‹ Description des terrains volcaniques de la France centrale, avec dix planches;Chapitre 9 sur 34 · TERRAIN TRACHYTIQUE · texte numérisé non relu

TERRAIN TRACHYTIQUE

Le terrain trachy tique se présente en France caractères gé« sotis des formes diverses : il constitue les "*""*• ^nmp^^ arrondis des monts Dores et du Cantal , les domeê isolés des montagnes Domitiques , et la chaine orientale du Velay.

Les roches dont se composent ces divers centres d'émission sont très variées ; mais elles ne présentent que le développement de deux espèces ^ les trachytes proprement dits et les phonolites. Les porphyres quartseux trachy<*

sS CHAPITRE ir.

tiques manquent totalement , et les roches vitreuses, obsidiennes ouperlites, ne se trou> vent qu'accidentellement et dans des gisemens très circonscrits.

IjCs groupes du Cantal et des monts Dores constituent le véritable terrain trachytique, les monts Domitiques n'étant que le prolongement de Faction volcanique dans la direction de ces deux vastes centres , et la chaîne du Velay présentant principalement le développement des roches phonolitiques. Ces groupes sont d'ailleurs indépendans par leur position , étant séparés par unB contrée granitique ; mais ils sont rapprochés par leur composition et par la liaison des basaltes très répandus autour d'eux. Le trachyte est la roche dominante : il forme la partie centrale , dans ces deux groupes , avec des tufs et des conglomérats encore plus développés, tandis que les pentes extérieures sont presque exclusivement composées de roches de transport, et des laves basaltiques , que la difficulté de percer ces masses surajoutées a rejeté vers la zone extérieure. Les phonolites se montrent aussi en quelques points, mais comme subordonnés aux trachytes , tandis que l'inverse a lieu dans

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la chaîne du Veïay. Cette chaîne n'a aucun rapport de forme ni de composition avec les deux groupes, dont elle est séparée par une distance considérable. Son aspect hérissé et la répartition inégale et non continue des masses trachytiques contrastent avec leur puissance et leur continuité dans les groupes. On peut cependant leur appliquer ce principe commun, que , hors des limites assez régulières , entre lesquelles eurent lieu les éruptions trachytiques 9 on ne trouve plus que des roches de transport qui appartiennent à cette formation, c'est-à-dire que toutes ces éruptions se rattachent à un système, et qu'il n'y en eut point d'isolées ni d'excentriques.

Les trachytes affectent des formes diverses , Fo^es ctrap-

•^ ' ports des trachy

tantôt massives et montagfneuses, tantôt en »"«t de* phonôépanchemens , qui alternent avec les tufs et les conglomérats, et dont la puissance est considérable , relativement à l'étendue de leur surface. On les voit en filons , en dykes , traverser des massifs épais et s'épancher à leur surface ; enfin des nappes minces et étendues représentent de véritables coulées.

Aucune formation ne présente une série de roches aussi nombreuse, aussi compliquée.

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En effet , jaux variations illimitées de texture de couleur que peut offrir la pâte « compacte , bulleuse^scorifiée, rouge, noire, hlanche,etc., il faut ajouter celles qui peuvent résulter de la grandeur, du nombre, des cristaux de feldspath , de leur état vitreux , lithoïde, fritte ; de leur association. avec d'autres substances disséminées. Sur quelles variations doit-on se baser pour classer ces roches ? Dans un même bloc , un itiéme trachyte e^t compact ou scorifié, les cristaux de feldspath $e montrent et dis* paraissent; la pesanteur spécifique change; la couleur varie. Est-il rien d'ailleurs de plus vague que ces descriptions écrites de modifications que l'œil même le plus exercé a quelquefois peine à saisir.

La série des roches phonolitiques est beaucoup plus simple. Leur développement considérable dans le Yelay» leur position indépendante dans les groupes du Cantal et d<3s monts Dores , et les différences minéralogiques qui , d'ailleurs , les distinguent nettement des autres roches trachy tiques , établissent une séparation qui porterait à l^s regarder comme appartenant à une période distincte , entre les . périodes trachy tique et basaltique. Cette opi-

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nion est d'ailleurs confirmée par les formes caractéristiques des phonolites. Ces formes, qui n'ont que peu^ de rapports ayec celles des trachytes, en ont beaucoup avec celles de certains ^basaltes du Velay, où les alignemens ei les agglomérations de gros dykes basaltiques représentent très bien les alignemens et les grouperaens des pics et des masses phonolitiques. Les contours abruptes et escarpés de ces masses isolées et indépendantes se repro* duisent dans tous les points de développement de ces roches, et, bien qu'on les trouve quelquefois en coulées évidentes, dans la chaîne du Velay, souvent eu filons de puissance variable, les formes qu'ils affectent dans les roches . Tuilière et Sanadoire, aux puys de Griou et de Griounaux, et tlans les nombreux pics qui composent la chaîne du Velay, doivent être regardées comme lés formes générales des phonolites : elles sont représentées dans la planche 4*

La reproduction de formes identiques , comme celles de Griou , de la Tuilière , de pierre de Bar, dans des centres de développement si éloignés , doit les faire regarder comme caractéristiques. Elles annoncent d'autres cir-

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constances d'émission , dont les détails sont très bien exprimés dans la chaîne du Velay.

Dans le Cantal et les monts Dores , les pho« noiites sont postérieurs aux trachytes.A l'ouest de la Sanadoire et ai) sud du Puy Griou , on les voit reposer sur des conglomérats , qui , en d^autres points , sont traversés par leurs filons. La rareté des blocs phonolitiques dans les conglomérats les plus récens ^ s'oppose d'ailleurs à ce qu'on puisse supposer de grandes altérations dans ces gisemens. D'après cette superposition , cette distinction des caractères extérieurs et les différences minéralogiques , on ne peut hésiter à reconnaître ici une période postérieure aux trachytes proprement dits; mais, dans la chaîne du Velay, on trouve des trachytes affectant ces mêmes caractères, et liés d'ailleurs avec les phonolites par des passages minéralogiques très fréquens. Ces considérations conduisent à conclure que la période phonolitique doit être regardée comme la limite inférieui^e du terrain trachy tique, mais qu'elle ne peut en être séparée.

• caractèresmi. La oâtc dcs trachvtes, quelle que soit sa

neralogiqaes des * ./ ' 7 :i

tracbytw. texturc , compactc , huileuse ou scorifée , son aspect terreux ou vitro-lithoïde , est un felds-

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path pliis OU moins mélangé : elle est tantôt de couleur claire et semblable à du feldspath pur; tantôt elle est de couleur foncée, même noire, et d'im aspect basaltique. Le fer est ie principe ordinaire de ces modifications: il colore les trachytes en brun , en noir, en

rouge , en jaune , etc Souvent même , dans

les trachytes domites, par exemple, il existe en proportion très notable, sans qu'on puisse en soupçonner la présence d'après les carac* tères extérieurs. Toutes ces nuances se mélangent de manière à donner lieu k un nombre infini de variétés. La nuance verte de certaines roches paraît due à une substance acci* dentelle.

Le feldspath en cristaux vitreux peut être considéré comme partie essentielle des trachytes. Quelquefois ces cristaux paraissent seuls composer la roche , la pâte qui les unit devenant à peine visible : c'est le cas des trachytes yranftoeiîe^. D'autres fois au contraire, les cristaux cessent eux-mêmes d'être percep^ tibles à l'œil nu; la pâte seule constitue la roche: c'est le cas des trachytes homogènes.

Entre ces deux limites, il y a une infinité de m^anges de la pâte et des cristaux de toutes

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grandeurs depuis o,oa et o,o3 de diamètre jusqu'à ceux qui sont à peine visibles. Les gros cristaux sont ordinairement peu adhérens à la pâte ; le feldspath est vitreux et très fendillé; les petits cristaux adhèrent le plus souvent à la pâte très fortement : ils sont fréquemment Uthoïdes, d'un blanc mat, ou roses. La pâte des trachytes est composée de petits cristaux «microscopiques , eux^-méraes cimentés par une pâte plus ou moins abondante. Cette propriété se remarque notamment dans le trachjt^ à gros cristaux de la grande cascade, anx monts Dores. Ce trachyte se décompose en cendres , dans lesquelles se retrouvent les gros cristaux. Les cendres sont elles-mêmes presque entièrement composées de cristaux microscopiques, désaggrégés très probablement par la décom* position de cette seconde pâte.

La structure des trachytes est le plus ordinairement massive et fragmentaire. Les arêtes aiguës de leurs blocs représentent volontiers des prismes ébauchés. La structure prisma* tique est assez rare; cependant les monts Dores et la chaîne du Velay en contiennent plusieurs exemples, qui ne le cèdent qu'à la régularité basaltique. Les fissures verticales

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sont presque toujours plus norob^euse$ que les fissures horizontales. 11 se trouve héanmoins des exceptions, dans quelques filoiks» qui se divisent en prismes honzontaux , empilés les uns sur les autres, et dans le cas de la structure tabulaire; mais ces tables n'ont guère de continuité.

Les substances disséminées sont très nom* ais^^ées?' ' breoses dans les tracby tes ; mais aucune n'y atteint l'importance du feldspath.

Uamphibole est la plus abondante : il est peu de tradbyles qui n'en renfemient des cristaux plus ou moins aciculaires , et des aodules lamelleux et cristallins. Quelquefois même il devient tellement abondant, qu'on ne peut s'empêcher de classer à part ces trachy^ tes amphiboliques. L'amphibole hornblende est le plus répandu : sa cassure est brillante dans le sens des lamelles. L'amphibole vert est beaucoup plus rare.

Le ffpwrèn0 est bien moins fréquent : son «xifitence est même souvent contestable , et ce n'est guère que lorsqu'il est cristallisé qu'on peut être sûr de sa présence. Ces cristaux se trouvent dans les tracfaytes de couleurs foncées. Dans les cavités on voit quelquefois le

feldspath et le pyroxène cristallisés séparément.

Le mica est fréquent, mais jamais fort abondant. On le trouve en petites lamelles irrégulières ou cristallisées y de couleur rouge, noire ou bronzée.

T^ /er titane n'est pas toujours visible. Sa présence se constate par le barreau aimanté , à l'aide duquel on peut en recueillir d'assez grandes quantités dans le sable de certains cours d'eau.

Le fer olygiste abonde dans les fissures de quelques trachytes des monts Dores: on le rencontre dans plusieurs filons*, dans le Cantal et dans le groupe du Mezenc, à Fayt. Au Puyde-Dôme il existe aussi tapissant les fissures : il est en petits cristaux , en petites lames , confusément implantées, tandis que d'autres lames plus grandes, spéculaires, adhèrent par leurs extrémités à chaque paroi des fissures.

Le quartz. Cette substance est des plus intéressantes dans les trachytes du Cantal : elle s'y trouve en noyaux, qui ont jusqu'à 0,08 et 0,09 de diamètre. Quelquefois il est disséminé en veines et en petits cristaux. Ce quartz est ordinairement cristallin, rouge opaque, om

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enfumé et translucide, souvent très adhérent à la roche.

Enfinilfaut joindre à ces substances d'autres moins importantes et plus accidentelles. Ce sont le grenat, le titane siliceo-calcaire , la mésotype et la néphëline, quelquefois de la chabasie. La chaux carbonatée fréquente dans le Cantal. De nombreuses infiltrations de Jer hydroxidé. Un fait très commun dans les trachytes, est la présence de nodules arrondis ou de veines, d'une roche plus dure, plus compacte , plus foncée en couleur que la masse principale. Ces nodules sont évidemment dans quelques cas du pyroxène ou de l'amphibole compact. Dans les autres ils paraissent dus à la prédominance de ces sub« stances mélangées de feldspath. Dans plusieurs gisemeus les trachytes du Cantal et des monts Dores renferment du peridot. La présence inusitée de cette substance sera discutée , en traitant de ses gisemens.

Les phonolites, en apparence d'une compo- caractères mi.

• .• • 1 . « 11 1 1 9 f néralogiques des

sition identique a celle des trachy tes , s en se- phonoiites. parent cependant par des différences tellement prononcées , qu'elles ne semblent pa$ devoir être seulement attribuées aux variations miné-

38 CHAPITRE n.

ralogiques si nombreuses qu'afFeéte le felds* path. L'hypothèse, émise sur le mélange de feldspath et d'une substance zéolithique dont ces roches seraient composées , n'est encore appuyée que sur des preuves insuffisantes. On pourrait lui objecter l'extrême rareté des circonstances où ces substances otit cristallisé, rareté qui s'accorderait peu avec leur présence constante ^ comme principe essentiel de la roche; Les cristauit de feldspath sont quelque^

&ÂS assez grands et abondans« Le feldspath en est vitreuse , non fendillé , très adhérent à la pàte« Les petits cristaux forment la plus grande partie des phonolites ; mais ils ne sont visibles qu'en levant de minces écailles. On voit alors que ces cristaux, qui ont ordinaire* ment un millimètre, sont entrelacés avec d'au* tre» cristaux microscopiques. Tous ces cristaux sont caractérisés par leur peu d'épaisseur : ils sont couchés , les uns sur les autres , dans le sens de cet aplatissement, de sorte que des écailles successives, prises sur un même point, ne présentent pas les mêmes agglomérations de cristaux.

Ces cristaux, par leur forme particulière et leur mode d'association, diffèrent des cristaux

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microscopiques des trachytes , qui sont acco«> lés dans tous les sens, et peuvent justifier en partie les différences minéralogiquçs qui disitinrent Içs phonolites. Il en résulte en effet le phénomène de la cassure , qui est le caractère le plus distinctif. Un fragment sain et non fissuré de phonolite , fi^appé perpendiculairement au plan général des cristaux , qui, en pkce, est souvent le plan horizontal , oppose une grande ténacité, et , lorsqu'il se casse , une multitude d'écailies et de petits éclats sont soulevés et donnent à cette cassure un aspect céroide. Dans le sens contraire, la roche est naturellement moins tenace. Sa cassure est assez unie , qu'elle soit d'ailleurs plane ou conchoïde.

La structure des phonolites est aussi très caractéristique, et elle a des rapports directs avec leur structure intime. Eu effet les fissures à-peu-près horizontales, c'est-à-dire dans le sens des cristaux superposés , sont toujours prédominantes. De là cette structure tabulaire si fréquente, et qui va souvent jusqu'à la structure £Builletée. Dans le cas de la structure prismatique y les prismes tendent toujours à se diviser suivant un plan qui coupe l'axe des

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prismes y SOUS un angle plus ou moins incliné. Enfin il est rare que les blocs massifs et informes, qui , dans certains cas, forment la seule structure apparente, ne puissent se diviser en dalles plus ou moins épaisses*

Les substances disséminées sont bien plus rares dans les phonolites que dans les trachytes. Quelques petits cristaux disséminés d'amphibole, qui ne prennent d'importance que dans des giseraens circonscrits , des points d'haùyne et de petits critaux titanifères , enfin dans un seul cas des bulles tapissées de cristaux microscopiques, d'une substance qui paraît de i'analcime : telles sont les seules qu'on puisse citer. Ces roches sont remarquables par l'homogénéité de leur couleur et de leur texture. Les couleurs varient du gris au noir^ en prenant quelques nuanx^es verdàtres, brunes. A peine si quelques cristaux, quelques veines marbrées de feldspath se détachent sur ce fond. Enfin les bulles et les scorifications y sont extrêmement rares.

Les roches vitreuses sont peu répandues : il y en a néanmoins un gisement dans les monts Dores, et dans le Cantal, elles constituent plusieurs filons.

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