‹ Description des mammifèresChapitre 18 sur 125 · Le CERCOPITHÈQUE MONOÏDE, C. monoïides · texte numérisé non relu

Le CERCOPITHÈQUE MONOÏDE, C. monoïides

(Planche 3.)

Car. — Dessus de la tête et nuque d’un vert-olivâtre tiquete de noir; parties supérieures d’un roux tiqueté, légèrement lavé de vert;

SINGES. 55q épaules, une grande partie des membres et de la queue, noirs; ventre et bas de la poitrine, grisätres; devant de la poitrine et gorge blancs.

Hab.—L’Afrique, région indéterminée; vraisemblablement la côte occidentale.

Syn.— €. monorpes, Is. Geoffroy, dans les Comptes-rendus hebd. de

l’Acad. des Sciences, t. XV, p. 1038, et dans l’article Cercopithèque déjà cité, p. 303, 1842.

Le Cercopithèque monoïde m'est connu par un individu femelle, donné à la ménagerie du Muséum d'histoire naturelle par madame la princesse de Beauveau, et dont la patrie m'était pas exactement déterminée. Cetindividu, déjà vieux lorsqu'il arrriva au Muséum, et très-vieux lorsqu'il mourut, avait les allures et le naturel de la Mone et de la Diane. Il est le premier Singe de lAncien- Continent que j'aie vu enrouler sa queue autour des corps placés à sa portée, et s’en servir pour assurer et faciliter sa locomotion.

Cette espèce a le dessus de la tête et la nuque d’un vert-olivâtre tiqueté de noir; le dessus du col, les côtés de la tête, y compris de longs poils qui garnissent les joues, et la partie inférieure des flancs, d’un gris tiqueté; le dos et la partie supérieure des flanes d’un roux tiqueté légèrement lavé de vert; les épaules, la face externe des bras, les avant-bras, les quatre mains, une partie des cuisses, et la plus grande partie de la queue, d’un noir pur; le reste des cuisses et la base de la queue, d’un noir grisonnant; la face externe des cuisses et des jambes, le venire et le bas de la poiirine, grisâtres ; enfin, le devant de la poitrine et la gorge blancs. Les oreilles sont garnies supérieurement, à leur face interne, de poils blancs assez longs. |

La distance du bout du museau à l’origine de la queue est d’un demi-mètre environ, et la queue est plus longue d’un sixième que le corps et la tête pris ensemble.

On voit que cette espèce, et c’est ce qu'indique à l’avance son nom, a les plus grands rapports avec l’une des espèces les plus jolies et les mieux connues de ce genre, la Mone de Bufton, Simia ou C. Mona des auteurs méthodiques. La coloration des parties supérieurs est presque exactement la même que chez celleci; et la taille, les formes, les proportions sont aussi les mêmes. Mais la Mone a les parties inférieures d’une couleur très-différente , etil faudrait une extrême inattention pour confondre spécifiquement les C. Mona et C. monoides.

Cette nouvelle espèce a aussi quelques rapports avecle ©. Cephus, par la couleur de son dos, et avec le C. leucampyx, par la disposiüon de ses couleurs. La distinction est d’ailleurs trop facile pour qu'il y ait lieu d’insister sur les caractères différentiels.

Enfin, le C. snonoïdes a aussi de nombreux rapports de coloration avec un Singe encore imparfaitement connu, le Semopithecus ou Cercopithecus albogularis' de M. Sykes; espèce dont ni les affinités naturelles, ni la patrie, ne sont encore rigoureusement déterminées. Sans discuter ici cette double question, pour la solution de laquelle les éléments me manquent, je ferai du moins remarquer que le C. monoides, quoiqu'il ait la gorge blanche comme le S. ou C. albogularis, ne peut étre confondu avec celui-ci, chez lequel, d’après les zoologistes anglais, la couleur générale est le gris-tiqueté, passant sur le dos au vert-olivâtre ; chez lequel aussi la poitrine est d’un blanc pur, le pelage long et fin, et qui enfin a les

" Ce Singe, décrit d’abord comme un Semnopithèque par M. Sykes dans les Proceedings of

the zoological society, ann. 1850-31, a été reporté depuis par M. Sykes lui-même et par MM. Ogilby et Martin parmi les Cercopithèques.

pouces extérieurs courts; caractère dont aucun ne se retrouve chez le C. monoides.

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