‹ Description des terrains volcaniques de la France centrale, avec dix planches;Chapitre 27 sur 34 · FORMA.TION DU VELAT ET OU VIVARAIS · texte numérisé non relu

FORMA.TION DU VELAT ET OU VIVARAIS

tions de leurs roches, et lajiature même de ces roches , leur assignent ce rang intermédiaire. La lacune qui sépare les volcans de Test et de Fouestysi différemment caractérisés , se trouve ainsi remplie par une portion de cette chaîne , composée d'élémens hétérogènes et d'éruptions de toutes les époques.

Aux éruptions les plus anciennes se rapport i>es dykes et tent ces injections , ces éjaculations de laves compactes , sous forme de filons et de dykes , qui forment sans contredit la partie la plus intéressante de la chaîne. On retrouve ces alignemens de dykes sur une même fissure , remarqués à Rochenàaure ; la direction de leurs fissures ne coïncide pas toujours avec la direction de la chaîne ^ et par suite la direction générale des efforts volcaniques. Les dykes , alignés de Montchamp, de Servissas y de lourounety de . Suc-du-Garde et Montahu, of* frent des exemples frappans de ces alignemens.

La direction des filons basaltiques est très variable ; mais ils présentent souvent des relations évidentes avec les dykes , en ce que l'ensemble de ces directions aboutit à un point central , qui est souvent une masse puissante. Ainsi y près de Servissas, on remarque cette

a 54 CHAPITRE Tlir.

t}ispo$ition , qui existe de même à ki Boche* Bouge. Cette rodie (pi. IX) , M forme grossieroDoent cylindrique, surgit an«dessi|s du coleaii granitique , qnî /encaisse la rive droite de la Gagae,à f,5oo mètres eoTiron de son em* boucliure dans la Loice. M. Bertrand Ta re* gardée comme une ancienpe bouche volca* nîque, un fond de isv^tère qui aurait été dégagé par les eau^ de son enveloppe grani* tique ^ et cette hypothèse cfaceorde en effet très bien aveq la facile désaggrégadon du gvanite , comparativement à la ténacité de la roiche basaltique; avec là forme eylindroide de la masse, qui représente bien celle que prendrait , en se moulant , la- lave qui oscille a» ftrnd d'une bouche volcanique ; enfiti avec sa composition de basalte compact et scoriacé, de b'*èche à ciinisnt de lave , empiétant des noyauK granitiques. Cette origine particulière jett^ un intérêt spécial sur ce^te masse: elle n'a d'ailleurp rien de choquant ; car la Roche- Bouge est placée sur le penchant de la petite vallée de la Gagne , qui , ainsi que ia Loire , prend sa source dans le groupe du Mezenc; et d'ailleurs les perturbations nomb^eus^squi ont modifié ï^ configuration du sol dans cefte val-

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lée ont dû influqr n^cessairein^nt sur la distribution à^s eaux f et peuvent faira supposer de grandes dip^^MtioQS dan^ le volume d'eau de la Gagn^.*

On a observé deu^filcm^ qui partent de sa ba;se ^ Ve^ Qt; k l'opest , e% ^ prolongent jusqi)'à 5 ^ 6op iqfitro^^ I^ ppint d'émfstion peqt ^^c étro QOii^idéré qomine le point central d'^pQ longue fissure. Il en est de même rfËilativement ^ certains dyliea badaltiques , non-seule9ien|; dans oette . forn)ation ^ mais dan$ pl|Jisievip$ ppint9 des groupes trachyti^ que^. TpU 9ont le rpc CQui4and$ dans les monts Dorça» le puy Violent , dans le Cantal^ souvent plq^içurs fig^urea se croisent au point d'ét misÂon*

Ce quji a ét^ dit de la forme généralement conique pt iMée da^ dykes basaltiques , de la direction de leiar$ fissums, et par suite de leur structijrp^pents^rvîr à les distinguer des restes da coulées , qMi dans pprtains roas , ,ont aussi la fprme de iqfipntagnea isolées. Cette distinc^ian , &çi)p tpii^es 1^ fois que la roche est à nu ^

rp^t n^ii^ Ipraque j totites lea aspérités s'étant

éçroujéf ^ sur pllesrn^éipps , la masse ,ne présente , comme le gros dyke de Peynastre par

256 CHAPITRE Vin.

exemple , qu'un amas de blocs et de débris ; mais alors cet aspect est encore en quelque sorte un indice ; car les restes isolés de coulées sont presque toujours des montagnes à chapiteaux, où la stratification est facile à constater. A Brunelet, par exemple, et à Doue, qui ne sont pas loin des dykes de Peynastre et de Servissas, cette disposition est Êicile à reconnaître. A la base est de Brunelet, on voit une masse basaltique , en partie décomposée , qui évidemment a percé les marnes ; mais ce basalte ancien n'est plus celui qui les couronne et forme le chapiteau de Brunelet, Celui-ci est beaucoup plus moderne et le même qui se retrouve à Doue. Ces deux montagnes furent contiguës et appartiennent à une coulée, dont la position basse et la stratification sur les marnes justifient la dislocation. La disposition des fissures et la manière dont la basalte se délite en gros blocs , sont d'ailleurs bien différentes de ce qu'on peut observer dans les dykes de Peynastre, Montchamp, etc., et suffiraient pour.reconnaîtreicila forme de coulées. L'alignement des dykes basaltiques sur des fractures secondaires, indépendantes de3 grandes fractures , sur lesquelles sont alignés près-

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que tous les volcans, en ce qu'elles suivent sou-vent d'autres directions , justifie en quelque sorte les exceptions sur une échelle plus vaste au parallélisme des chaînes volcaniques, par exemple , celle des volcans américains. Ces firactures secondaires sont en effet quelque* fois beaucoup plus considérables , qu'elles ne le paraissent <]'abord. Celle sur laquelle sont placés les dykes de Pierre-Giraudet ,du château Servissas et de Pierre-Grosset (pi. VIII) , se prolonge vers la plaine de Saint-Germain par trois autres masses coniques de moindre dimension , disposées dans la même direction et ^ur le prolongement de la ligne. On pourrait même y rattacher d'autres saillies basaltiques, de même qu'à la ligne des dykes de Montchamp, Suc-du-Garde ; et à celle des dykes de Rochemaure, perpendiculaire à la direction des Ôoyrons ; surtout en se rappelant que dans le cas des coulées, il faut considérer la position du point d'émission, et non celle de la coulée.

Les filons et même les dykes basaltiques sont quelquefois accohipagnés de pépérinos , de brèches à ciment de lave qui se sont formées soit dans le trajet, soit dans un mouvement

a58 CHAPITRE VIII,

oscillatoire , par le broiement des parois solides dont les fragmens ont été agglutinés ou em- pâtés par la lave. Le dyke de Pierre-Ciraudet présente ainsi une brèche de lave basaltique empâtant des fragmens de la marne qu'il a percée, devenus lithoïdes et compacts; mais il présente, en outre, un fait bien plus remarquable, dont on doit la découverte à M. De* ribier.

La partie centrale y est occupée par une grosse masse de trachyte; ce trachyie est le seul gisement isolé qu'on ne puisse rattacher à la chaîne orientale ; mais la manière dont il ^st enveloppé par le basalte, la pénétration des .principes constituans des deux roches, laissent peu de doutes, relativement à -son origine.

Cette masse a été, selon toute probabilité, amenée au jour par l'émission du basalte. L'exa* men de la localité ne permet guère de supposer l'altération d'une roche préexistante, et Thypotlièse précitée parait là seule admissible , car Ton ne peut supposer une émission isolée de tracl^ytc préexistant sur ce point, ensuite englobée par un basalte ; et encore moins toute idée de transport qui amènerait cette masse de la chaîne orientale. Cette roche est un trachyte bien

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caractérisé ; il y en a même deux variétés qui , Tune et ratiire, se rattachent à la variété homogène. La première est compacte , sonore; elle présente dans sa cassure un peu conchoïde, de petits cristaux plats de feldspath vitreux. La seconde est scorifiée , les cavités sont remplies d'une substance d'un gris jaunâtre, plus claire que la pâte; elle contient accidentellement de petits fragmens de feldspath boursouflé, passant à l'obsidienne ponceuse. La masse trachytique est très fissurée; elle se décompose en quelques points. Elle est enveloppée de basalte compact, noir, parfaitement caractérisé, qui, au contact, pénètre quelquefois dans le trà- . chyte et prend alors des cristaux de feldspath , et une apparence moins pyroxénique.

Ce trachyte a-t-il été arraché dans les profondeurs du globe , par le basalte , ou plutôt avait-il déjà été rapproché de la surface par les émissions de la période précédente? N'est-ce qu'une masse de granité réduite à cet état par nnefiision nouvelle, englobée et araenée.parle basalte? La première supposition est, selon toute apparence, la plus admissible.

Les éruptions plus récentes eurent lieu, comme dans la chaîne occidentale , sous forme

afio ' CHAPITRE Vfir.

de €Oulées^ accompagnées de déjections abon* dantes, stratifiées ou> accumulées en montatagnes arroticties, dont lesplus modernes offrent dos restes de cratères. Ces volcans appartiens nent à des âges très différens^ et on peut les eoitiparer d'après ies principes développés dans le chapitre tu sur lage relatif des basaltes, de manière à suivre leur émission euocessive. Ainsi^ les copiées disloquées auxquelles ne se rappor* tent que des amas informes , des lambeaux de déjections terreuses, et quelquefois aucunes; ces coulées que l'on peut citer entre autre^ points au sud et au lîord <le Denise y^ sont les plufe anciennes , «t se rapportent'^ au morâs^ a l'émission des dykes. Les roches constituantes présentent i^e même ces^aractères de teirtui^e compacte et lamelleuse, de rareté des sub* stances disséminées^ surtout du péridot, de fréquente décomposition : ce sont aussi des basaltes anciens^

Yiennôni enduite les-volcans dont cm peut reconnaître les formés plus ou moins disloquées» Crôustet ^ moûtagfie conique composée de basalte et de laves scorifiéeà dans lesquels . on trouve dea «apbirs bleus , quelquefois verts, et des sirooKS* Ces^substanoesse trouvent partie

FORMATION PU VEL^ ET DU VIVARAIS. »6f

cnUèremeut dan* unf) lave poreuse^ d!un gnU olaîr, tendre et un peu terreuse; le basalte contient du fer titane as&ea abondamment « et de l'aipaphibolp. Quelques laves environnantes contiennent aussi des vircons, et se rattachent , p^r conséquent,' au volcan de Groustet. En général , tous les basaltes qui se rattadiéntaux ipwtres d'éruptions de Saint-Geneix , ^Saiilf- Pa^ulien, d'Ours, des sucs de Bre^sse » d'autres isolés, tél9^ qu^ Ooue, Brunetet, Saint-* Maurice, Cbaudefay , etc. , doivent être, selon toute apparençc/i placés entre l'émission desba^Ues de l'est et de l'ouest, et former une époque in* termédiaire- Les volcans de Bi^eysse constituent le centre le plus considérable; la puissance et rétendue des basaltes qui ^'y rattachant fiont proportionnées à la grande agglomération de déjectionsqui forment les mont^ignes centrales. les coulées se sont principalement étendues vers le nord ; en effet', il est à remarquer qUe dans cette chaîne, en vertui de la forn^e ellip* solde du bassin de ia Haute^Loire , lea volcans

du 9ud ont ordinairement déversé leurs la vea

xers le nor<lf tandis que les volcans du no^d las ont dév^ersées vçrs . le. isud , Les. laves basaltiqnes, tant qu'elles reposent

26a CHAPITRE Vill.

sur le graniie^présententassezdeconrinuité, surtout vers les centres auxquels elles se rattachent ;mais lorsqu'elles reposent sur les marnes tertiaires, leurdislocationestsouvent complète. Les eaux ont agi.'en effet, d'une manière très énergique sur ces marnes , et les lignes de ' stratification des basaltes disloqués de Saint- Maurice, Doue,etc.,indiqnent le niveau qu'elles avaient lors de ces éruptions. Certains basaltes de Doue ne sont pas en effet très anciens; ils reposent en partie comme le volcan moderne de Denise, sur les brèches; ils sont très péridotiques , sains , accompagnés de matières soorifiées et de cendres. La coupe de cette montagne n'est pas sans intérêt; un basalte moderne, accompagné de laves scorifiées, est appliqué contre un basalte plus ancien, quelquefois avec chaux carbonatée amygdaloïde; ce iKisalte repose, soit sur une brècbe, soitdu côté de la route sur des cendres grises très fines, légèrement agglutinées et dont la structure en prismes hexagones de 0,01 de diamètre est remarquable. Un banc de sable et cailloux roulés, en partie volcaniques, sensiblement ho* rizontat , et dont la position indique , par conséquent , que la dislocation est bien due à l'é-

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lésion et non à des soulèvemens , sépare cette petite couche de cendres d'une autre couche de cendres plus grossières, phis agglutinées dont 'Fépaisseur va jusqu'à pUi s d'un mètre, et qui est <livisée en prismes de toutes les cristallisations, qui ont cette fois o,o5 et 0,07 de diamètre. Ce second banc de cendres est remarquable en ce que la division prismatique n'y est vrai* semblablement due qu'au dessèchement. Tout cet ensemble repose sur des brèches et sur les

marnes sans fossiles. Le volcan de Montserre est .

séparé de sa lave qui forme le vaste plateau de Chaud de Fay, par le lit profond de laSumène; ces dislocations n'ont rien, d'étonnant si l'on considère la position des basalteS' sur le passage des eaux qui d'ailleurs n'ont pas toujours été concentrées dans les vallées actuelles, comme on peut s'en convaincre par la position de cailloux roulés phonolitiques en des points actuel-* lement éloignés des lits de la Sumène et de la Loire, les seuls cours d'eau un peu considéra^ blés qui en charrient maintenant.

Il est des volcans bien plus récens que ceuxrr ci, car malgré le désavantage de positions ana^ logues, ils sont dans un état de conservation beaucoup plus satisfaisant. Le volcan deDenise^

264 CHiLPITHE VUI,

par exemple, qui a percé les brèches dans ia dépression du Puy 9 présente un cratère oblitéré dont la destruction doit être probablement attribuée en grande partie ^ à l'émission de sa lave dite la croix de paille (PI. IX). Le point de sortie de la lave est à découvert y elle est descendue de ce point jusque dans le lit de la Borne où elle présente une des plus belles colonnades du Velay , connue sous le nom des Orgues d'Espaly. La forme montagneuse qu'elle a prise, indique une fluidité très pâteuse, quoiqu'on puisse, d'après la texture serrée, compacte, peu cristalline du basalte, lui en supposer une toute autre.

' Ce vplcan , qui a percé des assises puissantes de terrain tertiaire et de brèches, est remarquable par la quantité de fragmens primitifs contenus dans la lave et dans les déjections : ces fragmens de granité et de gneiss présentent une série fort complète dé toutes lesaltérations qu'ils peuvent subir par le contact des laves; on les trouve fondus et passant plus ou moins au basalte, ou àia pâte rouge des matières scorifiées et des larmes dont ils forment souvent les noyaux. Quelquefois ils sont eux-mêmes sqo« rifiés, et sans changer de composition, passent

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à la pan.ce boursouflée. La conservation du volcan de Denise, l'état sain de ses déjections doivent le ranger parmi les plus modernes du Velay : il en sera de même du volcan de B^r prés Allègre, Le cône de ce volcan ^ placé à Textréa^ité iiord d^ la chaîne dans une pleine qu'il domine, présente les rèfstes d'un beaii cratère de 4^ mètres de profondeur et 5oo de diamètre; il y exista un lac dont on a fait écouler 1^ çaux , et qui fut long-temps cité comme un gouffre sans fond. Toute la masse du cône çst composée de 3cories et de ppzzolanes, pariai lesquelles on trouve y es abondance , des noyaux de péridot vert et rouge , des noyaux d'aniphibole, et quelquefois un péridot compact vitreux, vert bouteille translucide, susceptible d'un beau poli : c'est, jusqu'ici, le siQUl gisement de ce péridot que la France possède. lia dernière coulée de ce volcan est dirigée vers le sud, c'est la plus péridotique qu'on puisse citer; à Ceaux d'Allègre, dans Q^rt^lns blocs les noyaux d'olivine forment près du quart de la masse.

Le volcan de Bauzon à l'autre extrémité de lai cbainfB), dans le Haut-Viyarais, ne présente pas une forme aussi bien caractérisée, il a re-

66 CHA.P1T11E viir.

jeté une grande quantité de pozzolanes , le plus souvent noires, que l'on retrouve jusque sur les bords de la Loire au Rioutord. Elles sont peu élevées au-dessus du niveau actuel « des eaux. Au nord, et près de lui , est le petit lac Férand dont les eaux saumâtres n'ont pas d'alimentation visible; autour de ce lac quel* ques matières volcaniques sont peut-être dues au voisinage de Bauzon , ou du volcan du Pal, car la végétation ne permet guère de bien explorer la nature du sol.

Cratère de sou- Au sommet de la côte de Montpezat , après

lèTement daPal. î i i

avoir passé le petit hameau du Pal , le cuemi» qui mène au Rioutord traverse un cirque de montagnes assez élevées. On y entre par un défilé très étroit entre deux montagnes abruptes , occupé par un petit ruisseau qui se précipite en cascades, et par un ravin très incliné dans le Bas-Vivarais. Ce défilé franchi, l'on se trouve tout-à-coup dans un cirque complet et très régulier (PI. VII), dont le fond plat et horizontal est partout encaissé par des montagnes arrondies, dont les pentes intérieures sont escarpées. Vers le centre de la plaine circulaire qui forme le fond, on voit surgir trois cônes isolés et inégaux. Le chemin sort do

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