Candélabre de Bac chus
Ce candélabre est composé de neuf morceaux de style et de marbres différents. Le premier est un articbaud,
1 Nous avons mentionné si souvent Mr. le chevalier Le Moyne, que nous ne pouvons pas manquer de donner quelques détails sur cet artiste distingué. Né à Paris le 31 Décembre 1783, Mr. Le Moyne se voua à la sculpture et après avoir remporté la médaille d’or de l'Institut, il prit son séjour à Rome, où il s’est fixé depuis l'année 1810. Ses ouvrages en marbre eurent un grand succès et méritent bien d'ètre comptés parmi les plus belles sculptures de notre époque. La plupart se trouvent à Paris et aux environs de cette ville, ainsi qu’en Italie et surtout à Rome. Mais un des chefs-d’œuvre de ce maître, le groupe de Médée prenant la fuite, après avoir poignardé ses enfants, se trouve dans la collection de Mr. de Montferrand. Ce groupe magnifique fut très -admiré à l'exposition de Paris, en 1837 et mérita à l’artiste l’entrée de l’Institut de France et des Académies de St. Luc et de St. Pétersbourg. Mr. Le Moyne nommé député-administrateur des pieux établissements français à Rome et à Lorette, est un des plus anciens amis de Mr. de Montferrand qui lui doit, comme nous avons vu, une grande partie de son beau cabinet de sculpture. La Médée a été publiée en 1850, par son propriétaire actuel dans un intéressant petit traité, où l’on trouve aussi quelques notices sur les autres ouvrages si remarquables de Mr. Le Moyne.
placé avec goût sur un fragment d’un style délicieux, composé d’une colonnette enrichie de fleurs et de feuilles de lierre et à laquelle sont adossés en bas quatre petits oiseaux debout , élevant leur tête. Malheureusement les têtes de trois de ces oiseaux sont endommagées.
Le troisième morceau consiste en deux tronçons de colonnes torses, dont les volutes se terminent par de petites feuilles; elles brillent par un travail gracieux qui accuse la fin du quatrième siècle et sont placées sur un fragment plus ancien, orné de quatre feuilles d’acanthe renversées. Le morceau suivant, appartenant à peu près au premier siècle de J. C., offre trois palmettes, entre lesquelles sortent trois grandes feuilles d acanthe.
Deux pièces forment la portion suivante, composée en haut d’écailles , au-dessous desquelles on voit trois têtes de bélier , couvertes de feuilles d acanthe. Le bas est occupé par un cercle de palmettes et de fleurs de lotus. Ces pièces ont pour base un beau chapiteau renversé, à feuilles allongées, alternativement pointues et arrondies.
Trois pieds de lion , qui, comme les dernières pièces sont du second siècle , supportent ce magnifique candélabre, que distingue aussi sa belle conservation.
H. 3 a. 9 w. = 8 pieds 3| pouces angl.
Ce supr'be monument était destiné à un temple de Bacchus, comme le prouvent surtout les têtes de bélier, consacrées à ce dieu. En général, ces grands candélabres de marbre n’étaient exécutés que pour l’usage religieux; ils se distinguent des candélabres et des Xuyvoüyoi des maisons particulières, dont principalement le Musée Borbonico possède un grand nombre, la plupart en bronze, de formes variées et très-gracieuses, mais tous beaucoup plus simples et beaucoup plus petits que les belles pièces de marbre. Si l’on considère que même le Musée du Vatican ne possède qu’à peu près une douzaine de grands candélabres en marbre, on appréciera la rareté des deux
beaux exemplaires de notre collection , provenant des fouilles faites à Rome au commencement de ce siècle. Ils furent acquis par Mr. de Hitroff, chargé d’une mission spéciale en Italie, par S. M. I Rmpereur Alexandre, d’où ils passèrent dans la maison de Mr. de Montferrand. Les restaurations sont exécutées sous la direction du célèbre Piranesi.