T. XIV, 4766, p. 43 et
2. «En, dit Buffon, est l’article que nous avons retranché». — Buffon n'avait pas pris la peine de remonter au texte anglais : Purchas, comme on l’a vu (p. 68, note 6), a écrit, d'après Battell, Engeco, et non Enjoko ou Enjocko.
3. T. VII, p. 4 et suiv. (volume publié en 1789, après la mort de Buffon).
4. Le nom de Chimpanzé, adopté aujourd’hui, d’un accord unanime, pour le Singe tour à tour appelé Jocko et Pongo par Buffon, est celui sous lequel on amena d’Angola, en 4738, un individu qui fut montré à Londres, et qui y excita une vive curiosité (très-peu de temps avant l’arrivée en Europe de l’individu que vit et fit dessiner Butfon, et qu'il acquit pour le Cabinet d'histoire naturelle; individu qui figure encore aujourd’hui dans nos collections). Un portrait du Singe d’Angola fut dessiné par Grave-
Par là même, le passage de Battell et son assertion si nette, relative à l’existence en 4/rique, et dans la méme contrée, de deux espèces de taille inégale, étaient de plus en plus tombés dans l'oubli; et si complétement qu'un passage, plus explicite encore que celui de Battell, a pu se produire dans la science, en 1819, sans que personne füt frappé, entre l’un et l’autre, d’une concordance qui était cependant du plus grand intérêt; car, se vérifiant l’un par l’autre, l’ancien et le nouveau témoignage devenaient des preuves irrécusables de l'existence en Afrique, d'une seconde espèce anthropomorphe.
$ 5. Indications données par Bowdich.
L'auteur qui, dans notre siecle, a retrouvé ce Pongo si oublié des zoologistes, est Bowdich, chef, en 1817, d’une ambassade envoyée par le gouvernement anglais dans le pays des Achantis, et auteur d’une relation pleine d'intérêt sous plusieurs points de vue !. Voici le passage de la relation de Bowdich, qui a trait à l'objet de ce travail :
« On trouve dans ce pays (le Gabon) l’Orang-Outan d’Afrique. Le seul que j'y vis avait deux pieds et demi de hauteur; on me dit qu’il grandirait encore. J'en offris un prix qui me parut raisonnable, Ces animaux n'étaient pas rares, et je n’en voulus pas donner davantage, lorsque j’appris qu’il y en avait un en Angleterre. Les Nègres l’appellent Zn{chego ?. Celui que je vis avait le cri, le visage et les gestes d’un vieillard ; il obéissait à la voix de son maitre. »
« Il y a dans cette contrée une grande variété de Singes. L’Zngena dont je ne parle ici que pour encager à faire des recherches à ce sujet, en est le plus extraordinaire *. Les naturels le comparent à l’Orang-Outan, mais disent qu'il est beaucoup plus grand, sa taille ordinaire étant de cinq pieds,
lot, et gravé et publié par Scotin (gravure publiée à part); et c’est de cette gravure, reproduite l’année suivante dans les Nova acta Eruditorum, pl. v (p. 864), et très-souvent citée par les auteurs du milieu du xviu* siècle (très-rarement par les auteurs récents), que date le nom de Chimpansee, ou, comme on l'écrit plus habituellement dans notre langue, Chimpanzé.
Telle est l’origine, très-oubliée aujourd'hui, da nom que l'usage a consacré.
A. Elle a paru sous ce titre : Mission from Cape Coast Castle to Ashantee, Lond., in-4°, 1819, et a été, la même année, traduite en français, sous ce titre : ’oyage dans le pays d’Aschantie, 4 vol. in-8°.
Voy. le chap. x (Sketch of Gaboon and its interior), p. 440, et trad. franc., p. 506.
2. Dans le texte anglais : « The native name is Inchego ». — Le traducteur a cru devoir modifier ce nom, pour tenir compte de la différence de prononciation.
3. La traduction (dont l’auteur a gardé l’anonyme) est ici singulièrement libre. Il est dit dans le texte :
« The farourite and most extraordinary subject of our conversations on natural history, «was the Ingèna, compared whit a Ourang-Outan, buf much exceeding it in size.
et la largeur de son corps, d’une épaule à l’autre, de quatre. N se nourrit de miel sauvage. Les voyageurs qui vont dans le Kaylie prétendent en avoir vu qui se cachent pour attaquer les passants… Parmi d’autres traits que les Nègres rapportent à l'égard de ces Singes, et sur lesquels ils ne varient pas, ils disent qu'ils se bâtissent des maisons qui sont une imitation grossière de celles du pays, et qu'ils se couchent en dehors, à terre ou sur le toit. Quand un de leurs petits vient à mourir, ils le portent pressé contre leur sein, jusqu’à ce qu’il tombe en putréfaction. »
Ilest manifeste que cet /rckego ou Inichego, de taille moyenne, et ce gigantesque /rgena ne sont autres que lÆngeco et le Pongo de Battell, l'Enché-éko ou N'ichégo et l’Engé-éna, N'gina, Gina où D'jéna des auteurs modernes : mêmes noms, parce que ce sont les mêmes espèces, et dans le même pays.
Voilà donc encore les deux Singes anthropomorphes d’Afrique distingués et caractérisés par l'inégalité très-marquée de leur taille: et ils le sont si nettement ici que Bowdich eût presque été en droit d'introduire dans la classification et de dénommer le grand Singe du Gabon comme une espèce désormais acquise à la science. Nous ne pouvons, du reste, que louer ce savant voyageur de s'être abstenu ; de n'avoir parlé qu'avec réserve et doute d’un animal qu'il n'avait pas vu lui-même, et de s'être borné à appeler l’attention des naturalistes et des voyageurs sur un sujet si digne de leurs recherches.
Peut-être cet appel n’a-t-il pas été étranger à la découverte que M. Savage devait faire vingt ans après dans le même pays 1?