‹ Description des terrains volcaniques de la France centraleChapitre 2 sur 32 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les agens ipii ont contribué à la formation de Tccorce piiéoomcocs du globe, et à ses modifications successives, ontqçssé ▼olca"<P>««* d'agir, ou sont tellement changés ^ qu'on ne peut guère juger, d'après ce qui se passe sous nos yeux, les phénomènes qui ont présidé aux diverses réyolq|ionsgéogéni* ques. L'action volcanique présente cependant encore de l'importance, par les bouleversemens, les nouveaux terrains qui en résultent; enfin, par ses rapports avec les faits antérieurs. Cette action se manifeste le plus souvent par des orifices qui ont la forme de montagnes coniques couronnées par des cratères, dont les alternances de repos et d'éruption sont plus ou moins répétées : ces volcans sortant tout-à-coup de leur inaction lancent au loin des scories, des blocs embrasés, des flots dé cendres et de pozzolanes, dont l'émission est ordinairement suivie* de coulées de laves qui descendent dans les vallées en brûlant et franchissant tous les obstacles. L'intensité des

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éruptions est généralement proportionnée à TintervaUe qui les sépare, et celles de stromboli qui peuvent être regardées comme continuelles , se bornent à des émissions de matières scbrifiées.Les éruptions d'un centre volcanique ont suffi pour changer la constitution du sol , dans un rayon de lo, 20, 40, kilomètres; sur tout cet: espace , une nouvelle formation a été déposée. Les dégagemens gazeux, les sources thermales, bitumineuses, etc.... abondent dans les contrées volcaniques.

A ces phénomènes il faut ajouter les tremblemens de terre, et toutes les perturbations dans la configuration du sol. La côte du Chili a présenté des exemples frappans. de ces mouvemens du sol. Des soulèvemens , des affaissemens , des crevasses considérables , se rattachent aux. tremblemens de terre qui se font sentir à de très grandes distances , et sont souvent accompagnés de détonnatioQs souterraines. Cet ordre de phénomènes est intimement lié aux phénomènes volcaniques proprement dits : ce sont les effets d'une même cause dans des circonstances différentes* Ceci est prouvé non-seulement par l'impossibilité dé supposer l'existence de deux forces différentes qui agissent dans l'intérieur du globe; mais, par des observations nombreuses. En mars i839i, Tlta*lie en a encore offert un exemple; des tremblemens de terre très sensibles cessèrent lorsque le Vésuve i'ut rétabli l'équilibre par une abondante émission de lave; mais la Calabre qui n'avait pas de bouche volcanique par laquelle celte force perturbatrice pût se décharger, fut agitée par dés secousses violentes , dont les effets se firent sentir sur des pbinis qu'ils avaient déjà ravagés» à Cbzenza et Cotanzàix) : quelques fisiits volcaniques se maoi-

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restèrent à la suite de ces commotions y tels que des dégagement gazeux , des sources thermales , et des perturbations dans le niveau et la température des lacs et des pnits. On ne peut du reste donner de preuve plus «onvaipean^de cette liaiscm, que l'expëarience des habitans sauvages de cek'faines îles volcaniques, qui Içnrsque leurs volcans sont depub long-temps dans l'inaction, prennent des pré^ catitionspour se mettre à l'abri des tremblemens de tèarre. Lldentité générale des phénomènes volcaniques dans les diverses parties du globe, les règles constantes auxquelles ils sont assujéèîs , conduisent naturellement à cette conclusion, que la cause en est aussi généi'ale et constante. Or , cette cause est nécessairement inhérente à la constitution du globe , et par conséquent antérieure à toute époque gébgnostique. Ils suit de là que ses effets, doivent s'être manifestés pendant la siidcessiûn de ces époques , et que les volcans actuels ne représentent que le dernier terme d'une série de faits qui otit présidé aux diverses révolutions du globe.

Les voldàns br&lans nous retracent en effet f àiptio^n ignée qui ^ par les modifications qu'elle a fait subir à là configuration du globe, par la série des roches successivement émises à la surface , caractérise une suite de révolutions; de même que l'action érosive des eaux, la présence dés sources minérales qui déposent des travertins , nous retracent une suite parallèle de modifications d'une autre nature. Les rpcbes épanchées, dites en masse ou cristallisées, sont les ttonumens qui nous représentent ces révolutions, dans le premier cas; dans le second ce sont les roches sédimentaîres , dites roches stratifiées. L'énergie de ces deux principes modificateurs a bien

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diminué , leur mode d'action n'est plus le même ^ et il est difficile deremonter la succession des faits géognostiques d'après ce qu'il en reste actuellement: c'est la tâche des géologues. Ceux, qui ont suivi l'échelle des roches sédimentaireS) ont trouvé dans la succession des êtres organiques un puissant appui ; ceux qui ont suivi préférablement la série des roches ignées ont eu dans la nature mineralogique des roches , dans les formes des masses qu'elles constituent 9 et dans les perturbations que leur émission a causées dans la stratification des roches sédimentaires alors existantes y des guides encore plus certains. Les phénomènes ignés ont plus d'importance, en ce que leur influence se montre jusque dans la nature, et dans ladistribution des roches sédimentaires. Dans leur nature, par les agens chimiques dont ils ont introduit l'aetion dans la formation de ces roches qui leur doivent souvent une dureté et une densité peu coneiliables avec l'idée de pure sédimentation; dans leur distributionr parce que les sou-' lèvemens des chaînes de montagnes et des masses continentales , les.afTaissemens qui en résultèrentont déterminé cette distribution des eaux.

Les phénomènes volcaniques sont actuellement àpeu-près les mêmes dans toutes les parties du globe, et ils produisent des terrains de même forme et de même composition : or la même identité se fait remarquer aux diverses époques géognostiques ; de sorte que chaque révolution se distingue par des roches et par des formes particulières. Cet accord de la minéralogie et de la géognosie est la base de la classification des terrains ignés. Les diverses périodes ainsi caractérisées par les caractères distincts, de leurs produits et

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de la farme qu'ils affectent ^ se lient ensuite entre elles sous ce double rapport. Ces liaisons sont rarement appréciables dans une même contrée : ainsi les trachytes de la Hongrie pourraient être regardés comme la limite supérieure du terrain trachytique , taudis que les trachytes de la France , liés par leur position et leurs roches au terrain basaltique, en formeraient la limite inférieure.

Il en résulte que Tâge absolu d'une période ne peut être établi par rapport aux terrains Je sédiment , qu'en prenant le terme moyen des époques auxquelles cette période appartient , dans les diverses contrées où elle s'est manifestée. Des épanchemens granitiques pouvaient encore aVoir lieu dans une contrée , tandis que dans une autre les porphyres s'étaient déjà développés ; de même que les basaltes de certaines contrées ont pu précéder les trachytes de la France postérieurs aux derniers dépôts tertiaires* Ces considérations doivent conduire naturellement la géognosie à étudier séparément les terrains ignés et les terrains sédimen (aires.

lies soulèvemens forment une classe de phénooiènes non moins importante que celle des émissions déroches, auxquelles ils sont liés d'ailleurs par une origine commune. La plus grande paftie des inégalités ^du globe , la saillie des continens appartiennent à une série de soulèvemens ; mais , comme l'âge géognostiqne de ces révolu-* tions n'est pas toujours marqué par la présence de roches épanchées; et que , lors même que l'on trouve des roches ignées dans une chaîne de soulèvement, comme les ophites dans les Pyrénées, on ne peut pas toujours prou-> ver que leur émission est liée avec le surgissement de la chaîne : U classification en était impossible. Cet ordre de

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fftits a pris loute l'importance qui loi appar1!bnsit, depuis que M. Elie de Bèaumont a enfin trouvé le moyeu d'appréciei^ Fâge de ces rérolutions , et par suite de les classer. Cette théorie s'appuie sur l'horizontalité essentielle aux couches de sédiment. Les mers les plus orageuses , les plus sillonnées par des courans, les pluS:hérissées d'écueils, présentent cependant un fond très sensiblement horizontal. Ce fait résulte de l'expérience: il est incontestable, et y dans son cours, M. Elie de Beauniont en. a cité une preuve convaincante. La dift'érence de niveau qui existe àu fond de la Manche, depuis le détroit jusqu'à Fentrée, n-est que de loo mètres : or^ la haute mer a lieu à Saitît- ^ Malo^ lorsque la basse mer a lieu à Calais , et la différence du niveau des eaux à ces deux points est d'environ to mètres. L'horizontalité n'est pourtant pas changée sensiblenient, une différence dix fois plus grande serait de même inappréciable. Ëst-il une plaine continentale qu'on puisse comparer au fond de la Manche. Enfin cette horizontalité est encore démontrée par l'existence même des substances organiques , végétales ou animales , dans les dépôts de sédiment ; car chacun de ces êtres ne peut vivre que dans des limites de profondeur déterminées. « Lors donc, dit M. Elie de Beaumont , que les montagnes représenteront les iles des anciennes mers , cette horizontalité devra exister pour les couches de sédiment appliquées sur leurs flancs; mais lorsqu'une couche sera sensiblement inclinée, lorsqu'elle présentera des failles , des traces de perturbation, le soulèvement sera postérieur à leur dépôt.

La forme des soulèver&enstest souvent assujétie à certaines lois , qui sont surtout appréciables dans leur liaison

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avec ia niaûifestation des phépomène!; volcaniqDes. Il «st CD effet naturel que ces deux résultats, différens d'une même force expattsive, se montreut quelquefois associés et réunis sur un même point. Cette liaison a lieu paitticu-* lièrement dans les cratères de soulèvement. Un cratère de soulèvement, dans son entier développement, est utt cirque plus ou moins complet, profondément encaissé par des escarpemens abruptes, au milieu duquel l'action volcanique s'est manifestée par la production d'un ou plusieurs cônes. Les pentes extérieures sont ordinairen^ent beaucoup plus douces que les escarpemens intérieurs. Le cratère de fiarrend^lsland , cité pat M* de Buch dan^r les nés Nîcobar ; celui de Ténériffé , présentent ce déve^ loppement complet ; mais ils peuvent n'être que partiels. L*action volcanique peut ne pas avoir apparu au milieu, ou ne s'y être manifestée que par de nouveaux soulèvemens (Vo^e2 le mémoire de M. Ëlie de Beaumont dans les Annales des sciences natureiles , avril , i83o). Les cra-r tères de soulèvement n'appartiennent pas exclusivement aux contrées volcaniques : les chidnes des Pyrénées , des A.lpes, etc. , en contiennent des exemples incontestables, et leurs formes se reproduisent dans presque toutes les contrées de soulèvement.

Sous la dénomination de terrains volcaniques, on doit* Terrain» volcomprendre , outre lés volcans évidens, éteints ou brû- paniques, lans , les rocbés ignées qui s'en rapprochent à-la-fois sous le rapport minérftlogiquë,iêfi |iar leur mode d'émission. D'après cette définition, le terrain trachytiqne devrait peut-être ne pas être rangé dans cette classe ; car son mode d'émtssioti, souvent problématique , a peu de rapport avec les éruptions actuelles , et , sous lé point de vue

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ininéralogique 9 il y a un passs^e uu peu brusque des roches feldspathiques , aux roches p3rroxéhiques du terrain basaltique : mais d'autres considérations le lient nécessairement aux terrains volcaniques. La plus puissante est sans contredit les relations de position qui l'associent très souvent aux volcans laviques. Ainsi y dans beaucoup de contrées trachytiques, l'action volcanique a continué de se manifester pendant les périodes Suivantes. La base des volcans brelans est presque toujours trachy tique, tandis que la position de ces volcans n'a aucune relation avec les épanchemens antérieurs de granité 9 de porphyres, d'ophites, etc. Cette liaison sera surtout sensible en France, où des éruptions de basaltes et de volcans modernes ont eu lieu au pied de masses trachytiques , qui leur avaient en quelque sorte frayé le chemin à la surface du globe. £n outre , la transition dés tracfaytes aux volcans évidens y est très ménagée par des passages mii^éralogiques très fréquens et par des analogies dans le mode d'émission. Ainsi les trachy tes en dykes , en véritables couléesy se rapprochent tout-à-fait des dykes basaltiques , et de certaines coulées de la chaîne des Puys. Une séparation absolue entre les trois périodes volcaniques qui s'y sont manifestées successivement serait tout-à-fait impossible. En outre les trachytes sont accompagnés de véritables scories, de déjections ponceuses et pulvérulentes, et , si ces matières ne se présentent pas sous les formes qu'elles affectèrent vers lafin.de la période basaltique , et qui caractérisèrent la péricfde laviquer ; leur présence suffit pour établir une distinction précise entre les éruptions trachytiques et celles des périodes précédentes. La série des terrains ignés , depuis l'apparition des trachytes

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jusqu'à S06 joors ^sera celle des terrains volcaniques : elle comprendra , outre les roches émises directement, toutes les modifications qu'elles auront pu subir par l'action des eaux. Les roches remaniées sont naturellement plus développées dans les terrains les plas anciens^ Telles sont les roches d'aggrégation qui accompagnent les trachytes.

Les terrains volcaniques placés à une limite inférieure des terrains ignés sont ceux qui présentent le pl«s d'importance, non-seulenoent parce que leur conservation donne la facilité de reconnaître avec précision quelles furent les circonstances de leur émission, mais parce que les divers modes d'émission qu'ils ont affectés peuvent conduire à reconnaître ceux des épanchemens antérieurs. £n effet l'espace compris entre la période trachytique e^ les volcans actuels ftit assez considérable , pour que les masses trachy tiques et basaltiques aient assez varié dans leur mode d'apparition , pour retracer à-peu- près toutes les diverses formes sous lesquelles purent avoir lieu les émissions de roches ignées. Aussi,bieB qu'une théorie volcanique doive nécessairement être basée sur tons les phéno • mènes dont la surface du globe porte les traces, l'étude de ees derniers terrains suffit en quelque sorte pour se rendre compte de l'origine qui a présidé à leurenfantemrat.

En suivant pas à pas les terrains ignés , on voit les Système tLéo. points d'émission se concentrer dans desespaces plus rares "^®* et plus circonscrits. Sous ce rapport les exceptions ne sont qu'apparentes : ainsi les roches basaltiques sont disséminées sur des espaces plus «tendus que les trachytes; mais l'agglomération de ceux-ci, Tentassement de leurs masses leur fait regagner en puissance ce qu'ils semblent perdre en étendue. Or, l'on est évidemment conduit à regar-

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