CHA.11YE DU VELJIY
phonolitiques , et les masses trachytiques leur semblent souvent subordonnées. L'exemple le plus frappant est dans le groupe du Mégal.
Autour du centre phonolitique, on trouve des masses trachytiques du côté de Test, au sud et à l'ouest y aux abords du groupe. '
Les trachytes porphyroïdes à pâte bleuâtre de la Pradette et d'Araules se montrent à l'est et à l'ouest. Vers le sud se trouvent les trachytes amphiboliques de Montusclat; mais cette disposition ne peut faire supposer des éruptions phonolitiques éclatant au milieu des trachytes et les recouvrant; car ces masses sont détachées et ne présentent aucune ligne de stratification. On trouvera même des trachytes indépendans fort près des sommités:
tels sont Roche-Grosse et les dents du Mezenc ou Chastellards^ qui surgissent au milieu des phonolites du centre (pi. Y).
Enfin ces deux espèces ne se présentent pas constamment isolées. Entre l'Ambre et le Mezenc y dans le vallon de Costebelle, on voit les phonolites, dont se composent ces deux sommités , passer par des nuances très ménagées aux trachytes cellulaires. Les roches de Rofi&ac présentent les mêmes passages , sans
que ces variatiotis soient motivées par des lignes de séparation. Ces" considérations couduiseht & assimiler les tracbytes et \eè phonolites de la chaîne du Velay, et à les regarder comme contemporains^leur séparation n'étant qu'apparente , puisqu'elle etiste de même entre les diverses variétés des phonolites.
L'isolement et l'indépendance de chaque massif est donc un fait constant: ceux même qui sont les plus rapprochés n'oht la plupart du temps aucun rapport de forme ni de composition j qui puisse donner lieu à des rapprochemenset faire supposer une dislocation dont ils seraient les restes morcelés. On a souvent parlé à propos de cette chaîne si hérissée, si découpée, d'érosion de grande inondation, mais sans apporter d'autres preuve^ que quelques faits exceptionnels , pris sur les dernières pentes du groupe de MégaT,ou le morcellement des coulées basaltiques qui sont dans la vallée.
Que l'on parcoure les sommités de cette chaîne, d'unç élévation moyenne de mille mètfes, placées sur un relèvement granitique, qui domine toutes les contrées environnantes, et tout-à-fait hors de la portée des. lacs , dont l'écoulement successif dans les bassins de la
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liaute vallée a morcelé une partie du terrain basaltique. A l'ôoest , les sommités dû Cantal et des monts Dores ; à Test , le rideau prolongé des Âlpc^ sont les seuls points dominans. Les principes d'érosion se réduisent donc à la condensation des eaux sur les sommités. La position exhaussée de la chaîne , sa foi^me longitudinale^ sa composition en roches dures et tenaces, et surtout ses aspérités primitives très prononcées , rejetant les eaux dans des vallées profondes , et concentrant leurs dégra^ dations dans des espaces très drconscrits , ne sont pas des circonstances favorables à l'érosion , dont on ne retrouve d'ailleurs , dans la vallée, que des restes en cailloux roulés à-peu^ près nuls , relativement à la puissance de la chaine.
Quelle que soit donc la puissance d'action que l'on attribue aux agens atmosphériques, on ne peut guère supposer les immenses travaux d'érosion nécessaires pour seulement rattacher ensemble ces montagnes éparses , à plus forte raison , il serait absurde d^en niveler les cime& jusqu'au Messenc, et de les supposer sculptées, dans une masse continue.
Cette opinion est fortement appuyée par la
l'J*! CHAPITRE VI.
position du terrain basaltique. On ne le voit pas en effet, comme dans le Cantal, dominer les vallées et contribuer à leur encaissemenL Les basaltes lithoîdes et scôrifiés forment des plateaux constamment inférieurs aux pics traçhy tiques : ils occupent le fond des vallées. Il en résulte que , lors de leur apparition , ces vallées , qui séparent les masses trachy tiques , étaient encore plus profondes que maintenant. La conservation de leurs roches friables et scorifiées nie d'ailleurs des changemens considérables pour les roches tradiytiques plus dures et plus élevées. Enfin , si l'on considère que les phonolites affectent des formes identiques dans les positions toute différentes qu'ils ont aux monts Dores et au Cantal, on sera conduit à admettre que ces formes caractéristiques doivent beaucoup se rapprocher de leur forme primitive, et que Ton ne doit leur supposer que les modifications dont on retrouve les tracés.
Ces modifications spnt les érosions de certaines parties , érosions locales que Ton peut surtout constater dans les parties les plus basses des centres d'émission : tels sont les masses morcelées des environs de Saint-Pierre-
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JEynac , Texhaussement des pics excentriques qui descendent jusque dans la vallée. Les bancs de cailloux roulés résultent de ces érosions. Les nombreux et vastes entassemens de débris qui environnent les pics aigus , et les f;rands escarpemens annoncent des altératious plus considérables. Les formes , plus ou moiixs abruptes 9 affectées par les laves pâteuses lors de leur émission, et surtout leur structure^ ont singulièrement influé sur ces éboulemens sur
place.
En effet) lorsque les divisions verticales forment des prismes ou des poutres trachy*tiques convergeant vers le sommet, et que les divisions horizontales plongent vers l'intérieur de la masse , il en résulte une conservation parfaite: ce sont des formes régulières en dômes, en cônes, etc. Lorsqu'au contraire, ces divisions sont dans des sens contraires , les masses extérieures ne peuvent être soutenues, tendront continuellement à s'écrouler. De là ces immenses prostrations de blocs qui s'augmentent encore de nos jours.
L'ensemble de ces observations conduit à regarder ces masses indépendantes , composées de roches compactes ; dans chacune desquelles
il n'existe qu'une roche oonstiUiante , ou variée par des passages minéralogiques , et qui ne présentent aucune ligne de stratification y comme résultant d'émissions particulières de laves plus ou moins pâteuses. Ces émissions délaves sur tant de points peuvent être regardées comme à-peu-*près contemporaines» Elles sont liées en effet entre elles parle même mode d'émission, par leur disposition sur une même ligne droite , par leur composition iden«> tique dans toutes les parties de la chaîne. En quelques points y l'agglomération des filons , des apparences de coulées y annoncent un mode d'action particulier, qui j dans le groupe du Mezenc , paraît tenir à un prolongement de l'aciion volcanique. Ce fait est évident , si l'on considère la diversité des roches , et leurs passages aux roches basaltiques ^ qui , dans ce point , apparaissent très développées , do telle sorte que la lacune géogénique qui existe entre les deux époques est ici remplie , nonseulement par le développ>ement d'une chaîne phonolitique , dernier période de l'époque trachytique ^ mais par la continuation de ce développement en uq point de la chaîne , les passages minéralogiques aux bfisaltes, et Fap*
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parition dés basaltes avec de grandes ^tpalogies dans le mode d'émission.
La foi^me conservée par ces masses , pous* sées de bas en haut, sous forme de gros dykes, est quelquefois très régulière, et retrace parfaitement ce modfd d'origine. Le dôme arrondi et régulier du mont Signon exclut toute idée d'altératîoQ ; la crête allongée et tranchante de Sarraty dans les Boutières, représente bien la lave pâteuse s'amoncelant au-dessus d'une fracture longitudinale.
£n6n y par la raison qu'on ne peut supposer, une ma§se primitivement irrégulière , régularisée par 1^ dislocation , surtout lorsque cette foripe se reproduit dans des cirçiopstances très différentes; les niontagpes qrrppdies de Mounier, Jalore , etc. , ont à-peu-près conservé leur configuration , de même que les pics plus aigus de Pierre-de-Bar, Huche-Pointue, etc., qui annoncent une action plus brusque , une lave moins fluide, et qui contrastent avec l'affaissement des laves qui ont produit les masses aplaties de Montplaux et de RofBac.
Concluons donc que les masses qui compoposent la chaîne du Velay résultent de l'action volcanique directe ; que les laves poussées de
bas en haut se firent jour en un grand nombre de points et sur une même fissure ; qu'elles s'accumulèrent au-dessus des orifices d'émission , prenant autour d'eux plus ou moins d'extension et des formes escarpées ou aplaties, suivant leur état plus ou moins fluide ; que ces éruptions , furent à-peu-près contemporaines ;et que, dans aucun cas , elles ne furent accompagnées de déjections; enfin que l'action volcanique se prolongea dans le groupe du Mezenc jusque vers l'apparition des basaltes. Le développement de cette nouvelle formation, les phénomènes remarquables dont il fut accompagné, nous ramèneront encore dans cette contrée intéressante, si féconde eh faits géognostiques, dont nous n'avons ici retracé qu'une partie.