‹ Description des mammifèresChapitre 92 sur 125 · Salvage, by the Portugese, dit Tyson. Ù · texte numérisé non relu

Salvage, by the Portugese, dit Tyson. Ù

Quelques auteurs ont reproduit le mot Salvage en français, apparemmentsans le comprendre. Salvage est ici la traduction anglaise du nom (prétendu portugais, mais en réalité espagnol) Et Selvago, qu'on trouve rapporté dans plusieurs ouvrages, et notamment dans l’Hist. gén. des Voyages, t. IT, p. 294.

C’est vraisemblablement par erreur, et non d’après une variante locale, qu'on a écrit dans ce dernier ouvrage, Quoja-Vorau, au lieu de Quojas ou Quoias-Morrou.

Quoi qu'il en soit, voici comment le Sauvage est décrit dans l’Hist. gén. des Voyages :

« IL a cinq pieds de longueur ; sa figure est hideuse. Il a la tête, le corps et les bras de grosseur extraordinaire. Mais il est docile. On lui fait apprendre à marcher droit sur ses pieds, à porter l’eau dans un bassin sur la tête, ete... Ils ont la face et les oreilles de l’homme; mais le nez fort plat... Ils marchent souvent droit sans avoir été instruits, et portent d’un lieu à un autre des fardeaux fort pesants (d’après Barbot) ».

Cette histoire du Sauvage (que j'abrége ici) parait être composée d’un mélange de fables et de faits vrais, relatifs, les uns au Chimpanzé, les autres au Gorille.

3. Parmi ces noms, les premiers se rapportent particulièrement aux Orangs d'Asie, et c'est par extension qu’on les a plus tard appliqués aux grands Singes d'Afrique. À ceux-ci, au contraire, appartiennent les trois derniers. Mais à quelle espèce en propre? Il est difficile de le dire; etil serait assurément très-téméraire d'affirmer que ces noms doivent être rapportés au Gorille.

Quoias-Morrou et Sauvage ont été tirés par les naturalistes de l'ouvrage de Dapper, Naukeurigæ

M. Temminck, dans ses Æsquisses zoologiques sur la côte de Guinée", a appelé l'attention sur un passage de Bosman ?, qui serait relatif, selon mon savant confrère, non pas au Chimpanzé seul, mais à la fois, comme celui de Battell, au Chimpanzé et au Gorille. Voici le passage de Bosman :

« Disons présentement quelque chose des Singes. Ils sont dans ce pays à milliers. Les premiers et les plus communs sont ceux que nos gens appellent Smitten (forgerons) en flamand; ils sont de couleur fauve et deviennent extrémement grands; j'en ai vu un de mes propres yeux qui avait cèng pieds de haut et qui était tant soit peu plus petit qu’un homme. Ils sont très-méchants et très-hardis, et ce qu’un marchand anglais m'a raconté comme une chose véritable, paraît incroyable; savoir, qu’il y a, derrière le fort que les Anglais ont à Wimba, une horrible quantité de ces Singes, qui sont si hardis qu’ils osent bien attaquer les hommes... »

« 11 y a des Nègres qui croient fermement que les Singes peuvent fort bien parler, mais qu’ils n’en veulent rien faire pour ne pas être obligés de travailler. Ces Singes ont une assez vilaine figure, aussi bien que cette seconde espèce, qui leur ressemble en fout, si ce n’est qu’à peine quatre de ceux-ci sont aussi gros qu'un de ceux de la première espèce. La meilleure chose qu’on trouve dans cette sorte de Singes, c’est qu'on peut leur apprendre presque tout ce que l'on veut.

Selon M. Temminck, la première partie du récit de Bosman « a rapport au « Gorille », et dans la seconde, « il est évidemment question du très-jeune «Chimpanzé ». Cette double détermination est loin de me paraître aussi évidente qu’à mon savant confrère. S’il s'agissait ici du Gorille et du Chimpanzé,

Beschrijvinge der Africaensche, in-fol., Amsterdam, 1676, 2° partie, p. 22 et p. 230; ouvrage où lauteur a réuni tout ce qu'on savait ou plutôt ce qu’on croyait savoir de son temps sur l'Afrique. Voici le premier des passages auxquels je viens de renvoyer, tel qu'on le trouve dans la traduction française, in-fol., Amsterdam, 1686 :

« On trouve dansles bois (du royaume de Quoja) une espèce de Satyre, que les Nègres appellent « Quojas-Morrou et les Portugais Salvage (Sauvage). Ils ont la tête grosse, le corps gros et pesant, « les bras nerveux; üs n'ont point de queue, et marchent tantôt tout droits et tantôt à quatre pieds. « Ces animaux se nourrissent de fruits et de miel sauvage, et se battent à tout moment les uns contre « les autres. Ils sont issus des hommes, à ce que disent les Nègres, mais ils sont devenus ainsi demi- « bêtes en se tenant toujours dans les forêts. On dit qu’ils forcent les femmes et les filles, et quils ont « le courage d'attaquer les hommes armés. »

Le second passage nous apprend que le Quojas-Morrou se trouve aussi dans le royaume d’Angole, et qu'un individu a été amené vivant en Europe. Cet individu était une femelle adulte de Chimpanzé, à en juser par sa taille, le développement de ses mamelles et la couleur noire de son pelage.

Le Baris avait été indiqué antérieurement par NiEREMBERG, Historia naturæ maximè peregrinæ, in-fol., Anvers, 1635, Lib. IX, cap. xLv. Le Baris nous est représenté, dans ce passage, comme un animal qu’on dresse en Guinée à certains services domestiques. Mais quel est cet animal? L’auteur, après avoir énuméré ces services, se borne à ajouter : « Dicuntur hi Simii Baris. Torosi sunt et robusti. »

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