‹ Description des ouvrages de la sculpture francaise des 16.e, 17.e et 18.e siècles, exposés dans les salles de la Galerie d'Angouleme. Par M. le Comte de ClaracChapitre 53 sur 65 · L’AMIRAL COLIGNY. — Buste en marbre blanc, par · texte numérisé non relu

L’AMIRAL COLIGNY. — Buste en marbre blanc, par

Jean Goujon. : : ' ' '

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Ce beau buste a e'te' tire' du monument e'Ieve à la me'moire de ce grand capitaine, l’un des chefs du parti protestant, et qui, lors de la Saint-Barthe'Iemi , fut massacre' dans sa maison de la rue Be'thizy. S’il est de Jean Goujon, comme on le croit, il est probable qu’il n’avait pas ete' destine' à orner le mausolée de l’amiral , et qu’il fut fait, long-temps avant sa mort, par ce grand sculpteur , tue' le môme jour que Coligny.

La belle ehemine'e dans la composition de laquelle M. Fontaine a fait, entrer ce buste, est de Germain Pilon, et provient du château de Villeroi , que cet artiste

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avait enrichi de superbes sculptures. II est difficile de voir des ornemens mieux combines, d’un dessin plus élégant , et d’un travail plus soigne' dans toutes ses parties. Les figures de femmes se font remarquer par la noblesse de leurs poses, la grâce et la digriité de leurs têtes , et la purete' de leurs formes. Les mains et les pieds sont d’une grande finesse, et Ton y reconnaît le style de Germain Pilon , que l’on retrouve aussi dans les drape* ries , qui peuvent être comparées à celles des trois Grâces : mais celles des cariatides paraissent mieux entendues , et , accompagnant avec plus de moelleux les contours , font aussi mieux valoir la beauté du nu. L’amour qui , sur le sommet de cette composition , £kutient un écusson , est^ charmant de pose et d’exe'cution. Les faunes ailes, par leurs figures grotesques et leur travail spirituel et heurte', contrastent avec; ces jolies cariatides , et sont en harmonie avec les bas-reliefà en arabesques qui ornent les differentes parties de cette cheminc'e , où les fruits , les fleurs , les moindres de'tails sont traite's avec soin, et qui ferait regretter que le talent de nos bons sculpteurs ne soit plus employé' à de'corer avec cette richesse les chemisées des grands appartemens de nos palais.

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