BOILEA U - DESPRÉAUX. — Buste en marbre
par GirardoK, né à Troyes, en 1630, de Nicolas
Girardon , fondeur; mort en 1715, le même jour que Louis XIV.
Haut. 0,724 m — 3p.2po. 0 1.
Cette belle tête est remplie d’expression , et le sourire a ce piquant et ce mordant qui devaient caractériser celui du premier de nos auteurs satiriques. Quelque ingrat que soit à rendre en sculpture ce genre de coiffure, l’artiste a su en tirer parti en habile homme ; elle est bien jete'e et largement traite'e.
Girardon , dès sa plus tendre jeunesse, annonça de grande» dispositionspour la sculpture. Son père, ayant inutilement essaye d’en faire un procureur , le mit ensuite en apprentissage chez un menuisier sculpteur, nomme' Baudesson, en le priant de le dégoûter du dessin et de la sculpture. Malgré tous ces obstacles, Girardon ■ fit de grands progrès; et se trouvant à Troyes, i’une des villes de France où ia sculpture a été le plus tôt en honneur et où elle a été cultivée avec le plus de succès , il étudia les sculptures des bons maîtres du seizième siècle qui y sont répandues, entre autres celles de Gentil de Troyes et de Dominique de Florence, élèves de maître Ronx et du Primatice. Protégé ensuite par le chancelier Séguier, Girardon alla à Rome, voyagea avec fruit, et à son retour il travailla chez les Anguieri II avait du talent, et en eût développé sans doute davantage, si, se fiant plus à luimême, et courant moins après la fortune et les faveurs, il ne se fût pas tant attaché k la manière de dessiner de Le Brun , qu^ devint son unique guide, dont il recherchait la protection par tous les moyens, et qui lui donnai t , non-seulement les sujets de ses , compositions, mais même les dessins d’après lesquels il devait les exécuter. Aussi , souvent , peut-on reprocher à sès draperies d’être lourdes, et à ses figures de manquer d’élégance dans leurs formes et de fermeté dans leur exécution. Girardon modelait avec facilité et esprit; mais il était moins heureux dans le travail du marbre. Il donnait cependant beaucoup d’expression à ses têtes, ce que Ton peut voir dans le mausolée du cardinal de Richelieu , placé à la Sorbonne, et qui passait, avec raison , pour le plus bel ouvrage de Girardon , qui n’y était que pour l’exécution , car la composition était dt Le Brun, Versailles, Trianon ,
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21) MtSEL JDE LA SCULPTriiE FRAS'CaIsE
sont remplis de statues et de bas- reliefs de ce maître , et Ton \ remarque quatre statues des Bains d'Apollon , l'Enlèvement de l'roscrpiuc , une figure de l’Hiver et plusieurs autres. La statue équestre de Louis XIV sur la place Vendôme était de Girardon ; elle avait vingt-un pieds de haut, et, selon d’Argenville, c'était la première qui eut été fondue d'un seul jet. Girardon avait d'abord fart , pour la môme place , une autre statue qu'on trouva trop petite ; elle fut donnée au maréchal de BouiHcrs , qui , avec la permission de Louis XIV, en fit présent à la ville de Beauvais ; les écoliers vinrent la chercher à uue lieue et demie de la ville, et la traînèrent en triomphe , ainsi que nous avons vu faire h Paris pour la statue de Henri IV. Parmi les productions de Girardon, fou citait les mausolées de la princesse de Conti à Saint-André des Arcs, du marquis de Louvois aux Capucines , et de madame de Lamoignon a Saint-Leu. Il lit aussi plusieurs beaux ouvrages pour la ville de Troues.
Nommé à l'académie eu 1657 , il en fut chancelier en 1695 ; et apres la mort de Le Brun , lui ayant succédé dans la direction générale de tous les ouvrages de sculpture, comme son prédécesseur il exerça sur les artistes un pouvoir trop étcudu, qui contraignit leurs uleus et fit grand tort aux arts. Girardon eut une nombreuse école , dans laquelle on distingue le Lorrain , Gi ailier, Fréiniu, Jean Joly Je Troye», Nourrisson et Charpentier.
1 0. AMOUR ET PSYCHÉ. — Groupe en niarbre de Carrare, puf Canovas f
.i Haut. 1,451"' — 4 p. 3po.8F. ... ' -
- Psyché, parce des grâces naïves tle In première jeunesse, la tête légèrement penchée , pose avec précaution , de scs doigts délicats, un papillon, son emblème ou celui de lame, sur la tuuiii gauche de l’Amour, qui, le bras droit passé autour du corps de sa jeune amie, appuie • légèrement sa tête sur son épaule, et regarde avec uu .plaisir mêlé d’attendrissement l'insecte brillant qu’elle lui confie, et que bientôt il se fera un jeu de tourmenter. Rien de plus gracieux, de plus iiraocènt et de
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plus simple que la pose de ces deux jolies figures; elles se font valoir l’une l’autre; leurs contours charmans s’unissent sans se confondre, et, de tous côtés, ce groupe offre les formes tes plus coulantes, les plus moelleuses, et un heureux concours de lignes. Il est difficile de voir des pieds et des mains d’un dessin plus pur et plus élégant, et le dos des «leux figures a toute la souplesse et toute la fraîcheur «le l’adolesceqce. Peut-être aurait-on quelque raison de trouver Psyché un peu grande par rapport à l’Amour. Raphaël,, dans plusieurs de ses charmantes compositions, a bien représente' l’Amour beaucoup plus petit que Psyché, mais il en a fait absolument un enfant : celui de Canova ne l’est plus et a tous les caractères de la jeunesse,.
. L’exécution de ce groupe , que Canova s’est plu à répéter, est «ligne de ce grand maître, dont on connaît l’habileté pour manier le marbre, qu’il travaillait avec la plus grande facilité. La draperie do Psyché est peut-être „ la partie la moins bien traitée. Cano,va, pour conserver le marbre de ses statues, etpoitren adoucir la trop gramîe blancheur , employait, comme les anciens, une sorte de préparation onctueuse qui donnait à son marbre Un ton doré ou blond, qui le rapproche «le celui des figures an. tiques; mais il semble qu’il n’aurait pas du, pour faire valoir les chairs, laisser aux draperies leur blancheur. N’cst-ce pas un abus, et, réunir, pour ainsi «lire, par cette différence de teintes, la peinture à la sculpture, deux arts qui procèdent d’après îles principes et avec des moyens de natures différentes?
20 . MICHEL LE TELLIER, marquis DE LOUVOIS. — Buste en marbre.
liant. 0,724'" — 2 p. 2 po. 9 f.
Ce buste n’offre rien de remarquable, et il est assez grossièrement travaillé. Voyez n.° 57.