‹ Description des ouvrages de la sculpture francaise des 16.e, 17.e et 18.e siècles, exposés dans les salles de la Galerie d'Angouleme. Par M. le Comte de ClaracChapitre 8 sur 65 · LE CARDINAL MAZARIN. — Buste en marbre, par · texte numérisé non relu

LE CARDINAL MAZARIN. — Buste en marbre, par

Coyzevox, qé à Lyon en 1640, mort en 1720.

Haut. 0,594 m — 1 p. 10 p.

Cette tête , l’un des bons ouvrages dé Coyzevox, est bien modelée; ia bouche et les yeux sont remplis de cette expression fine et animée qui convient au caractère de ' Mazarin. * •

Coyzevox fut élève de Lérambert, né en 1614, académicien en 1663, et qui, selon Pigauioi de la Force , fut employé aux sculptures des appartenons du Palais-Roval et des Tuileries; il travailla aussi pour Versailles < et pour Blois. Après avoir voyagé et travaillé pour le cardinal de Fursteinberg , dans sou f , château de Sa Verne , à son retofir à Paris Coyzevox fit, en bronze, pour l’hôtel de ville , la statue en pied de Louis XJV , et , pour les états de Bretagne , en 1685 , la statue équestre du même monarque. On le regarde avec raison comme l’un des meiileuis sculpteurs du règne de Louis XIV ; il n’est pas toujours trèscorrect, mais souvent il rachète en partie ce défaut par fexpressiorrefîa vie qu’il sait donner h ses figures. On met au nombre de > ’ ses plus beaux ouvrages le mausolée de Henri de Lorraine ..comte d’Harcourt, qui étaità fabbaye de Royaumont; celui de Colbert, à Saint-Eustachc; le monument du cardinal Mazarin, aux Quatre- Nations, composé de plusieurs grandes figures, et celui qu’il éleva it Le Brun. Quelques-unes des meilleures statues du jardin

des Tuilerie* sont dues au ciseau de Coyzevox , entre autres , le Flûteur , la Flore , THamadryade , qui sont sur la terrasse devant le châtcan ; !n Renommée et le Mercure h cheval du pont-tournant, groupes d’un grand effet, et qui, dans le détail, offrent de très-belles parties : ces deux morceaux étaient autrefois à Marly; ils furent faits en 1701 , en deux années et quelques , mois. On voit aussi à Versailles beaucoup de statues, de basreliefs et de vaseé de cet habile maître; mais il y en a eu beau- - coup de détroits. Reçu à l'académie en 1676, il en devint chancelier perpétuel. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages dont on peut voir le détail dans cTArgenville, qui fait remarquer qu'aucun sculpteur n’a rendu avec plus de succès et de légèreté les lourdes perruques du temps de Louis XIV. On cite parmi ses élèves les Coustou , Jean Thierry , sculpteur de Philippe V, et Jean Coudray.

1 7. GÉNIE DE L’ÉTUDE. —Statue en marbre de Carrare.

Haut 0,940 m — 2 p. 9 po. 10 l.

Assis sur un rocher , et dans l’attitude de la méditation , ce ge'nie e'erit sur des tablettes. La pose naïve rappelle un peu, dans son ensemble, celle du petit Tireur d’épines; la tête est jd’une jolie expression, mais les formes du bas du corps sont lourdes et un peu com- ^muncs , le travail des cheveux, remarquable, tient à la manière de la renaissance de ^a sculpture. On n’est pas d’accord sur l’auteur de cette charmante statue : les uns l’attribuent à Perrin de Vinci , neveu et élève de Léonard ; d’autres la donnent à Nicolo, ou messer Nicolo del Abbate, sculpteur de talent que Henri II attira en France en 1552 , où il finit ses jonrs. Il paraît que cette statue avait été destinée au mausolée du connétable de Bourbon, qui ne fut pas exécuté, et elle resta à Saint-Denis, où elle avait été déposée.^

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