TERRAIN BASALTIQUE. I
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TERRAm BASALTIQUE.
Dans toutes les parties volcanisées de la sabdiTisionen France centrale on rencontre des basaltes ; et *" **™** ^**' tandis que lés émissions trachy tiques sont concentrées dans des limites hors desquelles. on n'en retrouve aucune trace y les masses basaltiques, au contraire , bien que la grande majorité puisse se rapporter à des systèmes d'éruptions, se montrent continuellement dans des
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positions excentriques et indépendantes. La disposition des basaltes est essentiellement linéaire, mais au lieu d'être agglomérés, ils sont, au contraire, disséminés sur des surfaces étendues , de manière que le sol inférieur est souvent à découvert, sauf quelques cas où les points d'éruption sont très rapprochés.
Cette répartition générale et disséminée justifie leur position inférieure aux trachytes qui, par suite de leur agglomération , forment les régions les plus élevées.
Le terrain tracbytique ne s'est montré que dans des circonstances particulières d'âge et d'émission , et comme le complément de l'histoire générale des trachytes; le terrain basaltique est plus important, en ce qu'il existe dans son entier développement , représentant toutes les phases de la période. Les éruptions, prises isolément, eurent souvent lieu sous des formes analogues à celles de certains trachy tes^ mais la composition , la structure , la disposition des masses n'ont plus rien de oomman arec <;e que nous avons mentionné dans les groupes trachytiques : la seule chaîne du Yelay sert d'introduction à une partie de ces nouveaux caractères* Les déjections n'ont paru jusqu'id
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que remaniées, stratifiées, altérées; dans le terrain basaltique, les scories, tes cendres , les pozzolanes sont en place, constituant des couches, des amas, des montagnes à cratères; et l'influence des éruptions gazeuses existe non^seulement dans les roches, mais dans la configuration du sol. Sous le rapport de la composition, la succession des roches pyroxé* niques au feldspath, contribue encore à chan«ger l'aspect des contrées volcanisées.
Tous les basaltes qui recouvrent le sol, dans le Velay, le Haut et Pas Vivarais et l'Auvergne , ne sont pas contemporains ; il suffît d'un pre* mier coup-d'œil pour constater qu'il en existe d'âges très difFérens ; que les basaltes de la chaîne orientale du Velay, des Coyrons, sont antérieurs à ceux de la chaîne occidentale et du Bas-Yivarais; que le volcan de Graveneire est bien plus récent que le plateau basaltique de Charade sur lequel il a éclaté.
Parleur position alignée et par leurs caractères déforme et de composition, ces basaltes se rat-* tachent à divers systèmes. Ainsi dans le Velay il existe trois lignes basaltiques parallèles ; la chaîne orientale qui coïncide avec les phono» Utes, la chaîne occidentale de Pradelles à
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iSo CHAPITRE VII.
Brioude , et la 'chaîne intermédiaire de Bauzon à AUègre. La chaîne des-Coyrons, et les •vdlcans d'Aisa , Jaujac, Montpezat, etc.^ disséminés dans le Bas-Vivarais, forment deux autres systèmes. Tons les cinq sont comparables entre eux, c'est-à-^ire que les éruptions qid fës ont engendrés eurent une influence mutuelle, et appartiennent, selon toute probabilité, à une série continue de paroxismes, de recrudescences de l'action volcanique pendant toute la durée de la période. Ils constituent la grande formation basaltique , dite du Velay et du Vivarais, la formation classiqire et complète.
Les basaltes du Cantal et des monts Dores, de la vallée de l'Allier, depuis Brasisac jusqu'auprès de Riom ; ceux qui sont alignés à l'ouest des monts Dômes, depuis Rochefort jusqu'à Pranal , forment une seconde formation, celle de l'Auvergne; mais incohérente, moins développée et moins intéressante que la première. Ces deux formations basaltiques résultent d'éruptions indépendantes et parallèles.* dans la première, les volcans basaltiques de la chaîne du Velay et des Coyrons, représentent les basaltes anciens, les basaltes modernes sont ceux de la chaîne orientale et
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du Bas-Vivarais. Dans la seconde, les basaltes du Cantal et des monts Dores et la plus grande partie de ceux du bassin de TAllier sont lesplus anciens, quelques volcans' tel» que Gt^neire, Chalusset , Pranal; représentent les ba« saltes modernes, qui sont peu développés; 1\ est à remarquer que ce peu de développement de Faction volcanique, pendant la période basaltique moderne, fut suivi d\in commencement de développement de la période lavique, qui donna naissance à la chaîne des puys: fait qui confirme le principe de l'influence mutuelle des grands paroxisme& volcaniques dans une même contrée.
Le mode > d'émission des basaltes est beau- Mode d'émiscoup plus facile à déterminer que celui dés trachytes, d'abord, parce qu'étant d'une épo^ que postérieure ♦ leurs formes primitives ont éprouvé beaucoup moins d'altérations j et que l'isolement fréquent des >mass^ qu'ils constituent pernàet d'en étudier les contours; ensuite parce que, outre cette conservation et cette possibilité d'appréciation des formes sous différens aspects ,. chaque mode d'émission a donné aux masses produites des caractères particuliers de structure et; de composition:
i8a cHA^piTaK vu.
C'est ainsi que la structure contournée , la dis -^ position particulière des prismes ou des fis-* »ures permet très souvent de distinguer les dykesy nés sur place par ramoncèlement des matières pâteuses autour d'uu orifice d'érup** tion , des restes isolés de collées morcelées»
Les éruptions de cette période eurent lieu comme dans la précédente sous forme de filons, injectés dans les fissures du sol et dont les. affleuremesis se prolongent à de grandes distances, sous formes de dykes ou de coulées plus ou moins étendues; mais, outre jque la facilité avec laquelle les laves basaltiques ont pénétré dans les moindres fissures du sol, que l'étendue de leurs nappes, quelquefois ibrt peu épaisses , indiquent une fluidité généralement bien plus complète , l'importance des déjections , les formes sous lesquelles elles se présentent , annoncent des faits, sinon nouveaux, du moins qu'il a ^é impossible de constater dans les éruptions précédentes. Il ne faut pas comprendre sotis le nom de déjections toutes les matières très scorifiées ; dans le Mezenc,on voit des dykes et des coulées, dont la majeure partie est composée de scories et même de pozzolanes plus ou moins aggluti-
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nées par Uiii ciai>6nt de lava. Les déjections sont libres ou du moins l'ont été, car elles pnt pu être agigliUinées par des infiltra^ tions postérieures. Les scories, pozzolanes, cendresi ont été lancées^ par l'actioQ des ^aa et des vapeurs, autour des orifices Yolcani* ques, et se retrouveiait; ou bien i^peu^rprès^ stratifiées , leurs couches étant plus épaisses près de l'orifice , et allant toujours e^ ditni^ nuant de puissance; ou bien amoncelées sous forme de montagnes conique , dont la pairtie supérieure est quelquefois .occupée par des cratères. Ordinairement ces deux mddes de gisement sont réuni$4 :
Enfin, de ces .points d'éruption^ partirent des layes qui se retraui/^nA «slbratifiées autour de l'appareil volcanique, aliernaat a>vec déi bancs de déjections ou en superposition im* médiate , de manière que les éruptions basai* tiques retracent dans ce cas «des phénomèoes identiques à ceux des volcans actuels. Il est à remarquer néanmoiw que ces vokans s'ob-r truaient promptement, car ils sont loin de présenter des traces d'éruptiocs a,ussi nom* breuses , aussi souvent répétées que dans ta. plupart des volcans brûlana»
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Les volcans da Bas^Yivarais , une partie de ceux du Velây se rapportent à ce mode d'émis^ sion j et sont des volcans modernes sauf les matières émises; mais dans les volcans anciens les exemples analogues sont rares , et l'émission des laves a généralement suivi une autre marche. Des épanchemens latéraux de laves qui ne paraissent se rattacher à aucun appareil volcanique probable, justifient Topinion qu'il n'exista non plus rien de semblable dans les groupes trachy tiques ; Fon trouve des laves compactes ^ des scories et des pozzo* lanes alternant, constituant des masses puissantes sans qu'on soit autorisé à les rattacher à un appareil volcanique qui aurait été détruit, ni à un même point central d'émission. Il y a plus , quelques faits où la position problématique de ces masses se trouve expliquée, tendent à les rattacher à des phénomènes id^itiqœs à ceux que nous avons été conduit à supposerpour l'émission des trachy tes ;etméme des formes de cratères, tels que ceux de Freycinet dans les Coyrons, de Saint-Front dans le groupé du Mezenc , qui sont les premiers cra-* tères que présente la série des terrains volcaniques, se distinguent des cratères plus récens
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par des différences essentielles. Ih ne sont pas placés sur des cônes, mais creusés, encavés au niveau même des laves basai tiques qui les environnent. Leurs dimensions sont plus grandes que celles des cratères de déjections proprement dits, et ils se rattachent évidemment à d'autres circonstances d'éruption.
L'homogénéité est un des caractères les plus La^c» basaïa-
quea litboidet.
saillans des laves basaltiques lithoïdes; les substances disséminées sont pourtant nombreuses, mais peu abondantes. La pâte est compacte , homogène , tenace , d'une texture fine et serrée, de couleur foncée, variant du noir au gris; le feldspath, le pyroxène, le péridot et le fer titane en sont les principes constituans , et s'y trouvent cristallisés. Mais les cristaux apparens sont généralement petits, mal formés , à l'exception de ceux du pyroxène : quoique firéquens, ces derniers n'apparaissent, en quelque sorte, qu'accidentellement dans la plupart des basaltes , et ne peuvent guère par leur présence constituer des variétés distinctes.
Ainsi, que l'on mentionne comme variétés , les' basaltes porphyroïdes , à gros cristaux de pyroxène qui forment quelquefois jusqu'à un quart de la masse totale? très compacts, te-
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naces, de couleur foncée, génér^ment peu péridotiques. lis se trouvent à Mezères dans le groupe du Mezenc , à Laussone j dans le Can* tai j dans les Coyrons , et l'on doit y rattacher évidemment les basaltes porphyroides de la banne d'Ordenche à pâte rouge et noire»
Quelques gisemens très circonscrits de dolé« rites, quelques masses caractérisées par une grande abondancede péridot disséminé, comme le plateau de Charade ; quelques basaltes auxquels la mésotype ou la chaux carbonatée en petits noyaux amygdaloïdes donne une phy* sionomie particulière , varlolitiqu^ j comme à Rochemaure , aux Rochettes Saint-Germain ^ à Gergovia, etc.. Ces diverses variétés neicon^ stituent pas la dixiènie partie des basaltes.
La pâte forme toute la roche dansia majeure partie de ces laves; elle est plus ou moins grenue ou cristalline, et prend quelquefois un aspect semi-vitreux , qui indique un refroidis^ sèment prompt ; dans plusieurs cas elle passe tout-à-*fait aux rétinites^ Sa cassure est assez unie, dans quelques variétés elle est inégale, et présente des aspérités qui résultent de la saillie de petits globules accolés et adhérens les uns aux autres qui coni^titueiil: la roche.
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Lorsque la roche est vitrolithoïde la cassure devient concboïde. Les caractères de ces ba-* saltes varient dans les limites tellement restreintes qu'on ne peut baser sur eux de distÎQCtionâ précises. U est cependant possible d'en établir entre les basaltes d'une même contrée, lorsqu'ils représentent une ^ériê d'efforts volcaniques en même temps continue et très prolongée. Ainsi la grande formation du Velay et du Vîvarais représente la série des émissions basaltiques depuis les plus anciennes jusqu'aux plus modernes; aussi les basaltes des deux époques extrêmes sont distincts nonsettlement par leur position séparée , la conservation plus ou moins grande de leurs formes 9 par leur mode d'émission , etc., mais encore par des différences très appt^ciables dans la nature des laves* Ces différences qui tienoeait à la prédominance du feldspath dans les basaltes. anciens, jointes aux indices qui résultent de la présence plus ou moins prononcée du péridot, établissent une distinction minéralogique précise entre les laves anciennes et modernes de cette grande formation.
Le péridot est, en efiet, la seule substance Du périA>x qui, dans les basaltes, ait une importance
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réeUe. Il est extrêmeinent rare dans fes tn« dijtes; en effet, les tnichjtes de la France sont peut-être les seuls dans lesqods sa présence soit bien positire : il exi^e en denx points dans le Cantal, dont Tun paraît dans des circonstances tont-à-Êôt particoHères, puisqu'il semblerait que le péridot n'y existe que par suite d'une cérooitation du trachyte dans le basalte; dans les monts Dores il se trouve dans quelques coulées trachytiques modernes à l'ouest de ia haute vallée des Bains. Sauf ces exceptions, le péridot n'apparaît qu'avec les laves pyroxéniques; il devient partie essentielle de ces laves , il y abonde disséminé en petits fragmens vitreux et cristallins d'un vert plus ou moins foncé, et même à la base du dyke de Montchamp près Laussone , il existe en cristaux oets et bien formés, qui ont jusqu'à o,o3 de diamètre. Il se trouve en outre en noyaux, et, sous cette forme, il est encore plus abondant. Ces noyaux de péridot oliviue sont arrondis et d'un diamètre variable depuis quelques millimètres jusqu'à o,i et même 0,2 de diamètre. Le péridot y est ordinairement d'un vert clair, granulaire, parsemé de grains plus foncés. Par la décomposition ,