‹ Description des terrains volcaniques de la France centrale, avec dix planches;Chapitre 19 sur 34 · GROUPB DES MONTS BORES · texte numérisé non relu

GROUPB DES MONTS BORES

très fissurée , et passe quelquefois à des prismes ébauchés , horizontaux. Les conglomérats au contact présentent des scorifications fréquentes, et l'influence volcanique de cette seconde émission de laves leur a fait éprouver une fusion partielle qui les a consolidés, et leur a donné une apparence de trachy te , ou de brèche à ciment de lave. Les filons qui sont à l'ouest du pic Sancy se rattachent au système des Aiguill ers.

La haute vallée de la Dordogne en présente encore de nombreux exemples ; tels sont les affleuremens que l'on remarque dans le ravin de la Craie, sur le plateau de Cacadogne, etc.... et parmi lesquels on distingue le filon de trachyte noir buUeux que l'on rencontre e^ montant au pic Sancy, qui est accompagné d'un pépérino, d'un brun verdâtre, et composé comme les pépérinos basaltiques de l'agglomération de petits noyaux de lave noire compacte ou finement scorifiée. C'est ce pépérino qui se retrouve au sommet du raviu delà Craie, sa direction étant à-peu-près de l'est à l'ouest. Un puissant filon ferme l'entrée du val de la Cour, et présente Sur la gauche un bel exemple de structure prismatique ; il s'élève à près

l aS ^ CHAPITRE lY.

de loOBbètres au-deissas du fond de la vallée, la rocbe conslituante est on traehyfe grainitoîde blanc grisâtre ou jaune, à cristaux petits et serrés, et contenant de ' l'amphibole vert:

peut-être en raison de sa puissance derrait-B être rangé plutôt parmi les dykes.

La route du puy Gros^à Murait oflfre encore un grand développement de filons de composition très variée-; il y en a de phonoKtiqiies et de basaltiques , mais la plus grande pai^tie est trachy tique. Les filons se montrent même sur les plateaux de là banne d^Ordenche, de FCTsclade. On» ea remarque un qui lait saillie sur le cbemîdft qui passe au pied du rùC de ta Fille , composé d'un trachy te grisâtre cellulàfre , porpbyrQÏde;prèsdu roc d'Où rdine, on en voit plusieurs analogues. Enfin on trouve s6f^ forme de filons,» des trachy tes scot^ifiés, entre autres auMlessus de FUsclade, mi trachyte jauja^ altéré dans lequel les scorificationsr sont très nombreuses; et celui de tracbyte rou^ entièremelit seorifié à straeture fragtnenfaire et dont tes; cellules renferment souvent ime niatière verte; L'aspect de cette rocbe se rapproche en: quelques points des ^îllites d'Oberstei»; elle se trouve k gauche en mon-

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tant au Capucin, en face le village des Bains.

Les dykes en raison de leur masse sont naturellement bien moins fréquens que les filons ; celuL qui frappe tout d'abord , est le dôme arrondi du Capucin. Sa roche mise à nu par des exploitations , est un trachyte blanc grisâtre, compact, contenant des nodu* les d'amphibole , et très remarquable par des nœuds et des agglomérations de veines, d'une roche noire , très compacte à cassure luisante, dont les cellules renferment des cristaux de feldspath , et d'autres cristaux aciculaires bruns, prismatiques quelquefois irisés. La structure de la roche est grossièrement prismatique.

Cette structure est parfaitement développée dans un autre dyke que l'on rencontre en abordant Cacadogne, sur la gauche. C'est un mas« sif puissant dojdt le prolongement forme une saillie dans la vallée de Chaudefour ; il est composé d'un trachyte gris compact, un peu porphyroîde, en prismes très réguliers, et sur l'escarpement du nord présente une belle colonnade. Les prismes inclinent en diverîs sens; c'est le plus bel exemple de cette structure qu'offrent les trachytes. Quelques autres dykes

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trachy tiques affleurent sur les plateaux, mais sans être aussi bien caractérisés.

Enfin j Top est conduit à reconnaître luie origine analogue, et un âge de même postérieur à la formation des premiers trachy tes, à ces montagnes plus ou moins arrondies entièrement composées d'un même trachyte , et qui surgissent au«dessus des. plateaux. Telles sont les montagnes qui dominent le plateau de l'Angle, et dont lespuys de l'Angle et delà Tache smkt les types. Ce dernier, entièrement composé de trachyte très feldspathique , à pâte blanche, empâtant des cristaux gros et abondanS) présente dans beaucoup de ses fissures des sublimations de fer olygiste spéculaire, en lames de toutes grandeurs.

. L'ensemble de ces trachytes forme donc une seconde émission de roches poussées de bas en haut , s'injectant dans les fissures , perçant cette masse superposée et s'épanchantà la surface on s'élevant autour de Torifice d'émission en dômes^ en montagnes arrondies. phonoiite». Une troisième émission de roches , comprise dans la période trachy tique, est marquée par le développement des phonolites. Cette espèce de roches est presque exclusivement

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concentrée dans la partie nord du groupe , audelà du détour de la Dordogne; qui comprend les plateaux de la banne d'Ordenche, du puy Gros et du lac Guéry. On rencontre bien dans quelques autres points du groupe des affleurenfiens phonolitiques^ mais ces exceptions sont rares. I^a végétation qui couvre tous ces plateaux empêche de déterminer quelles sont les formes affectées par les phonolites, qui ne se montrent bien à découvert que vers l'extrémité nord, au-delà du lac Guéry. Les roches escarpées , isolées, de la Sanadoire, de la Malvial« et de la Tuilière, apparaissent tout-à-coup au-dessous des escarpemens abruptes des plateaux qui se recourbent autour d'elles. Ces roches reposent sur les conglomérats ponceux.

La roche Sanadoire est massive , escarpée sur toutes les faces; elle présente plusieurs variétés de phonolites, la structure est fragmentaire ou en prismes qui se courbent en plusieurs points. A l'est , se trouve un phonolite écailleux gris verdâtre, passant à une variété mouchetée de taches vertes , plusieurs blocs en tournant vers le nord contiennent du titflïie siliceocalcaire en petits cristaux , et des

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points d'IiaûyDe. A l'ouest , le piiouolite foace en couleur, et devient compact , très tenace,, à cassure éminemment céroïde, ou en feuillets très minces.La roche Tuilière est plu^ élancée; elle présente vers l'&st une des plus belles colonnades qu'on puisse voir. Les prismes se divisent en dalles; les phonolites verts mouchetés y sont très abondaDs. Cette roche est représentée (pi. IV) les montagnes escarpées qui se recourbent autour d'elle, et de la Sanadoire, supportent le plateau du lac Guéry, et inclinent en pente douce vers lesud^ elles sont formées de conglomérats qui présentent les tranches de leurs assises aux roches phonoKtiques. Quant à l'origine k attribuer à ces masses phoDotitiques , on ne peut les considérer comme lambeaux d'une même masse; leurs caractères sont identiques sous ce rapport à ceux des mêmes roches dans le Cantal , et leur position sur les dernières pentes des monts Dores ne peut même faire supposer de dislocations importantes. Elles sont indépendantes et nées sur place. Les phonolites affectent aussi la forme de filons; la route de Murât , avant le ravin de l'Usclade, présente deux aflleuremens de filons puissans , d'une com-

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position assez curieuse. La partie adroite de ces' filons est d'un phonolite sain verdâtre, souvent tacheté; à gauche il se décompose et passe à une roche blanche , tendre, un peu nacrée, qui est identique à beaucoup de trachytes schistoides qui se retrouvent dans le Cantal, et surtout dans le Velay.

Il est eneore une autre espèce de roches Trachytefmo-

demes.

feldspàthiques, désignées plus haut sous le nom de trachytes modernes, et qui, par leur position et la conservation de leurs formes, paraissent postérieures à toute émission des roches de cette nature. Elles se présentent sous forme de coulées longues et étroites, superposées aux plateaux supérieurs de la grande vallée; et toutes partent des pics et des masses gibbeuses qui constituent les points culminans, et dominent la haute vallée. Ainsi, du côté de Touest, à partir de Cliergue jusqu'au puy de la Grange, on voit cinq de ces coulées qui se dégagent de dessous les points saillans, et se prolongent vers l'ouest en suivant l'inclinaison du plateau. En se dirigeant du Capucin au roc Courlande, on monte et on descend successivement sur quatre de ces coulées, qui forment des bandes saillantes^

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et parallèles sur la surface unie du plateau.

Ces coulées sont d'une conservation parfaite, elles n'ont subi d'autre altération que l'écroulement de leiirs aspérités 9 et l'on peut en suivre les contours comme dans les coulées modernes. Dans la partie supérieure elles se sont quelquefois confondues de manière à prouver qu'elles sont contemporaines. De l'autre côté de la vallée ^ une coulée analogue se dégage de dessous la masse saillante de Cuzeau ; elle a coulé vers le nord-est ; sa masse oblongue superposée au plateau de Durbiae, présente des contours saillans et nettement dessinés. C'est un excellent type pour l'étude.

Elle est disposée comme dans la (pi. III). La position de ces coulées, la manière dont elles se dégagent de dessous les masses saillantes de Cuzeau, de Cliergue, du puy de la Grange, font présumer que leur émission a un rapport direct avec l'exhaussement de ces masses.

Les roches dont elles sont composées sont des trachytes homogènes gris, compacts à cassure inégale.Dans les coulées de l'euest, ces trachytes contiennent des points abondans d'une substance jaunâtre difficile à déterminer , surtout dans les deux premières du côté du pord, mais

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qai dans les suivantes est du péridot vert clair parfaitement caractérisé. Dans la coulée de Cuzeau, la roche ne contient pas de péridot, elle est identique aux coulées feldspathiques modernes et fréquemment caractérisée par du naica. Il est à remarquer qu'autour du roc Cuzeau on trouve des scories libres, rouges , et contenant de ce même mica, en paillettes rougeâtres cristallines. Ces roches présentent aussi des cristaux de feldspath vitreux, et des points noirs cristallisés, ^ui serapportentaupyroxène.

Outre les localités mentionnées , on trouve encore en d'autres points de soulèvement des épanchemens analogues ^ notamment vers l'ouest du roc Mareille., en avant du groupe de TAngle. La disposition de ces coulées dont les points d'émission sont éloignés les uns des autres y indique comment les trachytes ont pu s'épancher par des points d'éruption disséminés, sans donner lieu à la formation de cratères ^ et d'appareils volcaniques comme dans les volcans actuels.

La nécessité de perturbations postérieures , Rechtrches sur

*■ "^ • les révolutions

à rémission et au dépôt des roches trachvtiques q'»^ o^* modifié

* J 1 les monts Dores.

n'est pas commedans le Cantal, impérieusement commandée par la position des roches et

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leors formes presque partout inconciliables avec leur formation y par des dislocations évidentes et générales. Ces perturbations sont prouvées moins par ces argumens directs qui existent cependant dans les hautes vallées des Bains et de Chaudefour, que par l'impossibilité d'arriver par toute autre hypothèse à la configuration actuelle des monts Dores. En effet les éruptions trachy tiques , concurremment avec l'action des eaux, engendrent une gibbosité continue, traversée ensuite par des filons, des masses poussées de bas en haut qui eu rendent la surÊice inégale, hérissée, d'aspérités. Cette gibbosité est ensuite abandonnée à l'action des agens atmosphériques, à la pression des eaux accumulées dans les dépressions d'un sol montagneux.

Or, doit-on attribuer à l'action des eaux l'ex* cavation de ces grandes vallées des Bains et de Chaudefour qui séparent les différens systè* mes de plateaux. Non-seulement dans cette supposition, il n'y aurait aucune proportion entre le volume d'eau agissant et les effets produits; mais la forme intérieure des hautes vallées est inconciliable avec une pareille hypothèse. La vallée des Bains, par exemple , n^est

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nulle part aussi large, aussi profondément encaissée qu^à son origine , entre le roc Cuzeau et le puy de la Grange, ses dimensions sont tout-à-fait hors de proportion avec le petit cours d'eau qui en sillonne le fond, car à mesure que le volume d'eau augmente , la vallée au contraire se rétrécit. Cette loi des vallées d'érosion dont les dimensions augmentent en raison du volume d'eau serait donc tout-àfait méconnue. Il y a plus: comment justifier ces escarpemens abruptes, presque verticaux de la haute vallée ; les plateaux de l'est et de l'ouest inclinent vers l'extérieur du groupe, de sorte que, si l'on prolongeait par la pensée ces plateaux, il en résulterait une crête saillante , les eaux , par suite de cette inclinaison, ne sont fournies dans cette partie que par la petite cascade de la Craie , et des sources latérales qui sourdent entre les assises superposées. Partout elles arrivent dans la vallée, par des pentes escarpées et sous forme de cascades , la Dore , la Dogne en sont des exemples frappans, et ces ruisseaux, qui sur leurs plateaux ont à peine creusé un ravin de quelques mètres, auraient creusé cette vaste et profonde excavation.

rpartir du promontoire

l la vallée , les formes cir-

■re de soulèvement du

-olé de Font Alagnon.

' iiérats, qui sépare les

et de la Cour, a été

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it centrai et culminant

louable du fond de la

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tés, l'exhaussement et

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prend le roc Cu^eau, le

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ml le point central serait

de filons du picdeSancy

cratciv df soulèvement

l38 CHAPITRE IV.

Quelques considérations de plus feront rejeter toiit-à-fait cette hypothèse d'érosion ; la (pi. II) représente le val d'Enfer, et le val de la Cour; l'arête qui les sépare est de conglomérats , et le puissant filon de trachyte granitoïde, en forme la partie ^intérieure, et ferme l'entrée de la vallée de- la Cour, de manière à lui don ner la forme d'un cratère. Les ruisseaux qui sortent de ces deux petites vallées proviennent de sources intérieures^ car le plateau supérieur incline àcoutrepente. Cette vue est prise du roc Cuzeau , en a est le ravin de la Craie, le petit filet d'eau qui tombe du haut de cet escarpement n'a pas même creusé sur le plateau supérieur un petit ravin; c'est une source peu abondante. Cette partie de la haute vallée présente les formes les plus incompatibles avec toute idée d'érosion ; ce ne sont pas les eaux qui ont creusé ces escarpemens; qui ont encavé la vallée circulaire de la Cour, ni les pentes inaccessibles du val d'Enfer; car, sauf l'exception du ravin de la Craie, il n'y a d'eau que celles des sources et des suintemeus, des parties inférieures. Mais , en introduisant l'hypothèse dessoulèvemens,on retrouve dans la forme arrondie que suivent les grands escar-

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