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Buffon le dit expressément, qu'il a appliqué, dans le premier de ses volumes sur les Singes, le nom de Pongo au grand Orang-Outang, et celui d’£rjocko ou par abréviation, Jocko, au petit ?.
Malheureusement, Buffon s’est écarté, sur deux points, de la relation de Battell, et, sur tous deux, il s’est en même temps écarté de la vérité. Battell fait du Pongo et de l’Engéco où Ænjoko deux espèces distinctes, et il ne les place qu'en Guinée : Buffon veut que ce soient seulement deux variétés constantes, deux races distinctes par « un seul caractère bien marqué », celui de la grandeur. En outre, Buffon étend, jusqu'en Asie, la patrie de ces deux variélés, et il croit retrouver le Pongo, encore inconnu, de Battell, dans le grand Singe de Bornéo, dans le véritable Orang Outan.
Buffon, ayant connu plus tard l’'Orang Outan, a rectifié la première de ces erreurs; mais il n’a pas été heureux dans ses efforts pour corriger la seconde. Dans ses Suppléments ?, l’Orang Outan que Buffon suppose toujours africain en même temps qu asiatique, devient le Jocko, et le Chimpanzé prend le nom de Pongo, parce que l’auteur croit retrouver, d'après des documents mal interprétés, dans le premier, le petit, et dans le second, le grand Orang Outan. Comme on le voit, c’est le désir, toujours subsistant chez lui, de suivre la nomenclature de Battell, qui conduit finalement Buffon à transposer les noms de l’£ngéco ou Enjoko et du Pcngo.
Cette regrettable confusion s’est perpétuée dans la science jusqu’à la fin du xvur siècle; et de là, l'application, si longtemps faite, du nom africain de Pongo, à l'Orang de Wurmb, le premier Singe asiatique qui ait été connu à l'état adulte. Et quand l'erreur a été aperçue, la confusion était si ancienne, et elle semblait si inextricable, que les naturalistes ont cru nécessaire de rejeter à la fois dela science le nom de Jocko et celui de Pongo “.