‹ Description des mammifèresChapitre 73 sur 125 · Mais bien moins que chez les Orangs et les Gibbons · texte numérisé non relu

Mais bien moins que chez les Orangs et les Gibbons

3. Ce caractère sépare bien plus encore le Gorille de l'Orang que du Chimpanzé.

sition qui forme le véritable caractère indicateur de cette première tribu. À l’intérieur, le Gorille reproduit de même tous les faits principaux de l’organisation des Singes de la première tribu, comme on l’a vu dans les trois Mémoires anatomiques publiés dans ce même recueil par M. Duvernoy, et auquel le présent travail n’est, comme je l'ai dit, qu’un simple supplément zoologique. Sans revenir sur tous les faits établis par mon savant collègue, et par les autres auteurs qui ont écrit sur l’organisation du Gorille, qu'il me soit seulement permis de remarquer que ce Singe possede tous les caractères ostéologiques sur lesquels M. de Blainville a si justement insisté comme éminemment distinctifs de la tribu des Simiens : le sternum, les omoplates, les iléons larges, et la poitrine, dans son ensemble, large aussi, c’est-à-dire plus étendue transversalement que d'avant en arrière; ensemble de caractères que les Simiens partagent seuls et partagent tous (mais à des degrés inégaux) avec l’Homme,

Le Gorille appartient donc à tous égards à la tribu des Simiens; mais quelle place doit-il occuper parmi ces Singes?

La première conséquence des faits qui précèdent, et celle-ci encore, personne ne la contestera, est que le genre Gorilla est plus éloigné du genre Simia et surtout du genre Hylobates que du genre Troglodytes. West le seul, avec celui“ci, qui conserve encore ces trois caracteres humains si remarquables! : la paume élargie, les ongles aplatis, et huit os seulement au carpe. Il est aussi, après lui, le genre qui s'éloigne le moins de PHomme par la proportion générale des membres; et si la conformation de la tête est fort différente chez le Gorille, il est cependant à remarquer que les différences résultent toutes d’un développement énorme, excessif, d’un type cranien qui, au fond, est presque exactement le même. Chez les Orangs, au contraire le type cranien est, comme on l’a vu, notablement différent; les bras sont très-longs, et les mains sont très-allongées et très-étroites; les ongles sont en gouttiere, et le carpe s’écarte, par la présence d’une pièce de plus, des conditions humaines, pour passer à celles des Singes ordinaires,

On ne peut non plus méconnaitre que la plupart des caractères qui dis-

4. Sur les caractères communs à l'Homme et aux premiers singes, on peut consulter mon JJistoire naturelle générale des Règnes organiques, t. 1}, première parte, 4856. Voy. particulièrement le chapitre intitulé : Des Caractères qui distinguent l'homme des animaux et du Règne humain, p. 467. — J'ai donné dans ce chapitre plusieurs faits relatifs au Gorïille.

tinguent le genre Gorilla du genre Troglodytes, tendent à le rapprocher des Simia. L'énorme développement des canines, la saillie considérable des crêtes craniennes, l'allongement du museau à l'état adulte, sont autant de caractères que le Gorille partage avec ce dernier genre; et pour les caracteres très-importants que fournissent les proportions générales des membres, il est exactement intermédiaire entre ceux-ci et les Chimpanzés.

La conclusion qui se déduit de ces faits, est naturellement favorable à l’ordre sérial suivant :

Homo.

Troglodytes.

Gorilla.

Simia.

Hylobates.

Cet ordre est, en effet, celui que j'ai proposé dès 1852 1, Tous les auteurs qui ont, comme moi, isolé le Gorille en un genre distinct, m'ont aussi suivi à cet égard, particulièrement M. Duvernoy, qui a justifié nos vues communes par des développements étendus et en grande partie nouveaux ?. Après le travail de mon savant confrère, je maintiens donc plus que jamais l’ordre que j'avais proposé; mais je le maintiens dans les limites où je l'ai toujours admis ; non comme bon, mais comme le moins mauvais qui soit compatible avec l’ordre sérial uni-lénéaire.

Il s'en faut, en effet, de beaucoup, comme on l’a vu, que le Gorille soit à tous égards, intermédiaire aux Troglodytes et aux Simia. 1] est des caractères par lesquels le Gorille tend à se placer même avant les premiers; d’autres par lesquels il descendrait même au-dessous de ces derniers. C’est ainsi que par la conformation de la main et par quelques détails de celle du pied, nous avons vu le Gorille plus voisin de l'Homme qu'aucun autre animal; ici, par conséquent, l’ordre sérial naturel serait : Homo, Gorilla, Troglodytes, Simia. Par d’autres caractères, au contraire, et notamment par les caractères dentaires, par ceux surtout, et ce sont les plus importants, que

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