‹ Description des mammifèresChapitre 72 sur 125 · Archiv. du Mus., loc. cit., p · texte numérisé non relu

Archiv. du Mus., loc. cit., p

vernoy, et avec bien plus d'autorité, puisqu'il la justifie par des caractères tirés de la conformation, non plus seulement de la dernière molaire, mais de toutes les mâchelières de la mâchoire inférieure 1.

Il est remarquable que le Gorille, tout en se rapprochant, par cette conformation plus complexe de la couronne des molaires inférieures, des derniers Singes de l’ancien continent, conserve un caractère qu’on a regardé comme appartenant essentiellement aux premiers (qui le partagent avec l'Homme) : les quatre incisives sont, à l’une et à l’autre mâchoires, et plus particulièrement à l’inférieure, rangées, à peu de chose près, sur le même plan : c’est à peine si la paire interne dépasse en avant la paire externe ?.

$ 5. Résumé des caractères du genre GORILLE.

L'étude de la conformation générale de la tête chez le Gorille, des proportions des membres, et par conséquent des conditions générales de la station et de la progression; celle de la conformation de ses mains et de la forme

1. Ayant souvent examiné pour moi-même et montré à mes auditeurs le système dentaire du Gorille, et ayant insisté à plusieurs reprises sur les faits propres à justifier mes vues sur la distinction générique de ce Singe, je n’avais pas laissé échapper, il est à peine besoin que je le dise, les caractères que je viens d'indiquer en derniér lieu. Si je les donne ici d’après M. Duvernoy, et non d’après moi-même, c’est que j’ai cru devoir m’en tenir, pour ce qui. me concerné, à mes publications ; et dans celles que j'avais faites jusqu’à ce jour, le seul caractère que j’eusse donné, est celui que présente la dernière molaire inférieure. La condition la plus essentielle, dans un tableau synoptique tel que celui que j'ai donné (Voy. p. 15), n’est pas d'être complet; c’est d’être concis et clair,

2. Depuis que ce paragraphe a été écrit et même composé, j'ai reçu de M. Lartet la communication d’un fait dont la connaissance est due à ce savant paléontologiste, et d’où résulte une différence trèsdigne d'intérêt entre le Chimpanzé et le Gorille. Ce fait est consigné dans une note inédite sur le système dentaire des Singes, où, comme dans toutes les œuvres de M. Lartet, des observations pleines de sagacité servent de points de départ à de justes et ingénieuses inductions.

Voici les premières lignes de la note de M. Lartet :

«M. Owen a dit dans son Odontographie, et il a répété dans l’article Teeth de l'Encyclopédie de Todd, et en dernier lieu dans ses Principes d’ostéologie, que dans l’Orang et les deux Chimpanzés (c’està-dire, selon M. Owen, le vrai Chimpanzé et le Gorille), l’évolution de la dernière molaire, ou dent de sagesse, précède la sortie de la canine de remplacement. Je n’ai pas vu de tête d’Orang dans cette phase de dentition; mais il y a dans la collection du Muséum une tête de Gorille où la dent de sagesse est prête à sortir, tandis que la canine de lait est encore en place. Dans une tête de jeune Chimpanzé femelle, dont le modèle en plâtre m’est communiqué par M. Vasseur, toute la dentition de lait est remplacée, et la dent de sagesse est en retard de faire son apparition. Chez cet individu, les os des membres n'étaient plus épiphysés. »

et de la structure des mâchelières inférieures, nous ont également conduit à cette conclusion, confirmée en outre par un grand nombre de faits secondaires :

Le Gorille n'appartient point au genre Troglodytes : il constitue un genre distinct : genre auquel restera saus doute appliqué le nom que j'ai proposé pour ce Singe quelques jours après son arrivée en France : coniLrr, GURILLA.

Les caractères principaux de ce genre peuvent être ainsi résumés 1:

Tête arrondie dans le jeune âge; téle très-allongée et irès-déprimée, à l'état adulte ; s crétes craniennes très-saillantes.

Conques auriculaires petites et de forme humaine.

Membres antérieurs longs ?; leur extrémité atteignant, l’animal étant debout, le milieu de la jambe.

Mains antérieures larges 3: la paume en particulier presque aussi large que longue (de proportion presque exactement humaine); les doigts courts (relativement à ceux de l'Homme et du Chimpanzé).

Mains postérieures, allongées; les trois doigts intermédiaires (chez le mâle) réunis par les téguments jusqu'à la seconde phalange.

Ongles des quatre mains très-aplatis (comme chez l'Homme et le Chimpanzé seuls).

Les canines énormes ; les incisives rangées presque en ligne droite. Les trois mâchelières inférieures allongées d'avant en arrière, et à talon.

$ 5. Aapports naturels du genre Gorille.

Le genre Gorille appartient à la tribu des Simiens : première conclusion qui ne peut être et n’a jamais été l'objet du moindre doute. Comme caractères extérieurs, il présente les divers traits de la conformation humaine qui se conservent encore chez les Singes de ce premier groupe, et en outre (contrairement à ce qui a lieu chez l'Homme, mais comme chez tous les autres Simiens), les membres antérieurs plus longs que les postérieurs : dispo-

4. Les caractères qui sont indiqués en italiques, sont ceux qui distinguent particulièrement le genre Gorilla du genre Troglodytes.

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