FORMATION DU VELAY ET DU VIVARAIS. 22Q
L'origine de cette masse basaltique n'est point douteuse : elle a percé un peu latéralement au-dessous de l'assise phonolitique. Ou la voit en effet, sur la droite, fprmer une pïus forte saillie, à laquelle correspond un dérangement dans la position des prismes phonolitiques, qui sont un peu renversés: elle s'est avancée vers ChaudeyroUes. Dès-lors , comme l'on aurait^ dans le cas où l'escarpement de la cascade n'existerait pas, un affleurement de basalte compact ou scorifié, en tout semblable à ceux qui abondent sur le plateau, on peut attribuer à chacun une origine analogue; on peut même se représenter les basaltes poussés de bas en haut , éprouvant dans les cavités intérieures, qui ont pu résulter de rémission des dômes des pics phonolitiques, l'action pr^olongée des gâz qui lés ont scorifiés en grande partie, et crevant, perçant à la surface du sol , à des intervalles d'autant plus rapprochés , que la croûte superposée était moins épaisse. Ces épanchemens latéraux , ces boursouflures de roches basaltiques se retrouvent au sud-oueist du Mezenc, sur le plateau des £stables.
La scorification générale , souvent complète , cratèrc de
son-
23o CHAPITRE YIII.
lèTement des des lavcs basaltiqaes, annonce en effet tin travail souterrain qui aurait précédé leur ap^ parition ; ce qui s'accorderait avec le bombement du sol dans cette partie de la chaîne , avec ces boursouflures saillantes et dissémi* nées , ces bavures qu'on remarque souvent au pied des masses phonolitiques ; car la généra-^ lité des points d'émission indique la proximité de la roche fluide: mais ces phénomènes se lient encore à d'autres plus importans, aux perturbations causées par les éruptions de cette seconde période , au cratère de soulèvement des Boutières.
Un fait qui est frappant pour tous ceux qui montent au Mezenc, c'est que cette montagne, très accessible, superposée à des plateaux doucement inclinés, veris le nord (pi. V); vers l'ouest du côté de l'Ambre; vers le sud-ouest , du côté des Estables, présente, vers le sud, un tout autre caractère (pi. YI). Des escarpemens rapides sur une hauteur de 3 à 5oo met., des rocs aigus, des plans verticaux,contrastent avec les pentes adoucies des autres faces. Le Mezenc est placé surine arête recourbée en demicercle , qui sépare ces escarpemens abruptes intérieurs des plans doucement inclinés en
FORATÂTION DU VELAY ET l>U VIVARAJS. a3l
sens contraire, qui sont à l'extérieur du cirque; Du MezenCi qui domine du coté du nord , aux rôicbes Fonteix qui dominent au sud-est j le cirque a plus de a^ooo mètres. On ne peut embrasser son ensemble qu'en se plaçant dans ^intérieur, parce que les rocbes phonolitiques de Graillouse, qui se détachent du Mezenc, aVvancent pour en fermer l'entrée. La planche VI n'en offre donc qu'une partie , qui est la plus intéressante : c'est sous cet aspecit que se présente le cirque des Boutières , du pic phonolitique du Villaret; l'autre partie est comprise entre le Mezenc et les roches de Grailloiise. L'intérieur du cirque ne reçoit absolument que les eaux qui y prennent leur source, puisque tous les plateaux extérieurs sont inclinés à contrepente. Leur réunion donne naissance à la Saillouse, qui en-deçà des roches de Graillouse , au sortir du cirque, a entamé le granité.
Les formes de ce cratère de soulèvement sont bien caractérisées ; le contraste des pentes intérieures et extérieures , sa crête circulaire se rapportent parfaitement aux lois communes déjà reconnues J mais sa composition présente des faits d*une nature toute nouvelle. ToirteS
les sommités de la crête sont phonolitiques f ce sont : Graillouse, le Mezenc ^ les saillies qui avoisiuent la Croix - des - Boutières , les pics des Ciuzels et de Fonteix. Sur toute la série des escarpemens intérieurs, les roches sont souvent à découvert, et l'on reconnaît que la majeure partie des affleuremens est phonolitique , rarement trachytique. Farmiles phonolites on en remarque qui affectent des formes de filons , et se rapprockeht beaucoup des basaltes^
Les affieuremens basaltiques sont aussi très nombreux (bbb...) : ce sont presque toujours ces basaltes scorifiés, ces brèches à ciment de lave plus ou moins décomposées, dont il a déjà été question. Ces laves sont quelquefois noires ^ le plus souvent rouges ; quelques massifs de la partie supérieure, sont des brèches scoriacées à ciment jaunâtre , empâtant des scories noires et brunes , et dont les couches plus ou moins dures et plus ou moins rongées par les eaux , présentent comme des lignes de stratification. On voit les roches basaltiques se dégager de dessous les masses phonolitiques, présentant des lignes d'intersection fort nettes qui, se prolongeant horizontalement^
FORMATION DU VELA.Y ET DU VIVARAIS. a 33
comme à l'escarpement des Cliizels par exemple, offrent des lignes d'intersection fort nettes au-dessous des phonolites; ce qui: avait fait dire que les phonolites étaient dans la chaîne du Yelay postérieurs aux basaltes. II est facile de se convaincre du contraire par l'examen des afQeuremens basaltiques : od les voit sortir au-dessous des phonolites, les bouleverser, jetant de coté leurs prismes, faisant incliner leurs tables en sens contraire. D'ailleurs les brèches scoriacées jaunâtres ont souvent empâté des fragmens et même des blocs trachytiques.
JjSl manière dont les basaltes ont soulevé les phonolites ne permet guère de douter que le cratère de soulèvement ne résulte de leur émission ; on en sera tout-à-fait convaincu lorsqu'on aura reconnu les relations qui existent entre leurs divers affleuremens. La planche ne les représente pas tous; mais seulement ceux qui résultent d'émissions sur place, et qui ont percé aux points désignés: or il est facile de remarquer que ces affleuremens se rapportent à deux lignes horizontales, très distinctes. La ligne supérieure comprend la longue fracture horizontale suivant laquelle ont percé les laves des Cluzels, laquelle se pro-
234 CHAPITRE Vlin
longe encore à droite par un affleurement ana* logue ; les laves à ciment jaune et quelques autres saillies conduisent cette ligne jusque vers le Mezenc.
Au-dessous dé cette ligne d'affleurement ,.
iin bourrelet saillant , formé par le renflement du sol, règne dans toute l'étendue du cirque depuis Graillouse jusqu'au-dessous des Cluzels. Ce renflement est formé e» grande par* tie par les saillies phonolitiqiies, et l'on voit immédiatement au-dessous commencer une seconde ligne d'affleuremens basaltiques plus massifs, qui, en plusieurs points,ont visiblement fracturé et bouleversé ces assises phonolitiques* Cette disposition particulière tend à prouver Funiformité de l'action qui a soulevé ce cratère dans toute son étendue; et la position élevée des affleuremens de ligne supérieure, l'inclinaison très plongeante de leurs lignes de stratification y pourraient faire supposer que le soulèvement, opéré d'abord suivant oette ligne, a été ensuite complété , suivant la ligne des affleuremens inférieurs, par un second effort volcanique.
Outre ces affleuremens basaltiques , on rencontre dans le cirque des Routières des sco-
f^OHMKTlON DU VÉLAt Et BU VIVÀRAIS. a35
ries libres avec chabasie,qm se trouvent jusque Yers la base nord du Mezenc; et des lambeauxt de pozzolane argileuse, qui ne peuvent guère être attribués qu'à des restes de déjections. Il en résulte qu'il doit avoir existé dans le cirquer tin point d'éruption, auquel se rapportent ces déjections. Les lois auxquelles sont assujétia les cratères de soulèvement condui-* sent à rechercher vers la partie centrale , les restes de ce point d'éruption. Or, en parcooraiit le lit de la Saillouse creusé vers le centre du cratère , on remarque dans quelques endroits où elles ont pu être protégées , notamment vers la petite butte a , outre des restes de déjections ordinaires , quelques scories bleues finement poreuses. La présence de ces scories , bien qu'elles soient peu abondantes , est un feit important, car c'est la seule roche soorifiée de cette nature qu'on rencontre dans tout le groupe, et comme elle ne peut provenir d'aucune autre localité , il faut encore en supposer le point d'éruption dans le cratère. . En remontant le lit de la Saillouse, à partir de cette petite butte , on trouve un point où les eaux coulent sur une lave basaltique pendant dix à douze pas. Cette lave basaltique
a 56 CHAPITRE vin;
d'un brun noirâtre est compacte, un peu huileuse , tenace ; elle forme une saillie assez prononcée, et l'on y trouve empâtés des blocs granitiques et des blocs d'un trachyte homogène blanc jaunâtre. Cette roche est un point d'émission , et marque , selon toute probabilité, le point d'éruption central. L'on conçoit parfsiitement que s'il a existé là un cône, un amas de déjections qu'on ne peut toutefois supposer très considérable, il aura été évidemment détruit, entraîné par les eaux qui ont pu «e creuser un ravin assez profond.
Cette dernière considération complète le cratère de soulèvement des Boutières, en nous présentant les restes d'un dévelc^pemeht cen* tral de l'action volcanique, dont il ne reste , il est vrai, que des déjections éparses, mais dont le fond delà lave oscillante , empâtant des noyaux de roches primitives et de trachyte, désigne l'emplacement; tandis que la composition de ce cratère , et les relations qui existent entre les roches basaltiques et trachytiques permettent de constater les circonstances qui en ont accompagné la formation.
S4îat-Fjront. Lc terrain basaltique ne présente pas dans les autres parties du groupe des caractères
FORHATIOIY BV YSlkAT ET B0 VIVARAIS. Sk^i'J
identiques à ceux qu'il affecte dans cette partie centrale. Ainsi les basaltes compacts, pyroxéniques porpbyroïdes , ou homogènes succèdent à ces épanchemens de laves scori- £ées. Us conservent toujours leur position inférieure relativement aux phonolites, mais âans alterner avec eux. Le point principal de leur développement est compris entre Montusclat et le Lignon ; et tous les plateaux basalti- <{ues entre le Mégalet le Mezenc présentent cet aspect disloqué , cette position problématique qu'on peut observer à Fayt, et par suite desquels on ne peut guère déterminer le point d'éruption auquel ils se rapportent. On trouvera , cependant , dans cette partie un centre d'éruptions auquel doit appartenir la majorité des coulées basaltiques qui l'environnent , surtout vers le nord : c'est le lac Saint-Front. La dépression dont ce lac occupe le! fond a toutà-fait la forme d'un cratère : c'est un entonnoir très évasé qui peut avoir 1 5oo mètres de diamètre ; le lac a 800 mètres , sur ao de profondeur, il est alimenté par des sources qui jaillissent au fond, et le trop-plein s'écoule par une échancrure du côté de l'ouest. Les parois de cette excavation, en forme de
a36 «HAPfTRE VIII.'
cratère, sont coni{>osées de basaltes scorifiés et d'argile pozzolane rouge.
Cette forme/ cette composition désignent bien uii cratère, mais sa position au niveau des plateaux basaltiques qui paraissent s'y rattacher, annoncent des phénomènes di£S§rens de ceux qui ont donné naissance aux cratères modernes placés au haut d'une montagne conique. Enfin, Ton retrouve encore en ce point l'influence des masses phonolitiques préexis» tantes. En effet , ce cratère est placé à l'ouest du plateau de Roffîac, énorme masse phono* litique aplatie, dont les bords escarpés le dominent. Celte situation' empêche de supposer un écroulement , un affaissement du cône qui aurait pu exister ; car si les déjections avaient pu ainsi s'accumulet* et former une montagne, elles auraient infailliblement recouvert en grande partie le plateau de Roffiac , ce dont on ne retrouve aucun indice. Il faut donc at<tribuer la formation de ce vaste cratère à d'autres circonstances que celle» qui produisent actuellement les volcans à cratère ; ainsi Ton peut très bien se rendre compte de sa production , en supposant le sol crevassé en ce point, et les laves basaltiques s'épanchant au-
FORMATION OU VBLAT ET OU VIVARAIS. ^Sq
tour de cette fracture, et suivant les pentes du soi. Lorsque cette puissante colonne de laves s'abaissa, elle prit un niveau inférieur à celui des laves qu'elle avait déversé, et les déjections qui suivirent cet abaissement formèrent naturellement le cratère. Cette hypothèse donne l'explication de tous les fisuts observés, et satisfait à toutes les conditions, même à celle de sa position relativement aux roches de RofBac. Ce n'est pas, en effet, la seule fois que les laves basaltiques ont suivi la même route que les masses phonolitiques pour venir ensuite s'épancher à leur pied ; ce phénomène peut s'observer en plusieurs points du groupe; «nais nulle part il n'est aussi frappant que parmi les phonolites de l'Emblavés. .
Les basaltes atteignent, en effet, un assez saudtes de grand développement dans cette partie de la chaîne , et comme les masses phonolitiques y sont disséminées et presque toujours isolées, il est plus facile de saisir les relations qui existent entre elles et les émissions basaltiques. Les déjections sont en ce point comme dans le Mezenc peu abondantes , et les laves compactes constituent des plateaux inférieurs aux pics phonolitiques ; leurs surfaces planes con-
a^o cflAPiTRE vnt.
trastent avec les formes aiguës et monta-^ gneuses de ces pics; comme, par exemple, le plateau de Huche-Plate, relativement au pic de Huche-Pointue. On ne peut généralement avoir que des présomptions sur les points d'émissions d'où partirent les coulées qui forment dans la vallée la plupart des plateaux superposés aux marnes tertiaires, et au sol primitif dans les positions plus élevées. Mais lorsque les basaltes moins fluides , ont pris des formes plus massives, et des positions moins éloignées, il est souvent possible de reconnaître les circonstances de leur émission.
Ainsi, au-dessus de Rozières, au sud-ouest de la montagne phonolitique de Jalore , une masse de basalte homogène compact, prismatique , se dégage aux deux tiers de cette montagne de dessous les phonolites, et se dirige vers le sud-ouest ; du coté opposé vers Mezères , les phonolites descendent jusqu'au fond de la vallée. Cet exemple est un des plus frappans , car le basalte sort pour ainsi dire des flancs de la masse ^phonolitique. Il s'en trouvé d'autres aux environs de Saint-Julien et d'Issingeaux ; et même des relations analogues semblent exister entre les dykes de Mezères,
FORMATION DU VELAT ET DU VIVARAIS. fk^l
grosses masses de basalte pyroxénique porpbyroïde^ situées au pied des montagnes phonolitiques d'Eymerau et de Planèse , qui se recourbent autour d'elles. En ce point de la chaîne, plus que partout ailleurs y on, apprécie ce caractère des basaltes anciens qui ont été vomis immédiatement de même que les roches trachytiques , et se présentent sous la forme de dykes montagneux , de grosses masses aplatijesy de coulées émises sans même qu'on trouve , comme à Saint-Front , l'emplacement du sol crevassé. Ces caractères se retrouvent dans les basaltes de Peylenc , de Suc-du-Garde, de Montchamp y et d'autres qui existent dans la chaîne intermédiaire, et qui se rapportent à ceux de cette première époque par leur nature minéralogique , jutant que par leurs formes identiques.
Le' contrefort des Coyrons qui se détache du ^^^^^ ^e. Haut-Vivarais, et s'abaisse graduellement jus- ^y^n». qu'à Rochemaure, vis-à-vis Montelimart, est composé d'un ensemble de plateaux basaltiques d'un niveau assez constant , qui se tiennent , de manière que l'on peut parcourir la chaîne dans toute sa longueur , depuis Chehavari jusqu'à l'Escrinet, en se maintenant tou*
^% CHAPITBX VIII.
jours mr la crête culmioante» lie» roches basaltique» ooqlitiientle sol sur toute cette éten* due ; elles repoaent sur te terrain primitif dana Ul partie la plus élevée , et sur le caloaii^e seooiH> daire dana toute Ib partie inférieure. La lar-* geur de cette chaîne atteint jusqu'à iS kilom. dans $on renflement à la hauteur de Saint* Jean et de Mirabel. Vue dea contrées infi*»
ri^ure^ , ses abords présentent dans toute son étendue 4 des eacarpemens abruptes qui se correspondent, et terminent l'horixon par le rideau prolongé de leurs pentes couronnées par d'épaisses nappes basaltiques ; de temps en temps on voit s'en détacher des promontoires qui sembleut s^en i^ler^v comme celui de Maillas au-<dessus de Sain^Jean^Lenoir , mais •qui se rattachent à la chaîne qui les domine.
Cette forme d'un vaste plateau allongé, aux abords escarpés^ est en effet ceRe des Cojrrons; mais sa régularité apparente diminue beau^ coup lorsqu'on pénètre dans l'intérieur. Les versans du sud et du nord sont profondes»
ment entamés par des torrens nombreux qui vont se jeter dans l'Ardèche et dana le Rhône, et la partie inférieure du côfcé de Rochemaure eet tellement siUonnée qu'elle ne semble com-
FORMATION JXO VELAY ^ DU VIYÀRAIS. 24$
posée que de ma^sife tiçidépendaiis Une grande partît ée ces acddeas du sol deitétre attribuée à l'action des^ eaux; mats oh' ne doit pas non plus se représenter ies Coyrons comme d^une forme prifDÎtivement très régulière , car ils ne résultent ps^s feulement de vastes coulées descendues des parties tes plus élevées, et recou- Ynaot de leurs punissantes assises le plateau primitif et secondaire alors existant.
, Ce fitt sans doute par suite de ce mode d'émission des basaltes, sous formes de coulées puissantes et étepdues^que ce vaste plateau fut exhau^é, ses aspérités comblées et régularisées; mais danf toute sa longueur on trouve des points d'éruptions 9 des traces de l'action volcanique immédiate qui autorisent à conclure que cette forme est encore due, en grande partie, à la configuration première du sol. Le recouvrement basaltique contribua k Fexhaus-* sèment des Coyrons , non-seulement en vertu de son ^aisseur, maïs parce qu^fl protégea aussi les terrains inférieurs contre Faction des eaux, qui s'exerça, au contraire , avec intensité sur le sol inférieur non recouvert^ surtout dans la partie calcaire. Les effets réimis de l'action des eaux et des volcans se réunirent
a44 ^CHAPITRE vm.
donc pour élever les Coyrons, mais* il est hors de doute qu'ils formaient <déjà avant les éruptions la ligne eulminante delà contrée ; car la partie la plus saillante, la partie granitique, est la moins recouverte. Le recouvrement basaltique des Coyrons se compose d'^assises puissantes souvent superposées, soit immédiatement , soit séparées par des couches alluviales ou des bancs de pozzolane. La nature des roches est en -tout identiqtie à celle des basaltes ancien» du Velay , mais en vertu de leur plus grande épaisseur, peutrétrc même de leur plus grande fluidité ; elles sont généralement plus saines. Les basaltes porpbyroïdes pyroxéniques , homogènes , compacts et granulaires sont identiques à ceux du ^elay ; on retrouve les mêmes pozzolanes, à l'état <de tufs argileux , les scories pyroxéniques décomposées. Au sud-ouest de Chenavari, sur l'autre plateau, on rencontre une roche analogue aux brèches scoriacées , à ciment jaunâtre , des Boutières. Enfin, on remarque généralement k même abondance du pyroxène , la même rareté du péridot, bien qu'on puisse en citer quelques exceptions, notamment à Montbrnll, où les noyaux d'olivine sont fort abondans
FORMATIOir DtJ VELAY ET DU VIVAKAIS. !i45
dans la lave scorifiée. Ijes laves sont ordinai* rément compactes, et les matières s<!brifiées appartiennent.la plupart du temps à des déjections. C'est en. vertu» de l'agglomération des pozzoiànes py roxéniques , et de leur disposition qui rappelle la forme du cratère de Saint- Froat, qiie Freycinet peut être regardé comme le point d'émission le plus évident de toute la chaîne ; il est probable qu'un grand nombre des basaltes des Coyrons s'y rapportent.
Les; balmes de Montbrull ne sont p^sdans le miemecas4 jamais il n'a existé de cratère en ce point. Il y a latéralement une grande agglomération de laves scorifiées rouges, noFres et bleues, contenant des noyaux d'ôlivine sou* vent; décomposés , et de fort beau pyroxène vitreux. Ces scorie» sont remarquables par la régularilé de leurs pores; on y trouve une scorie finement poreuse , bleue , semblable à celle du Mezenc. Il est probable que cette agglomération, de scories résulte d'une émission postérieure aux basaltes qui la dominent; c'est une soufflure latérale qui rappelle celles du Velay. L'inégale cohésion de ces scories plus ou moins agglutinées, 'a produit l'effet qui est résulté dans le Cantal de l'inégale ag^-
%^6 CHAPITRE Vni.
glutkiation des conglomérats ; c'estÂ-dire quesous rinfluence de l'érosion^ le ravin a pris des foroves verticates; des masses plus duresy forment des saHKes^ d'autres entraînées fa*^ cilement ont laissé des* yides. Les habitans de la contrée ont profité de la ferrme Tèrticsfedes parois de ce ravin profond^ téf du pètt dt résistance des ro^hei^ pour s'y creuser de^ habitations.
Dans cette chaîitie^ pluâeurs massifs basai* tiques paraissent résulter d'éruptions particulières, tel est dans la partie inférieure la moxt^ tagne de Cbenavari^ célèbref par la régalarilé de ses prismes, et (|iiélques autres qui l'àtvdi^ sinent. L^ grandes érosions subies par ces masses qui reposent sur le calcaire, eiiipéchent de reconnaître les eiroonstances qui ont présidé à leur émission y mais la présence des^ laves SGorifiées , dés pozzolanes, indiquent des éruptions éâ ces points, ce qui s'acoorde avec la complète indépendance desdiver^s nmssifr* Â Bocbemaure, les basaltes qui supportent le château , et d'autres situées dans la ville mtéme, ont été très probabIeï{lent étnissùr plaod; ce qui est prouvé non-seuleroent par leurs formes, mais par des brèche^ basaltiques, pyroxéni*
FORMATION DU VJiLAY ET DU VJVARA S. lï^'J
ques , qui se trouT^nt beaucoup pllî$ basque ces basaltes dans un ravin denièt^ le château , et d«»it le gisement ludique que le niveau du sol ébait alorfi bien plus bas qii'il ne faudrait le supposer ^our ratta^^her ces basaltes à ceux de Cbeiiavari , par exemple; et que leur émissioii-àvait barré les eaux en ce point.
Les dykes de Roehemaure même ont d'ailr leurs beaucoup d'analogie avec les trois autres que Ton trouve alignés parallèlement au Rhône , un peu plus loin eh remontant.
( PI. Vin ). Tous ces dykes sont composés de basalte pjroxénique , contenant souvent de la mesotype disséminée eapètits noyaux amygdaloïde^^ quelquefois en géodes cristaUisées. Il s^ trouve un ^rand nombre dé petits toôyatti calca^es. Les dykies de Ceû » d'Àps; les filons d^ Villewéuve*-de-Berg ^ de TEscrinèt, été...., indiquent la manifestatiôli de Taction volcàbique non*seiilement dans la chaîne , mais quelquefois aussi à quelque distance de ses limites. Â?vant de rechei'cbèr quels sont lès basalte de la «chaîne intermédiaire qui Se rapportent lux basaltes tie la chaînç orientale et d^^ celle ^« Coyf ons , il est liécessalre de reconnaître iileh sont les phénomènes volcaniques qui
ont donné naissance à la chaîne des basaltes
chabe occi- modernes du y elay.
La chaîne occidentale du Yelay s'étend depuis Pradelles jusqu'aux environs de Vieille- Brioude ; mais , abstraction faite des basaltes anciens qui s'y trou^ent^on peut la considérer comme se terminant un peu au-delà du volcan de la Durande. Cette chaîne est entière^ ment composée de cônes de scories , dont une partie a produit des coulées basaltiques , qui se
I déversèrent dans les vallées de la Loire et de
l'Allier. L'entassement de ces cônes , de ces amas de déjections , qui se succèdent sans interruptionsurunelongueurdeplusde45kilom.
est tel qu'ils se confondent en plusieurs points, de manière à former des crêtes de scories, qui se prolongent en longs rideaux , dans la direction de la chaîne, telles sont les montagnes de Seneujols et Vergezac.
Vers la ligne culminante, l'agglomération des déjections , scories et pozzolanes , des basaltes scorifiés, empêche de constater ; aucun fait. Chaque montagne présente toujours cette composition , et ce n'est qu'en descendant vers la Loire ou l'Allier, qu'on aperçoit les coulée.' basaltiques qui se dégagent de dessous ce
FORMATION J>V VELAT ET DU VXVARAIS. %^g
masses incohérentes , et dont les tranches massives ou prismatiques alternent souvent, à plusieurs reprises , avec les déjections. Toutes ces laves compactes, cellulaires ou huileuses, se rapportent au type des laves modernes:
elles sont très péridotiques. La quantité des noyaux d'olivine dans certains cônes de scories, son absence dans d'autres , indiquent que le péridot est moins caractéristique sous cette forme. Les volcans de cette ligne se sont quelquefois écartés de l'axe central. Telles sont , du coté de la Loire, les montagnes de Talohre, Bizac et Yourzac; du côté de l'Allier, celles de Montaure et de Parima, sur la rive gauche et qui se rattachent pourtant évidemment à celles du Bouchet, de Seneujols^ Montbonnet , ,Durande , etc. D'Arlempde à Solignac , les parties supérieures du lit de la Loire sont entièrement basaltiques: c'est surtout aux environs de Monistrol d'Allier, que les basaltes ont envahi la vallée de l'Allifer. . IjSl forme générale de tous les basaltes est celle de coulées; elles alternent, à plusieurs reprises, avec les déjections stratifiées libres ou à l'état de brèches scoriacées.
• Les cônes de déjections forment la partie la
%5o CHAPITHLB Vm.
plus développée et la plus intéres^d&te de cette^ chaîne : ils sont composés de scories rouges , libres ^ englobées dans unepozzolaue souvent terreuse; mais on ne doit pas se les représeii^ ter commis eicclosi vetnen t composés de matières incohérente^ , un gt^and nombre d'entre eux présentent une roche scorifiée bréchifbrme très solide* Ces montagnes ont la ferme d'amas arrondis , souvent allongés dkns le sens de Taxe d'éruptions. Peu d'entre elles présentent des restes de cratères : aussi est-il très probable qu'elles doivent être plus souvent regardées comme des soufflures volcaniques, des émissions de laves scoriacées , que comme des cônes de déjectiobs y dont les cratères auraient été détruits.
Les vestiges de ces cratères sont en é!fet apparens dans la plupart des cônes où ils paraissent avoir etisté,la îiûontàgne de Talobre, pfH* exemple, et surtout le lac du Boucbet: encore lecratèreduBouchet n'est-il pas situé sut un cône isolé. Il est creusé sur la crête culminante de la chaîne, et sert en quelque sorte d^intermédlaire en t re cel ui de Saint-Front et cemt de Bar, près Allègre et du Bas^Vivarais. Le lac n'a ni alimentation ni déperdition visible: il
FORHATION 0U VKLAT £T 00 VIVARAIS. a5l
a 800 mètres envvon de diamètre dur a 8 de prefoiideur ; îl occulte le fond du cratère en entoiiQoîr^ qui ]^eut avoir i<Ma^ iDètred au pliift> de pr€tf6iideur totale. On trouve dëo» la lave flcorifiée dés noyaux de pyro&ène. Depuis le Boudiet jtisqti'à \k Dùrandè j la chaîne orien-» talé peut être considérée comme une longue boursouflure volcaniqiiie ^ k l'est et à Vouest de laquelle se trouvent d'autres« points d'é^ ruptions.
. La chaîne intermédiaire est composée de ciudne înter^ habites, qui se rapportent, le» uns à la chaîne occidentale^ les autres aux basaltes ancietis : elle exprime à-la<-fois les passagpes des caractères extérieurs et minéral<%iques d'ufie chaîné à TautrCi Ainsi lés volcans de Baueon , du Pal, de Breysse, de Denise, d'Ours, de Saitit-Geneit et de Bar près Allègre, se rapportent évidetn^ ment à la chaîne occidentale: ce sont des cônes à cratères , ^yant la plupart fourni des coulées de laves. Mais les bouches volcaniques effsicées ^ les laves disloquées qui forment encore des côtés saillantes , et surtout là grande quantité de dykes, de filons, dé masses problématiques qu'on rencontre vei^ le poiut ceilt^'al de la vallée , se rattachent sous le*
a 5^ CHAPITRÉ Ylir.
rapport de leur composition et? de leur mode d'émission, aux basaltes de la chaîne orientale. Tels sont les dykes de Montchamp près Laussone j de Servissas y de Peynastre j de Suc-du- Garde et Montahu, etc.; les filons de la plaine de Saint-Germain , les Rochettes , la Roche-Rouge et un grand nombre de basaltes disloqués , que l'on trouve à l'ouest du Béage , autour du Monastier, du Puy et dans l'Emblavés.
Les basaltes de cette chaîne , placés sur le passage des eaux de la vallée , furent généra^ lement exposés à plus d'altérations que dans toute autre partie : aussi sont-ils plus disloqués même que dans la chaîne orientale; D'après le désavantage de cette position , une partie des volcans qui la composent sont peutêtre plus récens que les volcans de l'ouest , et la conservation de Bauzon, de Bar le plus beau cratère du Velay, tend à le prouver ; d'autres , tels que les basaltes de Laussone , sont identiques à ceux du Mezenc ; mais il en est encore, tels que ceux de Croustet , du volcan de Montserre , de Doue , etc. , qui appartiennent évidemment à une époque intermédiaire. Les dégradations qu'ils ont éprouvées , les altéra-