PEINTURE
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462 — Album ia-foHo renfermant un recueil de miniatures. Ce recueil se compose do vigaettes détachées de divers manuscrits pour l'ornement desquels elles avEÙent été exécutées. Comme elles sont généralement belles et riches, et qu'elles appartiennent à diverses époques , leur réunion forme une aorte d'histoire de l'ornementation des livres depuis le xtu* siècle jusqu'au milieu du xvi'. Noua alloiu les décrire en réuaisaant ensemble toutes celles qui proviennent du même livre.
1° Quatre vignettes tirées d'un manuscrit du xiu" siècle.
Un évéqufl fait remplir une cuve baptismale, dans laquelle il va administrer le baptême & un jeune garçon, qu'un pcrson nage richement vêtu tient par la main . Deux chevaliers revétns de l'armure du temps assistent à cette scène.
Un jeune homme, probablement celui dont la vignette précédente représente le baptême, est aux genoux d'un évèque, et s'engage à se consacrer à Dieu. Un phylactère, qu'il tient à la main, porte ces mots : Votant vovii Deo.
Le jeune homme va prononcer ses yœux : il est prosterné devant un abbé mitre, qui lui coupe les cheveux en présence de l'évêque et de plusieurs grands personnages; l'un d'eux écarte une femme qui pose la main sur son cœur. Il est & remarquéeque l'évêque porte une mitre conique, bien différente de 1^3 mitre ordinaire fendue et peu exhaussée. On retrouvera cett^^ mitre conique sur un tau très curieux catalogué n^ 1479.
Le même jeune homme, monté sur un cheval au galop» ' s'échappe du couvent où il était reclus, et jette & terre robe de moine, —h. 7 cent., l. 7 et s.
Ces trois dernières vignettes ont été gravées dans l'ouvrage de M. Willemin, planche 142.
2® Six miniatures provenant d'un livre de prières du commencement du xv*' siècle.
La Visitation.
La révélation de la naissance du Christ aux bergers. Le berger placé sur le premier plan porte le petit sayon (gonnel) d'étoffe surmonté d'un ample camail ou carapotte; les chausses ne dépassent pas le genou et laissent les cuisses entièrement nues. C'était là le costume des paysans au xiv*^ siècle et au xv^ ; on le retrouve dans un grand nombre de manuscrits, notamment dans le beau /^omaref de la Bibliothèque royale , qu'avait fait exécater, dans la première moitié du xv^ siècle, Louis de Bruges , homonyme du fondateur de notre collection , et , comme lui , grand collecteur et amateur de belles choses.
La fuite en Egypte. La Vierge porte dans ses bras l'enfiuit Jésus emmaillotté, comme une momie égyptienne, dans un réseau de bandages entrecroisés, suivant l'usage constant au moyen âge.
Saint Mathieu ;
Saint Marc ;
Saint Jean.
PBINTURE. MINIAT. DE MANUSC. XV» S. 497
Au-dessous de chacune des minatures, une belle lettre initiale, sur fond doré ou damassé , précède les premières lignes du texte; le tout est entièrement renfermé dans une riche bordure de rinceaux enrichie de fleurs et de fraises exécutées avec une race perfection et de deux chiffres enlacés. — h. iMmiii.. l. 40cent.
3** Six miniatures provenant d'un office de la Vierge exécuté au xv^ siècle.
La nativité ;
L'adoration des mages ;
La présentation au temple. Derrière Siméon, se tient un personnage qui porte le costume des riches bourgeois de l'époque de Louis XI : robe à longues manches, plissée par-devant et serrée sur les hanches par une ceinture étroite, et le chapeau à bec ;
La descente de Saint-Esprit sur les apôtres ;
Le crucifiement.
Un enterrement. La fosse est ouverte ; le mort est couché nu à terre, sur un linceul, où deux femmes s'occupent de l'ensevelir. Le clergé est à l'entrée d'un portique qui donne accès dans le cimetière ; les parents du défunt sont en arrière ; on 7 remarque trois femmes en grand deuil ; un capuchon noir leur couvre presque entièrement le visage. Dans le haut du tableau, des anges présentent à Dieu l'&me du défunt sous la forme d'un enfant nu ; le Tout-Puissant, placé au milieu d'une auréole ardente, est revêtu d'une chape et coiffé de la tiare.
Ces miniatures, d'un dessin correct, riches de belles couleurs et de rehauts d'or, sont embordurées dans des rinceaux à feuillages d'or et de couleurs, au milieu desquels sont placés des personnages, qui tous sont en rapport avec le sujet traité dans la miniature qu'ils entourent. Le plus curieux de ces encadrements est celui qui borde la scène de l'enterrement. La Mort est placée dans le haut du tableau, brandissant une flèche qu'elle va lancer. Six personnages, le pape, l'empereur, un roi, un duc souverain, un gros et riche bourgeois, un paysan élèvent les yeux vers elle pour implorer sa miséricorde, —h. les mm., l. <2o
4° Une suito do huit petites miniatures extraites d'un manuscrit du xv^ siècle.
L'annonciation; la Visitation à sainte Elisabeth ; la nativité; les bergers prévenus de la naissance du Christ; l'adoration des mages ; la présentation au temple ; la fuite en Egypte ; la descente du Saint-Esprit sur les apôtres. ~ h. sa mui., l. so à m.
5*^ Onze miniatures provenant d*un calendrier qui précédait un livre de prières.
Les onze premiers mois de l'année (le mois de décembre manque) y sont figurés par les travaux et les plaisirs que chaque mois amène avec lui.
Le repas au coin du feu (janvier) ; les deux chasseurs qui rappellent le faucon (avril); la jeune fille qui tresse une couronne, assise dans un bosquet de roses (mai); le gros seigneur qui fait rentrer son blé (août), sont de délicieux petits tableaux de genre. Les costumes des personnages sont ceux du temps de Louis XII. — h. ss mui., l. «s.
6^ Initiale E, tirée d'un manuscrit du x\*^ siècle.
La lettre sert de cadre à un sujet qui représente un saint moine (saint Antoine?) tenant un livre à la main h. f4 cent., l. lo.
7^ Quatre grandes initiales D. C. S. et G, tirées d'un grand missel de la fin du xv^ siècle.
Elles servent de cadre à quatre sujets : l'entrée de Jésus à Jérusalem ; une procession sortant de la porte d'une ville; un saint évéque guérissant un aveugle ; un pape entouré de car^ dinaux : il est assis sur son trône , et tient un livre ouvert sur lequel des religieux, qui se présentent devant lui, paraissent prêter serment. — ai cent, carré».
8^ Initiale B, tirée d'un missel italien in-fol. , du conunencement du xvi*^ siècle.
Elle est exécutée en camaïeu bleu et décorée de figures de femmes qui se terminent en gaîne. Une tresse d'azur à perles d'or sert d'encadrement.
La lettre, ainsi magnifiquement disposée, n'est elle-même que le cadre d'un petit tableau qui représente le roi David en prières; il a doposc son sceptre et sa couronne sur les marcbe« de son trône. — ii 25 cent., l. 23.