‹ Description des œuvres d'art qui décorent les édifices publics de la ville de BordeauxChapitre 14 sur 77 · I.o Daptêmc de .Îésus-Ghiist · texte numérisé non relu

I.o Daptêmc de .Îésus-Ghiist

Sous un groupe d'arbre.s, Jésus-Christ reçoit le baptùmo des mains de saint Jean-Baptiste; trois anges agenouillés assistent à cette scène. Au-dessus de la tête du Christ apparaît le Saint-Esprit, sous l'emblème d'une colombe, dans un nimbe rayonnant. (If l'-SO, L' 1"25, T.)

Copie moderne d'après Caliari (Paolo), dit Paul Vcroncs(^,

'*) Catalogue du Musée du Louvre, 1835, p. 265. ■-) Va?ari, G. Blanc.

né à Vérone en 1528, mort le 19 avril 1588 (*). Celte copie a été donnée à la cathédrale en 1854 par Tempereur Napoléon III. La graNOire du tableau original, par F. Rosaspina, 8e trouve à la bibliothèque impériale, cabinet des Estampes, à Paris, dans la collection des œuvres gravées de Paul Véronèse.

Saint Gharles-Borroiiiée, archevêque de Milan.

Le saint archevêque, pieds nus, la corde au cou, se prosterne devant un crucifix, implorant la clémence divine pour la ville de Milan, affligée d'une terrible peste. (H' 3"*50, L'2m.,T.)

Ce tableau, peu remarquable, placé à l'autel de la chapelle Saint-Charles, a été peint d'après la gravure d'Ëdelinck, reproduisant le tableau de Charles Le Brun, qui se voit dans une chapelle de Téglise Saint-Nicolas du Chardonnet, à Paris. C(»lte chapelle, que Le Brun avait fait décorer pour servir de lUfiusolée à sa mère et dont il conduisit les moindres travaux, renferme également le tombeau de ce peintre célèbre, mort à Paris en 1690, à l'âge de soixante-onze ans (*).

Sainte Magdeleine

Lii Magdeleine, demi-nue, les cheveux épars, est en méditation devant une tète de mort. Signé E. Mondan. 1841. — Cintré dans le haut du tableau. Figure de grandeur naturelle, (ir l"'80, L^ IMO, T. )

Ce tableau fut donné par le Gouvernement à Féglise Saint- André, en 1850. 11 ne figure plus dans la cathédrale depuis

(') Va»ari, Félibieii.

{") Les Uommca iltustics du Ar///' sivvle. par IViTauU, l7Jf».

sàimt-àndhé. 113

quelques années. Plusieurs catalogues des expositions de Paris uienlionnent des tableaux de M. Eugène Mondan : Le Repos de la Sainte-Famille (salon de 184â), une Sainte-Famille (1844), une Sainte-Glotilde (1845).

Pour compléter la nomenclature des tableaux de la cathédrale qui peuvent attirer Fattention, il suffira de citer : une Assomption de la Vierge, un Père abbé donnant Taumône, uo Souvenir de la Mission de 1817 à Bordeaux, le martyre de Saint-André (*), don de l'Empereur, et enfin quelques faibles copies; le Baptême de Jésus-Christ d'après N. Poussin, la Yisitation d après Mignard, et TAnnonciation d'après Coypel.

OBJETS MOBILIERS

Le Maître-autel.

Le maitre-autel de la cathédrale, en style dit à la Romaine décorait primitivement l'église des Jésuites de Toulouse. En 1763, après Texclusion de cet ordre du sol français, les Bénédictins achetèrent cet autel et le firent transporter ù grands frais dans l'église Saint-Pierre de leur couvent à La Héole.

ri'. *

« En 1803, ce meuble et d autres objets précieux que le vandalisme de 1793 avaient respectés, furent enlevés pour orner la cathédrale de Bordeaux, sans que l'administration communale de La Béole y mît opposition (*). »

De nos jours, une grande partie des boiseries qui coiupo-

(*) La primatiale possédait anciennement un tableau ile ce m^me sujet, attribué à Sébastien Bourdon. Description de Bordeaux, Pallandre, 1786, p. 46. (0 M. M' bupiii, A'oftc-e kislmique sur La Héole, 1839, p. 8(>.

saient le baldaquin, et les colonnes de marbre sérancolin qui soutenaient les boiseries se retrouvent dans un piteux état sous les cloîtres. Et maintenant, que deviendront les anges adorateurs, le tombeau, le tabernacle? Avant que toutes les parties de cet autel, déjà si désunies, ne soient dispersées et perdues à jamais, pourquoi ne pas restituer ce meuble à Féglise de La Réole, ou l'offrir à toute autre église du xviii' siècle avec laquelle il s'harmoniserait parfaitement (*)?

Autels des chapelles.

Les autels des chapelles appartiennent à divers styles, les uns inspirés d'après les modèles du xviii* siècle, d'Oppernur et de Meissonnier, et les plus modernes dans le goût du moyen âge.

Les premiers décorent les chapelles de l'Annonciation, du Mont-Carmel, de Saint-Charles et de Sainte-Anne (*); ils se composent de retables en pierre et en bois, ces dernières

(M « Ces colonnes et ces boiseries conviendraient aux cathédrales de La Rochelle, de Tarbes ou de Monlauban. ■ Monographie de r église pritnatiale de Saint-André, par Ms^ Donnct, 1854, p. iS.

Pour la description de l'ancien maître-autel, qui existait en 1668, voir VHistoire de Saint-André, p. 23. — C'est en avant de cet ancien autel, à l'entrée du sanctuaire, que fut enseveli, en 16i8, le cœur du cardinal de SourUis, le corps ayant été porté à la Chartreuse

(*) Voici, d'après Lopès, les noms des anciennes chapelles, en suivant chaque travée, à partir du transsept, côté méridional : Saint Martin, des trois Maries et Notre-Dame de Pitié formant actuellement la chapelle de Notre- Dame du Monl-Carmel, Sainte-Catherine, Saint-Blaize, Notre-Dame (aujouid'hui du Sacré-Cœur), Saint-Jacques, Saint-Nicolas, Saint-Jean-Baptisie (ancienne chapelle pontificale). Sacristie et Trésor; ces trois dernières travées forment aujourd'hui la chapelle Saint-Joseph. Il y avait aussi dans la nef plusieurs autels, un entre autre appelé de Notre-Dame de la Nef, qui possédait une statuette en bois de la Sainte-Vierge très-vénéréc en temps de peste, et conservée de nos jours dans la chapelle des sœurs de Saint-Projet. Cette sainte patronne de la vieille cité bordelaise ne reçoit aujourd'hui que les hommagob des pieuses filles qui la recueillirent aux jours mauvais; replacée dans

SilNT-AAOnÉ. 115

avec colonnes entourées de vignes, surmontées de baldaquins cyboriunDs soutenus par des enroulements; mais nul de ces retables ne mérite une citation spéciale. Rappelons seulement que Fautel de la chapelle du Mont-Carmel provient de Tancienne église Saint-Projet.

Les chai)elles du Sacré-Cœur, de Sainte-Marguerite et de Saint-Joseph ont des autels modernes dans le style du moyen âge. Celui de la chapelle du Sacré-Cœur, entouré de statues en carton-pierre, ne doit être cité que pour déplorer Tétrangeté, l'incohérence de sa composition; il est indigne de cette maîtresse chapelle.

L'autel en marbre blanc de la chapelle Sainte-Catherine est Fessai, dans le genre gothique, d'un sculpteur de Bordeaux; il représente un tombeau décoré d'arcatures dans lesquelles apparaissent des statues d'apôtres; sur l'un des côtés est la signature B. Jabouin aîné, 1847.

Le nouvel autel de la chapelle Saint-Joseph est composé d'un bâtis eu peuplier, recouvert de plaques d'argent (in, à 909 millièmes, pesant 8 grammes le décimètre carré, et décoré d'ornements repoussés, d'après les dessins de M. Danjoy, architecte.

Cet autel, d'une longueur de 2"*60, représente un tombeau divisé en trois parties par des pilastres ; au milieu des panneaux, dans des quatre -feuilles, la Vierge, le Christ et saint Joseph; sur l'autel est un petit gradin, aux côtés du tabernaolt', orné de douze arcaturcs, au bas desquelles sont les noms

noire antique cathédrale, elle serait, comme autrefois, l'objet d'une vénéralion générale,

Dom Devienne, au commencement du livre V de son lïisUAre de Bordeaux, rapporte les démêles violents qui éclatèrent entre le cardinal de Sourdis, le chapitre do Saint-André et le Parlomont, au sujet de la démolition de dcu\ autels qui se trouvaient dans la nef au midi. Cette affaire eut un {^rand reteiiti}.5Pinent ; le Roi pris parti pour le Parlemont, mais le pape Clément VIU ayant approuvé la roinluite du canlinal, tout se termina on faveur de Ms"^ de Sourdis.

IIG JÉGLISE

des apôtres. La croix du tabernacle et quelques ornements saillants sont fixés et décorés par des cabochons et fleurettes en maillechort.

Cet autel, semblable, comme disposition générale, à celui de la chapelle Sainte-Anne de la cathédrale de Lizieux, a été exécuté en 1859 par M. A. Chertier, orfèvre à Paris (*).

Stalles du chœur. Boiseries mon ù mentales.

Les stalles du chœur avec leurs accoudoirs et leur» miséricordes, ornées de mascarons nerveusement accentués; les hauts dossiers de Fancienne chapelle Notre-Dame, décorés de médaillons d'apOtres et de pontifes, ouvrages très - intéressants d'ébénisterie, proviennent de Tancienne église des Chartreux (Saint-Bruno). De ce monastère provient encore la porte canoniale, en bois de noyer, qui présente des moulures d'un bi^au profil et très-habilement poussées, des rinceaux d'une riche élégance et d'une exécution remarquable. Enfin, ajoutons à ces boiseries monumentales un lutrin en bois de noyer, style du xviii* siècle, venant aussi des Chartreux, trans|X)rté à la cathédrale vers 1803 et servant aux ofliices oélébi*és dans la chapelle du Sacré-Cœur. Ce lutrin se recommande \x\v les petits anges de ses panneaux et les ornements d'un fairi^ spirituel et plein de mouvement qui ornent le pied d'ouolïe et les oiUés du pupitre.

Les deux ln>nos placés aux extrémités des stalles du chœur sont dt*s ouvrages plus nkvnts, exécutés par M. Quéva, qui avait travaillé ;\ la rt»stauration do la tribune de l'orgue.

M. O^^éva mourut à Bonloaux vei's 1850, à Fàge de quatre-

v'^ \u pitM d<» col «ulol 5^ \oient il^5 iUll<^ historiées, travail de M. Villiet; cf * «i.tllo, io|MV>onl,t«t U l'onc et la t'iïute lU* rhomnu\ s>e mttacbeut à Tcn- M'jnMo it'un |M\«^t^ »|«ifn\tii(r« on cour* d\''xei-utit«o.

SAINT-ANDBÉ. 117

vingt-quatre ans. Un des derniers ouvrages de cet habile ornemapiste est la couronne d^ fleurs qui décore le tombeau de M"^ Spignan, au cirnetière de la Chartreuse.

Clôtures du déambulatoire, du chœur et des chapelles.

L^ grilles en fer battu qui clôturent 1^ allées du chœur et la chapelle SaintrJoseph ont été posées en 1857 et 1861 . Ces grilles, inspirées des modèles du moyen âge, ont été exécutées à Paris, sous la direction de M. Danjoy, architecte; elles remplacent de simples clôtures en bois sans valeur artistique,

Lopès parle de vieilles portes de fer, bien travaillées, placées à la chapelle de Notre-Dar^e (aujourd'hui chapelle du Sacré-Cœur), et à Feutrée de la sacristie, qui était anciennement dans la seconde travée de la chapelle Saint-Joseph.

Les ouvrages de serrurerie, style du xviii* siècle, qui clôturent le sanctuaire, furent exécutés pour Téglise des Bénédictin3 de La Réol^ par un habile serrurier de cette ville, Blaize Charlut (^), et, comme le maître-autel, transportés à Saint-Apdré en 1803.

Une autre ancienne clôture en bois, d'un ensemble disgracieux, ferme actuellement la chapelle du Sacré-Cœur; ce travail, malgré son style lourd, abâtardi, offre de certains détails dignes d^attention ; particulièrement des figures d'anges d'une indication large, bien modelée et pleine de mouvement. Cette fermeture était autrefois à la chapelle Notre- Dame de la Nef, vis-à-vis Tancienne porte Royale.

C) Hisl. de La Réole, p. 86.

I^e grand orgue.

Lopès, dans son Histoire de Saint-André, p. 103, en parlant de l'orgue qui existait dans son temps, le décrit ainsi : « Au ï) fond de la nef est élevé le grand orgue de cette église, qui j) remplit presque toute la largeur de cette nef, et on n en voit ï> pas de plus grand dans le royaume. Il est élevé sur des ar- » ceaux de belle pierre de fort bel ouvrage, qui furent faits » Tannée 1531. » (Voir la description de la tribune, p. 59).

A la réinstallation du clergé, Tancien buffet d'orgues, cité par Lopès n'existait plus, ou se trouvait dans un tel état de détérioration, que Ton crut devoir transporter, vers ISOi, à la cathédrale, les orgues de Tabbaye bénédictine de La Uéolc.

Depuis cotte époque, les orgues de Saint-André ont reçu divers changements dans le mécanisme, mais le meuble ap- {xirtient toujours dans son ensemble au xviii* siècle ; il est le plus important des églises de Bordeaux par la complication de ses jeux et j)ar les proportions de son buffet; cependant, il ne piHit être signalé comme le plus remarquable par Télégance do ses formes et rhabileto de ses sculptures.

l.a chai IV.

A la nxmverlure di^ églises « tout manquait ù la solennité du oullo, ol la cathédrale no pivsontait qu'une enceinte délabnv {}). > l*a rigidité qui devrait présider de nos jours à Ta- !UOublouunit dos oïlifioos rt^ligioux dans le style qxii leur est pivpiY, oùt été, on 1803, une prétention irréalisable; il fal-

SAINT-iNDRÉ. 119

lait tout d'abord les meubles nécessaires à Texercice des cérémonies religieuses , et la cathédrale se pourvut aux dépens d'anciens couvents et de plusieurs paroisses de la ville. Les boiseries du chœur de l'église des Chartreux, le grand autel du monastère des Bénédictins de La Réole, les retables et les tableaux de la paroisse Saint-Projet, servirent à l'ornementation de la primatiale; et pour compléter l'ameublement, la chaire de l'église Saint-Rémi, transportée pendant la révolu tion à Saint-Michel, dans la chapelle des Anges, fut placée vers 1804 à Saint-André.

L'ancienne chaire qui était, comme celle d'aujourd'hui , dans la nef, mais plus vers l'ouest, avait été bâtie sous le roi Henri III, en belle pierre bien travaillée (*). Cette chaire en remplaçait-elle une plus ancienne? « En France, dit M. Viollet-le-Duc, aucune de nos anciennes églises n'a conservé, que nous sachions, des chaires à prêcher ou pupitres pouvant en tenir lieu, antérieurs au xv* siècle. L'usage, à partir du xii* siècle surtout, était de disposer, à l'entrée des chœurs, des jubés sur lesquels on montait pour lire l'épître et l'évangile et pour exhorter les fidèles (*). »

.... € Mais c'est particulièrement pendant le xvi" siècle et au moment de la Réformation, que l'on établit des chaires dans la plupart des églises françaises. La prédication était, à cette époque, un des moyens de combattre l'hérésie avec ses propres armes; on plaça les chaires dans les nefs (ce qui ne s'était pas fait jusqu'alors) afin que le prédicateur se trouvât au milieu de l'assistance (^). ]»

Aux xvii* et XVIII* siècles, les chaires à prêcher, considérées comme des meubles, furent généralement exécutées en bois; la Belgique surtout en offre de beaux exemples, au nomr

(*) Lopés, l'Eglise métropolitaine et primatiale Saint-André, p. 26. n VioUct-le-Duc, Dict. c^ Architecture, t. II, p. 407. (>} Ibid, p. 412.

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bre desquels il faut citer la chaire do Téglise Saint-Pierre, à Louvain, et celle de Sainte-Gudule, à Bruxelles. En France se trouvent également de ces meubles fort remarquables, et notamment dans plusieurs églises de Bordeaux : Saint-Michel , Notre-Dame, Saint-Pierre et Saint-André. Le corps de la chaire de cette dernière église est en acajou, d'un beau galbe, orné de panneaux de marbre rouge; les arrêtiers qui lient ces panneaux portent une cariatide sous la forme de jeunes enfants soutenant le corps de la chaire. Au-dessus de Tabat-voix est un groupe de deux anges; Tun tient la croix et Tautre élève un ostensoir. Cette chaire, exécutée pour fancienne église Saint-Rémi, est Tœuvre de Cabirol, sculpteur, résidant à Bordeaux vers la fin du xvni* siècle.

En 1769, l'Académie de peinture, sculpture et architecture civile et navale de Bordeaux admit Cabirol au nombre de ses agrégés; antérieurement, il avait exercé la charge de professeur à récole académique de Poitiers. Au mois d'avril 1771, TAcadémie de Bordeaux le nomma membre titulaire, et quelques années plus tard il devint professeur à l'école de cette dernière ville.

La vie de Cabirol est peu connue; les détails suivants émanent de son gendre et élève, M. Delanoé, mort à Bordeaux vers 1850, à l'âge de 82 ans, et qui avait vu sculpter la chaire de Saint-Rémi. Jusqu'aux derniers jours de sa vie, l'élève regardait le travail de son maître avec le plus touchant intérêt, et ne visitait jamais la cathédrale sans enlever, à l'aide de son mouchoir, la poussière incrustée dans les ornements de la rampe et dans les feuilles du chardon placé au pied de l'escalier.

Après cette chaire, les principaux ouvrages du même sculpteur se trouvent à l'ancien palais archiépiscopal, actuellement rilôtel-de-Ville, construit par ordre de M«' Ferdinand-Maximi- Uen-Mériadec , prince de Rohan, archevêque de Bordeaux eu 1770.

Cest en eflfet Cabirol qui exécuta le ba»-relief du fronton du palais, façade du jardin, et Fécusson aux armes de M" de Rohan, qui était sur la porte principale de la cour extérieure (^) ; il fit également toutes les sculptures des boiseries du grand salon. Plusieurs hôtels particuliers de la ville de Bordeaux avaient été décorés par Cabirol ou sous sa direction ; mais la plupart de ces riches boiseries ont depuis longtemps disparu.

L'atelier de Cabirol était rue Couturier; c'est là qu'il mourut vers 1784.

Reliquaire en bois.

Dans la chapelle Sainte-Anne, à droite, le long du mur, supporté par des consoles en fer, est un reliquaire en bois de la fin du xv* siècle, décoré sur les côtés d'arcatures trilobées, dans lesquelles, sur un fond d'or, apparaissent les images des douze apôtres, (ff i"*10, L' 0»90, L' 1"50. — Forme rectangulaire, couvercle à quatre pans inclinés.) Les petites figures, de 30 à 35 centimètres de hauteur, à ne les juger que dans l'ensemble, sont empreintes d'un caractère inspiré des vieux maîtres du Nord.

Il existait autrefois dans la cathédrale d'anciens reliquaires très-précieux (*); deux surtout, en vermeil doré, qui renfermaient les reliques des apôtres saint André et saint Pierre, et qu'on présentait aux rois à leur entrée solennelle dans la cathédrale. En 1526, Jean de Foix, archevêque de Bordeaux, fit baiser ces reliquaires à François P% revenant d'Espagne en France, après sa captivité.

(*) Ces armes furent renversées en 1793.

(*) Lopès donne les noms de toutes les reliques renrermccs dans do ces beaux reliquaires.

1^ Ér.i. rsF.

Au nombn^ des châsses d'argent, il y en avait une fort remarquable, destinée aux reliques de saint Macaire; commencée par les libéralités de la reine Anne d'Autriche, mère de Louis XTV (*), qui donna à cet effet six cents livres et à laquelle on travaillait encore en 1668 (*).

Enfm, Tancien trésor de la cathédrale possédait < une belle

> tapisserie en laine, soie et or, d'un prix inestimable; les » chanoines Pont laissée perdre ou piller, quand on démolit le

> jubé en 1809 ou 1810. Elle représentait l'histoire de Saint- » André. Il y avait quarante pièces qui se plaçaient dans l(»s ï> panneaux des stalles du chœur dans les fêtes annuelles. Je D les ai toutes vues en place, en parfait état de conservation. ï> Plusieurs de ces tableaux m'avaient laissé des souvenirs ï» assez exacts, et principalement celui qui ri*présent4iit le

> saint au moment où le feu prenait à riIotel-de-Yille; l'aria chevèque et son clergé invoquant l'assistance de Siiiot An-

> dré, le saint lui-même survient, doniinant par sii hauteur

> tous les édifices qui l'entourent, t»t éteint, le feu avec une » fiole d'eau. L'encadrement du sujet était, comme pour tous

> les autres, deux colonnettt^ gi>lhiqut*s, supportant un dais p dentelé à ogive et trilol^é, et ayant p-mr base un soc*le sur

> lequel se dénnile la légende: j'avais textuellement ganlé la

> mémoire de celle-ci (^). > Ces t;ipisstTies, d'après riiislorien Lojk^s, avaient été donnJvs \x\t le ehtn«>iue Vital Carie, eu i:V.Hl.

ï'^ Nous ile\ODS 5ijrnal<»r TexisUMioe de deux devants d*.iulcl, bn^i»»» par U rtMue Anut^'Autriche, lor? de s<»n séjour à Bourç-sur-Gironde, cii 1650, et ctMiJont'* encore dans re^iise Sainl-i'.en>iice deceUe \i\\e. Depuis la créatiod du Mus«v des S^^mrenuns dans le palais du Louvre, pourquoi n'y voit-on pa^ ces brvnienes de mains roxales? Lo^li^e de lV>ur^ ne pei Jrait eerlainemcut |Ms .* celte donation.

i'^ Lopi's, Vy jits^ W'*.*r 'p«v.'W.n«ie f* p*ntn*3tt ;> Siunt-Andrf- V*^ Note de M. Pelauiiue, ancien se^TeMire de U CAUuinission de* hospice^, nuHl i Inmleauv le U mai ISôi ,H:pf.\»ri Jt .'a C^»*^. d»s J/'» tuutcnts historié e> IS5.1. p S

SAIM-AKDRÉ. 1*23

La cathédrale possédait encore de riches ornements offerts au trésor de Saint-André par plusieurs archevêques, et notamment par Pierre Berland, Arthur de Montauban et le cardinal de Sourdis (*). Les chroniques mentionnent encore d'autres offrandes; un aigle en cuivre, don des jurats et une lampe d'argent, que le Parlement offrit à l'autel de Notre-Dame de la Nef en 1609, pour obtenir la cessation de la peste.

Crucifix du XIl* siècle.

Pour terminer la nomenclature des principaux objets d'art de l'ancien trésor, signalons un crucifix d'ivoire, de la fin du xii"" siècle, placé dans la sacristie et joignant à l'intérêt de son ancienneté un vrai mérite artistique.

Ce Christ réunit au calme de la physionomie une puissante énergie d'aspect; sa bouche légèrement entr'ouverte, ses yeux éteints et gonflés de pleurs, son corps amaigri par la soufrance et qu'enveloppe un lambeau de linceul, ses membres décharnés et retenus à la croix par trois clous ensanglantés, composent une image, sinon correcte, au moins d'un effet saisissant. (H'0"48.) ^

M. VioUet-le-Duc, dans son Dictionnaire de l'architecture française au moyen âge, au mot Crucifix, décrit et donne un dessin de cet intéressant objet d'art.

(') Archives historiques de la Gironde, 18 i9, t. I, p. 109.

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