‹ Description des objets d'art qui composent la collection Debruge DumenilChapitre 49 sur 139 · Peinture opaque sur cristal de roche · texte numérisé non relu

Peinture opaque sur cristal de roche

546 — Deux plaques de cristal de roche, couvertes de sujets peints, et rehaussées d'or. = La première, de forme rectangrolaire, a 12 centimètres de haut sur 11 de large. Au centre, dans un médaillon ovale, bordé d'un double filet d'or, la Vierge remet un rosaire à une sainte agenouillée devant elle, tandis que l'enfant Jésus, sur les genoux de sa mère, en remet un de son côté à un saint. Autour de ce sujet principal sont rangés en bordure quinze médaillons de forme ronde, de 13 millimètres de diamètre, renfermant chacun un sujet tiré de rÉvangile : malgré la petitesse du cadre, les personnages y sont parfaitement dessinés, et montrent des attitudes remplies d'expression. Les quatre angles sont remplis par les figures des évangélistes portés sur des nuages.

La seconde, de forme semi-circulaire, de 1 1 centimètres de diamètre, est placée au-dessus de la première. On y a représenté le Père étemel sortant à mi-corps d'un nuage, et soutenu par des anges.

Les deux sujets se détachent sur un fond de couleur d'écaUle marbrée à reflets d'or. Ils sont encadrés par deux filets d'or qui renferment de légers rinceaux d'or sur fond de couleur.

Ces deux plaques forment la décoration d'un petit retable en bois de fer, figurant une arcade à colonnes engagées, surmontée d'un fronton brisé. Toutes les parties du monument sont décorées de rinceaux en argent, découpés à jour.

Ouvrage italien de la fin du xvi"^ siècle ou du commencement du XVll^. —H. loi. dii inonuracnl 37 cent., L. 2*.

547 — Plaque de cristal de roche, de forme octogone Cette plaque, peinte par le même procédé, représente Z. somption de la Vierge. Elle est enchâssée dans un cadre béne de même forme, enrichi d'une bélière et d'une perle en pendeloque. Au revers, le monogramme du Christ grav^ creux et niellé d'émail . Travail du même artiste . — h. u mui. , l.

Le genre de peinture exécuté sur ces plaques de cristal roche est fort rare, et doit être l'œuvre d*un artiste qui pas eu d'imitateurs. Le musée du Louvre (salle desbijoi possède un petit monument fort richement décoré, qui rei ferme quelques plaques de cristal peintes de cette manière. Kunsikammer de Berlin conserve aussi deux plaques asse^ grandes, montées sur un pied qui en renferme de plus petites ^ * On voit encore deux fragments de ces cristaux peints dans h cabinet des antiques de Vienne.

Il est assez difficile, à moins de détruire l'objet, de de quelle manière cette peinture a été appliquée sur le cristal. « qui n'a pu aller au feu. Voici comment on peut supposer qu< l'artiste a procédé : après avoir appliqué et fixé sur le crisi une feuille d'or laminé, il l'a ensuite grattée, pour ne laisseï subsister que les filets qui forment les encadrements det sujets et les parties de bordure en rinceaux d'or ; puis il f peint sur le cristal, en commençant par les rehauts et par h parties dorées et argentées, faites avec de l'or et de l'argent en coquille; les ombres ont été ensuite obtenues au moyen d^. l'application de couches de teintes plates de différentes couleurs. Le fond marbré, à demi transparent, étendu sur tonte la surface, a rempli les parties nues du champ, et une feuill^-ïi-**® d'or appliquée par -dessus ce fond marbré lui a donné 1^»^ reflet qui l'éclaircit. Enfin, pour protéger l'or et les couleurBF*^-^^ posés sur le cristal, on a enduit le tout d'une couche d'une ma ^ ^*

tière gorameuse, qui a été recouverte d'une feuille d'étain. l'inspection de la pièce il paraîtrait résulter que cette matière gommeuse et la feuille d'étain auraient été mises en fusion au ** moyen de l'approche d'un fer chaud, k l'effet de les faire adhérer à la peinture et au cristal.

PEINTURE A L'HUILE. XVl« S. 517

l m. PEINTURE A l'huile.

548 — Uannonciation etTadoration des bergers. =TabIeau êk Tolets, par Albert Durer, peintre, sculpteur en bois et gra- ^veur, né à Nuremberg le 20 mai 1471, mort en cette ville le 6 »Tril 1528.

Sur la partie centrale : la Vierge, agenouillée et les mains

écartées, dans l'attitude de Tadmiration, adore l'enfant Jésus,

CM>uché à terre devant elle sur un voile blanc. Deux anges,

dont Tun est couvert d'une riche chape, sont à genoux, les

unains jointes, et contemplent le Christ; saint Joseph est der^

rière eux. Au second plan, quatre bergers en adoration ; plus

loin, Tâne et le bœuf, en avant de l'étable où vient de naître

le Messie. Dans le ciel trois séraphins célèbrent par leurs

chants la venue du Sauveur; ils déroulent un phylactère où

est notée l'hymne Gloria in excelsis Deo.

Sur le volet droit : la Vierge, agenouillée, écoute avec un saint recueillement les paroles de l'ange. Le Saint-Esprit, sous la forme d'une colombe, plane au-<lessus de la tête de la mère future du Christ.

Sur le volet gauche : l'ange Gabriel suspendu en l'air, au milieu d'une auréole ardente, annonce à la Vierge les décrets de Dieu. Le divin messager est vêtu d'une longue robe blanche que recouvre une chape de velours rouge, attachée par un riche fermail et ornée d'un orfroi de perles et de pierreries Dans le bas du tableau central, on lit le monogramme d'Albert Durer et la date de 1505. .

Ce précieux tableau faisait partie de la collection de M. Érard. Après la vente qui a été faite de cette collection, en 1832, il avait été porté en Angleterre, où M. Debruge- Dumenil l'a acheté.

Sur bois. Partie centrale. — h. so cent, s miu., l. «4 cent, s miu.

Volets. —H. M cent., L. 7.

549 — ^Le Christ mort. =Tableau à volets, par Van-Mehlem,

qui florissaît en Flandres dans la première moitié du xvi* siècle.

Saint Jean à genoux soutient la tête du Christ, dont le corps

est étendu à terre. Au milieu du tableau, la Vierge, les bras croisés sur la poitrine, est absorbée dans sa douleur. Aux pieds de Jésus se tient à genoux Marie Madeleine. Elle est re- YÔtue d'un riche costume et tient à la main un yase de parfums. On aperçoit le Calvaire dans le fond. Sur bois. —h. 33 cent., l. sa.

Les volets sont remplis par des inscriptions en caractéi^eft gothiques. Nous les donnons telles qu'elles sont écrites, rétablissant les mots abrégés.

On lit dans le volet gauche :

Jacob xii filios habens de amissione inils dolitt; Bfu- MAGis Maria dolore potuît que unicum amlsff ; unde ipsa

NOKMI QUAM AMARrrUDO REPLEVÎT, QUE PROPTER MORTEM FUJI NON PULCRA 8ED AMARA VOCARI VOLUIT.

<« Jacob, qui avait douze fils, eut un violent chagrin d «« mort d'un seul ; combien fut plus amère la douleur de Mi «« qui perdit son unique enfant ; aussi fut-elle une seco «* Noémi abreuvée d'amertume, elle qui, à cause de la n». « de son fils, voulut être appelée, non la plus belle des vi » ges, mais la plus triste des mères. **

Dans le volet droit on lit :

DOLORUM QUOS MaRIA EX COMPASSIONE FILII SUI COLLERAVlT

(TOLERAvrr) Jacob, in deplorationes filu SUI Joseph, perfigu-

RABIT (PERFIGURAVrr) CANTUM : IMPLETUM EST IN MaRIA QUOD DKE- RAT El SyMEON JuSTUS PROFETIZANDO : TUAM ChRISTITS ANIMAll PORTRANSIBrr (PERTRANSIBrr) GLADIUS.

•* Dans ses gémissements sur la mort de Joseph, Jacob ** symbolisa les lamentations de la Vierge sur la passion de <« son fils. Alors fut accomplie sur Marie la prophétie que ** Siméon le Juste avait faite : <« Le Christ, comme an glaive, ^ transpercera ton âme. »

660 — Légende de la vie du Christ. =Tableau à volets, par Lucas deLeyde, peintre et graveur, né à Lcyde en 1 494 , mort dans la même ville en 1633.

La partie centrale comprend seize compositions, disposées par rangées de quatre, au-dessus les unes des autres, et séparées par des colonnes qui supportent des arcades. Les sujets

PEINTURE A L'HUILE. XVl« S. ôl!»

traités par lartisto sont ainsi placés de gauche à droite, en Commençant par la rangée supérieure :

Siméon bénissant Jésus dans le temple ;

La fuite en Egypte ;

Douleur de Joseph et de Marie en s'apercevant, après avoir quitté Jérusalem, que Jésus nest point avec les gens de leur ompagnie ;

La flagellation ;

Le portement de croix ;

La Vierge, saint Jean et Marie Madeleine au pied de la **^)ix où le Christ est attaché ;

Jésus descendu de la croix, soutenu par saint Jean et enmiré de la Vierge et des saintes femmes ;

Jésus porté au tombeau ;

La circoncision ;

Jésus au jardin des Oliviers ;

Le Christ* attaché à la colonne ;

l«e Christ, dans la môme situation, visité par la Vierge et su* saint Jean ;

Jésus couronné d'épines ;

Dépouillé de ses vêtements ;

Attaché à la croix ;

Le Christ en croix, frappé d'un coup de lance au côté.

Dans le volet droit, quatre tableaux au-dessus les uns des autres:

L*annonciation ;

La Visitation ;

La Vierge, saint Joseph et des anges en adoration devant Jéâus qui vient do nattre ;

Le Christ enseignant dans le temple.

Dans le volet gauche :

Le Christ sortant du tombeau ;

Jésus s'élevant au ciel devant ses disciples ;

Le Saint-Esprit, sous la fome d'une colombe, descendant sur la Vierge et sur les apôtres.

La mort do la Vierge.

Cette immense composition, qui contient deux cent quatre-

yingts personnages et un grand nombre d*animaux, est nonseulement intéressante sous le rapport de Tart, mais encore en ce qu'elle fait connaître les monuments, les costumes, les armes, le mobilier et les détails intérieurs des appartements à la fin du xv^ siècle.

Sur bois. Partie centrale, —h. as cent., l. 44.

Volets.— H. 55 cent., L. il.

Ô51 — La Vierge allaitant l'enfant Jésus.

Ecole espagnole du commencement du xvi^ siècle.

Sur cuivre, —h. 24 cent.. L. 49.

Ce tableau est placé dans un cadre, catalogué n® 966.

652 — La Mort jouant du violon devant un riche yieill.; goutteux, par Franck (François) le jeune, né à Anven^ en 1550, mort en 1642.

Sur cuivre, —h. 45 cent., L. 42.

553 — L'annonciation.=Cette peinture est exécutée ^srur agate orientale. L*artiste a profité des accidents de la pi< pour figurer des nuages et y grouper une foule d'anges, est attribuée à Stella, né à Lyon en 1596, mort à en 1657. —h. 35 cent., l. 29.

554 — Sainte Famille. = La Vierge tient l'enfant Jé^^^ assis auprès d'elle sur un coussin. Le petit saint Jean do^^^^ au Christ un oiseau. Attribuée à Salvi (Giovanni-Battisfc^)' connu sous le nom de Sassoferrato (1605 f 1685).

Sur cuivre ovale. — h. «s cent., l. «e.

555 — La fuite en Egypte. = La Vierge, tenant l'en^-^* Jésus dans ses bras, est assise sur un &ne que conduis^ ^^ deux anges. Trois séraphins les précèdent, jouant de dir^ ^ instruments ; deux petits anges nus, qui ouvrent la mapcC^^* répandent des fleurs sur le chemin ; d'autres, montés sur ^ arbre, en détachent des fruits qu'ils donnent au divin enfa:::::^^^*' Par DiEPENBEKE (Abraham Van), né à Bois-le-Duc en 16^^'' mort en 1675.

Sur toile. — h. ss cent., l. e».

556 — La Vierge en voile bleu, d'après Carlo IXr^-^ (1616t 1686).

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