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Ces trois espèces de roches , les trach ytes , classification
1 1 des roches.
les phonolites et les obsidiennes, sont les seules bien distinctes, et dont les caractères sont assez tranchés , pour qu'on puisse les séparer miner ralogiquement. Elles constituent ce qu'on peut appeler les laves du terrain tracby tique ; car, bien que leurs formes massives aient le plus souvent peu de rapport avec les formes de coulées des laves modernes et des laves basaltiques , on trouve cependant ces dernières affectant des formes aussi massives, et qui n'indiquent guère plus de fluidité primitive \ qu'on n'en peut supposer aux trachytes des monts Domitiques , et des masses du Capucin et du Puy-Mary. Bien que ces trois espèces de roches soient liées entre elles par des passages minéralogiques très ménagés , il y a toujours une distinction possible. Mais il n'en est pas de même dans Içs variations infinies dont chacune de ces espèces est susceptible , surtout l'espèce trachyte. Toutes les variétés sont tellement liées par des passages continuels , par la disparition dans une même masse d*un ou plusieurs de leurs caractères , auxquels d'autres sont substitués , que l'on ne peut établir entre elles de séparation absolue. On peut
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néanmoins classer ces nombreuses variétés, en les rattachant à des types bien caractérisés; mais , ponr éviter la confusion, il faut que ces types soient nettement déterminés par des caractères tout-à-fait extérieurs, et qu'ils soient en même temps peu nombreux. Les caractères donnés par le chalumeau sont de peu de res-» source dans ces subdivisions: ils ont d'ailleurs cet inconvénient commun avec ceux du mi^ croscope , de ne pouvoir être employés immé« diatement dans les courses gédbgiques. Les caractères extérieurs , et surtout ceux qui résultent de la forme et de la disposition des cristaux de feldspath, sont les plus importans et les plus utiles.
Trachyte â gros cristaux. Les cristaux de feldspath sont très nombreux : leur grosseur varie de 0,01 à o,o3 de diamètre. La pâte de ces trachytes est plus feldspathique que dans tout autre : elle est aussi moins compacte , et les cristaux y sont rarement très adhérens. Les trachytes du pic Sancy, de l'assise supérieure de la grande cascade aux monts Dores, des sommités du col de Cabre et du Puy-Mary, dans le Cantal, sont les types de cette variété. Ce trachyte passe assez souvent à la variété
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granitoïde : c'est le trachyte eâsentieltement cristallisé; car il n'y a en Finance qu'un exemple de trachyte réellement granitoïde ; encore la pâte y est-elle visible* •
Trachyte porphyroide. Les cristaux de felds« path n^ont que quelques millimètres : ils sont souvent mats ^ opaques et colorés; ils sont également répartis dans une pâte compacte^ tenace y homogène , à laquelle ils adhèrent fortement Le type de cette variété est parfais tement exprimé dans les trachy tes rouges , à Fextrémité sud de la crête de Ferval (Cantal) , dans d'autres trachytes rougeâtres du Val d'Enfer, qui ressemblent beaucoup à des porphyres y et dans les trachytes bleuâtres de la Pradette(chaine du Velay).
Trachyte homogène. Contient peu ou point de cristaux de feldspath. La pâte est d'une teinte homogène , oixhoairement compacte , et par cela même passe souvent au phonolite.
Les trachytes noirs ^ passant au basalte , souvent prismatiques des monts Dores, se rapportent à ce type. M. Bertrand l'a placé dans le Velay, à Preisselier. Le Cantal en offre des exemples fréquens dans ses filons , notamment dans le ravin du Plomb.
Trachyie schtstoïde. Peu de cristaux de feldspath opaques et blancs. La roche est de couleur claire , blanche ou grise , remarquable par sa structure schisteuse. Sa cassure est, dans le sens des feuiUes , unie et nacrée ; dans l'autre elle est raboteuse. Ce type abonde dans la chaîne du Velay,où il semble quelquefcus un pfaoQolite décomposé; son gisement principal est àSaiut-Pierre-EynacIlexiste dans le Cantal, au Pas-de-Compain, dansles monts Dores, sur la route de la Grande-Valléo à IS|urat-l&Qùaire.
Traehyte amphiboliqtte. Parmi les subslances disséminées , il n'y a que l'amphibole qui prenne assez d importance pour constituer une variété distincte; mais il doit alors être très abondant , et efiacer tous les autres caractères. Les trachytes de Montusclat, dans le Velay , forment le type de cette variété , qui n'existe réellement que là.
Traehyte domite. Aspect terreux , léger, de couleur claire, grise ou jaune, cristaux de feldspath petits et mal formés, souvent nuls, tendres; happant fortement à la lacgue.Letypeconst îtue les montagnes Domitiques, de nombreux filons dans le Cantal, aux environs des Chazes.
Tels sont les caractères extérieurs, et les
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plus saïllans de six variétés de trachyte, auxquelles on peut rapporter toutes celles de la France centrale , en donnant un peu d'extension à leurs caractères. Los variétés qui dépendent de la texture de la roche , trachytes compacts j buUeux , cellulaires à cavités déchiquetées, scorifiés, peuvent appartenir à chaque variété. Les deux autres espèces de roches laves du terrain trachytique , sont beaucoup moins compliquées. Les phonolites se réduisent à deux variétés. '
Phonoliie cotnpact. Peu fissuré, à cassure largement conchoïde et céroïde, dans le sens perpendiculaire aux tables, très finement écailleux , pas de cristaux visibles , de couleur sombre. Le type de cette variété existe dans les filons des Boutières, à l'Ambre, etc., dans le Velay; à Griounaux, dans le Cantal.
PhonoUtefeuilleié ou tégulaire. Ce phonolite se divise en dalles et en feuillets. Sa cassure est plate et unie dans un sens, céroïde dans l'autre : il affecte des couleurs plus claires , souvent verdâtres. Cette variété comprend lesphonolites tigrés et mouchetés. Le type en est sur le pic du Mezenc, à Sain t-Pierre-Eynac, etc., à la Sanadoire et laTuilière,dans les monts Dores,
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Obsidienne homogène. Dan$ le Cantal , rayin des Gardes , aundesaous de Pradahaut, il y en a plusieurs filons. Le verre eu est homogène, sombre , san» cristaqic*
Obeidienneporphjrroïdê, Aux monts Dores, sur la route de Murât ^ ces obsidiennes sont vertes et noires , peu vitreuses^ empâtant des cristaux de feldspath. La verte passe à la ponce* La variété noire passe en un point au perlite par une cassure testacée. Dans le Gjgtntal, une obsidienne granulaire présente des caractères analogues.
Les laves basaltiques dont il est nécessaire de décrire les caractères principaux de forme çt de composition y en décrivant chaque centre trachy tique , auquel ils se rattachent , $e rapportent aux basaltes anciens de la grande for^ mation du Velay et du Yivarais. Ces roches seront naturellement classées , en traitant de cette formation* Roches d'aggré- £,^5 trachvtes , dans le Cantal et les monts
gabon. *^
Dores, sont constamment associés à des roches d'aggrégation , dont la puissance est tellement supérieure , qu'ils semblent souvent leur être subordonnés. Cette supériorité des rodies d'aggrégation serait fort embarrassanteit expli*
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qu€r,si toutes provenaient de détritus arrachés aux trachytes; mais une ^nde partie doit ses matériaux à des éraptions directes , de matières pulvérulentes ou plus ou moins scori* fiées. Il ressort même de quelques observations que la force volcanique aurait rejeté et entassé des blocs de trachytes , de grosseur variable , sur certains points, où on les retrouve sans apparence de remaniement par les eaux. Ces produilâ de l'action volcanique immédiate se sont ensuite mêlés aux détritus de toute espèce ; on les retrouve associés aux brèches, aux conglomérats hétérogènes, roches exclusivement de transport qui contrastent avec celles qui résultent de déjections aca>mulées,que l'on peut regarder souvent comme en place.
La dénomination générale de roches d'aggrégatton ne convient donc pas toujours à une classe composée de^ types si différens ; mais , comme ces roches ont ordinairement éprouvé Taction des eaux , qu'elles ont été modifiées , aggrégées par des infiltrations postérieuresy ou qu'elles ont été transportées; comme elles sont d'ailleurs réunies par le £gdt de l'association des roches de déjection avec les conglomérats hétérogènes de transport, cette dénomination
est encore celle qui convient le mieux à l'ensemble de ces roches.
L'existence de ces diverses classes de roches d'aggrégation prouve que les éruptions trachytiques ne se bornèrent pas à des émissions de laves 9 mais qu'elles furent accompagnées de déjections abondantes , fait d'autant plus évident que la chaîne du Yelay, qui ne contient pas de roches scorifiées , et dont l'émission ne fut vraisemblableinent accompagnée d'aucune déjection , ne présente pas de roches d'aggrégation. Ces déjections sont les poncesr si abondantes dans les tufs et les conglomérats, surtout aux monts Dores; ces tufs si fins, si homogènes , friables ou endurcis y et qui ne sont évidemment que des cendres feldspathiques. Ce sont enfin ces agglomérations locales de trachytes, dont les blocs homogènes, libres ou cimentés, présentent souvent des scorifications extérieures, ou qui d'autres fois, en petits fragmens agglutinés, compacts ou finement scorifiés, appartenant tous à la même espèce, forment des assises distinctes.
Cette première classe de roches d'aggrégation occupe la partie centrale : elles alternent avec les laves trachytiques , de même que les laves
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des volcans évidens alternent avec leurs déjections. Dans aucun cas, leur disposition ne peut faire supposer qu elles aient affecté la forme de cratères*
Avec cette première espèce de roches d'siggrégation, contrastent les e^itassemens de blocs de toute dimension, de toute espèce, qui contiennent souvent des blocs basaltiques , presque toujours des roches non volcaniques, primitives et tertiaires ; libres ou plus ou moins cimentés par un gravier volcanique souvent ponceux. La position de ces roches de transport contraste de même que leur composition ; car ils sont rejetés vers la zone extérieure , forment les dernières pentes , et se retrouvent dans des positions tout-à-fait excentriques , à des distances considérables . du groupe dont ils ont étendu les limites et adouci les aspérités. Dans leur position relativement aux trachytes, les roches d'aggrégation de la partie centrale leur sont généralement inférieures, non-seulement en ce que les masses qui constituent les sommités sont composées de trachytes, mais parce que le couronnement des plateaux supérieurs est presque toujours formé par des épanchemens tra-
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chytiques plus ou moins continus. Elles se trouvent cependant quelquefois très près des sommités et dans des positions où elles ne peuvent s'être formées, les roches dont elles se composent ne se retrouvant pas dans les points dominans ; ces perturbations apparais^ sent d'ailleurs avec évidence en plusieurs points 9 par le bouleversement des couches.
De telle sorte que les recherches sur l'action des eaux dans les groupes trachytiques acquièrent une grande importance non-seulement par la formation continue des tufs, brèches, et conglomérats , mais par les nx)dificatioiis qu'elles apportèrent à la forme de ces groupes. Cette appréciation conduit en effet à reconnaître quelle part ont eue les soulèvemens à la forme qu'ils présentent actuellement.
ciawification ^A ckssification des roches d'aecrésation
des roches d'ag- ^ ^^ ^
grégation. préscntc dcs dimcultés, en ce que l'aspect de la roche peut être très modifié, sans cependant que sa nature change; ainsi un conglomérat de tracbytes est diversement caractçrisé par la prédominance de blocs de diverses variétés, sans que pour cela on puisse établir de distinction entre ces gisemens. Le but le plus direct doit être de séparer les rodies de
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transport, roches hétérogènes, des roches plm ou moins homogènes dans la formation desquelles l'action volcanique a eu une part plus ou moins directe.
TCuf tinérUe. Paraît résulter de cendres feldspatiques , ordinairement agglutinées. Ces Cufe sont de couleur claire, fins, homogènes, leur cassure est souvent conchoïde, et lis renferïûcnt des plaques de tuf plus grossier ^et comme milliolité qui provient probablement du tassement par les éanx des parties les moin& fiti^s. Il n'est pas toujours facile de distinguer ces luis, des tufs ponceux fins; leur pesanteur spécifique plus considérable isst le meilleur guide. Il est d'ailleurs probable qu'ils se sont souvent mélangés. Le type de ces tufs est aux monts Dores dans !a grande vallée du coté du Qsipucin , etau ravin de la Craie.
T9^f&Hteux. Cette dénomination convient spécialement aux tufs fins et liomogènes , de couleurs claires. Il ne £siut pas l«s confondre nvec les conglomérats ponceux , dont le gravier renfettiHe d-es ponces broyées et entières. Ils ont beaucoup de rapport avec les tufs précédens, mais sont quelquefois tellement légers t^^Oi^t se soutiennent sur l'eau lorsqu'ils sont
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nierais extérieurs contiennent des roches non volcaniques, des basaltes y sont mêlés aux trachytes. Ces roches de transport, broyées, mélangées, n'ont d'intérêt que suivant les localités où elles se trouvent; elles seront décrites en place, et suivant l'importance des faits qu'elles retraceront par leur gisement et leur composition.
Les alternances si fréquentes des trachytes Age géogn et des roches d'aggrégatîon , leur stratification^ u2SyiSq«cr*™ la conservation des dykes, des dômes qui leur sont superposés , enfin la conséquence naturelle des formes bien déterminées, qui est la facilité avec laquelle on se rend compte de l'origine du terrain trachytique , forment un ensemble de faits qui caractérisent parfaitement cette formation en France. L'existence de formes déterminées, et leur conservation , contrastent avec tout ce qu'elles ont de vague et d'incertain dans les autres contrées trachy tiques du globe ; elles annoncent une époque d'apparition plus récente , surtout si l'on considère que ces caractères bien autrement purs et développés dans la formation basaltiique sont ici justifiés par de fréquens rapprochemens de composition^ et par des passages
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ininéralogxques qui adouci$$ejit tout ce qull j a de brusque dans la transitiou des roche3 fààsr pathiques aux roches pyroi^éniques.
La supposition d'uck âge récent e^l encore motivée par l'associatioa des roches^ trachyti^ celles avec les basaltes^ et par le développe* ment très étendu des roches phcN^oHlique^. la liaison entre ces trois périodes distinctes^ les trachytes, les phonolUes ^t les basalte» est un fait qui sera bien constaté et qui eirpt^ime en résumé les caractères distinçlif» précîlés.
Ces preuves morales sur l'âge récent des trachytes de la France sont con£«*inées par Tobservation ; Ton doit à MM. Lyel et Murcbison un travail sur le Cantal, qui nq laisse rien à désirer sur cette matière. Il ^^ulte en effet iiQn*seulement de nombreuses stratifica"tions des roches trachy tiques sur les couches tertiaires, mais des perturbations que leur émission a causées dans le système de ces cou<^ ches; il résulte, que l'apparition des trachy tes dans le Cantal est postérieure aux derniers dépôts tertiaires Cette superposition, est très hieB exprimée à Thie%ac , à Gyou de ManK>u , à la Yyssière ;, en d'autres points , notamment à Boudiou et de Polminhac k Aurillac, les oou*
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ches tertiaires soat bouleversées , fracturées , et Fon en retrouve des blocs énormes englobés dans les roches trachytiqoes.
Comme il n^existe pas de iaits qui puissent porter à r^arder les monts Dores et la chaine du Velay, comme antérieiir& an Cantal, on peut donc regarder bk question comme réso* lue pour toftit le terrain trachytique de la , France : mais on trouve aussi dans ces deun centres des fiiits qui leur assignent le même âge géognostique. En effet à l'est de Saint-* Pierre Ëynac ^ les lambeaux d'une coulée pho- Bolitique reposent sur les marnes tertiaires; et^ bien que le groupe des monts Dores superposé au granit n'atteigne pas le terrain tertiaire , on trouvera des ai^mens , sinon dans le groupe lui-même, du moins <^ns cette observation applicable* au Velay, qu'il y a absence complète de tout «lébris volcamque dans les roches d'àggrégation tertiaires.
L'âge relatifde ces trois grands centres tra^ Age relatif des