CHAPITRE SECOND
Le terrain trachy tique se présente en France caractères g^ sous des formes diverses : il constitue les °**'*"^ groupes arrondis des monts Dores et du Cantal , les dômes isolés des montagnes Domitiques , et la ehaine orientale du Yelay.
Les roches dont se composent ces divers centres d'émission sont très variées; mais elles ne présentent que le développement de deux espèces , les trachytes proprement dits et les phonolites. Les porphyres quartzeux trachy-
tiques manquent totalement ^ et les rc vitreuses , obsidiennes ou perlites , ne se 1 vent qu'accidentellement et dans des giseï très circonscrits.
Les groupes du Cantal et des monts D constituent le véritable terrain trachytic les monts Domitiques n'étant que le pro gement de l'action volcanique dans la di tion de ces deux vastes centres , et la ch£ du Velay présentant principalement le veloppement des roches phonolitiques.
groupes sont d'ailleurs indépendans par I position , étant séparés par une contrée gra tique ; mais ils sont rapprochés par leur co position et par la liaison des basaltes très pandus autour d'eux. Le trachyte est la roc dominante : il forme la partie centrale , da ces deux groupes , avec des tufs et des cong mérats encore plus développés y tandis q les pentes extérieures sont presque exclusiv ment composées de roches de transport, des laves basaltiques , que la difficulté de pe cer ces masses surajoutées a rejeté vers la zoi extérieure. Les phonolites se montrent aus en quelques points , mais comme subordonne aux tracby tes , tandis que l'inverse a lieu dai
la chaîne du Veiay. Cette chaîne n'a aucun rapport de forme ni de composition avec les deux groupes, dont elle est séparée par une distance considérable. Son aspect hérissé et la répartition inégale et non continue des masses trachytiques contrastent avec leur puissance et leur continuité dans les groupes. On peut cependant leur appliquer ce principe commun, que, hors des limites assez régulières , entre lesquelles eurent lieu les éruptions trachytiques , on ne trouve plus que des roches de transport qui appartiennent à cette formation, c'est-à-dire que toutes ces éruptions se rattachent à un système , et qu'il n'y en eut point d'isolées ni d'excentriques.
Les trachytes affectent des formes diverses, Formes et rap:
•^ ' ports des trachy-
tantôt massives et montagneuses , tantôt en |p»c«<ï<?spiio°oépanchemens , qui alternent avec les tufs et les conglomérats, et dont fa puissance est considérable , relativement à l'étendue de leur surface. On les voit en filons , en dykes , traverser des massifs épais et s'épancher à leur surface ; enfin des nappes minces et étendues représentent de véritables coulées.
Aucune formation ne présente une série de roches aussi nombreuse, aussi compliquée.
3o GQàPITRE II.
En effet , aux variations illimitées de tex de couleur que peut offrir la pâte , compa huileuse, scorifiiée, rouge, noire, blaache, il faut ajouter celles qui peuvent résulte la grandeur, du nombre, des cristaux de j spath , de leur état vitreux , lithoïde, fritte leur association avec d'autres substances d minées. Sur quelles variations doit-on se b; pour classer ces roches ? Dans un même b un même trachyte est compact ou scori les cristaux de feldspath se montrent et paraissent; la pesanteur spécifique change couleur varie. £st-il rien d'ailleurs de p vague que ces descriptions écrites de modi£ tions que l'œil même le plus exercé a quelq fois peine à $ai3ir.
La série des roches phonolitiques est be; coup plus simple. Leur développement cor dérable dans le Yelay, leur position indép( dante dans les groupes du Cantal et des moi Dores , et les différences minéralogiques qi d'ailleurs , les distinguent nettement des auti roches trachy tiques, établissent une sépai tion qui porterait à les regarder comme a partenant à une période distincte , entre i périodes tracbytique et basaltique. Cette o]
TERRAIJy TRACHYTIQUE. 3l
nion est d'ailleurs confirmée par les formes caractéristiques des phonolites. Ces formes , qui n'ont que peu de rapports avec, celtes des ti'achytes, en ont beaucoup avec celles de certains [basaltes du Velay, où les alignemens et les agglomérations de gros dykes basaltiques représentent très bien les alignemens et les groupemens des pics et des masses phonolitiques. Les contours abruptes et escarpés de ces masses isolées et indépendantes se repro** duisent dans tous les points de développement de ces roches , et, bjen qu'on les trouve quelquefois en coulées évidentes, dans Ja chaîne du Velay, souvent en filons de puissance variable, les formes qu'ils affectent dans les roches Tuilière et Sanadoire , aux puys de Griou et de Griounaux, et dans les nombreux pics qui composent la chaîne du Velay, doivent être regardées comme les formes générales des phonolites : elles sont représentées dans lai planche 4-
La reproduction de formes identiques , comme celles de Grîou, de la Tuilière, de pierre de Bar, dans des centres de développe*ment si éloignés, doit les faire regarder comme caractéristiques. ËUes annoncent d'autres cir-
CȈyl<
coDsiatices d'émission , dont les détails sont I très bien exprimés dans la cb.iîne du Velay. i
Dans le Cantal et les monts Dores , les phonolites sont postérieurs aux trachytes, A l'ouest (le la Sanadoire et au sud du Puy Griou, on les voit reposer sur des conglomérats , qui , en d'autres points , sont traversés par leurs filons. La rareté des blocs phonolitiqiies dans les cou- i glomérats les plus récens , s'oppose d'ailleurs ' à ce qu'on puisse supposer de grandes altérations dans ces gisemens. D'après cette superposition, cette distinction des caractères extérieurs et les différences minéralogîques,on ne peut hésiter à reconnaître ici une période postérieure aux trachytes proprement dits; mais, dans la chaîne du Velay, on trouve des trachytes affectant ces mêmes caractères, et liés d'ailleurs avec les phonolites par des passages minéralogiques très fréquens. Ces considérations conduisent à conclure que la période phonolitique doit être regardée comme la limite inférieure du terrain trachytique, mais qu'elle ne peut en être séparée.
'- La pâte des trachytes, quelle que soit sa tejiture, compacte, huileuse ou scorifée, son aspect terreux ou vitro-lithoïde , est un felds-
■■ TRACHTTCQtlT:.
path plus ou moins mélangé : elle est tantôt de couleur claire et semblable à du feldspath pur; tantôt elle est de couleur foncée, même noire, et d'un aspect basaltique. Le fer est le principe ordinaire de ces modiGca tiens: il colore les trachytes en brun , en noir, en
rouge, en jaune, etc Souvent même, dans
les trachytes domites, par exemple, il existe en proportion très notable, sans qu'on puisse en soupçonner la présence d'après les caractères extérieurs. Toutes ces nuances se mélangent de manière à donner lieu à un nombre iofini de variétés. La uuMice verte de certaines roches parait due à une substance accidentelle.
Le feldspath en cristaux vitreux peut être considéré comme partie essentielle des trachytes. Quelquefois ces cristaux paraissent seuls composer la roche , la pâte qui les unit devenant à peine visible : c'est le cas des trachytes jraMiVoi'rfe*. D'autres fois au contraire, les cristaux cessent eux-mêmes d'être perceptibles à l'œil nu; la pâte seule constitue la roche: c'est le cas des trachytes homogènes.
Entre ces deux limites, il y a une infinité de mélanges de la pâte et des cristaux de toutes
grandeurs depuis o^a- et o,a3 de diarr jusqu'à ceux qui sont à peine visibles. Les cristaux sont ordinairement peu adhérens pâte ; le feldspath est vitreux et très fend les petits cristaux adhèrent le plus souve la pâte très fortement : ils sont fréquemn lithoïdes, d'un blanc mat, ou roses. La ] des trachy tes est composée de petits crisi microscopiques , eux-mêmes cimentés par pâte plus ou moins abondante. Cette propr se remarque notamment dans le trachyt gros cristaux de la gi^ndè cascade, aux me Dores. Ce trachyté se décompose en cendt dans lesquelles se retrouvent les gros crista Les cendres sont elles-mêmes presque entii ment composées de cnstaux microscopiqii désaggrégés très probablemient par la déco position de cette seconde pâte.
La structure des traçhytes est le plus or nairement massive et fragmentaire. Les are aiguës de leurs blocs représentent volônti( des prismes ébauchés. La structure prisn tique est assez rare; cependant les moi Dores et la chaîne du Velay en contienne plusieurs exemples, qui ne le cèdent qu'à régularité basaltique. Les fissures vertical
TERBA.IN THACHTriQUE , 35
«ont presque toujours plus nombreuses que les fissures horizontales. Il se trouve néanmoins des ^icceptionS , dans quelques filons , qui se dhrisent en priâmes horizontaux , empilés les uns sur les autres^ et dans le cas de la structure tabulaire ; mais ces tables n'ont guère de continuité.
Les substances disséminées sont très noili- ,. s»batance5
disséminées.
breases dans les trachytes ; xhmà aucune n'y atteint l'importance du feldspath.
JJamphibole est ]a plus abondante : il est peu de trachytes qui n-en renferment des cristauic plus ou moins actculaires , et des nodules lamelleuK et cristallins^ Quelquefois même il devient tellement abondant, qu'on .ne peut s'èmpéd>eF de classer à part ces trachy**tes amphiboKqiiaes. L'amphibole hornblende est le plus répandu : sa cassure est brillante
' dans le sens des lamriks. Ltamphibole ^ert
, est beaucoup plus rare.
Le pj-rêûtènê est bien moins fiMkjuent : son existence est tnéme souTent contestable , et ce n'est guère que kirsqu'il est cristallisé qu'on peot être sur de sa présence. Ce6 cristaux «e trouvent dans les trachytes de couleurs fon-
I çées. Dans les cavités on voit quelquefois le
36 CHIPITBE II.
feld^ath et le pyroxène cristallisés s^ ment.
Le mica est fréquent, mais jamais fort 2 dant* On le trouve en petites lamelles ir:
lièresou cristallisées, de couleur rouge, ou bronzée.
he/er titane n'est pas toujours visib présence se constate par le barreau aim; à l'aide duquel on peut en recueillir d' grandes quantités dans le sable de cer cours d'eau.
Le/«r olygiste abonde dans les fissur< quelques tracïiytes des monts Dores: o rencontre dans plusieurs filons , dans le Ca et dans le groupe du Mezenc, à Fayt. Au i de*D6me il existe aussi tapissant les fissure est en petits cristaux , en petites lames , < fusément implantées, tandis que d'autres la plus grandes, spéculaires, adhèrent par 1< extrémités à chaque paroi des fissures.
Le quartz. Cette substance est des plus téressantes dans les trachy tes du Cantal :
s'y trouve en noyaux, qui ont jusqu'à o,oj 0,09 de diamètre* Quelquefois il est dissém en veines et en petits cristaux. Ce quartz ordinairement cristallin, rouge opaque,
TERAAm TRACHYTIQUE. Sy
enfumé et translucide, souvent très adhérent à la roche.
Enfin il faut joindre à ces substances d'autres moins importantes et plus accidentelles. Ce sont le grenat, le titane siliceo-càlcaire , la mésotype et la néphéline, quelquefois de la chabasie. La chaux carbonatée fréquente dans le Cantal. De nombreuses infiltrations de Jer hydroxiié. Un fait très commun dans les trachytes , est la présence de nodules arrondis ou de veines, d'une roche plus dure, plus compacte , plus foncée en couleur que la masse principale. Ces nodules sont évidem-; ment dans quelques cas du pyroxène ou de Famphibole compact. Dans les autres ils pa* raissent dus à la prédominance de ces sub^ stances mélangées de feldspath. Dans plusieurs gisemens les trachytes du Cantal et des monts Dores renferment du peridot. La présence inusitée de cette substance sera discutée, en traitant de ses gisemens.
Les phonolites, en apparence d'une compo- caractèreamisition identique à celle des trachytes , s'en se- pbonoiites. parent cependant par des différences tellement prononcées , qu'elles ne semblent pas devoir être seulement attribuées aux variations miné-
38 CHAPITAE II.
ralogiques si nombreuses qu'alFecte le
path. L'hypothèse, émise sur le mêlai
feldspath et d'une substance zéolîthîqu^
ces roches seraient composées , n'est <
appuyée que sur des preuves insiiffîsanti
pourrait lui objecter l'extrême rareté di
constances où ces substances oivt crîsti
rareté qui s'accorderait peu avec leur pré
constante , comme principe essentiel i
roche. Les cristaux de feldspath Sont que
ibis assez grands et abondans. Le feld;
en est vitreux , non fendillé j très adhér<
la pâte. Les petits cristaux forment la
grande partie des phonolites ^ mais ils ne
visibles qu'en levant de minces écailles
voit alors que ces cristaux, qui ont ordin
ment un millimètre , sont entrelacés avec i
très cristaux microscopiques. Tous ces cris
sont caractérisés par leur peu d'épaisseur
sont couchés , les uns sur lès autres , dar
sens de cet aplatissement, de sorte que
écailles successives , prises sur un même po
ne présentent pas les mêmes aggloinérati
de cristaux.
Ces cristaux y par leur forme particulier!
leur mode d'association , diffèrent des cristi
microscopiques, des tracbjftes, qui sont acco* lés dans tous lés sens, et peuvent justifier en partie les différences minéralogiques qui distinguent les phonolites. Il en résulte en effet le phénomène de la cassure , qui est le carac* tère le plus djistinctif« Un fragment sain et non fissuré de phonolite , frappé perpendiculairement au plan général des cristaux, qui, en place, est souvent le plan horizontal , oppose une grande ténacité, et , lorsqu'il se casse , une multitude d'écaillés et de petits éclats sont soulevés et donnent à cette cassure un aspect céroïde. Dans le sens contraire, la roche est naturellement moins tenace. Sa cassure est assez unie, qu'elle soit d'ailleurs plane ou concboïde.
La structure des phonolites est aussi très caractéristique , et elle a des rapports direct» avec leur structure intime. En effet les fissures à^peu-près horizontales , c'est-à-dire dans le sens des cristaux superposés , sont toujours prédominantes. De là cette structure tabulaire si fréquente , et qui va souvent jusqu'à la structure feuilletée. Dans le cas de la structure prismatique , les prismes tendent toujours à se diviser suivant un plan qui coupe l'axe des
4o CHAPITRE II.
prismes^ sous un angle plus ou moins in Enfin il est rare que les blocs massifs i formes, qui 9 dans certains cas, forment la structure apparente , ne puissent se di vis< dalles plus ou moins épaisses^
Les substances disséminées sotit bien rares dans les phonolites que dans les cby tes. Quelques petits . cristaux dissén d'amphibole, qui ne prennent d'import que dans des gisemens circonscrits , des pc d'haûyne et de petits critaux titanifères , e dans un seul cas des bulles tapissées de i taux microscopiques, d'une substance parait de l'analcime : telles sont les seules qii puisse citer. Ces roches sont remarquai par l'homogénéité de leur couleur et de l texture. Les couleurs varient du gris au n< en prenant quelques nuances verdâtres, bj nés. A peine si quelques cristaux, quelqi veines marbrées de feldspath se détachent s ce fond. Enfin les bulles et les scorificationi sont extrêmement rares.
Les roches vitreuses sont peu répandues:
y en a néanmoins un gisement dans les moE Dores, et dans le Cantal, elles constitue plusieurs filons.
TERRAJIf TRACHYTIQaE, /4I
Ces trois espèces de roches , les trachytes, ciassifLcaUou
des roches.
les pbonolites et les obsidiennes, sont les seules bien distinctes, et dont les caractères sont assez tranchés , pour qu'on puisse les séparer minéralogiquement. Elles constituent ce qu'on peut appeler les laves du terrain trachy tique ; car, bien que leurs formes massives aient le plus souvent peu de rapport avec les formes de coulées des laves modernes et des laves basaltiques, on trouve cependant ces dernières affectant des formes aussi massives, et qui n'indiquent guère plus de fluidité primitive qu'on n'en peut supposer aux trachytes des monts Domitiques , et des masses dû Capucin et du Puy-Mary. Bien que ces trois espèces de roches soient ^iées entre elles par des passages miuéralogiques très ménagés , il y a toujours une distinction ^ possible. Mais il n'en est pas de même dans les variations infinies dont chacune de ces espèces est susceptible , surtout l'espèce trachyte. Toutes les variétés sont tellement liées par des passages continuels , par la disparition dans une même masse d'un ou plusieurs de leurs caractères , auxquels d'autres sont substitués , que l'on ne peut établir entre elles de séparation absolue. On peut
^1 CHAPITRE ir.
néanmoins classer ces nombreuses varie les rat fâchant à des types Uien caract mais , pour éviter la confusion ^ il faut < types soient nettement déterminés p caractères tout-à-fait extérieurs, et qu'ils en même temps peu nombreux. Les cars donnés par le chalumeau sont de peu < source dans ces subdivisions: ils ont d'à cet inconvénient commun avec ceux d croscope , de ne pouvoir être employés i diatement dans les courses géologique caractères extérieurs , et surtout ceux q sultent de la forme et de la di^ositio cristaux de feldspath, sont les plus impc et les plus utiles.
» Traehyte à gros cristaux. Les cristai feldspath sont très nombreux : leur gro varie de 0,01 à o,o3 de diamètre. La pâ ces trachytes est plus feldspathique que tout autre : elle est aussi moins compact les cristaux y sont rarement très adhérens trachytes du pic Sancy, de l'assise super de la grande cascade aux monts Dores sommités du col de Cabre et du Pùy-A dans le Cantal , sont les types de cette vai Ce traehyte passe assez souvent à la va
T£RRA.m THACIIYTIQUE. 4^
grahitolde : c'est le trachy te essentiellement cpistallîsé;cariln y a en France qu'un exemple de trachyte réellement granitoïde ; encore la pâte y est-elle visible.
Traehyieporphyroïde. Les cristaux de feldspath n'ont que quelques millimètres: ils sont souvent mats, opaques et colorés; ils sont également répartis dans une pâte compacte, tûdace 9 homogène , à laquelle ils adhèrent fort^nent Le type de cette variété est parfaitem€x>t exprimé dans les trachy tes rouges , à l'extrémité svid de la crèle de Ferval (Cantal) , dans d'autres trachy tes rougeâtres du Val d'Enfer, qui ressemblent beaucoup à des porphyres, et dans les trachy tes bleuâtres de la Pradette(châîne du Velay).
TracAyie homogène. Contient peu ou point de cristaux de feldspath. La pâte est d'une teinte homogène , ordinairement compacte , et par cela même passe souvent au phonolite.
Les trachytes noirs, passant au basalte , souvent prismatiques des monts Dores, se rapportent à ce type. M. Bertrand Ta placé dans le Velay, à Freisselier. Le Cantal en offre des exemples fréquensdans ses filons , notamment dans le ravin du Plomb.
46 cHAPtnE II.
Obsidienne homogème. Dans le Cantal .
des Gardes, auKlessous de Pi^dabaut, i % plusieurs fiions. Le Terre eu est home sombre , sans cristaux.
Obsidienne porphyroïde. Aux monts I sur la route de Murat^ ces obsidiennes vertes et noires , peu vitreuses, empâtai cristaux de Mdspath. La verte passe ponce. Ija variété noire passe en un poi perlite par une cassure testacée. Dans le tal, une obsidienne granulaire présenti caractères analogues.
Les laves basaltiques dont il est néces de décrire les caractères principaux de fi et de composition , en décri¥ant chaque o trachy tique , auquel ils se rattachent , se portent aux basaltes anciens de la grande mation du Yelay et du Vivamis. Ces rc seront naturellement classées , en traitai; cefte formation.
Roches d'aggré- Les tracbvtes , dans le Cantal et les m Dores, sont constamment associés à des ro d'aggrégation , dont la puissance est tellèr «ipérieure , qu'ils semblent souvent leur subordonnés. Cette supériorité des ro( d'aggrégatioB serait fort embarrassante à ei
qiier^sî toutes provenaient de détritus arrachés aux trachytes; mais une grande partie doit ses inatériaux à des éruptions directes , de matières pulvérulentes ou plus ou moins scorifiées. Il ressort même de quelques observations que la force volcanique aurait rejeté et entassé des blocs de trachytes, de grosseur variable , sur certains points, où on les retrouve sans apparence de remaniement par les eaux. Ces prodoits de l'action volcanique immédiate se sont ensuite mêlés aux détritus de toute espèce; on les retrouve associés aux brèches, aux congio* mérats hétérogènes, rodhes exclusivement de transport qui contrastent avec celles qui résultent de déjections accumulées,que Ton peut regarder souvent comme en place.
La dénomination générale de roches d'aggrégation ne convient donc pas toujours à une classe composée de types si différens ; mais , comme ces roches ont ordinairement éprouvé faction des eaux , qu'elles ont été modifiées , aggrégées par des infiltrations postérieures, ou qu'elles ont été transportées; comme elles sont d'ailleurs réunies par le fait de i'associatron* des roches de déjection avec les conglomérats hétérogènes de transport, cette dénomination
est encore celle qui convient le mieux semble de ces roches.
L'existence de ces diverses classes de d'aggrégation prouve que les éruptioi chytiques ne se bornèrent pas a des ém de laves y mais qu'elles furent accomp; de déjections abondantes , fait d'autaii évident que la chaîne du Velay, qui ne co pas de roches scorifiées , et dont l'émissi fut vraisemblablement accompagnée d'à déjection , ne présente pas de roches d' gation. Ces déjections sont les pon< abondantes dans les tufs et les conglom surtout aux monts Dores; ces tufs si £ homogènes , friables ou endurcis ^ et q sont évidemment que des cendres fel thiques. Ce sont enfin ces agglomén locales de trachytes, dont les blocs h gènes, libres ou cimentés, présentent soi des scorifications extérieures , ou qui d'à fois, en petits fragméns agglutinés, com ou finement scorifiés, appartenant tous même espèce, forment des assises distir Cette première classe de roches d^aggrég occupe la partie centrale : elles alternent les laves trachytiques , de même que les
TERRAIN TR4CHYTIQÎJE. fy^
des volcans évideos alternent avec leurs déjections. Dans aucun cas, leur disposition ne peut faire supposer qu elles aient affecté la forme de cratères.
Avec cette première espèce de roches d'aggrégation, contrastent les entassemens de blocs de toute dimension, de toute espèce, qui contiennent souvent des blocs basaltiques , presque toujours des roches noii volcaniques, primitives et tertiaires ; libres ou plus ou moins cimentés par un gravier volcanique souvent ponceux. La position de ces roches de transport contraste de même que leur composition ; car ils sont rejetés vers la zone extérieure, forment les dernières pentes, et se retrouvent dans des positions tout-à-fait excentriques, à des distances considérables du groupe dont ils ont étend-u les limites et adouci les aspérités. Dans leur position relativement aux trachytes, les roches d'aggrégation de la partie centrale leur sont généralen>ent inférieures, non-seulement en ce que les masses qui constituent les sommités sont composées de trachytes, mais parce que le couronnement des plateaux supérieurs est pre&qu« toujours formé par des épanchemens tra-
5o CHAPITRE U.
chytiques plus ou moins continus. E trouvent cependant quelquefois très pi sommités et dans des positions où el peuvent s'être formées , les roches don se composent ne se retrouvant pas da points dominans ; ces perturbations ap]:
sent d'ailleurs avec évidence en plu points 9 par le bouleversement des co De telle sorte que les recherches sur 1' des eaux dans les groupes trachytiques a rent une grande importance non-seul par la formation continue des tufs, bn et conglomérats , mais par les modifie qu'elles apportèrent à la forme de ces grc Cette appréciation conduit en effet à recc tre quelle part ont eue les soulèvemen forme qu'ils présentent actuellement.
ciassificaticm La classification dcs roches d'aeffréfi
des roches d*ag- ^^ ^
grcgaiion. préscutc dcs difficultes , en ce que l'aspe la roche peut être très modifié , sans c< dant que sa nature diange; ainsi un co mérat de trachytes est diversement cai risé par la prédominance de blocs de div variétés, sans que pour cela on puisse él de distinction entre ces gisemens. Le Jî plus direct doit être de séparer les roch
TfiRRAlTf TftACHTTIQUE. 5f
transport, roches hétérogènes, des roches plus ou moins homogènes dans la formation desqiiierUes l'action volcanique a eu une part plus ou moins directe.
Tuf einérifé. Paraît résulter de cendres feld^patiques , ordinairement agglutinées. Ces tufs sont de couleur claire, fins, homogènes, leur cassure est souvent conchoïde, et ils renferment des plaqizes de tuf plus gros* sîer et corîSme milliolité qui provient probablement du tassement par les eaux des parties les moins fines, il n^est pas toujours facile de distinguer ces lufe, des tufs ponceux fins; leur pesanteur spécifique plus considérable est le meiHeur guide. Il est d'ailleurs probable qu^ils se sont souvent mélangés. Le type de ces tufs est aux monts Dores dans la grande vaV tée du côté du Capucin j et au raviti de la Craie.
Tuffonceux. Cette dénomination convient spécialement aux tufs fins et homogènes , de couleurs claires. Il ne faut pas les confondre iivec les (Conglomérats ponceux , tlont le gravier renferme des ponoes broyées et entière!
Ils ont beaucoup de rapport avec lès tufs précédens, mais sont quelquefois tellement légers qu^ils se soutiennent sur r«au lorsqu'ils sont
bien secs (ranin des Égravats). Les tufs cellu-' laires dont les cavités sont plus ou moins remplies de ponces décomposées, paraissent dues à leur association avec les tufs cinérites. lU contiennent souvent des ponces plus ou moins intactes, dn mica; ces tufs abondent dans les monts Dores et le Cantal.
Srèche trachytique. Ces brèches sont homogènes ou hétérogènes. Les brècbes bomogènes sont composées de petits fragmens tracbytiques de même nature ordinairement scorifiés à petits pores, accolés et agglutinés par un ciment peu abondant. On voit de ces brècbes dans la partie inférieure de ta grande cascade aux monts Dores. Les brècbes bétérogènes sont composées de fragmens de différens Iracbytes souvent scorifiés, mais ordinairement noyés dans un ciment très abondant, et plus ou moins grossier. Ces brècbes remplissent toute la partie inférieure de la vallée de la Cère et abondent dans le Cantal,
Enfin les conglomérats qui sont souvent ponceux. Il n'y a de description possible ([ue pour le gravier dans lequel les blocs, souvent énormes sont englobés, et qui présentent fréquemment des ponces entières. Les conglo-
TERRAIN TftACHTTIQUE. * 53
niérats extérieurs contiennent des roches non volcaniques, des basaltes y sont mêlés aux trachytes. Ces roches de transport broyées, mélangées, n'ont d'intérêt que suivant les localités où elles se trouvent ; elles seront décrites en place, et suivant l'importance des faits qu'elles retraceront par leur gisement et leur composition.
Les alternances si fréquentes des trachytes j^ ^^o^ et des roches d'aggrégation , leur stratification^ SlcbyuV^ la conservation des dykes, des dômes qui leur sont superposés, enfin la conséquence naturelle des formes bien déterminées, qui est la facilité avec laquelle on se rend compte de l'origine du terrain trachy tique , forment un ensemble de faits qui caractérisent parfaitement cette formation en France. L'existence de formes déterminées, et leur conservation, contrastent avec tout ce qu'elles ont de vague et d'incertain dans les autres contrées trachytiques du globe ; elles annoncent une époque d'apparition plus récente , surtout si l'on considère que ces caractères bien autrement purs et développés dans la formation basaltique sont ici justifiés par de fréquens rapprochemens de composition, et par des passages
54 • C^APliBE H,
ininéraiogique3 qni adoucissent tout ce a de brusque dans la transition des roches pathiques aux roches pyroxé«iques.
La supposition d'un âge récent est c
motivée par rasspciatian des roches tra
ques avec les basaltes, et par le dével
ment trèa étendu des roches phonolit
la liaison entre ces trois périodes distîj
les trachy tes, les phonolites let les basalte
un lait qui sera bien constaté et qui exj
en résumé les caractères distinctifs préci
Ces preuves morales sur Tâg© récen
trachytes de la Prai^pe sont confirmée
robservatiou ; Ton doit à MM- Lyel et
chison un travail sur le GantaU qui ne
rien a désirer sur cette matière. Il résul
effet non-seulement de nombreuses strat
tions des roches trachytiques sur les cot
tertiaires ï mais de^ perturbations que
émission a causées dans le système de ces
ches ; il résulte que (apparition des tracl
dans le Cantal est postérieure aux dernier
pots tertiaires. Celte superposition est très
exprimée à Tbiezac , à Gyou de Mamou ,
Vyssière ; en d'autres points , notammcj
Boudiou et de Polminhac à Aurillac, les \
TERRAIN TRACKTTIQU£. 55
cbes tertiakps sont bouleversées. , fracturées , et l'on en i^trouve des blocs énormes englobés dans les roches trachy tiques.
Comnie il n'existe pas de faits qui puissent porter à regarder les monts Dore^ et la chainp du Velay, comme antérieurs au Cantal, on p^it donc regarder la question comme résolue pour tout le terrain trachytique de la France : mais on trouve aussi *^ns ces deux centres des &its qui leur assignent le même âge géognostique. En effet : à l'est de Saint- Pierre Ëynac, les lambeaux d'une coulée pho* nolitique r^osent sur les marnes tertiaires; et^bten quele groupedes monts Dores superposé au granit n'atteigne pas le terrain tertiaire , on trouvera des argumens , sinon dans le groupe lui-même , du moins dans cette observation applicable au Velay, qu'il y a absence complète de tout débris volcanique dans les roches d'aggrégation tertiaires.
L'âge relatif de ces trois grands centres tra*» Age relatif des