‹ Description des objets les plus remarquables de la collection de sculpture antique de Mr. A. de MontferrandChapitre 69 sur 77 · Sarcophage d’Imhotep · texte numérisé non relu

Sarcophage d’Imhotep

(PL XVe N° 3.)

Ce monument ressemble au précédent et appartient à la meme époque saïte. Il consiste aussi en pierre calcaire, mais au lieu d’une seule colonne d’hiéroglyphes, il en offre trois , dont Mr. de Rougé donne l’explication suivante :

«Paroles d’Osiris, basilicogrammate , prophète des dieux «Horus et Thoth , Imhotep , le justifié, fils de ( la dame) « Iennofré : Gloire à toi, seigneur de l’Amenti , maître «des siècles, roi de l’éternité! J’arrive vers toi, accorde- «moi d’être manifesté à la lumière, (dans la fête de «Sokaris avec les âmes vertueuses), accorde-moi de voir «le dieu Ra , lorsqu’il brille à son lever, le dieu Toum, «lorsqu’il se couche; que je sois uni à sa lumière qui, «dans la sphère céleste, demeure inaltérable et immor- « telle, à jamais.»

1 Pline, Lib. V, Ch. XI.

2 Diod. Lib. I. Ch. LXXI.

Le passage en parenthèse est douteux. Mr. de Rouge fait observer, que le nom « Imhotep est celui du dieu «appelé' en grec Irnouthès , et assimile à Esculape. Ce «petit texte est dune tournure assez littéraire. Le thème «antique de la dernière destinée de l’âme, qui demande «comme suprême récompense, dêtre absorbée à jamais «dans l’éternelle lumière divine , est variée à l’infini «dans les belles inscriptions funéraires. C’est un point «de vue qui n’a peut-être pas encore été développé «comme il le mérite. Les Egyptiens ont souvent trouvé «de belles expressions pour rendre leurs idées sur l’im- « mortalité de lame; c’était un de leurs thèmes favoris «comme on peut le reconnaître dans les emprunts de « Platon , qui avait bien profité des leçons qu il avait «prises à Héliopolis.»

«Imhotep aussi était à la fois employé civil et prêtre d’Horus (fils d’Osiris et d Isis ; les .Grecs le comparaient avec Apollon et avec Priape) et de Thoth (linventeur et protecteur des sciences et des arts) ; il est censé prononcer lui-même son invocation. Amenfi, Amentbes (’Afjiv^ï]?) est le Hades des Egyptiens, où les âmes des morts entraient, pour sortir transmigre'es en d’autres corps. 1 Ra , comme chacun sait, est le soleil levant et Toum le soleil couchant . Sohari est un des noms de Phtah; Phtah-Sokari représenté en nain ithyphallique, se trouve sur beaucoup de monuments.

Les têtes de ces deux sarcophages offrent probablement les portraits de Tamou et à Imhotep; les barbes sont attachées par des rubans, comme on le trouve trèssouvent dans les monuments égyptiens. Ce peuple faisait beaucoup de cas de la barbe et comme chez eux les cheveux au menton ne poussaient que difficilement , les

1 V. Plutarque, de Iside et Osiride, Opp. II, p. 362, 485 (Wyttenb.). Hérodote II, Ch. 123.

personnes graves, surtout les prêtres, ne dédaignaient pas de se parer de barbes fausses.

H. 2 a. 1 î-| w. — 6 pieds 3| pouces angl.

Provenant aussi de la collection Fontana à Trieste

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