‹ Description des terrains volcaniques de la France centrale, avec dix planches;Chapitre 29 sur 34 · CHAINE DES PUYS · texte numérisé non relu

CHAINE DES PUYS

formées par des entassemens de blocs anguleux, et dont la hauteur atteint lo et 1 5 mètres. Ces aspérités , entassées dans le plus grand désordre, ont fait justement comparer l'aspect de ces laves à ^elui que présentent les grands cours d'eau, lorsque les masses de glaces amoncelées qu'elles charrient sont arrêtées dansleur course. Ces laves forment des déserts plus ou moins étendus , très difficiles à parcourir, et connus sous le nom de scheires: telles sont celles de Côme, Louchadière , Vol vie , la Vache, Lassolasj etc. On attribue ces aspérités à des. explosions gazeuses , de sorte que la lave serait sortie du cratère chargée de beaucoup plus de gaz que n'en pourraient contenir les bulles qu'elle présente actuellement. Ces gaz se dégageaient avec violence pendant la course de la lave, et en bouleversaient par leurs explosions la surface déjà durcie. Plusieurs phénomènes tendent à prouver qu'il en résulta même des cavités intérieures, notamment dans la scheire de Côme , où l'on rencontre des creux très fissurés, d'où sortent pendant l'été des courans d'air très frais. Certaines laves présentent nne pâte un peu rougeâtre , et contiennent des cristaux de pyroxène , de manière à passer

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aax basaltes compacts porphyroîdes : telles sont les laves peu considérables du puy de Bârme , et du puy Pialat près Laschamp.

Sur toute cette ligne d'éruptions, les mêmes phénomènes volcaniques se regroduisent cootinuellement. La forme des cônes, la direction de leurs laves , les accidens qu'elles causèrent dans la direction des cours d'eau 9 ont d'ailleurs été longuement décrits ; mais il est bon d'ap* puyer sur quelques circonstances particulières qui donnent lieu à des rapprochemens entre les lois auxquelles la manifestation de l'action volcanique est assujétie dans ses différentes périodes. Ainsi la présence des montagnes Domitiques a visiblement influé sur la position des bouches volcaniques environnantes; et cela de même que la position des masses trachytiques de la chaîne du Yelay a influé sur celle des épanchemens basaltiques. Ainsi trois des montagnes Domitiques sont flanquées de volcans modernes. Le petit puy de Dôme est accolé au puy de Dôme , le grand Suchet au petit Suchet. Sarcouy est au sud flanqué par le puy des Goules, au nord par le petit Sarcouy. C'est ici la répétition du phénomène constaté à Jalore , à Saint-Front. Les laves ont

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suivi ]a même route souterraine que les masses traôhytiques, et elles sont venues percer à leur pied. Ce rapprochement est une nouvelle preuve à ajouter à celles que nous avons données de l'origine des Domites.

Ces masses préexistantes ont quelquefois modifié la forme des cratères , en ce que la masse domitique a fait , comme au petit Sarcouy, fonction d'une paroi du cratère , et que le cône volcanique n'a pu se développer que d'un côté. Ce phénomène est surtout propre au puy des Gouttes , relativement au puy de Chopine. Ce puy de Chopine est une masse du sol préexistant, qui a été soulevée postérieu-

rement à l'éruption des domites , et dont les détails ont été parfaitement décrits parM.Poulett Scrope. Le puy des Gouttes a la forme d'un croissant , et l'entoure vers le sud. Il est évident que dès-lors le puy de Chopine doit être <^onsidéré comme partie intégrante du cratère; car, le point d'éruption étant juste à sa base, toutes les déjections lancées vers le nord retombaient dans le cratère , et le cône fut forcé de prendre cette forme demi circulaire. Ce point est des plus intéressans sous le rapport des altérations que fit subir l'action volca-

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nique aux diverses roches qui constituent la masse du puy de Chopine. Le puy de Dômeest dans une position analogue , relativement au volcan moderne du petit puy de Dôme, développé à sa base nord. C'est à l'influence de ce développement volcanique , qu'on doit attribuer les belles cristallisations de fer oljgist«> qui tapissent certaines fissures ou cheminées de la masse domi tiqué. Il n'est pas même nécessaire de s'appuyer sur ce que les scories du petit puy de Dôme contiennent aussi du jfer olygiste; car celles du puy des Goutteis n'en contiennent pas , et pourtant la présence du fer olygiste au puy de Chopine est im des signes de torréfaction.

C'est encore probablement d'une action postérieure que résultent au Sarcouy les altérations par l'acide hydrochlorique. En ef« fet, bien qu'on ne retrouve, ni au puy des Goules , m au petit Sarcouy, les traces de la présence de ces vapeurs , leur action est très prononcée en d'autres parties de la chaîne , "surtout aux puys de la Vache et de Lassolas» Ces vapeurs y ont déconippsé les scories et les pozzolanes en plusieurs points , de sorte que ces scories sont devenues jaunes, ainsi que

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les cristaux de pyroxène qu'elles contenaient. Le fer olygiste est encore très abondant en ces points , surtout au puy de la Vache , où on le trouve sous diverses formes j quelquefois accompagné de fer phosphaté. Il est bon de remarquer qu'après Sarcouy, le puy de la Vache ^Gergo via où Ton trouve vers l'est , dés scories jaunâtres, altérées, avec fer muriaté ; on ne peut guère citer, dans toute l'étendue de la France volcanisée , d'autres traces de^ vapeurs hydrochloriques.

Parmi les cônes de la chaîne des Puy s , iF n'en est aucun qui présente une conservation plus complète , des formes plus nettes que Je puy de Pariou, à gauche de la route de Pontgibaud. Ce cône , représenté planche X., renferme le plus beau cratère de toute la France, si ce n'est par ses dimensions, du moins pai* la pureté de ses contours. Ce cratère a gS mètres de profondeur; il est d'une régularité parfaite, et présente comme celui de Stromboli un petit bord saillant vers la moitié de sa profondeur. Lé cône est contenu dans un autre cratère , égueulé vers l'est , comme on peut le voir dans la figure, par la. coulée feldspathique qui s'est épanchée de ce côté, et à l'éruption

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cle laquelle le cratère principal est postérieur; La lave de Pariouest fort allongée; à Fontmore^ où elle se termine, elle repose sur une couche de cendres feldspathiques : on trouve vers ce point des noyaux de roche primitive en partie vitrifiés» La roche est la tephrine pavimen*teuse si connue à Corne, à Yolvic; elle contient souvent d'assez grands cristaux de feldspath fritte comme les trachytes; à Fontmore elle prend accidentellement une texture fibreuse , âpre au toucher, et passe à xme ponce grise< Cette lave est hérissée d'aspérités dali$ la partie moyenne, elle a entraîné des amas considérables de scories et de poausolanes.

Les cônes à cratères de Jume, la Nugère, Montjughàt , les Goules , Corne €{ui eh a. deux, M ontchié qui en a quatre , etc. ^ présentent plus ou moins d'analogie avec Pariou. Les cratères égueulés abondent surtout dans la partie méridionale de la chaîné ; les puyA de La vache et Lassolas peuvent passer pour les types de cette catégorie. Ceux de Vichatel, Mongy,.

Louchadière', en sont d'autres exemples. On voit partir du fond de ces cratères les laves qui ont emporté une partie du cône. Du reste , ce sont toujours les méndes phénomènes , k

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même compositioD. Chacun de ces cônes présente plus ou moins d'intérêt par sa fomie ?

par les circonstances de ses éruptions; mais ces formes ont été trop souvent reproduites , et trop bien décrites , notamment dans l'ouvrage de M. Poulett Scrope , pour que nous ayons à en parler davantage: elles représentent toutes les phases d'éruption, depuis les simples soufflures volcaniques , marquées par de petites cônes de scories sans cratères, jusqu'aux montagnes les pins développées. Quelques-uns des cçnes de cette chaîne sont remarquables par leur composition. Outre les puys de la Vache el Lassolas, où les sublimations hydrochloriques et ferrugitiensesont singulièrement modifié les scories et les pozEolanes, on peut dter le puy de laRodde, qui a rejeté une énorme quantité de cristaux de pyroxène libres: c'est auprès de ce puy que se trouve le petit volcan Nain, élevé seulement de quelques mètres, et .qui présente pourtant plusieurs cratères concentriques. Le puy de la Meye ou puy Noir est aussi très pyroxénique : on y trouve une grande quantité de petites larmes volcaniques noires.

On ne peut guère citer dans cette chaîne ,

comme roches d'aggrégation , que des aggrégats très accidentels ^ analogues à ceux que^ l'on trouve vers le fond du cratère du puy des Gouttes , où l'eau forme encore un petit lac;, ou bien à la brèche volcanique , qui se trouve vers la base nord de Pariou., et dont le ciment résulte évidemment d'une source minérale, qui a existé vers ce point.

Il est à remarquer que c'est précisément la contrée où les feux volcaniques s'éteignirent en dernier, qui présente les phénomènes arrière-volcaniques avec plus de fréquence et d'énergie. Ce sont des sources. thermales, telles que celles des monts Dores; celles de; Sainte-^ Allyre , Saint-Marc , etc. , près Clermont ^ célèbres par leurs propriétés incrustantes; des sources minérales innombrables y des dégagemens d'acide carbonique considérables: ce sont enfin des sources de bitume ^.qui, lorsqu'elles ne coulent pas constamment, comme au puy de la Poix , se dégagent sous l'influence de la chaleur des terrains qui en sont pénétrés..

Ces phénomènes actuels sont justifiés nonseulement par l'extinction plus récente de l'action volcanique , mais surtout par le développement tout particulier qu'ils ont eu , comme

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Fattestent les formations de travertins de Coudes , etc., le bitume fossile, les infiltrations siliceuses que Ton retrouve si souyent dans tout le département du Puy-de-Dôme : ainsi le calcaire lacustre est très souvent pénétré de bitume ; les vackes , l.es pépérinos , le sont encore plus.

L'acide carbonique ne se dégage pas seulement par des sources fixes , comme à Aigueperse , à la source du Tambour, etc. Le sol en est tellement pénétré dans plusieurs localités qu'on ne peut creuser un puits , sans donner lieu à de nouveaux dégagemens. Les environs de Pontgibaud en fournissent un exemple; le sol en est saturé , et les sources gazéiformes sont très répandues. Dans les mines on en a constaté qui donnent lieu à un petit sifflement, et sont intermittentes.

TA.BLE&U DEb UAUTKCRS.

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TâBLEAU DES HAnTEUBff

( Hauteurs en mètres au-dessus dti niveau de la mer. )

«AOVPS DU CAlfTAIi.

Plomb du Canlal

Sommités des montagnes de Cabre 1690

Puy Mary

Puy Violent

Bort

Cezallier

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