‹ Description des terrains volcaniques de la France centrale, avec dix planches;Chapitre 24 sur 34 · TERRAIN BASALTIQUE · texte numérisé non relu

TERRAIN BASALTIQUE

il s'irrise et devient rouge : accidentellement il prend des aspects très variés. Par exemple, il devient dur, à cassure nacrée et conchoïde; d'autres fois il est d'un vert bronzé homogène. Au volcan de Bar, près Allègre , qui a rejeté une prodigieuse quantité de ces noyaux, on trouve de petits noyaux de péridot vert foncé, vitreux , susceptible d'être taillé. Ces noyaux de péridot olivine ont souvent été rejetés isolés avec les scories, ils forment volontiers, le centre des larmes volcaniques , et il peut arriver qu'ils soient très abondans parmi les scories , et rares dans la lave. Ordinairement ils existent à«la-fois dans la lave et parmi les déjections, comme dans le volcan de Bar.

Celte substance , apparue avec les laves pyroxéniques , disparaît lorsqu'elles sont remplacées par des laves d'une autre espèce. Les layes feldspathiques des volcans modernes de la chaîne des puys ne contiennent pas de péridot. On m'en a cité en un point de la lave de Côme; mais il y est peu abondant, et c'est un cas tout-à-fait exceptionnel , comme ceux des trachytes. Ces observations , qui s'appliquent à bien d'autres contrées, dans

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lesquelles il n'existe même f^s autant d'exceptions qu'en France , tendent à prouver l'opinion généralement reçue qu'il y a répulsion , antipathie entre le fedspath et le pérîdot. Sous ce rapport, la conduite de cette substance^ lorsque les basaltes se sont trouvés en contact avec des roches feldspathiqùes , présente beaucoup d'intérêt.

En effet 9 il est souvent arrivé que les laves basaltiques , poussées de bas en haut , aient été en contact avec les trachy tes , qu'elles en aient empâté, fondu des fragmens. La réacticm mutuelle de ces laves de composition diffé* rente est alors très sensible , et selon la quantité plus ou moins grande de roche feldspathique incorporée au basalte, ce dernier a pris en ces points une apparence plus ou moins trachytique. Ainsi , au roc Courlande , à l'ouest des monts Dores , on trouve des fragmens de trachy tes dans le basalte « et autotu* de ces fragmens , dans une zone plus ou moins épaisse,l6 basalte a changé dénature. Il présente une pâtefeldspathique grise, compacte , homogène, sans aucune trade de péridot, renfermant des cristaux de feldspath vitreux. En ces points , le basalte est devenu trach3rte y et les

TERRAIN UASkVtiqVE. IQl

cristaux de feldspath qni préexistaient dans le trachyte enopâté sont restés seuls , recouverts d'une couche verdàtre, et comme boursouflés; tandis qWen d'autres points le basalte est sain et péridotique. Le basalte très péridotîque près de l'église de Fayt-le-Froid contient des noyaux de trachyte et de phonolite, et présente des phénomènes analogues.

Le dyke de Pierre Giraudet, à Test de Ser vissas , offre encore un exemple de cette pénétration des principes feldspathiques dans la p&te pyroxénique du basalte , pénétration toujours acconlpagnée de l'expulsion du péridot. Une roche trachytique y est en contact avec un basalte noir compact , contenant des points de péridot. £n plusieurs points j le basalte pénètre dans la masse trachytique; mais il change alors de nature. Le péridot n'est plus apparent , et la roche est criblée de petits cristaux lamelleux de feldspath vitreux.

Enfin cette réaction sur les pâtes basaltiques n'appartient pas exclusivement aujt roches trachytiques, et le granité a produit les mêmes effets en plusieurs circonstances. Il n'en est pas d'exemple plus frappant que dans le volcan du Pal, à la limite du Haut-Yivarais. Un

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basalte extrêmement, péridotiquc a causé de grandes perturbations dans la configuration du soi granitique. De plus, la scorification d'une grande partie de cette lave., réduite à Tétat de scories et pozzolanes noires agglutinées, annonce une action souterraine prolongée.

On y trouve en effet des fragmens de granité très modifiés, et certaines parties de la lave sont à Fétat de trachyte, contenant beaucoup de cristaux de feldspath ^ vitreux. L'on remarque encore dans ces parties l'absence presque totale du péridot disséminé et des noyaux d'olivine que cette lave contient en abondance.

Ces observations justifient les différences qui existent entre les basaltes anciens et modernes de la grande formation. Dans les premiers, la quantité relative du feldspath est généralement beaucoup plus sensible: il en résulte une texture un peu écailleuse, un aspect terne et la présence du péridot disséminé beaucoup moins sensible. Les exceptions relatives à la présence du péridot proviennent en effet bien plus souvent de noyaux d'olivine, plutôt que de péridot disséminé. Quelques basaltes des Coyrons et du Mezenc contiennent beau-

T£RRA.m JBASALTIQUK. IqS

coup de ces noyaux ; mais le fait général d'une différence et de la distinction possible entre les laves de ces deux époques , n'en est pas moins constant.

La texture des basaltes n'est pas toujours scorîfications. compacte : on en trouve de buUeux , de cellulaires à fissures longues et déchiquetées , de scorifiés. Le plus souvent une partie seulement de la masse basaltique présente ces variations: par exemple , la partie supérieure des coulées puissantes. Il est cependant quelques cas où elles sont générales. Ainsi, dans le Mezenc, il existe de nombreux épanchemens de.basaltes scorifiés , de brèches composées de scories liées par un ciment de lave, et dans lesquelles se trouvent même des bancs de pozzolanes.

Dans la chaîne occidentale , on trouve des coulées de basalte très huileux à la hauteur de Cayres. L'action des gaz et les scorifications peuvent avoir eu lieu souterrainement , et le volcan du Pal doit . être cité comme exemple sous ce rapport. La coulée est de basalte compact ^Uthoïde. Sa partie supérieure se compose dé scories et pozzolanes noires , libres et agglutinées, qui contiennent même des larmes volcaniques. Cette coulée se rat-

Déjections.

ig4 CHAPITRE VII.

t9che à troiB cônes de déjections, composés de scories et .pozzolanes rouges.

La majeure partie des déjections se compose de scories libres, rouges ou noires, de toutes dimensions; depuis ces grosses masses, connues sous le nom de bombes volcaniques, et dont la présence et la conservation indiquent toujours le voisinage des bouches volcaniques , puisqu'elles n'ont pu être lancées à de très grandes distances ; depuis ces bombes composées en grande partie de basalte compact, jusqu'aux scories incohérentes , légères , eqfragmens arrondis et contournés. Les pozzolaviesi sont des amas de petites scories finement poreuses, rouges , jaunes ou noires : elles ont pu être transportées à de grandes distances. 11 en est de même des cendres, qui sont ordinairement grises : elles forment de petites couches pulvérulentes , intercalées dans les alternances des diverses pozzolanes , et au-dessous de^ coulées basaltiques; elles sont plus ou moins fines , peu fréquentes , peut-être à C9use de la facilité de leur dispersion par les vents , et d^ leur destruction par les pluies. D^ns les amas de déjections, on trouve fréqnemipent des noyaux isolés de péridot, de

tiODt.

T£RRA.m BASALTIQUE. 1Q5

pyroxène, d'amphibole, des fragmens de roches primitives altérées. Ces noyaux existent aussi au centre des larmes volcaniques , dont ils ont déterminé la formation et la chute.

Les basaltes lithoîdes compacts n'ont pas Décompodtoujours résisté à la décomposition: elle se manifeste de plusieurs manières. La texture granulaire la favorise singulièrenient. Cette texture , qui donne à la roche la propriété^de se déliter en petits globules arrondis , est assez commune dans certains basaltes : elle est peu sensible, lorsque la roche est saine, parce que les globules , enchevêtrés les uns dans les autres , sont fortement adhérens ; alors elle se révèle seulement par les aspérités de la cassure : mais , lorsqu'un commencement de décomposition désaggrège la roche, tous ces globules se séparent avec la plus grande facilité , comme on le voit , au plateau de Laudines, près Pontgibaud, à Charade, et surtout dans les Coyrons, où le sol est en quelques points recouvert de ces globules incohérens sur une épaisseur déplus de o"-,o5.Leplus souvent les basaltes prennent , en se décomposant , un aspect argileux, jaunâtre ;la roche devient facile à entamer ; le fer expulsé se trouve à l'état

igG GHAPITRC Vif.

d^oxide noir ou hydraté , tapissant les fissures. Cette décomposition n'est , dans les cas ordinaires, que superficielle, et l'extérieur des prismes en est souvent affecté. Mais c'est surtout sur les roches poreuses que se manifeste la décomposition ; les laves scorifiées , les pozzolanes du Mezenc et des Cpyrons en o£Frent des exemples nombreux ; elles se décomposent en argile rouge et jaune, et de friables, in- ^ cohérentes , sonores et dures qu'elles étaient , elles deviennent terreuses, et passent à l'état de tuf argileux. Le basalte est lui-même suscep* tible de se décomposer en une matière rouge, terreuse, un peu argileuse, analogue à ces tufs. stracture des La structure cristallisée des basaltes est **"'**' encore un signe caractéristique de cette pé-

riode. Les roches trachy tiques des monts Dores présentent bien quelques exemples de structure prismatique, et de même les laves modernes affectent quelquefois cette forme; mais, dans le terrain basaltique, elle est presque générale. De plus , les fissures nettes et droites qui sont propres aux roches compactes et homogènes, donnent aux prismes des formes très régulières. La disposition de ces prismes verticaux, inclinés , convergens ou divergens.

TERHAIN BASALTIQUE. I97

quelquefois horizontaux et même courbes , a donné lieu à beaucoup de recherches sur les circonstances de refroidissement qui ont pu influer sur cette disposition , et l'on a>beaucoup écrit sur cette matière sans résultats bien positifs. Les colonnades basaltiques sont plus fréquentes dans la France centrale que partout ailleurs ; celles des coulées du Bas-Yivarais sont les plus belles. De même dans le Velay, celles de la Croix de Paille , celles que la Loire et l'Allier ont mises à découvert , appartiens nent généralement aux coulées modernes. Ce fait pourrait donc porter à conclure que la structure prismatique caractérise préférablement les basaltes de cette époque ; ce qui est irr^i , car les basaltes^ anciens ne présentent jamais la. perfection j la généralité de cette structure , qui sont propres aux basaltes modernes de la grande formation. Les exceptions que Ton peut citer sont pourtant assez nombreuses; entre autres on remarque Chenavari et Rochemaure , dans les Coyrons , et quelques basaltes de la chaîne orientale. Cette distinction peut encore s'appliquer à la seconde formation; car la structure prismatique y est peu développée, ainsi que les basaltes modernes^

198 cfiiPiTaE nu

Tou9 Ie6 autres modes de structure se re^ trouvent daus les masses basaltiques , la struo tore massive , fragmentaire , tabulaire ^ et la structure en boules. La superficie des coulées est ordinairement massive et tabulaire. La structure fragmentaire est la plus commune après la structure prismatique. On en peut distinguer deux variétés. Dans la première , le basalte est divisé en polyèdres irréguliers, à surfaces planes. Les dimensions de ces polyèdres sont très variables , mais rarement dans une ménie masse. Dans la seconde va** riété , les fragmens présentent des surfaces courbes; ils sont très irréguliers et s^encbe* vétrent de telle manière les uns dau» les autres, qu'on ne peut le plus souvent en arracher un , sans le dégager d abord d'une partie de ceux qui l'environnent. Cette structure toute particulière existe à Pranal, à Montpezat ^ près de Saint-Maurice en Yelay, etc. , et , dans toutes ces localités , il en résulte des grottes creusées par les cours d'eau , qui ont pénétré dans la masseen détruisant des points oà les fragmens étaient peu enchevetréa,

La sti*ucture en boules n'est qu'accidentdle. Ces. boules sont elHpsoides, d'un diamètre

TEHBAIN BASALTIQUE. ~ 19^

Tariable depuis 0,1 jusqu'à plusieurs mètreSi Elles sont ardintiirenient à couches* concen* triques^ encastrées dans nue autre structure dont les fissures se courbent un peu autour d'elles. Les basaltes de Pradelles y d'autres entre Laussone et l'Aubepin , présentent des exemples de cette structure , que l'on retrouve dans les basaltes des environs de Glermont^ de Gergovia, etc.

Dans les niasses basaltiques « quelle que soit d'ailleurs leur forme de coulée dyke ou fih>n ^ les fissures verticales sont généralement bien plus nombreuses et plus prononcées que les fissures horizontales. Les exceptions à cette loi sont peu fréquentes; ainsi, par exemple, il arrive, en quelques circonstances^ dans les basakes anciens, que les prismes se divisent en feuillets comme les phonolites f à Pradelles près Clermont , aux environs de Chaudey« rolles, etc.; maie il faut considérer que, dans ces cas ^ les fissures verticales ont jusqu'à pluj sieurs centimètres, tandis que les autres sont à peine visibles. La structure tabulaire est dtl reste peu répandue. Dans la coulée de la Beaume, on observé jusqu'à trois systèmes de fissures : les premières sont dee fentea verti^

cales larges et profondes qui sillonnent la eoalée dans toute sa puissance. Les intervalles de ces fentes présentent des prismes ébauchés très inclinés, quelquefois horizontaux; enfin un troisième système de fissures à peine visibles , mais très sensibles sous le marteau , partage ces prismes informes en fragmens irréguliers. Il y a là structure massive , prismatique et fragmentaire^ La structure influe sur l'aspect des masses basaltiques. Ainsi , les prismes tendent généralement à causer des escarpemens abruptes. Lorsqu'ils sont verticaux ou convergens vers le sommet , ils sont peu sujets à s'ébouler; mais, dans le cas de la structure fragmentaire à surfaces planes, toutes les aspérités se sont écroulées sur elles-mêmes, et il arrive que des masses considérables, comme Peynastre, Pierre-Grosset , près du Puy, ne présentent que des amas de blocs disloqués, qui laissent à peine en quelques points la roche en place à découvert.

Le système des fissures d'une masse basaltique peut donner d'excellentes indications sur son origine , et servir, par exemple , à distinguer les dykes des lambeaux de coulée. En effet , le refroidissement dans une masse iso-

TERRAlir BASALTIQUE. aoi

lée,de la forme d'un dôme ou d'un cône , s'est efi'ectué beaucoup plus régulièrement et d'une toute autre manière que dans une coulée^dont les diverses parties ont été dans des circonstances différentes. Dans les dykes^lés fissures principales convergent presque toujours vers le sommet 9 ce qui est surtout visible , lorsque la structure est prismatique, comme dans les dykes dé Bonne vie, de Ser vissas. Il semble .d'abord qu'on puisse citer de nombreuses exceptions ; mais il est à remarquer que tous les changemens de direction résultent de ce qu'une grande fissure , très prononcée et dirigée suivant cette direction inclinée et convergente, a isolé la masse exceptionnelle de la masse principale. Ainsi , dans le dyke du Château, au-dessus de Servissas, les divisions prismatiques convergent vers le sommet. Vers le sud-ouest , elles ont une autre direction; mais une grande fente isole ce massif, qui n'est plus qu'une grosse plaque inclinée et appliquée contre la masse conique.

Les trois dykes de Rochemaure (pi. VIII) présentent une structure irrégulière , massive et fragmentaire; mais des fissures larges et profondes les divisent en plaques appliquées

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les tin^ sur les autres, et suivaiit les contours de leurs masses. Cela est surtout sensible dans les deux plus petits. On conçoit dès-lors que , si Ton» pouvait obtenir une section horizontale de ces dykes , les principales divisions auraient à-p^u-près la forme de cercles concentriques. Or, cette section existe ^dans un dyke des Rochettes-Saint-Germain. Le plus saillant des deux dykes présente deux systèmes de fissures ; les plus prononcées ont la forme de cercles concentriques, tandis que^ du point central, partent d'autres divisions., qui vont, sous forme de rayons, aboutir à la circonférence. Ce gisement intéressant existe dans la plaine de Saint-Germain, à l'ouest de la route. Enfin, il est à remarquer que les prismes de très petite dimension se trouvent génékralemenC dans les dykes ; ce qui peut être attribué à ce que la roche en est plus fissurée, où bien à ce que la lave a subi des contournemens pendant son émission. On trouve en effet de ces petits prismes à trois ou quatre pans, de quelque»

centimètres de diamètre dans les dykes de Bonnevie , Rochemaure , Servissas , Montro^ gnon , etc.

Vacket. Comme les basaltes et leurs déjections f Ice

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vackes appartiennent aux roches directement émises pendant cette période; mais comme elles diffèrent essentiellement des laves ordinaires y et qu'elles se rapprochent , au contraire^ par des passages fréquens des roches d'aggrégation, on a cru reconnaître dans leur composition les résultats d'éruptions boueuses. Cette opinion peut s'appuyer sur l'identité presque complète de certaines vackes de Gergovia et de Pont-du-Château, avec quelques variétés de brèches du bassin du Puy et de la Limagne ; d'un autre côté il semblerait résulter de la cristallisation de fragmens calcaires empâtés, et surtout d'un passage très ménagé d^une> pozzoiane rouge englobée dans une masse de lave du Mezenc , à une vacke jaunâtre analogue à celle de Gergovia ; que si les esmkx ont pris part à leur formatiQu, la chaleur accrue par une grande pression y a aussi contribué. Les vackes n'existent que dans la formation basaltique de l'Auvergne; dans celle du Velay on n'en peut • citer que l'exemple précédent , formant une couche de quelques décimètres dans une lave scorifîée.. Leur structure^ tes formes sous lesquelles elles se présentent , et l'examen de leurs ro-»^

ao4 CBTAPITRE vir.

cbes, étudiées en leurs points de gisement aux environs de Glermont, établiront que si elles se rapprochent par leur aspect des ro*ches d'aggrégation , elles se rapportent beaucoup plus par l'ensemble de ces autres caractères aux laves basaltiques elles-mêmes.

Roches d'ag. Lcs roches d'aggrégation n'ont pas dans le gr ga ion. terrain basaltique la même importance que dans le terrain trachytique ; leur formation est tout -à-fait locale et accidentelle , et se rattache à l'existence de lacs et de dépressions dans lesquelles les fragmens de roches volcaniques étaient charriés par les cours d'eau, ou lancés immédiatement par des volcans contemporains. Le seul point où elles paraissent avoir occupé une grande étendue est le bassin dit le creux du Puy, partout ailleurs on ne retrouve, des brèches qui peuvent avoir existé, que des lambeaux, des buttes isolées. La destruction de ces roches est d'autant plus facile à concevoir ^ qu'elles sont naturellement toujours placées sur le passage des grands cours d'eau.

Les restés des roches d'aggrégation ont l'avantage de marquer l'élévation que le sol avait à l'époque de leur formation, ce qui n'a

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pas lieu ponr les basaltes, dont les coulées v en vertu de leur liquidité souvent pâteuse , ne doivent pas être regardées comme étant toujours descendues dans les vallées. Ces restes se lient aussi aux barrages volcaniques qui ont arrêté les eaux, et aux diverses directions qu'elles peuvent avoir suivies. Il est essentiel de distinguer les roches d'aggrégation homogènes, formés de fragmens analogues et de m:éme nature /telles que les brèches basaltiques du Puy dans la formation desquelles l'action volcanique a une part directe ; des roches exclusivement de transport , lesquelles comprennent aussi les sables et cailloux roulés en partie volcaniques. Ces deux espèces de roches se rattachent comme on voit à deux ordres de phénomènes, dont la différence est plus tranchée que dans le terrain trachytique.

Le péridot est relativement aux basaltes, ce Substance» que le feldspath est aux trachytes; les autres substances disséminées, même le pyroxène et le feldspath, sont loin d'avoir la même importance. Le pyroxène se trouve en cristaux et en noyaux plus ou moins cristallins, quelquefois scorifiés , dont le diamètre ne dépasse pas o, i ; il abonde à Rochemaûre, à Mezères, à Cha-

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rade 9 etc.... l^e feldspath est rarement en cristaux visibles à l'œil nu , mais sa quantité plus ou moins grande modifie beaucoup* l'aspect de la roche. On a vu qu'il n'existe en cristaux abondans et visibles dans les basaltes du Pal y de Courlande , de la banne d'Ordenche, qu'en vertu de circonstances particulières. Le basalte de Pranal , les scories de Chalusset contiennent des cristaux attribués à Talbite. lue fer titane abonde en points et en cristaux d'un éclat vitreux et gras , bleus et rougàtres ; notamment dans le basalte du plateau de Laudine près Pontgibaud et de Croustet près du Puy.

L^amphibole n'est pas aussi rare qu'on Favait cru primitivement, ni à beaucoup près aussi fréquent que le pyroxène. Il se trouve en petits nodules cristallins dans le basalte compact .de Croustet 9 du plomb du Cantal, du puy Corent , et quelques autres basaltes du Velay; il est moins rare parmi les déjections. Ainsi à Croustet on le rencontre en fort beaux cristaux, et .dans les scories de Bar, de la Durande, de Charade, de Corent, en noyaux abondans et assez gros.

hefer osidS loiamelonnê , souvent magnétique^ le fer hydroxidé, le fer carbonate.

A Croustet çn trouve des zircons et des saphirs bleus et verts; dans le basalte compact et scorifié , quelques grenats et même la vollasioniie découverte par M. Buelle.

La mesotype caractérise les basaltes anciens; elle existe dans les basaltes variolitiques et en géodes cristallisées à Marman , près Yayre; à Rochemaure. La chabasie et Yanalcime se trouvent en cristaux dans les laves scorifiées des Boutières. La chaux carbonatée et Varra'goniU amorphes ou cristallisées abondent à Gergovia , au puy de la Velle , aux Ro* ehettes, etc. ; enfin le quartz existe à l'état de calcédoine mamelonnée, verte et jaunâtre à couches concentriques. On peut ajouter d'autres substances communes , telles que les frag« meus euveloppés de roches primitives plus ou moins altérées, de trachytes, de phonolites, de calcaire, du bois carbonisé; et d'autres qui appartiennent plus spécialement aux roches d'aggrégation , telles que la cordiérite.

Après avoir ainsi étudié les caractères des roches basaltiques, nous pouvons les diviser et les classer avec plus de certitude. Nous distinguerons peu de variétés, en désignant les localités où s*en trouvent les types. Il sera ensuite

ao8 CHAPITRE VU.

facile, dans la description des formadons, de désigner à quel type se rapportera telle ou telle roche.

Basalte porphyroïde pyroxénique. A Mezères, Monchamp, près Laussone , Rochemaure, dans les conglomérats du Cantal 9 à la banne d^Ordenche.

Basalte variolitiqae y soit avec mésotype, comme à Rochemaure, soit avec chaux carbonatée, comme à Gergovia y aux Rochettes.

Dolérites, Cette roche est peu répandue: elle existe près de Saint-Flour, aux monts Dores , et en quelques autres points. Elle fait par de, ainsi que généralement les deux variétés précédentes , des basaltes anciens.

Basalte compact ancien. Ce basalte est le plus homogène, dur, tenace, noir ou grisâtre , passant souvent aux roches feldspathiques par une texture très finement écailleuse , peu péridodque. Les basaltes de la chaîne orientale du Yelay, à Montusclat , Saint-Front , Chaudeyrolles , Fayt (où il y a cependant une excepdon dans la masse péridodque située derrière l'église) , Jalore , Rozière. Le plomb du Cantal, les basaltes du Coyan, ceux des environs de Saint-Flour et de Murât ; dans les monts Dores , ceux qui environnent le puy Gros , ceux du roc Courlande ; les basaltes des Coyrons , à Chenavari , à MontBruil , TEscrinet ; enfin presque tous les basaltes de la Limagne, Gergovia, les Côtes, Prudelles, Montrognon, Esteil^ etc. , appartiennent à cette famille dont les mieux caractérisés sont ceux de l'est du Yelay.

Basalte compact moderne. Beaucoup plus cristallin; les principes constîtuans, surtout le péridot, y sont souvent apparens. Texture grenue, souvent cellulaire et huileuse. Les laves de Bar, près Â.Ilègre, de Denise, celles

TEHRAIX BASALTIQUE. aOâ

de la chaîne ocoidentale , dans le Bas-Ylvaràis d'Aisa^ Montpezat, Jaujac, etc. ;.eD£m celles de Pranal, de Gr^veneire , se rapportent à ce type.

Les Tjackes forment une espèce à part et servent d'introduction aux brèches homogènes du Puy en Velay. Les brèches hétérogènes, les pépérinos, forment une classe très variée, surtout dans le bassin de l'Allier.

J.es basaltes sont généralement postérieurs Age des b». aux tracbyl?es, et bien que plusieurs faits isolés "*'*"* puissent tendre à faire supposer l'apparition de ^ quelques basai tes comme extrêmement rapprochée , peut-être contemporaine dès dernières éruptions trachy tiques dans le Cantal et les monts Dores ^ cependant la superposition générale des basaltes aux conglomérats est un fait incontestable. La seule chaîne du Velay a pu fournir des objections à ce fait; car nonseulement les roches basaltiques y occupent des positions constamment inférieures aux phonolites, mais dans de groupe du Mezenc il existe des lignes de stratification évidentes et^ nombreuses dès phonolites qui reposent sur^ des roches basaltiques scorifiées. Ces anomalies ne soutiennent pas un examen approfondi, quelque concluantes qu'elles puissent paraître au preikùer abord.

lltl CHAPITRE Vil.

ceux de Cussaç, Saint-Privat;, Pearrier prés Issoire; et par suite des progrès Journaliers de la gépgnpsie. A Saint-Privat, les ossemens se trouvaient dans une brèche scoriacée , au-dessous d'une puissante . masse basaltique ( Voir le Méaioire de M. Bertrand, annales du Puy y 1829). Il a été constaté qu'ils n'a<vaient subi aucun transport, et. qu'ils appartenaient à trois genres : l'hyène rayée, le rhinocéros leptorbinus et le cerf. D'après la {)osi-* tion des os, leur état en partie rongé , M. Bertrand conclut , d'une manière très probable, que les hyènes avaient des repaires dans ces brèches faciles à creuser, et qu'ils y tran^ortaient leur proie. Les ossemens de Cussac ne sont pas rongés, peut-être. sotnt-ils plus anciens puisqu'ils ne retracent pas aijssi la présence des carnassiers. Les fossiles végétaux sont beaucoup moins iroportans par l'impossibilité de déterminer avec . précision leurs restes al« térés et souvent carbonisés. Toujours résulte^ t-il des divers mémoires publiés sur les osseinens du Velay et du Puy derDome, contemporains des éruptions volcaniques , que les paleçtherjlum, les anthracotherium av^^ient déjà disparu, et que les animaux qu'ils représentent

TERKAm BASALTIQUE. il 3

se rapprochaient beaucoup des espèces ac« tuelles, en s*él6ignant ' des espèces gigantesques d'Elans eï d^Auroètis; etc., qiiî ont' marqué, dans les niémes lieux, l'es âliuvibns les plus anciennes.

L'âgé relatif des diveris systèmes d'éruptions Age relatif basaltiques est plus difficile à constater : à cette question se rattachent des considérations théoriques et minéralogiques qui la rendent d'une grande importance, outre l'intérêt local qu'elle peut présenter. Il dut, en effet, s'écouler bien des* siècles entre Fémiission dès premiers' et des derniers basaltes , à en juger* par l'étendue et la différence de conservation dtî lerrâtn qu'ils ont formel' *

Les caractères mînéralbgîques sont, comme dn'l'a vu, d'uu puissant secours dans cette élàssificatioii. Lës^ basaltes qui sont liés, à-lafois par ces caractères et par leur position , aux Troéhes trâchytiquefe , et qui déplus se rapportent au même ihode d'émission , sont évidemment les premiers dans ht succession des roches pjrroxéniqués' âtix trachytes. lîs existent dans le Cantal et dans la chaîne du Vèliay, et dans ces deux fôrmatiohs ïtidépendlmtes, distantes de ibo kilom. , ils présentent

9f4 CHAPIfUÊ VU.

4^3 roche3 ideiitiques. Il y a plu;»; dans (a chstine 4es Cojrpnsy^s mêmes roches sont re^v PI* oduit^s avec le$ ram^. ibrme^ ^ et aipec de^ caractères d'ancieaaeté qui les classent évir demiment dans la même époque. £i) ,e£Fet, il 4sst réellemept rem£M^qu£\bIe qpp les mêmes ba-^ saltes, qui se trqi^v^l daps les coQgloxqérats du Cantal , caraçtémés par une grfuade tén»' cité , d'abpndsms cristauici de pyraxèoe ^se re? trouvent daps les basaltes dçt la chaiue du Vdaj^ à IVIezères. ^d^^i;^ le groupe du A^e^enq^ ^ans les dy\esi de ]\Ipntchamp; ^aqs.les Ckiyrons m^ré MoAtbruU et Roc^maure» m^Q^e ^ Ifi biai^B^ dl'Ordenche^.^^t qu'ils «'existent pias ^^n^ le* autres lignes d'éruptioi^ qui se rapporljf^ à des époques évi4emmei;¥( plus q^q^^R'^ I^^ b93altes scorifiés, décQnApo3|é^^ii| argîl^ po^r zolane roug;e ^ cçmteni^Q,t souveiit 4es c^aïui de pyroxèue, ahpudent dan^le gra^pe^(^ Mer

zenc, q^i'ite ç^^c^érisenjti i^s. pjpstept.ds.çiê^ ^aus les Çpjrops. En, w mot, il y a^ s^s^ to^s les rappprts,,^ i^enitité complet ^^^^ ^s^ ha^ s^Jtes^ de la cba^ijLÇ duVe^y si i^tin^eiipei^t liés 9,Yeç, Ijes roiphjes tr^chytiqjUfs., et. lei^ l>9$alites 4ç 1^ pVçe d?s, Çpjrqçs.. Efi)^^ Vc» a> v^. ^ue Voa pouvait encore ajouter à. ces premiiBrs iit-

TERRAIN BASALTIQUE. 2 f ^

dices fodrnis pafr ia odmparaitoa de) roiebes ) ks caractères mméraiog^nesqûi résult^M dtf k^ ixrésened xiii ()érîâot', de l'influeiioè du t^kà{ wptàki'^ kls^tiels sdnt de la plas greinde utililéj surtout* dan6 la formation da Yelay. iU'exiétent ea ' partit dani la fomaatiofi de fifuvergti^if mais ils y sèht sujeis à des exoepiions tropi* Boiubireittcs pour qu'i) soit possible d'en ùAvë iiffif usfiige aussi étendu.

Lr'éllérritioii des rodies' , les dégradatidnsF fAan ou fiomns profondes desmaàses basalti<< queé. Je morteliénieM des coulées, sont des »gnes certains d'uûe haute antiquité^ lorsque ees altérations ne ^ont motÎTées ni par une pov^ sition parIkuUère ni par la nature du sopport eomiBe dàna le bassio du Puy. Il est évident que lorsque leà ciroonstances< seroni! à peu def chose près lès^méines, l'anoienneté des fanrea sera en raison de la déeompàsition des roohéfij et de la profondeur des vallées postérieuresc

Les circénataâces^ localeis peuvent avèir eii taùt d'mfluënce |>ooi* hâter oil retarder la dé^ cdmpdsiticta des laves' basaltiques ëompacteS) déboinposttioindontltecaQies sontd'aTUeiirs^iê ficilesàappt^ierjiqn'oii ne p^ts'en prévaknr cpuBidaos 1^ esà ùk ces earactères d'ahératJfOOB

2l6 CHAPITRE Yllr

très prononcés et généralement répandus, con^ trastent avec leur absence totale sur d'autres poînits» Mais les iscories, les déjections é^nt presqxie partout dansdes cônditiônsidéntiques de structure, de texture et même de compùsi^ t^QU , sont bieiî* plus comparables entre elles. I^esexemplesen sontnombreux^i Fion compare les scories qui abondent parmi le^ basaltes aiLn tiques du Mezenc et des Coyrôns^ à celles des Tolcans modernes de là chaîne occidentale du Yelay. Les laves scorifiées sont^ dans le premier cas, soavent réduites à l'état de tu£ar^ gileux rouge; les pores sont arrondis^ émoussés; là roche est tendre, et Ton peut à peine distinguer les contours des fragmens arrondis, <|ui8ont englobés dans la masse argileuse avec laquelle ils forment un tout. Dans les scories modernes , au contraire , les déjections sont libres et susceptibles de s'ébouler, les pores y sont nets, et la roche qui les compose a la dureté du basalte et les arêtes ^ tranchantes. Ces différences sont applicables dans la Basse- Auvergne, relativement aux scories de Charade â; de Gràveneire ; elles autorisent cette conclusioii : que l'état de décoippositioq plus ou moins, avancée des scories et de& pbzzolane»,

TERRAIN SASALTTQUE. aiy

est généraieiQent en rapport avec l'âge relatif 4e&^satees«

hes réaultals îde. ees' prikicipes acquièrent une certitude ocMBplète lorsqu'ils sont confirméapar les dégrailations extérieures. Lors*que les lambeaux informes, les coudées mor^ oelées.dont on hé peut reconnaître le point de départ ni là direction, comme dans les Coyrons ; à Fàyt f dans le Mezenc, contrastent avec lés fermes nettes et Thistoire toute tracée des ha* saltés de la .chaîne occidentale et du Bas-Vi* i'!arài&. ••..•,,'' ' • '

' ' Il résulte, eu outre, de l'examen des localités, une foule <d'iindicati(Mis particulières : b'est ainsi que la consôrvation plus pu .moins parfaite des appareils Yolcaniques dont la forme et là corn* position sont presque toujours les mêmes, et don|:^ par conséquent, on peut mieux juger les dé^adkiJDns. que celles .des basaltes qui s'y ratlaobexit,: fournit uu terme de comparaison trèsGoncluiant. En effet,si la roche Aouge(pL IX) fui une bouche volcanique , comme plusieurs failstendmit à.lepbou¥er,.il y aloinde là aux ap* pareils volcaniquesdeDSûse,deBauzonetd'Al* lègre.placés sur la même ligne d'éruption. Ainsi le volcan de Denise , qui s'est ouvert à travers

a(30 ' CHAPITRE Tifr:

dans le chapitre précédent. La comparaison décès divers systèmes leur assigne l'ordre suivant: 1° Les basaltes de la chaîne orientale du Velay. La ligne de leurs éruptions coïncide avec celle des éruptions trachy tiques : ils sont agglomérés principalement en deux points , où leur développement surpasse en étendue celui des phonolites et des trachytes. Ces points sont situés dans le groupe du Mezenc et à la hauteur dlssingeaux , à Rozières, Mézères, Saint«Julien. a'^.La chaîne des Coyrons, liée à )a chaîne orientale par quelques lambeaux, quelques masses volcaniques disséminées dans les communes de Ranhaël et Mezillac , et surtout par une composition tout-à-Êiit identique: elle s'étend des sommités de TEscrinet jusqu'à Rochemaure^ yis-à-vis, Montélimar, sur une longueur d'environ 26 kilom. , et fait un angle de So"" avec la direction de la chaîne orientale ^qui est celle des deux antres diaines basaltiques du Veky. 3^ La chaîne intermédiaire qui traverse le bassm elliptique de la Haute-Loire 9 et en forfue- le grand axe depuis les volcans du Pal et de Bauzon jusqu'à^ celui dé Bar, près Allègre et même àn^élà. 4^ La chaîné occidentale du. Velay, qui >liimfe là

ï>ORMATION DU Vfih^Y JET l>U VlVARAfS. 1131

v^lée de la Haute-Loire à l'ouest , et la répare de celle de TAUier : elle s'étend de Pradelles à Paulhaguet et Vi^e»Bfioude. S"" Eqfin les volcans liasaitiques modernes^ du Bas-Vivarais^ disposés sur la fracture d'élévation du plateau primitif. La succession des éruptions basaltiques de ces divers syatèmes comprend toute la période y depuis Içs dernières émissions tira* chytiques jusqu'à l'apparition des volcans layiques. La classification en basaltes aQciea^ et moderi^esy placerait parmi les premiers les basaltes de la chaîne orientale , des Coyrons> une partie de ceux qui composent la çhaiae intermédiiaii?^- Il &ut mjê^e ejpco^e y rattacher certains, basaltes disséminés parmi les basaltes modernçs. CeuxKsi comprendraient une partie des volçaA^ de lajigne intermédiaire^la ch^ne. occidentale et les volcans du Bas-Yîvarais ; mais cette formation est susceptible d'être encore . plus ^subdî visée. . ,

Ije$;érMption!9^ basaltiquesde la chaîne orien* chatne orientaie présentent , outre les caractères de foitme ^ "^ ^' et. de composition qui, se rattachent à leur âge reculé i des circonstances toutes particulières qui résultent de leur association avec la. chaîne phoDolitique. Ces, circojn^stunces sont à-peur

a!»!à CBélPïJVB VIII.

prè& les seules distinctions k faire entre ee& ba^ saltes et ceux dés Cayrons. Les érliptions ne se bornèrent pas aux deux centres d'aggloméra-»

tien précités, l'an dans le groupe du Me- 2éttc, entre le Mégal et les souix>es de la Ldif^; Fttutre dans TEmblavès, au nord du Mégal.

Beaucoup de basaltes , tels que ceux de Mont^ champ , de Peyienc , Suc c(u Garde, etc. , qui se rapprochent dé la chaldc intermédiaire, appartiennent k cette prttùîére ligne. D'autres, disséfl^inés dans le Hâut-Vivaràis, sur h côté dé Mayres, aux elivirons de PMdè^leS et de Tartas, se rapportént^galement à cette époque^, ainsi que, dans lÉ eèfatné fAterroédiatte , les basaltes de Chèrehemus, Pejmastre , Seriissas etd'adtréSy dont la ddseHption sefa donnée, en étudiant les lignes d^értiptions affiqueHes ils so rattaclient:

La posîfioin du terrain bii^iàMique dans le groupe du Mezenc ne réSMtoubléi^ rien à^ie qaUl occupe dans le Gainfat et les iMWS Dores. Le fond des vallées, sattf lé» eas fréq tiens éù 1^ gr«nité y est à découvert, {Presque fot?^ les pla^ teaixts soint occopéspa^lesbasaltesconi^actsou scwifiés ; tandis que les masses pbonoKtiques forment tons les points eulminans, et semblent

FORMATION DU VELAT Kf DU VIVARAIS. 3ia3

«ouvefit siirgir^comme desiles, &vt œilku des IftYes basaltiques^ qu'ils ont recouvertes dû leurs t>locs. Les )aves lithoidles compactes sont les plus répandues: elles abondent autour de Montusclat , Fayt^lé^Froidy itiais, si Ton approche du point central , là où les éruptions mit pénétré dans la partie la pltfsi élevée la pd^s dév€ip|^e de ta chaîne ^ les l^ves^ scoi^ fiées deviennent prédominantes, surtout depuis ChaudeyroUes jusqu'à Bonnefoi;

La plupi^rt des^ lav^s scorifiées se compo* sent de fragmens enchevêtrés les uns dans les autres : ce sont , k prc^remeatt parler, des brèches scoriacées à ciment de laved, desi oMsses de )ave$ bmïrsouflées qui ne proviântient pas de déjections , mais qui se sont épan^ ehées , quelquefois même cfM coulé k des dis^ tances asseE éloignées de leur point de départ. Beaucoup de ce^ laves sont actuellement dé« composées et; rédtfiles,,€amine tes déjections, à Tétat de tuf argitèu^» Ces tufe argitefux réuges , d'une déeoiwposition plqs ou tadiUSk sr^aneée, soutent qa^ractéi^isés^ par des cristaux de pyroxène, forment la rpebé caractéristique cfe ba pa^rlÂe centrale.. Il^n QSt qui prbviénnehf évidemment de déjections, et, cônmie' d'àil*

5iai4 CHAPIÏBE VIII,

leurs on trouve des scbries libres à la base sud du pic du Mezenc, daû3 le c4r(iue des Boutiè^es'y on est. d'abord tout porté à regarder ce point comcHe )e centre d'émission de toutes les laves. basaltiques environnsoites^ dont la position est; souvent, décile à expiliquèr. Il p'ej^i est rien cependant^ et cette hypothèse, c|ui serait juste dao$ toute autre ligne d'éri;^ tions^ n'est. plus 0{^icable dans celle-d,où les masses phonolitiques préexistantes ont tu la plus grande influence sur la position , le mode d'éoiission et la . forme des basaltes.

Cette hypothèse s'appuie en effet sur la quantité des tufs et des matièresscorifiées^sur la posiiion souvent problématique des laves bar saltiques^quirecouvrent les plateaux du centre les plus élevés ; ce qui conduit à expliquer ces deux faits l'un pair l'antre, et à supposer l'existeû<:ed'un grand cône volcanique central, d'où ces laves seraient parties. lie cirque des Boutière^,au nord du l^fezenc, est ^ outre le seul point où l'on puisse placer convenablement ce volcan supposé. Or, cette supposition est complètement renversée par l'ei^amen.dçs localités^ qpi démontrer i"" que la presque totalité des matières scori^ées s'esta épanchée sous forme de

ï'ORMATIOir DU VELAT ET DU VIVARAIS. 1À% 5

laves et non pas de déjections; a» que la position problématique des basaltes sur les plar teaux situés au nord et au sud - ouest du Mezenc, à une élévation de 1,600 mètres, et dominés seulement par lés pics phonolitiques du centre , tient à un mode d'émission particulier ; y enfin que le cirque des Boutières résulte d'un cratère de soulèvement, dû à rémission des roches basaltiques qui s'y trouvent. Tels sont les faits importans , dont cette contrée intéressante renferme la démonstration.

Que l'on prenne d'abord les laves scorifiéés, les tufs argileux dans le point central de leur développement, le cirque des Boutières: des blocs épars indiquent qu'il y a eu probablement des déjections; mais le banc le plus apparent, que sa couleur rouge, les lignes de stratification nettes et la position escarpée font sur-le-champ remarquer, vis-à-vis le Mezenc, à re$carpemeïit des Cluzels (pi. VI) , indique une toute autre origine. Ce banc puissant se compose entièrement de scories rouges, assez fi« nement poreuses et fot tement agglutinées par un ciment plus foncé et. basai tique. De grosses masses s'en sont détachées en plusieurs points.

2Sl6 CHAPITAE VJII.

Cette brèche scoriacée , qui a la consistance d'une lave , se décompose en tuf argileux d'un rouge très vif dans lequel les pores encore apparens^ sont, comme dans le peu de scories erratiques , tapissés de substances zéo* litiques , analcime et chabasie. Que Ton suppose ce banc qui présente ici une tranche escarpée , tout-à-fait à découvert , au lieu d'être intercalé, et formant la surface du sol , la décomposition , qui n'est qu'accidentelle, sera beaucoup plus avancée, et l'on sera très porté à le regarder comme un banc de déjections décomposées : mais ici la nature de là plus grande partie de cette assise , qui n'est autre chose qu'une lave scorifiée , sa position intercalée au-dessous de puissantes masses pbonolitiques,lui assignent une toute autre origine. Cette lave a soulevé les masses phonolitiques; elle a percé latéralement au-dessous d'elles. Un tel taode d'épanchement peut paraître bizarre; - mais il résulte de l'examen des localités et avec d'autant plus d'évidence , qu'il s'est répété en d'autres points , et que l'on conçoit d'ailleurs très aisément que, lorsque les patxiis latérales offraient moins de i^ésistance que la masse supérieure pesante et cohérente, ils

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