‹ Description des terrains volcaniques de la France centraleChapitre 6 sur 32 · XXII ^ INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII ^ INTRODUCTION

Or, cette disposition est préeisément le fait qui milite le plus en faveur du système dynamique , ~et il suffil:, pour s*èn convaincre , de la considérer non pas relative^ment à la distribution des eaux , mais relativement aux continens , aux reliefs de la surface du globe , qui ont eux-mêmes déterminé la distribution des eaux.

Dès^lors y des faits nouveaux apparaissent à mesure que Ton approfondit cette étude, et nulle part ils n'ont été mieux développés que dans le traité des volcans de M. Poulett Scrope , auquel j'emprunte les observations suivantes. Si Ton considère d'abord isolément chaque groupe de terrain volcanique , on voit que chacun de ces groupes affecte une disposition linéaire ^ et que ^ hrsfue dei^x groupes sont voisins ^ leurs directions sont à-peu-près parallèles. Les exemples à citer à l'appui de oe principe scmt nombreux, et la France nous en fournira plusieurs. M. Scrope cite les îles de Saba, Saint- Christophe, Saint- Ëustache , etc. , la Guadeloupe , la Martinique , Sainte- Lucie, la Trinité , etc. , qui forment une ligne de plus de aoo lieues ^ les volcans de lltalie, depuis le Monte Cimini , la campagne de Rome , jusqu'aux champs Phlégréens, lesquels se relient par les Lipari aux volcans de la Sicile. On peut mentionner pour exceptions les volcans appelés centraux par M. de Bûch* Tels sont les volcans de l'Islande , les Canaries , etc.

Ces alignemens , ces agglomérations de volcans sont rares dans les continens: ils sont presque tous sur les côtes maritimes, où surgissent des profondeurs de l'Océan; et l'on voit, en les comparant aux masses continentales, que les endroits où la force volcanique pai*aît avoir été plus énergique et plus prolongée sont ceux où^ il y

INTRODUCTION. XXÎII

a absence de continens. C'est ainsi que la chaîne des Antilles , parallèles à l'isthme de Panama semble compenser la non-continaatien des terres continentales ; que la mer Pacifique , qui occupe le tiers du globe , est encerclée par une zone volcanique » qui borde l'Asie orientale et l'occident des deux. Amériques , tandis que son intérieur est criblé d'îles volcaniques ; de telle sorte que Vaction volcanique est en raison inverse du développement et de la continuité des masses continentales.

Enfin une loi qui souffre peu d'exceptions , c'est que les volcans ont plus de continuité vers les côtes y leurs directions suivant des lignes parallèles à ces côtes ; et que, lorsqu'ils sont sur les continens , ib suivent généralement des directions parallèles aux chaînes de montagnes. Ici les exemples affluent. Citons les volcans des deux Amériques, qui bordent ou coïncident avec les Cordillières, depuis la terre de Feu jusqu'au cap des Glaces ; les volcans de l'Archipel indien et de toutes les côtes orientales de l'Asie. P? 'est-il pas évident , d'après cela , qu'il existe entre les volcans et les masses soulevées des relations qui motivent leur position. Or, d'après le système dynamique, lorsqu'une bouche volcanique sera nécessaire à l'équilibre des forces d'expansion et de résistance , sa position sera déterminée par les circonstances de ténacité de la croûte solide. Les points les moins résistans seront nécessairement ceux où les dislocations auront été les plus considérables 9 et les fractures causées par les soulevémens des masses continentales sont certainement dans ce cas.

Ces considérations conduisent à partager les volcans en deux classes : les premiers, situés près des côtes , leur sont

lUTTRODCCTION.

parallèles, et suiveat leurs siaiiasités. Leur dUpomion linéaire y leur paralléUsme mue oStes et aux axes de somlèvemeni, s'expUfue en ce qu'ils 9e sont omperts sur frmiiares qui ont résulté de Vélépotion des continens^ Quant aoK agglomérations qui se trouveui Ioîd des côtes y leur présence compense évidennnent l'absence des soulève* meus y et ils ont servi à épuiser la force eXpansive y à rétablir l'équilibre > qui n'avait pu être étabU par le soulève^ ment des masses consolidées.

Les terrains volcaniques de la France -centrale, dans leur position exceptionnelie, appartiennent évideminent à la première classe , et leurs rapports avec les lignes de soulèvement du sol primitif i^ssortiront en plus d'une circonstance.

liRS

Dft

STSTfME VOLCANIQC1E.

Le centre de la France méridionale est piatea» prtmioccupé par un vaste plateau primitif, de centrale" "°*^* forme irrégulière, partout environné par les formations secondaires. C'est dans, la partie orientale de ce plateau que les feux volcaniques s'ouvrirent une issue^à une époque pos-

Vs

térieure aux derniers dépôts tertiaires; ils en modifièrent la surface par l'entassement de masses puissantes, et par les perturbations locales qui accon^pagnèrent l'émission successive des matières volcaniques des périodes trachytique, basaltique et lavique.

Abstraction faite des masses volcaniques superposées, la surface de c^tte part^ie ,du plateau est très inégale; elle est sillonnée par des rugosités dont la direction générale est du nord au sud, et qui encaissent les hautes vallées de la Loire et de l'Allier. Les accidens du sol primitif se présentent sous la forme de crêtes montagneuses , se prolongeant à de grandes distances ; telles sont les chaînes qui encaissent la vallée de la Haute-Loire, et la petite vallée de la Dore. D'autres fois ils sont causés par le relèvement subit du sol, qui, du côté opposé, s'abaisse graduellement; tel est le plateau incliné sur lequel sont superposés le$ m.ôiçiîts JQÔEQçs , ctt qui, du côté de Glèrna«ont.,) [présente des pentes escarpées. Ces inégalités divisent la cx>ntrée en parties plus Qû^^XQoinsv. distinctes : ainsi, la vallée de la Haute-Loire est un bassin :elliptique , dont h Jjoitfd forBsie le grand axe sur une longueur

SYSTÈME VOIXIAIflQUE. 3

de plus de cinquante kilomètres. Elle est encaissée par deux crêtes granitiques, qui furent ensuite exhaussées par la superposition des terrains volcaniques. Une petite chaîne transversale subdivise ce bassin en deux , celui du Puy et celui de^ FEniblavès; Il est fermé du coté du nord par le relèvenient des montagnes de la Chaise-Dieu ; ces montagnes réparent la vallée de l'Allier de celle de la Dore; le sol, bien que sillonné dans tous les sens, s'y maintient à une élévation à-peu-près constantet La vallée de l'Allier, plus longue et plus large, côtoie à Toùest ceUes de la Haute-Loire et dé la Dore.

Le granité est la roche dominante; il passe à des schistes . quart2eux' assez développés, à quelque^ bancs subordonnés de gneiss. Les porf^yrés se trouvent en plusieurs points ; ils semblent avoir occasioné lé soulèvement de la diaine d'Ambert : ils forment de gros filons dans les environs de Pontgibaud. Les fiions quartzeux caractérisés par les améthystes, la chaux carbonatée manganésifère et 1^ galène, abondent dans la chaîne qui part de la Chaise-Dieu, entre l'Allier et la Dore; aux environs de Pontgibaud, Angle, etc.

On a remarqué que ces filons se Kent par leur position aux ^ands accidens du sol , en ce qu'ils affectent comme eux une direction généi^le du nord au sud..

Le soulèvement de ce vaste plateau remonte à une époque géognostique fort ancienne, k en juger par la position des formations houillères et jurassiques disposées autour de lui, saus que rien n'indique qu'elles aient pris part à cette grande perturbation. On serait donc conduit à le regarder comme antérieur à la forn^ition houillère ^ c*est-à-dire comme appartenant à la. première révolution dans la classification des soulèvemens de M. £lie de Beaumont. Mais la préseuce^^da^ns certaines dépressions ^de petites formations locales, iomme le grès rouge de la vallée de la Haute-Loire , et dans Li vallée de l'Allier les bassins houil- 1ers de Langeac, Brioude, Brassac, etc., tendraient à laire supposer des soulèvemens partiels, ]>ostérieurs aux principaux, et qui auraient eu lieu entre la formalion houillère, et la formation jurassique qui n'a pénétré en au^ cun point du plateau. Ces soulèvemens partiels auraient isolé ces petites formations des formations plus considérables auxquelles elles

appartenaient. Aiâsi fes arkoses dti Puy auraient été un lambeau y séparé dés arkoses du Bas-Viyarais par le relèvement subit du terrain primitifquiaplàcé leHaut-Vivaraisàqua* trè cents mètres plus haut; les bassins houiiiers de la vallée de l'Allier auraient été en relation avec les formations étendues, accolées à l'extrémité nord du plateau. Cette hypothèse n'est peut-être pas assez appuyée pour qu'on ne puisse aussi regarder ces petits bassins isolés comme résultant de révolutions locales et particulières.

Tel fut le mode de formation des trois bassins tertiaires qu'on retrouve dans les trois dépressions principales de la partie orientale du plateau , et qui sont évidemment contemporains. Ces trois formations isolées se déposèrent au fond des lacs qui existaient pendant cette période dans la haute vallée de TÂllier, dans celle de la Haute-Loire, et dans une dépression qui occupait la partie nord des monts Cantal, qui la recouvrent aujourd'hui presque entièrement. Au fond de ces lacs eurent lieu les dépôts successifs des terrains de sédiment supérieur, dont les assises se correspondent. 4k

Le bassin du Puy présente la succession la plus complète, quoique peu développée, des terrains de sédiment supérieur. Celui de TAl* lier est beaucoup plus étendu., mais il est moins souvent en rapport avec les terrains volcanique^.

fiassin du Puy-, . i.

Argiles et marnes sans fossiles.

Marnes siliceuses.

Gypse.

Calcaire.

AUUvions tertiaires comprenant les argiles limoneuses et les lignites.

Bassin du CuntaL

Argiles sans fossiles,

Marnes, calcaires^ argileuses et siliceuses.

Calcaire.

Des étages correspondans se retrouvent dans le vaste bassin de l'Allier, dont les aKr temances argileuses de Moulin et Saint-^Pourçain forment la partie inférieure; et dont la

SYSTÈME VOECATÏIQUE. 1

partie supérieure, formée \yat les calcaires de là limagne , est souvent reconvertepaivles terrain3 volcaniques. Les nombreux débris' orgami:]ttes que renferment ces divers bassins^ tertiaires attestent une origine lacustre; et bien que tes'argiles ei; lès marnes inférieures h*en présentent pas, aucun ifait n'autorise à supposer que ' les eaux de la mer aient concotirû à leur for- {fixation; et l'on ne peut s'appuyer pour cela ni sur l'absence des fossiles , i^i sur là puissance dé leiurs assises. Dans le hassin de la Haute- Loire, par exemple,' cette puissance surpasse de beaucoup celte des autres dépôts , et l'absence de tout corps organisé est cotnptète ; mais aucune contrée n'est plus propre à faire reconnaître leur originel. Ces argiles et marnes sont rouges et d'un gris bleuâtre; celles recouvrent immédiatement le granité , et en plusieurs points leur formation se continue par la décomposition spontanée de ces granités.

L'exemple le plus frappant de cette forma* tion d'argiies sur place est à Brives, où l'on voit à l'ouest de la route des passages réels entre ces deux roches si différentes; les résultats de ces décompositions remaniés par

les eaux allaient se stratifier clans le fond cki « bassin ^ ainsi que cela est prouvé par les alternances de bancs rouges et gris, à Doue, Ro^ chelimagne, Rozières, etc.; dans la vallée d'Allier, on retrouve de ces formations d'ar- , giles sur place, et la décomposition? des roches volcaniques a donné souvent naissance à des roches semblables. Des arkoses tertiaires , des marnes et calcaires isolés annoncent , dans la haute vallée de l'Allier, des bassins indépendans; mais il suffit d'avoir ici . mentionné les principaux traits des formations avec lesquelles les terrains volcaniques ont quelque rapport.

Système vol- Lcs tcrrains volcaniques, irrégulièrement distribués, occupent dans la partie sud-estdu plateau une surface d'environ deux degrés-; leurs masses puissantes ont hérissé cette con^» trée d'aspérités nombretfâes; elles y forment des montagnes élevées. Vers le sud on les retrouve encore au-delà du plateau, et les basaltes du Bas-Vivarais et des Coyrons, reposent sur le granité et sur le calcaire secondaire qui lui succède.

Les centres d'éruption de l'époque trachytiqne sont disposés sur deux lignes distintr

caniqutf

STSTàHB VOLCANIQUE. ^ 9

de près de loo kiloin. Sur la première du coté de l'ouest, le vaste groupe du Gaiital , celui des monts Dores, et les montagnes Domitiques se succèdent dans la direction du sudouest-sud au nord^est^nord , et sur une longueur de 1 10 kilom. La seconde ligne est formée par la chaîne trachytiqUe du Velay , longue de 5o kilom. depuis les montagnes de la vallée de Sainte^EuIalie, au-delà des soui^ces de la T^ire^ jusqu'au défilé de Chumalières par lequel elle sort de la haute vallée. Cette ligne incline du sud-est-sud au nord*ouest<nord.

Hors de ces lignes d'émission , on ne trouve aucune trace d'autres éruptions trachytiques. Autour des groupes trachytiques, et dans des positions souvent très rapprochées du centre, on trouve les basaltes anciens qui forment une zone inégalement répartie autour des monts Dores, très puissante et très développée autour du Cantal. Ce développement n'est pas moindre dans la chaîne du Ve- ]i« y 9 où les éruptions basaltiques eurent lieu sur. deux points; enfin, ces basaltes constituent seuls la chaîne des Coyrons, depuis les sommités de l'Ëscrinet jusqu'à Bochemaure.

éruptions postérieures donnèrent lieu à

lO CHAPITRE I. ,

un développement complet de la formation basaltique dans le Yelay et le Yiyaraisi Ces éruptions eurent lieu sur denx lignes parai <lèlesà'la chaîne de Velay; la' chaîne la plus occideutale séparé les hautes vallées de la Loire et de l'Allier; elle est composée de plus de quatre-vingt cônes de scories, dont tira grand nombre déversèrent dès laves' dans ces vallées. Ces éruptions basaltiques paraissent s'être, terminées par les volcans du Bas-Vivaraîs^ placés au pied de^ escarpemens sud du plateau primitif, c'est -à -dire sur la ligne de fracture du soulèvement. La période basaltique se développa aussi dans la Basse- Auveiigne quoique sur une échelle beaucoup moindre ; il en résulta une formation incohérente , mais variée dans ses formes et ses produits , qui est disséminée dans le département du Pûy-de-Dôme. Il est à remarquer que toutes les éruptions de la période basaltique, eurent lieiidansTespaoe comprisentre les deux lignes trachytiques , sauf l'exception des Coyrons.

Enfin , l'apparition d'environ soixante cônes, volcaniques, dont la composition et les produits' sont identiques à ceux des volcans mo^ 4ernes, et dont la parfaite conservation indi-

que une époque très rapprochée, termina Faction des feux souterrains dans la France centrale* Ces yol^ans: modernes forment une chaîne qui prolonge vers le nord l'axe d*éruptions du Cantal et des monts Dores.

Telles sont les relations d'âee et de position Rapports de

*-' * position des tcr-

que présentent,, au premier coup-d'oeil, ces^wns voicamterrains, volcaniques ; un examen plus approf(»di permet d'en constater de phis importantes« On remarque que la direction généra-* lemeM suivie par les éruptions des diverses époques , coïncide avec celle de tousies grands accklens du sol primitif; outre cette concordance générale datis leur direction, les lignes volcaniques présentent entre elles des exemples frappans de parallélisme.

Ainsi, une première émission de basaltes coïncide avec la direction de la chaîne trachytique du Velay, et deux autres séries d'éruptions ont lieu sur deux lignes parfaitement parallèles sur uiie longueur de 5o et 60 kilom. 11 y a donc là quatre lignes d'éruptions tout-» à-fait parallèles. ^

Les éruptions trachy tiques du Cantal , dea monts Dores et des monts Domi tiques, ont eu lieu sur une même ligne à l'est ; les ba-

/ la -CHAPITRE r.

saltes de la Basse-^w^crgne, suivent la même direction; à l'ouest, ils forment une chaîne tout-à-fait parallèle depuis Bochefort jusqu'à Pranal : enfin, la chaîne des volcans modernes coïncide avec cette ligne.

La. position relative des diverses formations volcaniques présente une exceptioo aux lois de répulsion -observées entre les fcH'mations trachytique et basaltique ; elles sont en plusieurs points dans une véritable association. Dans le Cantal , le basalte constittie des dykes et des filons très rapprochés du centre trachytique, environné de tous côtés de puissautes coulées basaltiques. La chaîne du Velay , présente deux cas de cette association; à la

hauteur de Mezères, et surtout dans les montagnes du Mezenc et du Béage,où les basaltes occupent une plus grande surface que les trachytes et lesphonolitfes. Le développement de ces basaltes est , eu outre , évidemment lié à la chaîne trachytique par des rapports de composition.

Liaison intime Ces aligncmcus dcs masscs volcaniques de

de ces terrains. ^

diverses époques, leur parallélisme, leur association inusitée, sont naturels^ dans ces terrains, dont le trait caractéristique est la liai-

STSTÈME VOtGANIQtlE. l3

son qui existe noh*seulement entre chaque formation , mais entre les subdivisions de ces formations. Or, cette liaison n'existe pas seulement dans les formes afFectéespar les masses, mais aussi dans les roches variées dont elles se composent; de sorte que l'examen en. est plus instructif, qiie dans toute autre contrée, pour constater l'origine et les détails du mode d'émission de chacune , ainsi que les rapports qui existent entre elles.

Cette liaison est telle , que Ton ne peut douter qu'il n'y ait eu en certains points des basaltes contemporains des trachytes, et que d'après leur position relative , on est plus d'uoe fois conduit 4i confondre dans une même série d'efforts volcaniques , des masses qui , minéralogiquement , appartiennent à des époques différentes. Sous le rapport des roches , les trachytes et les phonolites sont liés intime* ment dans la chaîne du Yelay y le groupe dii Mezenc présente une liaison non moins intime des phonolites et des basaltes. Enfin, les basaltes si modernes du Bas-Vivarais établissent entre cette formation et la formation lavique un passage remarquable. De sorte que depuis les trachytes du Cantal et des monts

l4 ^ CHAPITRE I.

Dores jusqu'aux volcans de la chaîne des Puys; lei^ masses volcaniques de la France centrale, ne forment véritablement qu'un ensemble continu.

Le terrain basaltique est le plus développé, et son ensemble constitue une des plus belles pages de iagéognosie. L'histoire de ces roches est^ écrite dans les détails tes plus minutietix ^ et les cours d'eau ,6» mettant à nu les circonstances diverses qui en ont accdnfipàgné l'éniission , ont souyent découvert des faits qU'on ne peut même saisir dans les volcans brâlans. On y rencontre toutes les variétés de rochefe affectant des formes difïérentfes ; et ce terrain se présente datis ^a période complète , lié d'une manière intime avec le terrain de trachyte, tandis que sa limite inférieure se lie jusqu'à l'identité au terrain lavique, c'est-à* dire aux phénomènes actiiçls. Enfin , cette péri^de est encore dun haut intérêt par la sérié des perturbations qui ont accompagné les éruptions , et qui ont modifié les terrains prée&istans.

Ijé terrain trachytique est loin d'oflPrir un ensemble aussi complet; ses caractères sont exceptionnels Comme son âge récent, et les

SYSTÈME VOLCANIQUE. l5

roches trachytiques se présentent sous des formes qui se rapportent k leur époque d'apparition , c'est-à-dire que les trachytes, se trouvant dans des cit^onstances qu'on peut appeler basahiques, <*u usurpèrent Souvent les caractères de forme et la structure.

Les caractères de liaison et de conservation de ces terrains peuvent être attribués à l'âge récent et au peu 4^ durée de la période pendant laquelle ils durept se développer; de sorte qu'à partir ^es premières émissions trachytiques jusqu'à Textinctiôn des feux volcaniques en;Fraito(5, il est à' présumer qu'il y eut ton-; jours des bouches volcaniques en activité.

L'époque d'apparition moderne des trachytes, recula naturellement aussi celle des basfaltes, et de lacetteconservatiôndes formes, plus importante' que tout autre caractère pour constater lé mode d'émission. Néanmoins cettQ action volcanique, que l'on peut regai^dei* comme continue , se porta sucoessivèraént sur divers^ points en redoublant d'intensité, et adcunmlànt sur ccâ points^dea produits diverse* Ment caTsiGtériséd. Le développement plus ou moins igraind de c<^ divers produits volcaniques, les relations qui eitistent entre eux.

conduisent à établir cinq grandes subdivisions : l'une trachytique , la seconde phonolitique; S'' celle des basaltes anciens; 4"" celle des basaltes modernes; 5° enfin celle du terrain lavique représentée par la chaîne des Puys. '

soaièvemena L'actiou volcaniouc u'cut oas seulement

dos a l'action '' *

volcanique. pour résultat Fentassement successif des produits ignés de ces diverses époques; leur émission fut souvent accompagnée de modifications importantes dans la configuration du sol. Ces modifications portèrent principalement sur les masses surajoutées; parce que lors de la recrudescence de l'action expansive sur ces points, cet obstacle accumulé et l'obstruction des premiers canaux obligèrent cette action à chercher d'autres, points de déchargement. Elle ne put se frayer une issue que par des fi*actures nouvelles et après des bouleversemens considérables.

T^ France centrale, livrée pendant si long* temps à l'action continue des feux souterrains, présente beaucoup de points non-seulement dans les terrains surajoutés, mais aussi dans le terrain primitif où l'on reconnaît ces perturbations. Sous ce point de vue, les effets ne

STSTÀME VOLCABIQUE. 17

soïit pas moindres que ceux des masses épanchées, et ces résultats de l'action volcanique sont comme les autres soumis à des lois in-^ contestables. Comme ce sont ici des formes que l'on a à étudier, et qu'elles ont été quelquefois profondément altérées par les agens atmosphériques , on a besoin de s'appuyer sur les Êiits les plus récens, ou qui, par leur position , ont échappé à ces altérations pour reconnaître ceux qui seraient méconnaissables sans ces rapprochemens. Il n'est pas nécessaire de sortir de la France volcanisée pour remonter, des phénomènes de soulèvement conservés, à ceux qui sont plus ou moins effacés; de ceux qui sont complets dans leur développement à ceux qui ne sont qu'ébauchés. La France a servi plus qu'aucune autre contrée à l'avancement de l'étude des volcans éteints, elle a renversé les systèmes de l'école allemande, et c'est encore là qu'il faut étudier les phénomènes de soulèvement, et qu'on peut reconnaître les lois auxquels ils sont assujétis. Comme, d'ailleurs, ces phénomènes ne se présenteraient pas à l'étude dans l'ordre nécessaire pour les bien embrasser, c'est-à-dire du simple au composé , il sera bon de jeter

i8 CHAPITRE 1.

sur leur enseipble un premier coup*d'çeil.

Un soulèvement dû à l'action volcanique , dans un terrain primitif, est toujours très difficile à constater ; car lors même que la pon*^ figuration du sol serait incompatible avec toute autre hypothèse que celle des soulève^ mens, il faut que la présence de la lave et sa position particulière relativement à cette con* figuration du sol attestent que c'est bien à l'acr tion volcanique qu'elle est due; ou bien eny core que des strates peu antérieurs aient été mis dans des positions incompatibles avec leur nature. Dans un terrain volcanique, il suffira de prouver que les roches ne sont pas dans la position où elles ont été émises; en un mot , que le& formes ne sont pas conciliables avec la nature de ces roches, non plus qu'avec les altérations qu'elles ont pu subir de la part des agens atmosphériques.

Les perturbations les plus fréquentes qui résultent de l'émission des matières volcanir ques , ou de leur action expansive sans qu'il y ait eu émission , sont les bouleversemens des strates, des massi£s préexistans; ils ont été relevés ou changés de niveau, d'où résultei^ des ruptures, des failles, etc., modifications

STSTÈM£ YOIiCANIQUE. jg

drconscriles et d'un intérêt purement local.

Mais celles qui ont agi, sur de grands espaces, méritent une étude spéciale non-seulement en raison de leur étendue , mais à cause des lois auxquelles elles sont assujéties.

Ces soulèvemens se présentent sous deux formes : ce sont des gibbosités arrondies , s'élevant au^iessus du niveau ordinaire du sol, dont un pic volcanique forme le point culminant et central; ce pic , dans le cas où la masse soulevée est aussi volcanique, est de nature plus récente. Dans Tautre cas, ce sont des cratères de soulèvement plus ou moins complets.

Les altérations auxquelles furent exposées les formes de ces cratères, l'incertitude qui résulte d^ leur théorie peu avancée, et surtout leur dé vdoppement souvent incomplet, en ont fait l'objet de discuissions ; parce que leurs formes modelées par les eaux ont pu paraître, au {Nremier abord, provenir de leur érosion aussi bien que de soulèvemens. Tel est le cas du Cantal et de la grande vallée des monts Dores , où la lave soulevante n'apparaît pas, et dans lesquels l'action volcanique ne s'est pas dévdoppée au centre du cratère. Ce n'est donc que par les caractères extérieurs que ,

aO CHAPITRE I.

dans ces deux cas^ la question d'origine peut être décidée.

Il n'en est pas de même dans le Mezenc y le cirque de la Croix-des-Boutières présente tous les caractères d'un cratère de soulève^ ment; et la position des roches basaltiques relativement aux phonolites et aux trachytes qui forment la masse principale, prouve évidemment que cette configuration du sol est.

due à leur émission ; on trouve en outre, vers le centre , des restes de l'action volcanique.

Dans le Haut-^Vivarais, un cirque granitique a été soulevé par le basalte , on y entre par un défilé très resserré , et trois petits volcans basaltiques qui surgissent au milieu de la plaine circulaire qui en forme le fond, complètent un cratère de soulèvement parfaitement caractérisé.

Après avoir étudié ces exemples de cratères de soulèvement, dont l'origine volcanique est incontestable, on trouvera beaucoup plus rationnel de supposer 'que la reproduction des mêmes formes, des mêmes caractères extérieurs dans les groupes du Cantal et des monts Dores, résulte de phénomènes identiques, plutôt que de l'attribuer à l'érosion des eaux

qui ne s'accorde pas avec la configuration du sol. Ces considérations, jointes à celles que fourniront les localités, laisseront peu de doutes à cet égard. Les soulèvemens, en formé de cratères, se lient, d'ailleurs, avec ceux des gibbosites arrondies , en ce qu'il semble, comme l'a fait pressentir M. Elie de Beaumont , que la ïave, poussée de bas en haut , souleva le terrain superposé comme dans le dernier cas ; mais que la partie centrale, n'étant plus soutenue par la lave qui s'abaissa subitement après ce grand mouvement d'expansion , s'affaissa en laissant soulevées les parois soutenues et moins disloquées.

Cette hypothèse , qui a d'ailleurs l'avantage d'expliquer naturellement le développement postérieur de l'action volcanique vers le centre du cratère, a besoin d'être confirmée par de nouvelles observations; mais il est à remarquer qu'elle s'accorde très bien avec l'état fissuré du granité dans le cratère du soulèvement du Pal dans le Haut-Vivarais ; et sa cohérence , sa ténacité dans la gibbosité primitive du suc d'Esteil , qui s'élève snx - dessus du niveau ordinaire des montagnes de même nature qui l'environnent, et dont le point

2 a CHAPITRE 1.

central et culminant est un pic basaltit La position des terrains tertiaires annc aussi quelquefois des soulèvemëns; tel es bombement constaté dans les dépots tertia du Cantal y au-dessous des masses volcanic qui les recouvrent. Dans la vallée de la Ha Loire, il semble aussi, d'après les positi élevées où l'on trouve les marnes inférieu; qu'elles aient été placées si haut par le soi vement du terrain primitif. Ce fait est surt remarquable aux abords du groupe du Mé; ActioB des eaux L'érosiou des eaux a été, comme les soi

sur les terrains , , , i./> ,

Toicaniques. vcmeus , la sourcc de grandes modincatK dans la forme des terrains volcaniques, i modifications sont plus générales , et com elles portent sur les formes primitives de cl que masse , elles sont de la plus grande i portance pour se rendre compte de leurmo d'émission ; ces caractères extérieurs étant i guides les plus certains dans les rechercli d'origine. En effet, la stratification des ti chytes des monts Dores, leur disposition < coulées, retracent leur mode d'émission, l'état de plus ou moins grande fluidité d roches, mieux que les recherches les pli . minutieuses sur les caractères minéraIogigu<

STSTÈMÊ VOLCAHIQUE. 2 3

de ces roches. Dans l'étude d'une masse toIcanique, il est donc essentiel de rechercher les altérations qu'elle a pu subir.

L'action évidente des eaux sur les basaltes profondément sillonnés du Bas-Vivarais ^ le morcellement de certaines coulées dans la vallée de la Haute-Loire, ont porté à beaucoup exagérer les effets de leur force érosive. On s'est appuyé sur ces grandes érosions pour leur attribuer aussi les grands accidens du sol dans les centres trachy tiques; et dans le terrein basaltique, on a regardé des dykes comme des restes de coulées. De là on est arrivé à faire exécuter aux eaux des travaux immenses , le tout gratuitement, présenté comme solution ingénieuse de problèmes qu'on devait préférablement réserver à l'avenir progressif de la

science.

En fait d'érosk)ns , la position des masses doit être consultée en première ligne ; car ces deux preuves de la puissante action des eaux, sont deux cas très particuliers. Il suffit, pour s'en convaincre^ de considérer les anomalies qui résultent de la conservation des coulées basaltiques anciennes du Yelay, composées de roches très scorifiées ; à côté de la dispari-

a4 CHAPITHE I.

tion d'une grande partie des coulées plus dernesy composées de basalte compact et nace. Dans le Bas-Vivarais, la lare du vol d'Aisa a disparu aux trois quarts ; et le cane canique de pozzolanes et de scories , d'où • est partie, est intact , et présente un des p beaux cratères basaltiques que Von puisse cil Ces faits prouvent combien la position à être considérée pour apprécier Faction i eaux y et l'état de conservation des ma& volcaniques. En effet y de l'examen de ces calités il résulte , que dans le Yelay les basait morc.elés sont dominés par deux chaînes ( montagnes, et placés sur le passage de tout les eaux de la vallée qui coulent avec m pente de 89$ mètres, sur une longueur ( 5o kilom. Les basaltes anciens, au contraire placés sur les pentes douces du Mezenc^ 1 sont dominés que par des pics phonolitiqu< aigus. Les premiers reposent sur des marne friables, et qui, de nos jours, subissent d grandes altérations ; les autres reposent sur d( phonplites durs et tenaces. Le volcan d'Ais occupe une position élevée, dans un cul-dc sac de montagnes granitiques, où il est à l'ahi des eaux -, sa lave, comme toutes celles du Bai

Vivarais, est descendue dans le lit même d'un de ces torreus qui en sillonnent les gorges profondes.

Ces anomalies' ne sont pas les seules j et nous citerons encore ces quatre dômes de.

trachyte domite, dont les formes nettes et saines contrastent avec les altérations des basaltes placés à Vest au-dessous d'eux, à Prudelles , Chanturgue et les côtes , à Gergovia, etc. On peut en conclure ce principe : que l'action des eaux fut proportionnelle à son volume et sa pente, et que si elles ont agi avec plus d'énergie qu'actuellement , ce fut cependant par le même mode et par les mêmes moyens.

L'écoulement de lacs par la rupture de leurs digues, parait aussi avoir occasioné des altérations profondes ; c'est à un phénomène de cette nature qu'il faut attribuer très probablement la disparition presque totale de cette grande formation de brèches basaltiques, qui a occupé le creux du Puy, et dont il ne reste que quelques rochers bizarrement dessinés.

Malgré tant de causes de perturbations , les terrains volcaniques sont arrivés^ jusqu'à nos

a6 GHAPITRf I.

jours y dans un état de conservation complet pour qu'on puisse, en ne pet pas de vue les lois auxquelles ces perti tions sont assujéties , se rendre compt leur mode d'émission , et distinguer les nomènes qui Font accompagné de ceux depuis, ont modifié les masses produites.

TERRAIN TRACHYTIQUE. ÎI7

Page 1