‹ Description des mammifèresChapitre 20 sur 125 · Le CERCOPITHÈQUE VERVET, Cercopithecus pygerythrus · texte numérisé non relu

Le CERCOPITHÈQUE VERVET, Cercopithecus pygerythrus

Car. — Une bande blanche au devant du front; pelage d’un vert-jaunûtre üqueté de noir sur la tête, le dos, les épaules et les flancs ; gris sur la face externe des membres. La face, /e menton, les quatre mains dans la totalité, le bout de la queue noirs. Tour de l'anus d’un roux-vif.

Hab. — V’'Afrique, région encore indéterminée.

Syn.—VERVET, SIMIA PYGERYTHRA, Fr. Cuv., Mammuferes, 1821 ; Desmoulins, loc. cit.; Fischer, loc. cit. — C. rrerrYyrnrzus, Desmaresi, Mammalogrie, 1822; Jard, loc. cit.—C. PrezrYruRuS, Fr. Cuv., Mamm., 2° éd. ; Geoff. St-Hil., Cours de l'hist. de mammuf.; Lesson; Ogilby; Mar-

tin, locis cit.

J’ai cru devoir donner ici la caractéristique exacte de cette espèce, non-seulement parce que plusieurs auteurs ont mélangé dans leurs descriptions des traits empruntés en partie au vrai C. pygerythrus, en partie au C. Lalandu, maïs aussi parce que le C. pygerythrus n’a jamais été nettement distingué, même par M. Frédéric Cuvier, de deux autres espèces voisines, le C. cynosurus où Malbrouck, et le ©. griseo-viridis où Grivet de M. Frédéric Cuvier. C’est, en effet, à tort que ce célèbre zoologiste avait cru le C. pygerythrus suffisamment caractérisé par la tache rousse circum-anale dont Vexistence est rappelée par l’épithète spécifique pygerythrus où pygerythræus. Jai reconnu que non-seulement ce caractère existe aussi au même degré chez le C. Lalanduü ; mais qu’on le retrouve jusqu’à un certain point chez le C. cynosurus, et dans une autre espèce encore, celle qui va être décrite sous le nom de C. rufo-vr ridis. Ces deux derniers Singes ont aussi près de lanus des poils

roux, lesquels toutefois sont moins nombreux et ne forment pas une tache aussi étendue et aussi bien circonscrite. Il est, au contraire, un autre caractère, la couleur noire du menton, à l’aide duquel on distinguera toujours nettement le C. pygerythrus, soit du C. Cynosurus, soit du C. griseo-viridis : ce caractère a été omis dans la description de M. Frédéric Cuvier ; mais il est parfaitement exprimé dans la figure qui y est jointe.

13. Le CERCOPITHÈQUE ROUX-VERT, Cercopithecus rufo-viridis. (Planche 4.)

Car. — Une bande blanche au devant du front. Face noire. Pelage d’un vert-roussätre en dessus, d’un gris-verdâtre sur les épaules et les cuisses, blanchâtre en dessous, et roux sur les flancs.

Hab. — L'Afrique, côte occidentale (?).

Syr.—C.ruro-FIRIDIS, Is. Geoffroy, dans les Comptes-rendus hebdomadaires de l’ Acad. des Sciences, t. XV, p. 1038, et dans l’article Cercopithèque du Dictionnaire univers. d'hist. naturelle, 1. III, p. 307, 1842.

Ce Cercopithèque, qui ne m’est encore connu que par un individu femelle, appartient essentiellement, par son système de coloration, et aussi par ses proportions et sa taille, au groupe que composent les C. sabæus, C. pygerythrus et plusieurs autres désignés en commun, par quelques auteurs, sous le nom de Singes-verts. Mais en même temps, dans l’une des régions de son corps, il commence à révêtir les couleurs qui caractérisent les Cercopithèques à pelage roux ou Singes-rouges.

! On connaît aujourd'hui sept espèces à pelage vert ou verdâtre, liées les unes aux autres par des rapports intimes, savoir : C. Lalandü, C. pygerythrus, C. cynosurus, C. griseo-viridis, C. sabœus et C. tantalus (ce dernier, récemment décrit par M. Ogilby, est encore incom-

Le dessus de la tête et du corps est d’un vert-olivatre, plus lavé de roux sur le corps que sur la tête. Les flancs sont, dans la partie qui se rapproche de lépaule, d’un vert-roussâtre; les poils laineux sont, dans cette région, lavés de fauve-roux sur une partie de leur étendue, et les poils soyeux, annelés de noir et de vert. Plus en arrière, vers le milieu des flancs, les poils laineux sont presque entièrement d’un fauve-roussâtre-clair, peu différent de la couleur connue sous le nom de z2ankin, et cette couleur se montre au dehors, chez noire individu du moins, au travers des poils soyeux annelés de vert et de noir, peu nombreux en cette partie. Enfin, plus en arrière, et jusqu'aux aïnes, les flancs sont d’un fauve-roussâtre presque pur, les poils laineux étant de cette couleur, sauf la racine qui est blanche, et les poils soyeux, toujours annelés de vert et de noir, étant extrêmement peu nombreux.

Les épaules et les cuisses sont d’un vert-grisâtre ; la face externe des avant-bras et des jambes, d’un gris tiqueté de verdâtre ; les quatre mains, grisonnant. Quant à la face interne des membres, elle est blanche , de même que Îles parties inférieurs.

La queue est en dessus d’un gris tiqueté, en dessous blanchäâtre ; son extrémité est noire en dessus. [1 existe quelques poils roux entre la queue et les callosités, à peu près comme chez le C. cynosurus.

La face est noire comme comme chez le C. griseo-viridis, avec un bandeau blanc en avant du front; le menton est noir. Sur les côtés

plétement connu). On ne connaît au contraire que deux espèces à pelage rouge : Le Singe rouge proprement dit, C. ruber, et le C. pyrrhonotus de MM. Hemprich et Ehrenberg. C'est à tort qu'un illustre zoologiste a rapporté dans ces derniers temps le C. pyrrhonotus au C. ruber. Entre plusieurs caractères différentiels, il suffira ici d’en citer un : le nez est xoër chez le C. ruber, et blanc chez le C. pyrrhonotus. Arcnives vu Muséum, Toue II. -2

de la face existent de longs poils blancs, dirigés en arrière et en baut, à peu près comme chez le C. griseo-viridis.

Le C. rufo-viridis, quoique très-voisin du C. griseo-viridis et du C. pygerythrus, se distingue nettement de lun et de l’autre. Outre la couleur des flancs, et spécialement celle des poils laineux qui sont blancs dans ces denx espèces, outre quelques autres différences encore, il suflira de rappeler ici, pour le premier, la couleur grise de la face externe des épaules, des cuisses, et à plus forte raison des avant-bras et des jambes, la couleur du menton qui est revêtu de poils blancs, celle du pourtour de l’anus où l’on voit aussi de longs poils blanes et point de poils roux ; pour le second, le earactère qui lui à valu le nom de C. pygerythrus, et la couleur noire des quatre mains.

Je regrette de ne pouvoir faire connaitre exactement la patrie de cette jolie espèce. Je me la suis procurée vivante, pour la ménagerie du Muséum , par la voie du commerce, et je ne possède aucun renseignement positif sur son origine. Toutefois, ayant acquis Pindividu , type de cette espèce, avec un Cercopithèque Mone, jai pu conjecturer, non sans quelque vraisemblance, que le Cercopithèque roux-vert a pour patrie, comme la Mone, la côte occiden-

tale d'Afrique.

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