‹ Description des mollusques fossiles qui se trouvent dans les grès verts des environs de GenèveChapitre 261 sur 278 · BRACHIOPODES · texte numérisé non relu

BRACHIOPODES

Les Brachiopodes ont de nombreux points de contact avec les Lamellibranches, dans leur coquille bivalve, dans leurs lobes du manteau disposés de même et dans l’imperfection générale de leur organisme. Ils en different : 1° par leur bouche qui est située sur la ligne médiane de manière à partager leur corps en deux parties symétriques à droite et à gauche, tandis que dans les Lamellibranches la bouche est d'un côté de cette ligne et l'anus de l’autre. 2° par leur coquille équilatérale, conséquence de l'organisation précédente. 3° par l'absence de pied et par la présence au contraire fréquente de bras charnus, ciliés, plus ou moins rétractiles. L’animal est tantôt libre, tantôt fixé par un pédicule musculeux, tantôt adhérent par sa coquille.

M. d’Orbigny divise les Brachiopodes en deux ordres, les Brachidés qui ont des bras et qui sont toujours réguliers et les Cirrhidés qui n’ont pas de bras et qui sont le plus souvent irréguliers. Nous n’avons trouvé aucun représentant de cette seconde division. Les espèces que nous avons observées appartiennent toutes à l’ordre des Brachiopodes Brachidés.

Parmi les nombreuses familles qui ont été établies dans ces dernières années, deux seulement sont représentées dans nos grès verts. Celle des Rayxsenonezuipes est caractérisée par ses bras très-extensibles, soutenus par des apophyses brachiales internes; dans l'étude des fossiles, ses caractères les plus apparents sont la structure fibreuse et non perforée de la coquille, sa surface souvent couverte de côtes rayonnantes, et son crochet percé par une ouverture pour le passage du muscle.

Celle des Térésrarurines se distingue par ses bras fixes, coudés, soutenus par une charpente osseuse en anse. Leur coquille a une structure perforée, une surface souvent lisse et plus rarement pourvue de côtes. Leur crochet est également percé par une ouverture.

{re Famrzze : RHY NCHONELLIDES.

Caractères. Coquille libre, bombée, de contexture fibreuse; grande valve percée par une ouverture avec ou sans area.

Les espèces que nous avons trouvées se rapportent toutes au genre des Rhynchonelles.

GENRE RHYNCHONELLA Fischer.

(Hypothiris Phillips, Cyclothiris M. Coy.)

Caracrires. Coquille bombée, sans area; ouverture de la

grande valve bordée d’un bourrelet et séparée de la char-

530 MOLLUSQUES FOSSILES nière par un deltidium double. Cette coquille est ordinairement ornée de côtes rayonnantes.

Les Rhynchonelles paraissent dater de l’époque dévonienne et avoir duré jusqu'à la fin de la période crétacée. Elles manquent aux terrains tertiaires et aux mers actuelles.

© 272. RayNcHONELLA LATA d'Orbigny.

(PI. 50, fig. 2, 4.)

R. testà transverso-triangulari, subdepressä, radiatim 32-48 costatà ; costis obtusè aculis, reclis ; latere palleali sinuato, sinu 8-14 costato ; umbone acuto, subrüs lævigato.

Terebratula gallina, Al. Brongniart, 1822, dans Cuv. Oss. foss., 4° édition, p- 174 (non T. gallina id., p. 149, pl. Q,, fig. 2).

T. laia, Sowerby, 1825, Miner. Conch., pl. 502, fig. 1.

T. latissima, Morris, 1843, Catalogue, p. 134.

T. latissima ? Roemer, 1840, Kreidegeb., p. 37, pl. 7, fig. 4.

T. gallina Id. id. p- 37.

Rhynchonella lata, d'Orbigny, 1847, Pal. fr., terr. crét., t. 4, p- 21, pl. 491, fig. 8-17. Ead. Id. 1850, Prod. t. 2, p. 108.

DimENSIONS. 1

IER don cobocudonencsbudocenac ac odonocen cp danondeocene 30 millin.

Par rapport à la largeur : Longueur........,....................... 0,80 — — D LB pAlSSENT eee ee de UMP 0,50

Angle apicialseee ie muuesrmectientc 2e US UMR ER S 90°—98°

Coquille plus large que longue, triangulaire , fortement élargie sur la région palléale qui est ordinairement tronquée et ornée de 52 à 48 côtes rayonnantes, droites, assez égales, anguleuses. Le crochet est court, aigu, peu arqué, lisse sur la dépression qui environne le deltidium. La grande valve est peu convexe et pré-

! Pour les Brachiopodes, la largeur est la distance du bord droit au bord gauche de la coquille et la longueur se mesure du crochet au bord palléal.

sente une forte dépression tantôt médiane, tantôt plus ou moins déviée qui com- prend 8 à 41 côtes. La petite valve est bombée et pourvue d'une saillie correspondant à la dépression de la valve opposée, en sorte que la commissure palléale est sinueuse. L'ouverture est tubuleuse. La commissure latérale est presque droite jusqu’à la région palléale où elle se contourne brusquement.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. Cette espèce est caractérisée par sa forme large, par son crochet court et aigu, lisse sur la surface excavée qui entoure l'ouverture, et par ses côtes anguleuses, tranchantes.

Hisrorre. Cette espèce a été indiquée par M. Alex. Brongniart parmi les fossiles de la glauconie crayeuse de la perte du Rhône, sous le nom de Tercbratula gallina, et assimilée par cet auteur à la T. gallina de la craie chloritée du Hâvre, espèce que M. d’Orbigny réunit à sa Rhynchonella compressa. Cette assimilation de M. Brongniart était inexacte, et les échantillons dont il s’est servi pour la faire el qui sont étiquetés de sa main dans la collection de M. DeLuc, sont des Rhynchonella lata de l’étage néocomien supérieur de ia perte du Rhône. Elle a été décrite en 4825 par Sowerby sous le nom de T°. lata ; mais cet auteur ayant déjà donné ce nom à une Térébratule de l’oolithe (Min. Conch., pl. 100, fig. 2), les auteurs Anglais ont été généralement d'accord pour changer ce nom en celui de T. latissima. Elle est désignée ainsi par MM. Morris, Ed. Forbes, etc., et parait caractéristique du lower greensand. Ce changement n'est plus nécessaire , la T. lata restant dans le genre des Térébratules et celle-ci passant dans celui des, Rhynchonelles.

M. Roëmer indique dans le Hilsconglomérat des environs de Essen deux espèces voisines. Il nomme l’une T. gallina, et sa courte description convient bien à celle de la perte du Rhône. Il désigne l’autre sous le nom de T. latissina, et si ce n’était qu'elle a les plis arrondis, la description et la figure semblent se rapporter à la mème.

M. d’Orbigny réunit à cette espèce les T. elegans et plicatilis de Leymerie. Ces espèces n'étant pas décrites dans le mémoire cité, il nous est impossible d’apprécier la justesse de ces rapprochements.

OgBservarions. Celte espèce est sujette à quelques variations ; on voit en particulier des individus beaucoup plus déprimés que le type normal. Nous avons fréquemment trouvé au Saxonet à l’état de moule une variété plus distincte (pl. 50, fig. 4 a, b, c. d) dont les côtes un peu noueuses semblent indiquer que sur le test

ces parties étaient squammeuses et ornées d’imbrications disposées en lignes concentriques. Ces moules ont aussi la dépression palléale plus large, moins profonde el souvent très-déviée.

LocariTés. La R. lata se trouve dans les grès verts inférieurs et dans le néocomien supérieur de la perte du Rhône. Au Saxonet, au grand Bornand, au Reposoir, etc., elle est associée aux fossiles du gault.

Expcicarion pes ricures. PI. 50, fig. 5 a, b, c. d, R. lata, des grès inférieurs de la perte du Rhône, de grandeur naturelle; — fig. 4 a, b, c, d, variété provenant du Saxonet.

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