aux dernières limites qu’un canot puisse atteindre (c’est-à-dire 98 milles), par MM. Pijeard et Méquet, lieutenants de vaisseau, en 1847 et 48.

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