FORMATION DU VELAY ET DU VIVARAIS
cette enceinte par une dépression qui existe vers la gauche.
La composition de ce cirque présente autant d'intérêt que ses formes nettes et régulières. Les montagnes qui l'encaissent sans autre interruption que le défilé de quelques mètres par lequel on entre du côté du sud^ sont granitiques; les trois cônes du centre sont composés de scories basaltiques. Enfin l'on rencontre dans la plaine de nombreux affleuremens de roches basaltiques^ on les voit même en plusieul*s points saillir au-dessous des masses encaissantes. Les assises granitiques sont très fissurées, inclinées dans tous les sens. Cette forme et cette composition annoncent bien un cratère de soulèvement, dû à l'action basaltique, et dont les caractères reproduisent ceux qu'on leur a reconnus dans les cratères les plus complets. Une étude plus approfondie permet de suivre avec détail les circonstances qui en ont accompagné la formation.
Le granité le plus répandu est jaunâtre^ quelquefois rose, très feldspathique; le quartz y est très disséminé, et le mica en petites paijlettes peu abondantes. Quant aux roches basaltiques , on en distingue deux variétés : la
a68 CUAPIXBE VJII.
première oompase les trois cônes du centre ^ ce sont des scories rouges communes, idéetiques à celles qui constituent les cônes volcaniques si nombreux de la chaîne ocâdentale du Velay ; elles sont libres et entassées, ce sont 4^ scories de déjections .
La seconde variété est un basalte noir, ordinairement scorifié , et très distinctement caractérisé par la nature de sa roche et les substances qui s'y trouvent disséminées. La pâte de cette roche est d'un noir foncé, compacte, le plus souvent lithoîde ; mais dans les points ou elle a percé intérieurement et surtout dans les larmes, elle pr^id un a^ect vitreux et une cassure conchoide. Le feldspath en cristaux vitreux ou opaques abonde en certains points. Ce basalte se scorifié et passe à une pozsolane Boire et plus ou moins agglutinée ; on y reàiarque l'abondance des noyaux de péridot olivine, ils ont jusqu'à o,i5 de diamètre. Ce péridot est granulaire, d'un vert clair, parsemé d'aiitres grains d'un vert foncé; les grsdns sont quelquefois très agglutinés, et présentât alors ime cassure luisante et polie. Ce péridot est assez rarement irisé, il ne s'en trouve pas de rouge. Les larmes volcaniques qui abon-»
FORMiLTION éV VELA' ET ]>U YIVARAIS. 269
<lént en quelques points ont presque toujours k leur centre un noyau de péridot, quelquefois un noyau de granité. Ces noyaux de granité qui existent aussi dans la lave compacte, sont petits y arrondis y et présentent ce fait parti-* culier, qu'ils ont été en partie fondus en émail bleu , de manière qu'ils présentent l'aspect de petits noyaux composés de fragmens de quartz et de feldspath étonnés ,' et réunis en* tre eux par un ciment déliéd'obsidienne bleue. Gcftte seconde variété de basalte forme des affleàremens dans la plaine circulaire , et surtout au pied des montagnes granitiques encaissantes; ifs se dégagent au-dessous de leurs masses , et s'y enfoncent quelquefois à des hau* teurs considérables. Au nord et à l'est, on voit deux de ces affleuremens s'élever et pointer dans le granité; mais le point qui présente le plus d-idtérét est , sans contredit , le défilé de l'entrée. On y voit le basalte s'enfoncer dans les deux montagnes qui forment ce défilé ; ^ à droite iH^ coupe verticale présente ce basalte sous4â foi^e d'un g!ros filon e^lé vers son extréiiiké;'C}n le retrouve à gaàche au bas de l'esctt^peinent intérieur , où il s'est' fait jour dans le^^cirq^ie suc une assesi grande longueur: il
2'JO CHAPITRE VlU.
existe en ce point un grand nombre de larmes volcaniques. Tout porte à croire que ces denx affleuremens furent contigus,et que le barrage céda à la pression des eaiix.Des paysans du Pal prétendent tenir de la tradition l'existence de ce lac; mais il est probable qu'il avait été rétabli par un barrage artificiel du défilé, car on voit, au point de sortie des eaux, les traces de ce travail.
Dans ce giseûient, le basalte, poussé de bas en haut, a pénétré dans les moindres fissures du granité qui a été fortenient chauffé; il y a un travail de désaggrégatipn et de pénétration qui ne peut qu'indiquer une pression considérable. Il n'y a pas de cours d'eau dans ce cirque, mais au pied d'une saillie basaltique près du défilé , on voit jaillir une de ces sources puissantes, qui se trouvent surtout dans les contrées volcaniques; elle est capable de faire tourner un moulin, et son volume ainsi que sa température sont invariables.
Il résulte de l'exposé de ces Êiits, qu'on ne peut attribuer qu'à des soulèvemens,Ia formation de ce cirque parfait, dont les pentes extérieures sont moins inclinées que les pentes intérieures; que, d'ailleurs, la présence des
fORMATIOir DU VELAT £T DU VIVA.R^S. 2^1
éfnissioDS basaltiques, et la manière dont les affleuremens volcaniques sont liés à la configuration du sol, à la disposition des masses, dé« montrent que c'est à l'action volcanique de cette époque, qu'on doit attribuer ces soulèvemens : enfin que les éruptions de trois petits cônes volcaniques du centre complètent le cratère-de soulèvement. Ce cratère de soulèvement ne doit sa parfaite conservation qu'à ses dimensions, moindres que dans les autres cratères de la France centrale. Il n'a , en effet , que i ,aoo mètres environ dans son plus grand diamètre C'est encore à la même cause qu'il faut attribuer l'absence des fractures extérieures, ces fractures sont , en effet , très prononcées dans le Cantal , moins dans les monts Dores et au<tour du cirque des Boutières, presque nulles dans ce cas.
Le cratère de soulèvement du Pal présente encore d'autres faits volcaniques qui résultèrent de sa position. Il est, en effet, placé au sud*estdu volcan de Bauzon, c'est-à-dire, à l'extrémité des volcans du Haut-Vivarais , au bord de cet escarpement abrupte et profond qui conduit dans le Bas-Yivarais en suivant la côte de Montpezat. Or, si l'on étudie le grand ra-
!à'p. GHâiPITRE VIII.
vin qui suit cette côte , on voit bientôt sur la gauche, en descendant, une puissante coulée basaltique succéder au granité. Cette cotilée recouvre le sol granitique, jusque vers Montpezat; Ja partie inférieure est composée de basalte compact, et la partie supérieure, de basalte scoritiée et de pozzolane noire et brune plus ou -moins agglutinée. Si Ton observe le point d'intçrsection du granité et du basalte, vers ta partie supérieure de l'escarpement , on voit que cette lave a percé latéralement le granité qui a cédé à la pression , et qu'elle s'est ainsi épanchée dans le ravin. Or, les roches doAt se compose cet épanchement sont préci* sément'identiques à celles du cratère de soulèvement. Les noyaux d'olivtne, les cristaux de feld^ath, les noyaux de granité avec émail bleu, s'y rencontrent avec les mêmes caractères; enfin, certaines parties du basalte, en contact avec le, granité, présentent le même aspect vitreux. Il suffit de considérer la position de cette lave ^ relativement au cratère du Pal^ pour reconnaître qu'elle faisait ps^rtie de lapnasse qui a soulevjé le cratère, donné lien k l'éruption des trois cônes; et que le granité qni^ de ce côté avait peu d'épaisseur,
FORMATION DU VELAT £T DU VIVAAAIS. 273
a cédé à la pression de la colonne de lave.
La. série .des faits causés par cette colonnb de. lave est donc par£atijbement exprimée : le soalèveme&t du cratère, l'éruption des trois €Diies..de déjections, l'effraction du graiiife suivie: de Tépancbement latéral de toute la partie.de la colonne de lave* qui se trouvait au dessus de la fracture.. Ce cratère se' rapU proche de celui des Boutières ^sous deux rapports 9 i^ par la présence de la lave soulevante au-dessous des masses qui forment la crête circttlaire, %*" parla scorification d'uile partie de cette lave, réduite à Tétat de brèche sco^ nàcée à ciment de lave , ou de posu^olane ag-^ ^tttinée. . .
IjCs volcans basaltiques du Bas«Vivarais,pla? voimm» du ces au pieddu grand escarpement du plateau primitif, se lient à ceux du Haut-Vivarais par le suc de Bauzon et le cratère du Pair Ils sont disséminés dans une contrée mon tueuse ^ dont la configuration a nécessairement influé sur la distribution des basaltes. En effet les poioifs d-éi*uptioos ayant nécessairement éckté dans des gorges profondément encaissées , sillôtinées parde^tcoursd'eau torrentiels', les coulées n'ont pu s'étendre que dans le sens de la
Bas*ViraraU.
2174 CHAPITRE Vin.
longueur , en occupant le fend de ces yaltées* L«e$ eaux se sont ensuite creusé un nouveau Ht , soit dans le basalte kii-méme j soit entre le basalte et le granité; et leur action ^ con* centrée toujours sur les mêmes points , a le plus souvent scié ces coulées dans toute leur longueur, et même entamé le {^rauite inférieur. Il est résulté de la position désavantageuse de ces basaltes des effets d'érosion, qui ne pourraient autrement s'accorder 4ivec leur âge i9(io4crne.
Mais cet âge est bien déterminé par le mode d'éruption en tout identique à celui des vclcans laviques, et même par b nature des roches qui, bieu que caractérisées basaltes par le p^idot ^ par leur aspect pyroxéniqae , par l^ar structure ; présentent cependakit, dans leur texture bulleuse et leur teneur en fddspath , généralement plus forte que dans les basaltes du Velay, des caractères mîiiéralo* giques plus aiodernes> La structure prisma« tique est à-peu-près générale : elle n'est guère reoiplacée que par la structiure fragmentaire. Les coulées > d'une épaisseur moyenne de lo à ao mètres, présentent y dans toute leur Iongueur^Jes coloiuiades les plus: bel les et les plus
#l>R|IATION ^U VnAT ET DU VIVARAIS. là'jB
variéds; ^lles reposent ^généralement sur le g^apiie ou sur les sables et cailloux roulés qui fo^màie^çt le lit de$ cours d'eau qu'ils ont dér^géi^ ly^ laves prennmt souvent, au contact ayec le granité^ un a^ect seœi^vitrmix , <iui tiqnt probablement. à un. refroidissement plus^ prompt. La, surface plane, des coulées de I^iitpe^at, de Jaujaç, indique ui;ie . fluidité assez co^pHfe*
Il est à ren^arquer quç les: cj6nes volcaniques occupent généralement des positions élevées, qui les, ont préservés de raction des eaux : aussi leur Qon^rvafiioQ nçi )^sse rien.à désirer. Gesont desmont^gni^ coniques qui présentent j à leur somn^t,. des ,|pratèreS; plus ou moins prc^onds. Celui de la coupe d!Âis>ayprès Entraigues, est le plu^ beau. Sa lave est descendue dans le lit du. Volant : c'est Ja plus dé^îradée. Il u'/sn reste en effet quç des lambeaux appliqués contre Jes parois granitiques de la vallée. Les accidens de la direction des prismes. y sofnt foit curieux. Li^ coupe de Jaujac présente aussi un vaste çratèjre échaucré du coté de\^ lave. La gravesune. de Montpezât estune énorme làasse de scorie^. Vers Montpezat, elle présente un .cratère , et elle a déversé une lave dans la ri-
ayfi CHAPITRE yiH.
vière d'Aulière : elle en a aussi produit du côté de ThueytSy qui ont occupé le lit de l'Ardèche. Ce gros volcan est généralement nu : sa couleur rouge indique qu'il est composé, comme les autres ^xle scories et dé pozzolanes. Dans aucun, on ne trouve une aussi grande variété de prpduits j des cendres grises «t noires, des scories contournées, cordées, des bombes , des larmes volcaniques , et tous les acddens des laves boursouflées des t;ratères. w : •
La. longueur des laves varie de 4 ^ ^o kilomèlres. Du reste, ces volcans, si intérèssans ont été l'objet de trop de descriptions^ pour qu*il soit nécessaire de. s'y arrêter plùslông^ temps. Nulle part on ne peut suivre avec plus de détail toutes les circonstances qui ottt ac- <:ompagné ces éruptions finales de la grande formation du Velay et du Vivâirais; et fon trouverait bien peu de rapports entre ces phénomènes , et ceux qui ont présidé à Témiâsion des basaltes anciens du Mezen^c et des Goyrons, si la lacune de ces deux époques n'était remplie par les volcans de la chaîne occidentale et intermédiaire , qui établissent lé passage des phénomènes. réellement basaltiques/, au mode
FORMATION DU VELAT ÏT DU VIVARAIS. ^77 ^
d'émission qui appartient plutôt aux volcans laviques.
Les roches d'aggrégation et de transport Formation de»
g, . . . brèches du bas*
lorment rarement une partie importante du sin du Pay. terrain basaltique ; on trouve des brèches à l'extrémité nord de la chaîne occidentale , on en voit du côté de Langeac, sans que ces formations très circonscrites présentent beaucoup d'intérêt. Partout, c^lans la vallée de la Haute-Loire, dans les Coyrons , des lambeaux de brèches de pépérinos^ des sables et cailloux roulés, en partie volcaniques , attestent Faction des eaux sur les laves des diverses époques ; mais, par suite de circonstances particulières, tenant à la configuration du* sol et à de$ éruptions volcaniques , il est arrivé , que , dans la partie du bassin , connue sous le nom de creux du Puy, une puissante formation de brèches a été déposée , qui se présente actuellement sous des formes tout-à-fait bizarres.
En . effet , dans la dépression dont le Puy occupe à-peu-près le centre > les brèches basaltiques , outre un assez grand nombre de gisemens plus ou moins apparens, constituent cinq énormes roches , isolées et surgissant au^ dessus du sol environnant^ avec des formes
378 CHAPITRE Via.
escarpées, hardies , qui sont peu dJaccord aTec leur origine sédimentaire. Ce sont le rocher Corneille, qui couronne le mont Anis , sur lequel est bâtie la ville du Poy ; Taiguilte de Saint-Michel, située dans un des faubourgs; elle a la forme d'un pain de sucre et une élévation de plus de 60 mètres; les rochers d'Espaly, de Ceyssac et de Polignac, d'une forme moins réguii^e , mais non moins escarpée. On trouve en outre des brèches à Denise ,^ à Rochelimagne,Doue, et en beaucoup d'autres points qui rattachent entre eux ces gros massi& aux contours abruptes , superposés au sol^tertiaire.
La composition de ces brèches *est variable : elle peut être regardée comme entièrement volcanique sauf les parties inférieures. Dans les cinq masses principales, elles sont fortement agglutinées et présentent quelquefois la dureté du basalte. Dans les autres gisemens , elles sont moins compactes , et même incohérentes en quelques points. La variété principale] est p>ruae , jaunâtre ou verdâtre , compacte , composée de petits fragmens avéllanaires et anguleux de làVe compacte ou finement poreuse , noire , dans un ciment moins foncé ,
FORMATION DU YELiY BT W VIVARAIS. ^79
Biais très dur^ ne faisant paà effervescence. Les fragmens volcaniques peuvent devenir si petits et si nombreux, que la roche prend un aspect homogène. Cette variété se modifie à Denise , à fiochelimagne : on la trouve d'un jaune rour geâtre , texture lâche , présentant des points arrocidis d'une teinte rougeâtre plus foncée. Elle change totalemei^ en ces mêmes points , en ne devenant plus qu'une agglomération de scories faiblement agglutinées par un ciment, qui est souvent de l'arragonite. Ces brèches renferment des géodes de fer hydraté. Les in&itrations ferrugineuses abondent surtout à leur contact avec les roches tertiaires ^ notamment à la butte de Rocheliniagne; enfin,.
comme minéraux accidentels , on peut citer le sircon , la cordiérite bleue en petits fragmens isolés empâtés dans la brèche , et plus, souvent disséminés dans une roche primitive , qui elle*méme se trouve empâtée. Elle se trouve surtout à Corneille et Saint-Mkhel. , Dans les cavité&de quelques scories ,.on trouvedu fer phosphaté pulvérulent identique au fer phosphaté des marais..
La structure de ces brèches est très massivedans les grosses masses isolées ; mais, dans les.
a8o €HAPJTR£ YllI;
autres gisemens, elles sont bien clairement stratifiées horizontalement, lorsque les lignes de stratification n'ont pas été soulevées et disloquées par deséruptions postérieures, comme cela est arrivé à Denise. La composition de ces roches se réunit à leur stratification eutre^Ues^ ex sur le terrain tertiaire, pour indiquer qu'elles ont été déposées horiKontalementiau foiid des eaux , en se modelant sur les aspérités du sol; et que les matériaux doiit elles sont composées n'ont pas été charriés , amenés de loin, mais qu'ils furent presqijie entièrement fournis par des volcans contemporains.
Enfin on ne peut guère méconnaître que ces brèches formèrent dans le creux !du Puy une masse puissante et continue ; mais comment concevoir qu'une telle formation soit actuellement réduite k cinq rochers isolés à peine réunis par des lambeaux épars. Chacune de ceÈ masses doit porter en elle-même le principe de sa conservation, et selon toute probabilité, ce principe n'est autre chose que la nature de leur roche compacte, dure et te^^^ nace. Que l'on observe, en effet,, les brèches à Rochelimagne , à Denise ^ elles y sont souventcomposées descories encore libres, incohé^
FORMATION DV VELAT ET DU YIVARAIS. !k8l
rentes; de ' brèches tendres et même friableis ' et non agglutinées; ces brèches ont été protégées à Denise par les scories et les laves superposées; à Rochelimàgne, les brèches agglutinées par un ciment ferrugineux ou d'arragonite, ont préservé celles de la partie in^ férieure qui le sont beaucoup moinfi* A Saint- Michel; la brèche compacte est encore conso^^ lidée par un filon basaltique qui traveeste toute la masse. Ces contrastes de dàreté etde conservation des cinq masses existantes^ avec rincohélîence et la disparition du reste, conduisent donc à. cette conclusion : qu'il exi^a^ un )ac dans cette dépression ; que des matières volcaniques fournies par les vokaps voisins en activité y furent accumulées , peut-être en quelques points au-dessus du niveau des «aux, puis consolidées en certains endroits seulement par des sources minérales ; enfin que les eaux étant venues à s'écouler entraînèrent hors de ce bassin tout ce qui ne présenta: pas une grande résistance:
Ces conclusions peuvent encore présenter quelque incertitude, tant les résultats en sont singuliers ; mais d'autres faits viennent encore les appuyer. D'abord il y a un barrage possi-
2 8a cHAPtTftK VI ir.
ble au défilé de Peyredeyre au point eu fb Loire passe du bassin en Puy dans celui de l'Emblavés , puis au défilé de Cfaamalière par leqiidl la Loire sort de la baule vallée : nous, examinerons lequel est plus présuroable. Il est ensuite à remarquer que les masses conser-^ véas^ notamment Roehelimagne , Saint «^Mi-chel, Corneille^ qui sont le plus sur le pas*^ sagedes eaux^ sont plus allongées dans la direct tk«i du sud au nord que les eaux doivent avoir suivie en s'écoulant. Enfin , M. Bertrand a ré* eemment découvert des cailloux rondes phonoli tiques, dans des alluvions derrière Ceyssac. Ce £siit est décisif, car Geyssac est placé à l'ouest et à 6.kilom« de la Loire. Or^ d'où peuvent provenir ces alluvions phonolitiques ; il £aut supposer nécessairement qu'qne partie des eaux qui prennent naissance an sud^est parmi les phonolites , c'est^-dire une partie du cours d-eau représenté par la Loire, ait passé derrière Ceyssac. Or^ cela revient à supposer que la Loire aurait tourné un massif qui occupait l'espace du creux du Puy, et' ce massif est la formation des brèches.
Reste la question relative au barrage , et par suite à l'étendue probable de ce lac. Les éé^
FORMATIOir mj \SLLkY ET DU VIVÀRAIS. a83
fiés >de Peyredeyre et de Gbamalières étaient ^raiserablaMement enoore plus resserrés àc^te époque que maiotenant, et pat iconséquent encore plus susceptibles' d'être momentaiié»' ment' ofastrués et fermés; soit par des laves qiiî auraient pu couler. dans cette direction ^ soit î^r racoumulation inéme des débris et des roches d'aggrégaticm ^ ain«i que cela "est arrivé sur une {^tis petite écheUe au tac dis* sériés barré par tm pépéritio stratifié. Quel-* ques lambeai^x de brèche dans l'Emblavés^ aux environs de Rozières et de Beaulieu pourraient faire supposer que ce barrage a existé à Cbamalières ; mais la présence de ces lambeaux épars et peu puisisans peut s'expliquer par l'existence de flaqties d'eau , de stagnations locales; quant à celles qui sont dans le défilé même, elles peuvent avoir occasionné un bar* rage partiel, au-dessus du niveau actuel des eaux qui est à 5o5 mètres , sans pourtant, à beaucoup près , exhausser les eaux au niveau nécessaire pour les brèches des environs du Puy. Le défilé de Peyredeyre n'est guère plus élevé que de 4o à 5o mètres, mais il peut avoir été barré beaucoup plus haut. Néanmoins, comme le rocher Corneille atteint 767 mètres^
il Êint supposer que les matières volcaniques avaient été entassées au-dessus du niveau des eaux. Ces brèches étant assez anciennes , il est bien difficile de se rendre compte de toutes les modifications qui ont pu avoir lieu dans Faménagement des eaux, des diverses parties de la vallée ;. le cours principal peut avoir plusieurs fois changé d'emplacement, le défilé peut avoir été obstrué à plusieurs reprises, comme semblent rindiquer, en plusieurs points, des alternances de brèches et de cailloux roulés.
FORMATION DE l' AUVERGNE. 285 *
GVâVITBE KEUVIÈIIE^
TVIULAIW JM5AI.T1QUK,
FORMATION DE l' AUVERGNE.
La surface occupée par celte formation est au moins aussi étendue que celle de ia formaitioQ: précédent^, mais les masses basaltiques sont loin, d'y présenter cette continuité , cette puissance y .cette connexion^ qui *laf rendent '^i importante. Sous le double rapport de leur positionet.de leur nature, <ses ' basalte sont indépendans , et peu comparables entre eux;
«88 GHAPITltlE IX.
qiies circonalaDGes tout^à^fiât^eKcteptioBneUes : disséaiiné' daBd le basalte aBcien. de» Charade , en. poyaiux d'oUvinë dans celui <le Prudelles, etjsurtQu£ au volcan 4e Moatodgnol, centre d'éruptîoDS des plus intéressaas^quese& autres caractères . rangent auss^ ^ iparmi les ^ éruptions contemporaines des dykes de la jimagne.*
Les principaux caractères des 'tjasaltes qui se rattachent aux centres trachy tiques Ai Cantal et des moaits Dores > se trouvent actuellement expliqués en les rapprochant de, tous les ÊûtS: constatés par l'étude des* basaltes anciensf du Velay et du Vivarais.* L'kpparitiok inattendue de' leurs coulées siir les pentes de ces groupes y sans qu'elles dépendent de centres d'éruptions, sans qu'elles se rattachent à des amas de scories et de déjections; ces caractères retracent de même des épanobemens latéraux qui n'étaient ni précédés, ni suivis des' émptions de déjections et de matières seorifiées qui eurent lieu postérieurement. Us annoncent une action toute dynamique qui n'était pas encore . modifiée dans -sa manifestation par l'adjonction de cette , grande ^-qùaatké dé i^atières gazeuses , qui ont donné une pby^ sionomie toute nouvelle aux dernières épo-
FORMATION DE L* AU VERONE. iSg
ques de la période basaltique , et qui caractérisent spécialement la période lavique.
De même se trouve expliquée cette dispo- BasaitM de h
-^. ^ - ,1 ▼allëedcrAUler.
sition tréquènte en dykes , en masses amoncelées , comme les dykes du Plomb , de Bonnevie , de Bredon , du roc Courlande ; masses qui paraissent quelquefois comme la banne d'Ordenche , le point central de grandes perturbations. Les mêmes circonstances d'émission , ont généralement présidé à l'apparition des basaltes dans la vallée de l'ÀIlier; mais comme il se sont fréquemment trouvés dans des conditions différentes de. position , il en est résulté quelques caractères particuliers.
D'abord leur distribution , qui n'est pas la même que dans le Cantal et les monts Dores où la difficulté de percerdesi puissantes masses superposées, rejeta les basaltes vers les pentes extérieures^ et leur donna la forme générale d'une zone concentrique aux groupes trachytiques. Les basaltes de la vallée de l'Allier affectent évidemment une distribution linéaire. Les points d'émission sont très disséminés sur une bande qui a plus de j^ kilomètres de largeur et qui se prolonge depuis Ardes, Lempdes et Brassac, jusqu'auprès de Riom.
a^O CHAPITRE IX,
La forme de monticules isolés qui se rapportent par leurs caractères à des émissions sur place, est tirés répandue, maïs elle n'est pas exceptionnelle; on trouve, en effet, des coulées très puissantes. Ces coulées sont ordinairement morcelées et exhaussées , elles reproduisent les caractères des plateaux basaltiques de TEmblavés et des environs du Puy, car elles se trouvent non-seulement, selon toute probabilité, dans les mêmes circonstances d'âge ; mais de même , elles sont placées sur le passage des eaux de toute la vaHée , et reposent sur un support tertiaire. La puissante coulée de la Serre qui descend des hauteurs granitiques jusqu'au-dessus de Saint-Amand- Talende, les plateaux de Rentière, de Gergovia et des côtes , sont des coulées bien évidentes; tandis que les pîcs basaltiques de Saint-Sandoux , de Montrognon , dlsson , Vodable, Nonette, du suc d'Esteil, etc., sont des masses accumulées au-dessus de leur orifice d'éruption, des dykes bien caractérisés. On observe en plusieurs circonstances la disposition alignée de ces dykes. Ehfin les filons ba- ^tiques fi-équens dans le Cantal et les monts Dores, se retrouvent encore dans la vallée de
FOiiMATio^ i>K l'aùVergne. agi
TAlMei*, inais plus rarement que les autres formes; lés filorns qui traversent le bassiïi de firassâc; peuvent être cités cotûttùe les plus remarquables. On voit , d'après cet aperçu , que Cfjfte nouvelle fonuation ne renferme guère qùé des phénoitlènès analogues à cèut qui, datts la formation dii Velay et du Vivâràis , se prê^iitënt sur une édielle bes^udoup plus d6«* véloppéé. Noite n'axïràns donc à examiner , pôtir éviter les répétitions , que les faits qui lui sont particuliers.
Le pic basaltique du suc d'Esteil , qui do- Le sue d'Esmine le village de de liom , sur la rive droite de fÂlIier, à là hauteur" du bassin de Brassac , paraît se rattacher à dès faits volcaniques pfus ifDportans que l'émission d'un dyke. Le pic fojrme le point culminant d'une vaste gibbosité du sol primitif, devant laquelle l'AHier éprouve UB renvoi , et qui domine de beaucoup toutes lès montagnes primitives environnantes qui se maintiennent à un niveau assez constant.
Ces Énontagnes primitives doivent être en effet considérées comme nh plateau tourmenté, sillotraé dans tous les sens , qui fait partie du relèvement abrupte du sol de la Chaise-Dieti , et s'abaisse dans là direction du nord-nord-
ag^ CHAPITRE IX.
ouest j usqii'à la ren contre des vallées de TAllier et de la Dore. Le sol est traversé par un grand nombre de filons quartzeux , les uns tenant de la galène , les autres composés en partie de quartz améthysé. Ces deux espèces de filons ont été exploités. On remarque, dans le fond de certaines vallées, aux environs d'Esteil, quelques lambeaux de sables et cailloux rou« lés, où le quartz améthysé domine toujours, en vertu de sa plus grande dureté. Si l'on s'élève sur la gibbosité principale, dont le suc d'Ësteil forme le point culminant, on aura bient-ôt dépassé le niveau ordinaire du sol; et l'on remarque que, jusqu'à une distance considérable, c'est la seule qui forme ainsi' une saillie très prononcée au-dessus de ce niveau. Un basalte ancien , homogène et compact, forme le pic de la sommité. La structure en est fragmentaire et les blocs écroulés annoncent d'avance ce couronnement volcanique:
or, en tournant cette masse supérieure et se dirigeant vers les points dits Valenleuil et la Brugère,on trouve sur ses flancs une couchepeu épaisse entièrement composée de quartz blanc etaméthyséà l'état de sable et de petits cailloux roulés. Ces débris proviennent évidemment des
FORMATION DE L^AUVERGNE. ^^î
fiions analogues qui abondent dans la con^-^ trée : leur forme roulée et pulvérisée annonce l'action des eaux , une action vive et prolongée , puisque non-seulement ces matières si dures ont été broyées, mais que les fragmens d'une nature moins résistante ont été anéantis. Or, il suffit d'un seul coup-d'œil sur -^ la position inclinée , très élevée , de ces sables et cailloux roulés , pour acquérir la certitude que non-seulement ils ne sont pas en place , mais qu'ils ont été prodigieusement dérangés. En effet ils ont été placés bien au^ dessus de tout cours d'eau capable d'en créer d'analogues, au-dessus même du niveau ordinaire des montagnes; d'ailleurs les parties supérieures ne contiennent pas de quartz araéthysé : le pic saillant est basaltique. Dès-lors il est peu douteuxque cette grande perturbation dians là configuration du sol, ne soit due à l'émission de ce basalte.
Or, la nature de cette perturbation ressort tout naturellement de la confi^ration actuelle de la contrée. Le sol était en ce point au niveau de toutes les montagnes environ- nantes , et toute cette vaste gibbosité saillante a été soulevée par l'émission du pic basât-
tique. La couche de sable amétbysé a été élevée au point ou elle se trouve açtuçUeipent commeuQinonum^ntde cette ré volutiop. J^ ne crois pa3 qu'il puisse venir à l'idée d'expliquer cette preuve 9 comme dans quelques cas apalogues , par l'émission de ces cailloux roulés de la bouche volçapique. Ce pip intéressant est en outre un des plus beau^ observatoires qu'on puisse trouver pour con^ts^ter la forme des éruptions volcaniques de toute la ligne d? l'ouest. Le Cantal , ]e Cez^llier, les p^onts Dof es et la chaîne des monts Dômes , formept du sud au nord un long rideau ^ un peu fuyant du côté du sud-ouest , tandis qu'en se tour<^ nant vers le sud-est , on aperçoit les volcans du "Velay et du E(aut-Vivar£^is.
plusieurs autres masses basaltiques psMraisr sent liées à des phéppmèues de perturbatipn analogues , quoique biep moins» considérables. Ainsi, par exemple, le dyke d'Issou a percé des alluvions « qu'il a évidemipent transportées à une élévation inusitée. Pu plus d*un ppipt de la vallée ^ ou voit les couches (çalçaire^^fraçiturées , boyl^evers^es p^r des émipsion§ b^* tiques. Le mont Cognol semble encore noqseulement un centre d'éruptions , mais un
FORMATION DB I,' AUVERGNE. agS
centre de soulèvement, quoiqu'il n'en «existe jusqu'ici d'autre preuve que son analogie avec le ^uc d'Esteil.
Les basaltes du mont Cognol , compacts et Montcognoi? scorifiés, forment uj»e masse puissante qui couronne flne gibbosité primitive , au nord-est de Pontgibctud. Cette gibbosité est saillante audessus du {d^teau des monts I)ômçs-, maisbeawcoup moins que dans le ça» précédant' O» «© peut guère trouver de preuve de soulèvement que dans l'afieissement qui, d" côté de Pranal, aurait déplacé le Ut de la Sioule; ce lit, comme ou le verra plus tard» a été changé et abaissa: et dan» un aifaissement qui, du côté de Saint^urs et la Gravière » aurait £iùt faire un angle rentrant à une coulée basaltique , dé-^ pendante du mont Cçgnol.sous cet aspect , et «oiuposée de deun plateaux diversement inclinés. Mais ces pbéuomènes trouvent dans l'9Qlion érosive d«i eaux une expUcatiflU peutêti!e plus wrturelle, et ïe sQulèvemeni do»»
le woptCoguol sertit te mvx avlmxmi central , tt eat enocwpe qftUue bypo^èfte-
Mm , comme centre d^ér «ptiou» . w poi^t olfre un intérêt plus positif..U maas« pnw»-
pale est composée de baaaUe «>c de déj^Cti»»*^
UqS CHil^PlTRE IX.
faut attribuer la formation de ces clépressions.. GcrgoYiar. La iDontagoe de Gergovia , près de Glermonr^
a été l'objet d'un grand nombre de recherches en vertu de la complication des éruptions dont on y retrouve les traces. Ces éruptions produisirent des basaltes et des vackes dont la position n'est pas facile à expliquer. M. Dufresnoy a supposé que l'intercalation du basalte inférieur dans les couches calcaires^ provenait d'un épanchement latéral ; cette hypothèse n'a rien d'invraisemblable, car on a vu des intercalations analogues d'épanchemens basaltiques dans les roches phonolitiques ; intercalations bien évidentes et bien constatées.
NéanpQoins^ l'hypothèse de M, Poulett $crope qui regardait le calcaire supérieur cooune un travertin , bien qu'elle paraisse moins naturelle au premier ^bord , par la puissance inusitée de ce travertin et sa nature particulière, mérite une attention spéciale, d'abord parce qu'elle s'appuie sur la présence de fragmens et de boules basaltiques dan^ ce calcaire; ensuite, parce qu'elle est applicable au puy du Yar QÙ une roche, anf^loguç à (^calcaire cpntesté de Gergovia, quoique moins puissante, p^sse en plusieurs points à uo pépérino bien avé-
FORMATION DE l'^U VERONE. 9^99
ré, et sépare de même deu^ coulée^ basaltiques.
Il y a quatre faits volcaniques distincts à Gergovia: i^ la masse basaltique intercalée, %'' 1^ coulée qi)i couronne 1^ plateau» ^ la mi^sse de vacke jaupâtre , 4'' I& gi^^pd filon qui fait saillie du côté de l'ouest. I^'étude du grand ravin , où les quatre faits sont en quelque sorte en contact , peut éclairer sur leurs rapports mutuels. Le ravip se ti^ouve au-dessous du çbemip de Merdogne^ après la saillie d^ ç^t énorme filon , qui le ferme vers le nord. Le basalte du filon est trè^ distinct des autres par l'abondance du péridot disséminé i qui y prend un aspect aciculaire et cristallin : il a deq:^ salbandes d'un pépérino jaunâtre de scories , agglutinées p^r un ciment siliceux^ Le basalte intercalé est compact, en partie granulaire. Si l'on parcourt le calcaire super* posé, on trouve de temps en temps des co^^ che3 d'environ oi^'^Zo d'épaisseur dç calcaire très siliceux, qui le traversent en divers seqs^ et.quQ l'on a pris pour les ligp^ de stra(ifipar tio^ du calcaire; mais, en ^^amipant J^di!verses partieade ce calcaire, on s'aperçoit que iion-seulement elles n'en sont pas les lignes
de stratification , puisqu'elles sont > disposées dans tous les sens , mais qu'elles ont un rapport direct avec les masses volcaniques.
La preuve de ce fait existe sur la route de Merdogne. Entre le grand ravin et le filon , on voit un petit cap de vacke^ qui fait saillie (pl.IX)i La vacke repose sur le calcaire qui, en ce point, est criblé de ces petits bancs de calcaire siliceux. Un de ces bancs de calcaire siliceux foime la.salbande de la vacke, et la sépare du calcaire contesté. On peut remarquer, dans la figure , qu'elle en accompagne toutes les ondulations. Lorsque la vacke se renfle , en prenant la forme d'une boule ^ le calcaire siliceux, sans se fracturer, dessine ces formes arrondies. Il y a plus: les bancs de calcaire siliceux, qui sont plus bas, et dans le calcaire même, dessinent ces formes , quoique avec moins de netteté , comme cela se voit dans la planche. Si ces bancs siliceux étaient antérieurs à la vacke , ce fai^ serait incompréhensible. En le supposant postérieur, il est tout naturel. La vacke, superposée au calcaire, a éprouvé un retrait , lequel fut occupé par des infiltrations siliceuses, qui pénétrèrent même au-dessous, en suivant , lorsqu'elles étaient encore
FORMATIOIf DE l' AUVERGNE. 3oi
près de la vacke , les ondulations du retrait.
Ce phénomène est important ; car il prouve l'intensité qu'avaient alors les infiltrations minérales; et la manière dont elles sç précipitèrent dans les salbandes du filon , et en consolidèrent le pépérino , est encore un fait à mentionner. Les infiltrations ne se bornèrent pas à ces calcaires siliceux : elles produisirent des quartz résinites y de la silice pure avec des formes souvent stalactitiques. La puissance de ces infiltrations et la manière dont elles ont criblé toute la masse en quelques points, porteraient à regarder, comme résultant d'infiltrations, toute la masse calcaire supérieure au basalte. Mais des fossiles trouvés dans cette masse , par M. Dufresnoy, ramènent à l'hypothèse d'un épanchement latéral; et ces faits d'infiltrations , de fragmens de basalte dans le calcaire , peuvent encore s'expliquer par des sources minérales , et la pénétration des roches à une haute température.
Cette montagne est très variée dans ses produits. Parmi les roches basaltiques , on peut citer les scories jaunâtres avec fer muriaté. Ces scories se trouvent , à l'ouest, autour de la grosse masse saillante de basalte scorifié.
3o*JL CHAPITRE IX.
Vers la partie siipérîeure du grand ravin , en un point, qui est juste au-dessous du chemin , on voit un petit banc de lave jaunâtra scôrifiée , également intercalé , et qui ren ferme aussi de ce fer œuriaté. Du côté du nord , on trouve des basaltes variolitiques à pâte noire ou roûgeâtre. La chaux carbonatée y est souvent cristallisée sous diverses formes. Enfin, outre les roches basaltiques , on réncd titre des quartz résitiites très variés, parmi lesquels on distingue les Variétés blanches , brunes et ver» dâtres.
Des vackes. Cette localité nous conduit à parler ded vaclés , qui y forment une masse très considérable; car Gérgôvia et Poiit-du-Château en sont les deux gisemeiis principaux. Celle de Gergovia est jaunâtre: les taches y sont d'un jaune ochreux , plus foncé. Elle est quelquefois biilleuse, surtout au contact avec le calcaire , et ses bulles sont en plusieurs points tapissées de cristaux de chaux carbonatée.
A Pont-du-Château, la Vàcke est verdâtre; les taches sont de même arrondies et d'un vert plus foncé que la pâte , souvent noires ; mais il arrive plus fréquemment qu'à Gergovia , que la roche prend un aspect homogène. On
FORMATION DE l'aUVERGNE. 3o3
y trouve , près de T Allier, une variété contenant des cristaux de pyroxène arrondis, qui, prenant un tissu tâche et finement poreux , et perdant toute forme cristalline , deviennent des noyaux verdâtres arrondis , de sorte qu'il arrive que le centre du noyau est de pyroxène, et Textérieur d'une pâte identique à la vacke , âefnlement plus foncée. La vacke de Pontdu-Château contient du fer sulfuré, du bitume , de la calcédoine guttulaire , du quartz opalin aistallisé en rosaces : elle passeà la vacke tout-^-lait bitumineuse du puy de la Poix, monticule connu par la source de bitutne pissai phaltè qui s*y trouve. On remarque , en ce dernier gisement des infiltrations siliceuses considérables.
La nature de ces roches n'est guère susceptible de déterminer leur origine et leur état primitif., l'on ne peut en tirer que des conséquences très vagues; mais la forme de leurs gisemens et les variations de structure qu'elles y subissent en plusieurs ch*constances, peuvent donner quelques indications plus précises. En effet les contournemens qu'elles éprouvent, en prenant un tissu plus compact, et qui Àont tellement prononcés en
3o4 CHAPITRE IX.
plusieurs points, qu'il en résulte une structure en boules à couches concentriques comme dans les basaltes. Ces contournemens, qui ont lieu surtout dans les points du contact avec le sol, indiqueraient qyxe les vackes ont été émises directement comme lesbasaltes. Quant à la nature de leur fluidité primitive, il est bon de se rappeler que, dans le Mezenc, il existe un petit banc de vacke dans le flanc, même d'une coulée de basalte compact ou.scorifié^ où il n'existait certainement pas d'eau ; que certains basaltes sont susceptibles, en perdant une partie de leur fer, de prendre un aspect terreux analogue à celui des vackes qui doivent être rangées parmi les roches pyroxéniques , directement émises par l'action volcanique.
Comme la nature de ces roches ne varie pas même daps le centre des massifs les plus épais, on ne peut guère non plus les regarder comme étant décomposées. D'autres faits pourront venir, par la suite , jeter plus de jour sur cette question. Quant à présent, il est bon de se rappeler, en réunissant tous les indices précités; que cette espèce de lave a été peu fluide, et que, parmi les laves feldspathiques , par exemple, il y a au moins autant de distance
l'oaest.
FORMATION Dfe l' AUVERGNE. 3o5
entre les laveâ modernes de Corne et de Vol vie/ et certains trachytes en masses , qu'entre les basaltes proprement dits, et les vackes.
Le terrain basaltique se termine à l'ouest de Basaltes de cette formation par une chsdne parallèle à la direction générale depuis Rochefort jusqu^à Pranal ; dans cette chaîne , les caractères de forme et de composition paraissent un peu plus récens que dans les basaltes de l'est ; car les éruptions y ont eu lieu sous forme de couplées , qui se rattachent à des cônes de scories, et les laves s'y rapprochent plus souvent de la nature des basaltes modernes compacts. Ce sont les basaltes de Rochefort, Bergaudix, Tracros, Gyel, des grottes de Pranal , qui se rattachent à des cônes de scories , tels que les puys de Banson, Neufont, le puy Rouge. Ces volcans basaltiques avaient été précédés sur ce plateau par d'autres basaltes plus anciens, les uns qui se rattachent à la zone extérieure des monts Dores , à partir de la Queuille ; les autres comme au mont Cognol, appartiennent à des points d'éruptions indépendant et placés sur le plateau. Ainsi Ton trouve des basaltes à l'e&t et à l'ouest de la chaîne des roont& Dômes , à la Prade , à Prudelles , etc. y qui indiquent
3p6 GQ[APITBE I3L
t}çs éroptiQps pa;rticulièfes> et: a&térieure& à' celles, de l'a petite q^î]m&. de Koaeat
En plij.s^eurs points, des émîsaioJKsbs^altiques sont descendues dans le< Ujl de la Sidcile , dont ]^ petite vallée suil; la même direoHonw L'exemple de la coulée^d^e Pranal est le* plus îaDéressant ^pai^CQ qiie> c^tte coulée , partie du puy Kouge,, occupe encore le lili primitif de la Sip^ule 9.qui s'en es& creusé ua autre à côié<, plus, bas que le premien Cda est £gKsiie à re^ com^kre dan$. la coupe (ipl. IX), eommuoiqilée par jM. Fournet. Les travaux des mines ont permis de constaten la disposition du banc de GaiU.ou;^: r.oulés qui n'exister qneid'on seul €Ôté du liât actftiet de lia. Sioule.
Les coites descoriessosub eomposéb, comme d'ordii^ai^e^, de déjections ; mais, sous ce rap-i port de conàposition , aucun ^e présente autanl d'intérêt qoe. le volcan basaltique mo^ derne> de Graveneire. Il s'est&it jour surle pla* teau de Charade, et a déiversé^uwe^ lave du côté •de Test, séparée eo deux coulées par la butle^de MonAaudojux. Ce vokan présente une girosse masse de déjections et de lave SGorifiéo. Les seoriel affectent les. formes les plus variées : elles sont roifges.et noires , et souv^At remar*
FORMATIOir ne L*AtfV£RGK£. 3o7
xpaiAfSB fH»; un émail briltanU , ^mi^'viïreux, qni cooxvrei la surface intérieure des caillés et des boursouflures. Les^ diverses pozzolsBes y ccMBStiftueot <le& couiebes stratifiées qui ont plus de 3o métrés, de puissance : elles sont noîpes, rouges ou d'un jaune vif, sonvent composées de graûns de toul:es ces ccatakmrs , co qui leur donne un aspect varié. DHes coB^ienoeot quel^ cpiefois des* scovies conspacies et eofdées. La lascy prise a Royat , par exempile , es« \m ba* salAe Gompaet^ c^une texture cristal liiïe}^ carasc-' térisé par 'des points de pépido« irisé; mais, ptise amppès^du point dfe départ, elle est cellu»' latre, scorifiée^ éminemmetif cristallisée; Le fddspatb y est abondant et très' apparent*: on t-rou^e même d'assez gfrm cristaux de feld^tbf adulaire. Ce basalte peut d'autant mieux donner l'idée de© basaltes inoderHes du Veîay,qwe sa nature, jjrenae, cristalline^ contraste a'vetf la pâte compacte , litboïde du basalte* de ChaH cade^ quï est pourtant exc^tionnel aux basakesi anciens , sous te rapport de la grande abondance de péridot quHb renferme. Les ba^ salt«s dé Pranaï et de^ Chatùsset contiennent' aussi bcancoup de cristaux disséminés, dU' feldspath,, fer titane, péridot. La soufflure
ao.
3o8 CHAPITRE IX. .
de Çhalusset a obtenir beaucoup plus de cé^* Içbrité qu'elle n'en mérité; les cavités qui s'y trouvent dans les scories bleues., rouges et poires , ont été évidemment pratiquées de main d'homme ; de même que dans les soufflures beaucoup plus considérables de matières 'sçoriiiées j citées dans la formation précédente^ k Montbrull , au Villard. Roches d'ag- Les rpche3 d'aggrégation de la dallée de ^tegation. l'AUiçr constitucut des gisemens isolés et in-
d^ëndaas., principalement répartis , comme nous l'avons dit, entre Vertaison, Vayre et Glermont^ Ces monticules de pépérinos et de tùfe basaltiques ne représentent pas , comme dans le Velay/ le morcellement d'une vaste forinàt;ion : îls ne' résultent pas de grandes agglomérations de débris ou de déjections volcaniques ; mais ce soqt autant de formations locales , remarquables . par la variété et par la nature des infiltrations minérales qui les ont modifiées et consolidées. Ainsi, au puy de Piquette, petit massif de tuf yçrdâtre, presse Mouton , on trouve des fragmens calcaires, dont les cavités renferment de la mésptype cristallisée, du bois çharbonné dont la surface extérieure est recouverte de mésotype compacta. La
FORMATION BE l' AUVERGNE. 3o9
mésotype est donc bien ici ujne substance d'infiltration. Près de Cournon, une vacke est eimentée par cette substance. D'autres fbis c'est l'arragonite qui sert de ciment, ou bien le calcaire^ la silice, le fer oxidé: aussi la^ variété des roches d'aggrégation est-elle très, grande , comparativement à leur peu de développement. Ces roches offrent de fréquens passages aux vackes : c'est qu'elles en . ont quelquefois usurpé lé mode d'émission. Ainsi < ces brèches , qui accompagnent certains basaltes et se sont évidemment formées pendant leur trajet , ont une origine toute volcanique; et d'un autre côté, certaines vaclces ont empâté ungrand nombrede fragmens calcaires, comme celle du puy de Crouel; ce qui leur donne une apparence de roche sédimentaire y surtout lorsqu'elles ont été modifiées, comme les roches d'aggrégation , par les infiltrations minérales, et les travertins dont la formation se prolongea bien au-delà de la période basaltique , et dure encore actuellement en un grand nombre à^ .points.
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CHAINS D£S FUTS..
Garaetères du IjOfôqtt'cm déOOUVrit qu'il RVaît exîsté CO
*««" ^«- jFrance, et en d'âutres contrées , des volcans éteints de temps inunémorial; que ces volcans» identiques par leur forme et leur compositiony aux volcans en activité, n'en différaient que par leur extinction ; il s'établit naturellement une séparation entre les volcans éteints et
CtiAlUm 1>£&. PJUYS.
bfttlans. On mt s'atincidait fm alors à é^frb conduit à classer parmi les volcaiïs éteintis , les. ilèriraiii& trachy tiques 'el basa)tk|cies, en dé- «nenfarant aiasi les férindtiotift >tfu^qulîllei3 OK les -avait d'dboiYl rapportés» Dans Tétat aetuël de la science^ cette pren^tère di^inetion i^n- «re ies voltcàns 'èHeitiXB ^ bràlaas ^ e^t tout-àlût il^sorre; avant 79, là ^a6s% tôloà1iié[Ue eu se trouve actiieltement te Vésttvé, aiWàit «té clasBée parmi les volcans éteints ; elle serait iBaiat£dfiaiatcoD8idéréeGôi]9i[nepartifein%ég>i*ante d'iin vdlcan brakint « que l'on supposé 'en Fraornse plusieurs côbeâ dB Ù. chaîne des Pii^s rcgiir^aant quielques signes d'activité, bettechaîne passerait 'd'une classe dans une autre. €îtons encore le tf^lcaii bi'ûlànt de Jortitlo,, qui ) dans le cas id^extinctîdn , devrait être rejeté dans le terrain basaltique;
Une mas^e volcanique quelconqifté doit être dassée d^api^ès ^à compositibti-^ d'après ^ôn mode d^énditeion; et de mèfiàe <}U'ùh vcflôâh basàhiqae peut êtm êtïS^om ^v activité , ^n Volcan dts là troisîèfllë subdivision^ un volcati làvique , peut être éteitit^ lâétne de tehips im>mémorial. L'anomalie n'est pas plus gi^nde sous oe rapport , que lorsque des ms^sës bar
3l2 CHAPITRE X,
saltiqùes paraissent contemporaines de cer-tains trachytes.
Les caractères du terrain lavique sont, du reste , assez nettement tranchés. Sous le rapport de la composition 9 c'est la succession des roches feldspathiques, pyroxéniques^ amphigéniques , à la présence constante des roches pyroxéniques; c'est encore plus, car on confondra rarement une lave pyroxénique mo* derne avec un basalte. Cette différence, qui consiste dans la texture, tient à-la-fois au mode d'émission et aux matières rejetées» Les basaltes ont yers la fin de leur période, usurpé le mode d'émission du terrain lavique qui consiste en émissions de coulées partant de cônes de déjections, de cônes à cratères ; mais les éruptions gazeuses déjà plus importantes dans le terrain basaltique que dans le terrain trachytique, deviennent tellement prépondérantes, que noupseulement elles donnent naissance à une grande quantité de déjections incohérentes , mais qu'elles influent sur la texture des laves produites, et deviennent, comme il a été dit dans l'introduction , une partie de la force qui pousse et amène ceS' laves à la sur&ce du sol. Xi résulte de cette pénétration des gaz,
CHAINE DES^ PUTS. 5i5
dans les laves émises» une texture bulleuse*, cellulaire y criblée de vacuoles quelquefois à peine perceptibles à Tœil; qui contraste avec la texture serrée et compacté des pâtes basaltiques. Cette espèce de porosité influe sur la cassure qui devient âpre et inégale ; sur là structure qui est moins nettement , moins ré^gulièrement fissurée. Aussi , la véritable structure prismatique, la structure des coulées modernes du Yelay et du Yivarais, disparaît presque totalement; elle est remplacée par celle qu'affectent souvent les trachy tes , structure massive 9 fragmentake, en gros prismes ébauchés.
Il n'y a donc pas eu changement subit Qt complet dans le mode d'émission, dans les matière&émises , pas plus que dans la succession dés basaltes, aux tràchytes qui avaient déjà dans les monts Dores esquissé quel serait le mode d'émission de la période suivante; et sous le rapport dynamique et minéralogiqué, les passages des trois périodes volcaniques ne sont nulle part aussi ménagés que dans la France. C'est en vertu de ce passage graduel que l'on trouvera, dans quelques volcans de la chaîne des Puys, des caractères de compo-
3l4 CHAPITRE X.
sition un peu basaltiques, kandkrquetTaiiIres retraceront dans tous leurs délaik les^raptions clés volcans actuels. Cette deraière considération se ratta<^ eticore au péridot; cette 'smhstance , si importante dams ks iaveslMisaltiques, disparaît, quelquefois même dan les laves pf^ roxéniques : ce n'est que dans quelques )gisemens très circonscrits qu'on peut laciter^ ainsi, dans la lave de Loucfaadière om trouve du pé^ ridot à Peschadoire , tandis que ^néraletiMiit il n'est pas visible* DansleslavesleUspalhiqties il n'existe pas; à peine si l'on peut en dter quelques points, comme dans les Irachytes.
Ce caractère est encore à ajouter aux.nouveattx caractères minéralogiquesdes iaVes,ii la foi'me constante du mode d'émission; enfin, à l'état de conservation des coulées, des cônes et des cratères^ pour distinguer le terrain lavique des autres terrains volcaniques.
Cette parfaite conservation ébddit suffifiam^ ment l'âge des volcans de la cbsuoe des Pv^s postérieur aux volcaâs basaltiques, ce qui est d'ailleurs démontré par la superposition de leurs laves; mais elle a donné lieu, relativement à leur Âge absolu , à de fausses apprécia* tions. £n effets la position de ces volcans est
CHAINE DES POTS. 3l &
id^y «qu^ie a singulièreiiieiit favorisé cette OQUsenratâon ; mais lorsque leum laves sont ^iesceodaes <kns des positions oà ^es néces** âîlàreot des érasicms, en bftrrsnt des Murs d'eau ^ en occupant leur lit comme dans le Ba»- Yivarais^ ces érosions sonU de nature à reculer leur apparition bûdn au-delà des temps historiques. Telles sont les altérations des laves de I^oudiadière^ da Come^ dans le lit de la Sioule près Pontgifaoud ; et celles qui^fiirent nécessitées en d'autres circonstances , dans le terrain préexistant.
Ainsi 9 lorsque la lave de Gôme barra Tancien lit delà Sioule, les eaux s^accumulèrent , et une colline tertiaire, cédant à la pression ,fut creusée à une profondeur de près de loo mètres. De même , la lave de Vichatel barra le lit 4e la Mone, e& s'appliquant contre une colline tertiaire ) qui fat entamée et creusée perpendioiilairenient. Il n'est guère possible d'établir des calculs approximatifs sur le temps qu'il fallut aux cours d'eau de la Sioule et de la Mone^ pour creuser ces nouveaux lits; cette action primitivement très accéléi^ée par la pression d'une puissante colonne d^eau , est maintenant à peine appréciable , sous ce raj^
3l.6L CHAPITRE X*
port il en est de ces érosions comme de celles du Bas-Vivarais; mais on acquiert , néaniïioins, la conviction qu-il &liut un plus long laps de temps que celui dont rhistoîrè nous a> conservé des souvenirs; D'un autre côté , lorsque ces barrages furent établis dans des roches solides comme pour les lacs d'Aydat et de Chambon ^ les eaux ne purent l'entamer; cette considération assigne aux volcans de la chaîne des Puys une époque phis récente que les dernières éruptions basaltiques du Vivarais, où des barrages analogues ont été rompus j dis^ loques par des érosions profondes. Les érosions sont d'ailteurs comparables , dans, ces deux contrées, en ce sens que l'on conçoit qu'il a. fallu bien moins de temps pour entraîner 2000 ou 3ooo mètres cubes de calcaire, qu'il n'en a fallu pour entraîner » o à 1 5 mit lions de mètres, cubes d'une roche aussi dure et aussi pesante que le. basalte, même pour des cours d'eau plus encaissés et plus inclinés. Chaise d«s Sur Ic même plateau que les montagnes Doroitiques, et suivant la même fissure, sont placés les cônes volcaniques qui constituent la chaîne des Puys, sur une longueur de 4o kilom% environ. Ces cônes sont de dimension varia-
GHAUTE DES PUTS. 3îJ
Ue, composés de déjections et de iav^ scorifiées; autour d'eux le sol est couvert de pozzolanes. Un bon nombre a fourni des laves feldspathiques ou pyroxéniques , que l'on peut suivre depuis le fond des cratères d'où elles sont parties, jusqu'aux points où elles se sont arrêtées. Du sommet du puy de Dôme , qui partage à-peu-près la chaîne en deux parties égales j on la voit formant vers le nord une bande de 5 à 6 kilom. de largeur; les volcans du petit puy de Dôme , de Gome, du grand Suchet, de Pariou, des Goules, de Louchadière, du groupe de Jume, de la Nugèresont les plus remarquables. Vers le sud, la chaîne, d'abord pliis étroite, se prolonge par les gros volcans de Montchié, Laschamp, Mercœur; vers ce point elle prend plus d'extension ; les puy s de Lavache, Lassolas, Montjughat, Yi* cbatel, etc., affectent une disposition circu* laire : au-delà quelques cônes disséminés rejoignent les dernières pentes des monts Dores qui terminept l'horizon. La position relative de tous ces volcans alignés sur la même fissure longitudinale, leurs formes et leurs produits identiques doivent les faire regarder comme appartenant à la même époque^ et résultant
(Tune oiême coav«Usidft , cTiiBe même, «érie d'efforis. volcanic^pies»
À peu d?exceptk)as pvès , tQU& oes cônes* ipnéseatent' la iaei9i^> aérie dct phénomènjes ; ils lae- dsfFérent qiKL par les. circonstanee^ partîeiilièves de leur position. Ce sont des cônes troo^ qués , sarmo&fésde iiii>, deuaiv trois, ott niéfse quelquefois quatre eratèves, qui ont pcodttit des: coulées de hi've^ dirigées vers l'est ou* Touest. Tous représentent donc< au moins uoo âruption leHe qu^'elles ont lien d^ans les toI- ^ans actuels , Téruption , par exempte^ de Monte-Ross0/au*des3U8 de Gatane^ et les détails de ces éruptions sont panr&itesnenC exprimés, en ce qu'ëltes se sont art^Vées à desmoraens différens.
Lorsqoe ks matières voteaniques, poussées de bas en h^nt, se sont fort joorsitrun point, les gaz élasijiqnes qui pénètrent et font osciller la laye', lancent en se d^ageant dé» scories, des poazolânes qui retCHnbent et s'accumulent autour de Torifice, de manière à former un cône- à cratère^ et quelquefois à plusieurs cratères loirsqu'il y a plusieurs peints d^explkv sions. Il est rare que cet état de chose ne soit pas. suivi de rémission d^une coulée; la lave
CHAINE 0ES Bmrs. 5i9
^s'élève ijans h ciralère. dont les paroisrxèdent t)rdin^einenA d'un côté-, et elle s'épanishe suivaiit FindinàrâQU du sok L'éruption^ peut ea rester là^ oi» se terminée^ ainsi' qu'elle avait çonmeii^^ par rémission de matières seorîfiées^ ifUc^obéreiMes , q«if recoastmisent le eône à çra^re^y dfim% une portion avait été emportée p£|r 1^ If^vei. Telle est kt série ordinaire desphéq^pmènes représentés par diaque cône vol^ x^iqjue de la chaîne, seulement elie a été plus * ou iM^in^i coiBpIète ; it y: en; a qui se sont bor- ^
né^. à \^ fondation du cône ; d'autres qui sie sont ^vvêtédi immédiatement après l'émission de Is^ )axQ;.ct'autres, enfin, dont les c6nc|sont été reconsbruits, H peuvent différer par leur (jjmQnsVpo qui dépend de l'intensité et de la durée de l'action volcanique; par leur conftffuration qui dépend en grande partie de leur position , et des accideas du sol ; enfin , par la nature des matières émises, et surtout de la
lave.
Les laves sont fekbpathiques ou pjroxé- Layet mcâer* niques : elles se distinguent par leur texture oeUulaire et poreuse , grenue e^ cristalline . des tracbytes et des basaltes, qjui sont comme elles , en; coillées. Il est cependant des rappro*
nés.
3aO CHAPITRE X»
chemens très prononcés des laves feldspa-* thiques^ à une partie des trachytes modernes , en coulées sur certains plateaux des monts Dores, la lave de Guzeau, par exemple; et des laves pyroxéniques à certains basaltes de la chaîne occidentale du Velay, lorsqu'elles prennent du péridot , comme dans celle du puy de la y ache : mais il est à remarquer que, lorsque le péridot est apparent , il arrive ordinairexaent queles cristaux de pyroxène le sont aussi , comme on le voit pour la lave de Louchadière et de la Bodde; et sous ce rapport , elles se distinguent des basaltes modernes, qui ne pren* nentpasde cristaux de pyroxène. Lji partie supérieuredes coulées est toujours beaucoup plus buUeuse que la partie inférieure, qui prend une texture compacte. La structure est massive ou grossièrement fragmentaire. Ces laves reposent ordinairement sur le granité ou sur le soi volcanique; elles se sont quelquefois superposées: ainsi, dans un puits creusé jusqu'à ^4 mètres , à Bandanne 'y par M. lé comte de Montlosier, on trouva deux coulées modernes, séparées par des déjections, puis une coulée basaltique. La surface des coulées modernes est très souvent hérissée d'aspérités,