HELIX TURBIPLANA. Spec, Nov
PI. Vi, fig,.3.
H. testà pallidè corne, depressä, umbilicatä, carinatä, punclis eminentibus scabriusculâ; apice levi, planissimo, tæniato; anfractibus marginats; ultimo subtüs turgido, circumsulcato; aperturâ depressä, angustà, subtetragonâ; peristomate flexuoso, replicato, calloso, albo labiato, bidenticulato; extüs plicis geminis impressis signato.
Anfr. 6, — Amplit. 42 ad 44 mill.
L’Hélice que j'ai nommée turriplana, et qu'au premier aspect javais envisagée comme une variété singulière de l’Æelix barbula, s’en distingue par des caractères invariables qu'aucune modification individuelle ou transitoire ne vient affaiblir, comme je m'en suis convaincu par l'examen d’un très grand nombre d'individus. Elle est aplatie et bordée d’une carène saillante, limitée par un sillon décurrent qui la circonscrit des deux côtés de la coquille. Les trois premiers tours de spire sont liés entre eux et généralement planiformes ; mais la carène se relève dans les suivans et forme une gouttière spirale qui lui imprime une physionomie tres remarquable. Le dernier tour est convexe par dessous et percé d’un ombilic perspectif.
L'ouverture est petite, subquadrangulaire, très oblique, rétrécie par deux dents analogues à celles de l'Æelix barbula, et qui correspondent à deux sinus externes,
60 MOLLUSQUES CÉPHALÉS,
profonds et légèrement froncés. Le péristome est blanc, sinueux, replié en dehors et terminé vers la carène par un angle aigu qui fléchit légèrement en arrière. Les deux bords ne se rapprochent pas à leur insertion, mais ils sont unis par une callosité superficielle, qui, dans les vieux individus, masque une faible portion de l’ombilic.
Le test est solide, corné, fauve, sans éclat, transparent, rude au toucher, obscurément strié, chagriné de petites aspérités longitudinales et angulaires disposées symétriquement en échiquier. Moins saillantes par dessous, elles se prolongent dans l’intérieur sur toute la callosité du péristome.
J'ai comparé l’animal à celui de l’Æelix barbula; je l'ai trouvé plus épais, d’une couleur plus foncée; les tentacules m'ont paru plus courts, je ne les ai jamais vus diaphanes, mais aucun signe extérieur ne trahit les caractères d'organisation qui déterminent entre les deux tests une différence de structure aussi remarquable. L’épiphragme est le mème.
J'ai dit que les caractères de cette coquille étaient constans; les seules modifications que j'aie remarquées se bornent à l'élévation plus ou moins sensible de la spire qui, chez un petit nombre, est bombée au lieu d’être plane et à la saillie plus ou moins forte de la carène au-dessus du tour inférieur. Il arrive en effet, mais rarement, que la spire s’enroule dans le même plan et forme une coquille lenticulaire. D’autres fois, au contraire, le bourrelet de la carène est assez relevé pour que les tours de spire semblent creusés dans la coquille.
Je crois qu'après tous ces détails il est inutile d’insis-
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ter sur les caracteres qui la séparent des espèces voisines. Je me bornerai à comparer briévement ceux qu'elle semble emprunter à l’Helix barbula. Dans celle-ci, le bourrelet terminal qui donne naissance aux deux petites protubérances dentiformes est nettement défini ; dans l’'Helix turriplana, il n’existe point de bourrelet, mais un épaississement graduel du péristome. La dent extérieure, en outre, est triangulaire et non pas linguiforme et elle s’implante avec l’autre plus avant dans l’intérieur de l'ouverture. Au lieu d’être, en un mot, un accessoire du péristome, elles deviennent une dépendance de la coquille. Enfin, dans l’Helix barbula la carène s’émousse à sa terminaison, tandis que dans la nôtre elle se resserre encore de manière à former un sinus à la jonction des deux bords.
Cette curieuse espèce habite uniquement l’Algarve ; elle est abondamment répandue dans les rochers stériles aux environs de Loulé, de Faro et de Tavira. Je ne l'ai. pas trouvée ailleurs.