‹ Description des mammifèresChapitre 19 sur 125 · Le CERCOPITHÈQUE DELALANDE, Cercopithecus Lalandr · texte numérisé non relu

Le CERCOPITHÈQUE DELALANDE, Cercopithecus Lalandr

Car. — Une bande blanche au-devant du front. Pelage long, d’un gris légèrement olivätre sur le dos et les flancs; parties inférieures du corps et externes des membres blanchätres. La face, le menton et les quatre mains, noirs. Queue grise avec l'extrémité noire; l’anus entouré de poils ras d’un roux vif.

Hab.—L’Afrique australe, spécialement la Cafrerie.

Syn.—GUENON NAINE DELALANDE, C. PUSILLUS DELALANDE, Desmoulins, d’après de jeunes individus, dans l’article Guenon du Dictionnaire classique d'huist. naturelle, 1. IX, p. 568,1825. — €. Lazanprr, Is. Geoff. , dans les Comptes-rendus de l’Acad. des Sciences, t. XV, p. 1038, et dans l’article Cercopithèque du Dicon. universel d'lust. naturelle, t. III, p:. 305, 1842.

Je conserve à cette espèce le nom du célèbre voyageur qui l’a rapportée il y a vingt-deux ans de PAfrique australe; mais Je suis obligé de modifier le double nom spécifique, ©. pusillus Delalande, qui est fort irrégulièment formé, et de plus fort inexact. M. Desmoulins n’a, en effet, attribué au Cercopithèque Delalande une taille naine, que parce qu'ayant vu seulement de jeunes individus, il les a pris pour des adultes.

Le C. Lalandii n’est poirt rare dans l'Afrique australe, et existe depuis longtemps dans plusieurs collections ; mais, à l’exception de M. Desmoulins qui, ainsi qu’on vient de le voir, attribue à l’espèce une taille comparativement très-petite, ce Singe est toujours resté confondu avec le C. pygerythrus de M. Frédéric Cuvier ; erreur commise par M. Frédéric Cuvier lui-même, aussi bien que

par les autres zoologistes. Le C. Lalandii a, en effet, la même distribution générale de couleurs que le C. pygerythrus, et l'anus est de même entouré de poils roux; mais, si la distribution générale des couleurs est la même dans les deux espèces, leur teinte est différente ; le pelage, très-long, n’est véritablement pas vert chez le C. Lalandu, même sur le dos et la téle, mais d’un gris à peine teinté de vert ou d’olivatre.

L'erreur qu'a commise M. Frédéric Cuvier en confondant en une seule espèce le C. pygerythrus et le C. Lalandi, ne peut d’ailleurs être imputée à reproche à ce célèbre zoologiste. Longtemps on n’avait connu, d’une part, le C. Lalandii que par de jeunes individus rapportés du Cap par M. Delalande, et le C. pygerythrus, au contraire, que par deux individus adultes, venus vivants par la voie du commerce , et acquis par la ménagerie du Muséum. Il était naturel d'attribuer à des différences d’àge les caractères différentiels que l’on observait entre ces individus, et c’est pourquoi le C. pusillus Delalande de M. Desmoulins fut considéré, par tous les auteurs, comme un double emploi du C. pygerythrus. Mais de nouveaux et riches matériaux sont maintenant à notre disposition. Aux jeunes C. Lalandiüi rapportés par Delalande, j'ai pu comparer une belle série d'individus de tout âge et des deux sexes, rapportés par MM. Verreaux ; et c’est sur les résultats de cette comparaison que je me suis fondé pour considérer le C. Lalandu comme une espèce voisine, mais distincte du C. pygerythrus.

1 Il est à remarquer que leur patrie est restée inconnue. Si tous les auteurs, d’après M. Frédéric Cuvier, disent le C. pygerythrus originaire de l'Afrique australe, c’est toujours parce qu’on avait cru devoir rapporter à cette espèce les jeunes Cercopithèques de M. Delalande. Quelle est d’ailleurs la patrie du €. pyger’thrus, c’est ce que j'ignore complétement. La seule assertion que j'oserais émettre, c’est que cette patrie n’est point le sud de l'Afrique, aujourd’hui si bien connu par les recherches de Delalande, de MM. Verreaux, de M. Smith, et de tant d’autres observateurs.

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