L’AMOUR ET PSYCHÉ. — Groupe en marbre de
Carrare, par Ca N O VA.
Psyché abandonnée, persécutée, s’est jetée, les cheveux épars, sur un rocher: dans son desespoir, elle invoque la mort qu’éloigne d’elle la cruelle Venus, qui veut prolonger sa vengeance et les souffrances de sa victime ; auprès d’elle est le vase dans lequel on l’unit condamnée à aller puiser de l’eau du Styx. L’Ainour l’aperçoit; la beauté, la douleur de celle qu’il a abandonnée, raniment son ardeur; il dirige son vol Vers elle, et, la soutenant au moment où elle se précipitait dans un abîme, il la serre entre ses bras, lu relève en lui
prodiguant raille caresses , et les deux jeunes amans vont oublier toutes leurs peines. Ce groupe offre de chamans details , remplis de grâce et de jeunesse ; formes coulantes et onduleuses, emmanchemens fins, extrémités pleines de délicatesse , profds d’une grande pureté , expression d’une volupté' douce et naïve. Rien de plus simple que les niouvemens de ces deux jolies figures , surtout de celle de Psyché. Peut-être pourrait-on trouver que la disposition du groupe est inferieure a la composition et à l’exe'cution ; on regrette qu’il ne soit pas combine de manière à» présenter plusieurs points où il se développe bien , et il est fâcheux qu’il n’en offre presque pas d’où l’on puisse saisir son ensemble sans perdre une grande partie de ses beautés de detail , et sans rencontrer des raccourcis peu heureux. Il est inutile de faire remarquer la variété que Canova a mise dans le travail de ses draperies, et dont il a été question ailleurs. Avant d’être placé au Musée, ce groupe faisait Porneinent du château de Compiègne.