Le Cazrrrrene niscorore, Callithrix discolor. (PL
Car. — Pelage supérieurement d'un gris plus ou moins roux et tiqueté, d'un roux marron très-vif en dessous et sur la presque totalité des membres; queue grise avec l'extrémité des poils
blanche.
C, castaneus est voisin du C. capucinus, mais beaucoup plus grand, à pelage d’un châtain roux plus où moins tiqueté sur le corps, avec les membres postérieurs, le bas des avant-bras, la queue et la ligne dorsale, plus foncés. Les épaules sont d’un fauve-pâle roussâtre. Le front et les côtés de la tête sont aussi de cette dernière couleur ; mais, au-dessus il existe (au moins le plus souvent) une calotte , rousse à l’occiput, noire sur le vertex, avec une ligne noire prolongée jusqu’à la partie antérieure du front. Les mains sont brunes.
Outre les Cebus elegans, vellerosus et castaneus, la collection du Muséum possédait une espèce nouvelle que M. le docteur Pucheran a succinctement décrite, il ÿ a quelques années, sous le nom de C. versicolor. Une description plus détaillée de ce Sajou trouvera utilement sa place dans ce Mémoire particulièrement consacré aux espèces nouvelles de la collection. J'insère ici textuellement la note que m’a remise M. Pucheran.
« LE Sajou versicozore, Cebus versicolor.
» Car. — Pelage des parties supérieures du corps, fauve-blond ; espace inter-auriculaire » noirâtre; les quatre mains noires.
» Hab.— La Colombie.
» Syr. — Crsus versicozor, Puch., dans la Repue zoologique , ann. 1845 , p. 335. — Is. » Geoff., Catal. des Primates, p. 47. ;
» Chez ce Sajou, le dessus et les côtés de la tête, jusqu’en arrière des oreïlles, sont cou- » verts de poils blancs, ainsi que le menton et le col. La région inter-auriculaire est d’un » noirâtre foncé, et la tache qui s’y trouve formée, s’avance sur le blanc du vertex, où elle » se termine en pointe, tandis qu’elle se nuance de brun sur la région supérieure du cou. » Le milieu du dos est d’un blond foncé, passant au roussâtre sur la croupe, et se chan- » geant en gris-brun foncé sur les flancs. Le thorax, l'abdomen sont roux-vif, ainsi que » les faces interne et externe des quatre membres : les poils qui couvrent les mains, en » avant comme en arrière, sont noirs. La queue est, à sa racine, de la teinte de la croupe; » elle devient ensuite gris-brun foncé dans son tiers moyen, et blond très-clair dans son » tiers terminal.
» Cette espèce, qui mesure 0,575 du museau à la base de la queue, est originaire de » Colombie. Très-voisine du €. chrysopus (Fr. Cuv.), elle s’en distingue cependant au » premier coup d'œil par le noir de sa nuque et de ses quatre mains, »
Hab. — Bords de l’'Amazone et de l'Ucayali, Brésil et Pérou.
Syn. — Ouarpo des Indiens Pébas; OuAPPOUSSA des missionnaires (d’après MM. de Castelnau et Deville). — CALLITRICHE DISCOLORE, CALLITHRIX DISCOLOR,
Is. Geoff. et Dev., Loc. cit., p. 498, 1848; Is. Geoff., Catal. des Primates, p: ÂT, 1897.
Cette espèce, l’une des plus belles de son genre, appartient à ce petit groupe de Callitriches, si remarquables et surtout si élégants, qui viennent se placer près du Moloch. Comme celui-ci, que M. de Hoffmansepg a fait connaître dès 1807, comme le Callithrix cupreus de Spix et le C. donacophilus de M. d'Orbigny, il est couvert supérieurement de longs poils annelés, et inférieurement de poils moins longs d’une couleur uniforme.
Cette couleur, dans les espèces que je viens de citer, tire toujours plus ou moins sur le roux-ferrugineux; dans aucune, elle n'est plus riche que chez le C. discolor. Chez lui, la gorge, les joues, la poitrine, le ventre, la face interne des cuisses et des bras, et la totalité des bras et avant-bras, sont d’un beau roux-marron. Sur les parties supérieures du corps et sur la face externe des cuisses, des épaules et des bras, les poils, d’un brun noirâtre à leur orisine, sont ensuite colorés par petits anneaux Jaunâtres et noirs ; d'où résulte une teinte générale gris-roux tiqueté.
Le dessus de la tête est aussi, chez quelques-uns de nos individus, d’un gris-roux tiqueté, avec la partie antérieure du front noirâtre; chez d’autres, d'un gris très-faiblement teinté de roux, avec quelques poils noirs seulement sur le front.
La face est nue et noirâtre, sauf le tour de la bouche, qui est revêtu de poils blancs.
La queue est, à sa base, d'un gris-roux tiqueté, comme le dessus de corps. Elle est ensuite d'un brun tiqueté de blanc, les extré-
mités des poils étant de cette dernière couleur, puis blanchâtres. Les poils de la portion terminale, jaunes ou jaunâtres à leur oririgine, sont noirâtres dans la zone intermédiaire, puis blanchâtres. Telle est du moins la coloration de la plupart des poils de l’extrémité de la queue, un très-petit nombre seulement étant noirs à la pointe.
La taille de ce Singe est sensiblement la même que celle des espèces auxquelles je l'ai comparé. Elle est de 3 décimètres pour les adultes, non compris la queue. Celle-ci a environ 3 décimètres et demi.
La belle série d'individus que possède le Muséum, est due au voyage de MM. de Castelnau et Deville. Parmi ces individus, se trouve un très-jeune sujet; il ne diffère des adultes que par la coloration plus rousse des parties supérieures, dont le ton, chez lui, si les poils n'étaient tiquetés, approcherait beaucoup de celui des parties inférieures. On a vu que, chez les adultes, il y a au contraire, entre les uns et les autres, une très-grande différence, ou mieux, un contraste très-marqué; et c'est ce que rappelle le nom de discolor, que M. Émile Deville et moi avons donné à cette espèce.
Les caractères qui résultent, pour le C. discolor, de la description précédente, le distinguent très-nettement soit du C. Moloch, soit du €. donacophilus : le roux des parties inférieures est chez ceux-ci beaucoup plus clair et bien plutôt doré que marron. Quant au C. cupreus de Spix, il paraît bien, sinon d'après la figure donnée par ce voyageur !, du moins d’après sa description?, se rapprocher du €. discolor par la coloration des parties inférieures ; mais, d'après Spix, il a la queue d'un gris rougeâtre, et ce caractère le distingue aussi bien du C. discolor que du C. Moloch et C. do-
? Loc. cit., 1823. Le Callithrix cupreus est figuré pl. XVII, et son crâne, pl. XXVII, fig. 3.
2 Jbid., p. 23.
Arcuives pu Muséum, TouE V. 70
nacophilus. La comparaison des parties osseuses confirme la distincuon spécifique des C. cupreus et C. discolor : chez ce dernier, le bord inférieur de la mâchoire inférieure, beaucoup plus arrondie en arrière, est rectiligne; il est concave, d'après la figure de Spix, chez le C. cupreus. Chez le C. discolor, le jugal est aussi notablement plus large que chez le C. cupreus.
Tous les individus que possède le Muséum, viennent des bords soit de l’Amazone, soit de son affluent l'Ucayali. Ceux qui viennent de l’'Amazone, soit de la partie brésilienne, soit de la partie péruvienne de ce fleuve, se ressemblent beaucoup; ceux qui, au contraire, ont été pris sur l'Ucayali, dans la mission de Sarayacu, présentent une différence dans la coloration de la tête : c’est chez eux que nous avons trouvé le vertex pris, et non gris-roux, et seulement quelques poils noirs sur le front. Il en est un qui diffère en outre par ses doigts en partie blanchâtres ou d’un fauve-roussâtre clair. En raison de ce dernier caractère, nous avons hésité quelque temps à considérer ce dernier comme appartenant à la même espèce; mais nous avons constaté, chez d’autres individus, à doigts roux-marron, l'existence de quelques poils blanchâtres au bord de l'ongle. Il ny a donc entre les uns et les autres qu'une simple différence du plus au moins.
Je compléterai cette description et ces indications par quelques notes sur les mœurs du Callitriche discolore, extraites du journal de voyage de M. Deville.
« Rien n'égale la gentillesse de ces petits Singes lorsqu'ils s'é- » lancent d'un arbre à l'autre, les femelles portant sur leur dos
» leurs petits ; ils ontalorsla promptitude et la légèreté d’un oiseau.
» Ils sont semi-nocturnes, ainsi que l'indique la grandeur de » leurs yeux, et ainsi que nous nous en sommes convaincus. Ils » vivent en petites troupes dans les grands bois humides qui bor- » dent la rivière des Amazones, où les Indiens Pébas leur donnent
le nom de Uappo, et les missionnaires celui de Uapussa. Dans la journée, ils se tiennent en boule, faisant entendre de temps en temps un petit cri sourd et comme intérieur, d'où leur viennent les noms de Singes ventriloques et Singes chantants qui leur ont été quelquefois donnés.
» À la tombée de la nuit, ils sont très-agiles, semblables à cet égard à la plupart des espèces crépusculaires. En général, ce sont des animaux très-doux, mais peu intelligents. Ils se nourrissent de fruits et d'insectes.
» Ils s'apprivoisent facilement, et alors, ils mangent de tout ce qu’on leur présente; cependant ils préfèrent la viande cuite et les aliments sucrés.
» Ceux qu'on apporte en Europe, résistent difficilement à la traversée et au froid de notre climat. Cependant, avec de grandes précautions, on parvient à en sauver quelques-uns. J'ai gardé un individu pendant neuf mois, et je l'ai rapporté jusqu à Brest, où il mourut le troisième jour de son arrivée. »