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de la forme qu'ils affectent, se lient ensuite entre elles sous ce double rapport. Ces liaisons sont rarement appréciables dans une même contrée : ainsi les trachytes de la Hongrie pourraient être regardés comme la limite supérieure du terrain trachy tique, taudis que. les trachytes de la France , liés par leur position et leurs roches au terrain basaltique, en formeraient la limite inférieure.
Il en résulte que l'âge absolu d'une période ne peut être établi par rapport aux terrains de sédiment, qu'en prenant le terme moyen des époques auxquelles cette période appartient, dans les diverses contrées où elle s'est manifestée. Des épanchemens granitiques . pouvaient encore avoir lieu dans une contrée , tandis que dans une autre les porphyres s'étaient déjà développés ; de même que les basaltes de certaines contrées ont pu précéder les trachytes de la France postérieurs aux derniers dépôts tertiaires. Ces considérations doivent conduire naturellement la géognosie à étudier séparément les terrains ignés et les terrains sédimentaires.
Les soulèvemens forment une classe de phénomènes non moins importante que celle des émissions déroches, auxquelles ils sont liés d'ailleurs par une origine commune. La plus grande partie des inégalités du globe , la saillie des contihens appartiennent à une série de soulèvemens ; mais , comme l'âge géognostique de ces révolutions n'est pas toujours marqué par la présence de roches épanchées; et que , lors même que l'on trouve des roches ignées dans une chaîne de soulèvement, comme les ophites dans les Pyrénées, on ne peut pas toujours prouver que leur émission est liée avec le surgissement de la chaîne : la classification en était impossible. Cet ordre de
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fdits a pris tome TmiportAiice qm liai appafrtendt, clepoîs que M. EKe de Beanmont a enfin trotrré le moyen d'apprécier fâge de ces révolutions , et par suite de Ibs classer. Cette théorie s'appuie sur Phorizontafité essentielle aux couches de sédiment. Les mers les plus orageuses, l'es pTus sillonnées par des courans/les plus hérissées d^écueils, .présentent<>q)endant un fond très sensiblement horizontal. €e ibît résulte de Fexpériencer il est incontestable , etf dans son cours, M. Ëlie de Beaumont en a cité une prettre convaincante. La ^fTérence de niveau qui ex&te an fond de k Manche, depuis le détroit jusqu'à l'entrée, n'est que de loo mètres : or^ la haute mer a lieu à Saint- Màto, lorsque la basse mer a lieu à Calais , et la différence du niveau des eaux à ces deux points est d'environ xo m'ètres. L'horizontalité n'est pourtant pas changée sensiblement, une différence dix fois plus grande serait de même inappréciable. Est-il une plaine continentale qu'on puisse comparer au fond de la Manche. Enfin cette horizontalité est encore démontrée par l'existence même des substances organiques , végétales ou animales , dans les dépôts de sédiment; car chacun de ces êtres ne peut vivre que dans des limites de profondeur déterminées. « Lors donc , dit M. Elie de Beanmont , que les montagnes représenteront les îles des anciennes mers , cette horizontalité devra exister pour les couches de sécfiment appliquées sur leurs flancs; mais lorsqu'une conche sera sensiblement inclinée , lorsqu'elle présentera des failles , des traces de perturi)ation, le soulèvement sera postérieur à leur dépôt.
La forme des soulèvemens est souvent assujéde à certaines lois, qui sont surtout appréciables dans leur liaison
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avec la manifestation des phénomènes yolcâniques. Il est en effet naturel que ces deux résultats i ^fférens d'une même force expansive , se montrent quelquefois associés et réunis sur un même point. Cette Haison a lieu particu-^ Kèrement dans les cratères de soulèvement. Un cratère de soulèvement, dans son entier développement, est tm cirque plus ou moins complet, profondément encaissé par des escarpemens abruptes, au milieu duquel l'action volcanique s'est manifestée par la production d'un ou plusieurs cônes. Les pentes extérieures sont ordinairement beaucoup plus douces que les escarpemens intérieurs. Le cratère de fiarrend-Island , cité par M. de Buch dans les lies Nicobar ; celui de Ténérîffe , présentent ce développement complet ; mais ils peuvent n'être que partiels. L'action volcanique peut ne pas avoir apparu au miHeu^ ou ne s'y être manifestée que par de nouveaux soulèvemens (voyez le mémoire de M. Elie de Beaumont dans les Annales des sciences naturelles y avril, i83o). Les cra*> tères de soulèvement n'appartiennent pas exclusivement aux contrées volcaniques: les chaînes des Pyrénées , des Alpes, etc., en contiennent des exemples incontestables, *et leurs formes se reproduisent dans presque toutes les contrées de soulèvement.
Sous la dénomination de terrains volcaniques, on doit f erraîns vol« comprendre, outre les volcans évidens,' éteints ou brû- can>q«Mlans , les roches ignées qui s'en rapprochent à-la-fois sous le rapport minéralogique, et par leur mode d'émission. D'après cette définition, le terrain rrachytiqne devrait peut-être ne pas être rangé dans cette classe; car son mode d'émission, souvent problématique , a peu de rapport avec les éruptions actuelles , et , sous le point de vue
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minéralogiqae , il y a un passage uu peu brusque des roches feldspathiques , aux roches pyroxéniques du terrain basaltique : mais d'autres considérations le lient nécessairement aux terrains volcaniques. La plus puissante est sans contredit les relations de position qui l'associent très souvent aux volcans laviques. Ainsi, dans beaucoup de contrées irachytiques, l'action volcanique a continué de se manifester pendant les périodes suivantes. La base des volcans brùlans est presque toujours trachy tique, tandis que la position de ces volcans n'a aucune relation avec les épanchemens antérieurs de granité, de porphyres, d'ophites, etc. Cette liaison sera surtout sensible en France, où des éruptions de basaltes et de volcans modernes ont eu lieu au pied de masses trachytiques , qui leur avaient en quelque sorte frayé le chemin à la surface du globe. En outre , la transition des trachytes aux volcans évidens y est très ménagée par des passages minéralogiques très fréquens et par des analogies dans le mode d'émission. Ainsi les trachytes en dykes , en véritables coulées, se rapprochent tout-à-fait des dykes basaltiques, et de certaines coulées de la chaîne des Puys. Une séparation absolue entre les trois périodes volcaniques qui s'y sont manifestées successivement serait tout-à-fait impossible. En outre les trachytes sont accompagnés de véritables scories > de déjections ponceuses et pulvérulentes, et , si ces matières ne se présentent pas sous les forifies qu'elles affectèrent vers la fin de la période basaltique , et qui caractérisèrent la période lavique ; leur présence suffit pour établir une distinction précise entre les éruptions trachytiques et celles des périodes précédentes. La série des terrains ignés , depuis l'apparition des trachytes
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jusqu'à nos jours , sera ce! le des terrains volcaniques : elle comprendra, outre les roches émises directement, toutes les modifications qu'elles auront pu subir par Faction des eaux. Les roches remaniées sont naturellement plus dé> veloppées dans les terrains les plus ancien^. Telles sont les roches d*aggrégation qui accompagnent les trachytes.
Les terrains volcaniques placés à une limite inférieure des terrains ignés sont ceux qui présentent le pkis d'importance, non-seulement parce que leur conservation ' donne la facilité de reconnaître avec précision quelles furent les circonstances de leur éhiission, mais parce que les divers .modes d'émission qu'ils ont affectés peuvent conduire à reconnaître ceux des épanchemens antérieurs . En eiffet l'espace compris entre la période trachy tique e*^ les volcans actuels fut assez considérable, pour que les masses trachytiques et basaltiques aient assez varié dans , leur mode d'apparition , pour retracer à-'peu-près toutes les diverses formes sous lesquelles purent avoir lieu les énâîssions defroches ignées. Aussi,bien qu'une théorie volcanique doive nécessairement être basée sur tous les phéno mènes dont la surface du globe porte les traces , l'étude de c«s derniers terrains suffit en quelque sorte pour se rendre compte de l'origine qui a présidé à leur enfantement.
En suivant pas à pas les terrains ignés, on voit les Système tLéopoints d'émission se concentrer dans des espaces plus rares '''^"^' et plus circonscrits. Sons ce rapport les exceptions ne sont qu'apparentes : ainsi les roches basaltiques sont disséminées sur des espaces plus étendus que les trachytes; mais Tagglomération de ceux-ci, Tentassement de leurs masses leur fait regagner en puissance ce qu'ils semblent perdre en étendue. Or ^ Ton esl évidemment conduit à regar-
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der la série des terrains ignés comme engendrée par les épànchemens. successifs de roches plus ou moins fluides , comprimées par une enveloppe solide contre laquelle s'exerce cette réaction , et tendant toujours à se frayer un chemin au dehors. Cette force expansive bien que son énergie nous semble indéfinie dans les volcans actuels , et^ue nous ne puissions lui assigner de limites , a pourtant diminué d'intensité en ce sens que les effets modificateurs sont beaucoup moindres. Ainsi par exemple les grands volcans brûlans ne doivent généralement leur élévation qu'aux Irachytes qui en forment la base. Or, ces variations ne proviennent pas évidemment d'un affaiblissement dans la force volcani(|ue, mais elles suivent toutes les lois qui résultent de l'accroissement des obstacles opposés à sa manifestation. En effet la force expansive dut agir d'une manière d'autant plus générale qu'elle éprouva moins derésbtance , et qu'il existait moins de causes pour lui assigner des -points d'action particuliers , et 4a concentrer vers des orifices, permanens.
La force volcanique Tésulte-t- elle de phénomènes -dûmiqueSy ou dynamiques? Telle est la seule question actuellement pendante , et que selon toute apparence des considérations assez récentes ont résolue. En un^mot cette force expansive, et cette fusion des roches, proviennentelles de l'oxidation des couches successives dont se compose le globe ; ou bien comme dit M. de Humboldi, est-ce l'action de l'intérieur d'une planète encore en fusion, sur son écorce solide et oxidée , c^«st-à-dire un simple phénomène de refroidissement.
Dans les premiers âges géogiiostiques , les phénomè»ues chimiques durent avoir une grande influence sur les