‹ Description des mammifèresChapitre 27 sur 125 · I. 2 + C. 5 + M.$£ dont · texte numérisé non relu

I. 2 + C. 5 + M.$£ dont

Je dois insister ici sur une objection, également valable contre les anciennes formules et contre les nouvelles et plus exactes expressions employées par M. de Blainville. Est-il rationnel d'exprimer en zoologie les nombres dentaires par des notations arithmétiques qui, dans toutes les autres sciences, sont usitées avec une valeur toute différente? A mon sens, ?, 3, ne peuvent pas plus, dans un livre zoologique que partout ailleurs, signifier autre chose que 5 divisé par 5, 3 divisé par 3, c’est-à-dire l'unité; £, 2, représentent nécessairement des fractions ; et ?=5 ne peuvent être interprétés que d’une seule manière, 5 moins 5 divisé par 5 moins 5, c’est-à-dire 2 ou le symbole de l’indétermination.

NOTE VII. (Voyez page 526.) Sur la concordance nécessaire des nomenclatures latine et française.

Le double nom donné au genre Orang, me fournit l’occasion d’une dernière remarque de nomenclature qui complétera utilement les Notes 11, LIT et IV.

Comme tous les auteurs, j'adopte, comme nom générique français, le mot Orang, et, comme nom générique latin, le mot Pithecus. Ces deux noms sont très-différents par leur consonnance; leur origine, leur valeur étymologique, leur sens propre, n’ont rien de commun :.en un mot, c’esten vain qu’on chercherait une analogie quelconque entre ces deux représentants d’une même idée dans deux langues différentes. C’est là, sans nul doute, un grave inconvénient et presque une faute contre la logique; mais, malheureusement, c’est un inconvé-

nient, c’est une faute consacrée par l’usage général.

En fait, il ne peut et ne doit exister qu’une seule nomenclature; c'est celle qui est commune aux savants de toutes les nations, la nomenclature latine. Chaque être n’a donc et ne peut avoir qu’un seul nom scientifique, son nom latin, choisi ou formé selon les principes de la nomenclature linnéenne. Ce nom une fois établi dans la science, chaque nation le rend ensuite, autant qu'elle le peut, dans sa propre langue, tantôt y faisant passer ce nom lui-même avec un léger changement d'orthographe ou de terminaison (Cercopithecus, Cercopithèque ; Tarsius, Varsier ; Didelphis, Didelphe); tantôt /e traduisant (Felis, Chat; Erinaceus, Héris-

son; Sus, Cochon) ; tantôt /e remplacant par ur equivalent plus où moins exact (Stentor, Hurleur; Acheus, Paresseux).

Le nom de Pithecus une fois admis dans la nomenclature latine, devrait donc avoir pour équivalent en francais, Pithèque; et de même pour les autres langues ; par exemple, Pithek en allemand et dans la plupart des langues du Nord, Piteco en italien, etc. Telle serait l'application de la règle logique. Mais le mot Orang est consacré, non-seulement dans la langue zoologique, mais aussi dans la langue générale; et il serait aujourd’hui impossible de l’effacer de la nomenclature. De là l’accolement de ces deux noms qui ne concordent sous un autre point de vue l’un avec l’autre, et qui, par conséquent, imposent un double travail à la mémoire ; inconvénient fort grave, surtout dans une science où la terminologie logiquement nécessaire, fût-elle aussi simple et aussi rationnelle qu’on pourrait le désirer, resterait encore tellement au-dessus de nos facultés.

La même nécessité se reproduit à l'égard d’un grand nombre d’autres genres dans toutes les branches de la Zoologie, mais, plus que partout, en Mammalogie eten Ornithologie. Pendant que Linné et ses disciples constituaient la nomenclature zoologique d’après les principes qui régissent encore aujourd'hui la science, Buffon, et à son exemple quelques autres naturalistes francais, tels que Levaillant, appliquaient aux Mammifères et aux Oiseaux une nomenclature fondée sur des principes tout autres, ou plutôt dépourvue de principes fixes. De là l'existence, pour un si grand nombre de genres, de deux noms tout différents, l’un latin, l'autre francais, également consacrés par l’usage, et pour jamais établis dans la science.

Il faut subir ce grave inconvénient, puisque nous ne saurions l’éviter. Mais, du moins, nous devons nous garder d’y ajouter à l'avenir, et de créer à notre tour de nouvelles dificultés à nos successeurs. Sachons ne plus nous écarter de cette règle logique qui veut que chaque groupe d'êtres où chaque être distinct aë un nom, mars n’en ait qu'un. Et surtout, lorsque nous créons des genres nouveaux, ne nous laissons pas entraîner à accoler , comme on l'a fait encore il y a peu d'années, un nom latin, régulièrement formé selon les règles linnéennes, et un nom francais, ou plutôt barbare, tiré d'un nom de pays arbitrairement modifié, parfois même imaginé selon l’idée du moment, et absolument étranger au premier. Nul plus que moi n’honore les travaux de M Frédéric Cuvier, et n’admire ceux de l'illustre auteur du Règne animal; mais leur autorité ne saurait prévaloir sur les principes ; et j'oserai dire que ces deux naturalistes éminents ont donné des exemples que l’on doit se garder de suivre, lorsqu’après avoir admis pour noms génériques des mots tels qu'Ailurus, Ictides, Mydaus, Crossarchus, etc. ils ne les ont pas rendus dans notre langue par leurs analogues naturels Ailure, Ictide, Mydas, Crossarque, mais leur ont substitué des synonymes tels que Panda, Benturons, Télagon, Mangue, etc.

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