‹ Description des œuvres d'art qui décorent les édifices publics de la ville de BordeauxChapitre 13 sur 77 · I.e Couronncrheut d'épines · texte numérisé non relu

I.e Couronncrheut d'épines

Le Christ assis, les bras liés, tenant un roseau, est entouré de soldats, qui, à l'aide de tenailles, lui fixent une couronne rfépines sur la tête; l'un d'eux se prosterne ironiquement devant le Christ, en le «aluant roi des Juifs, (ff 3", L' 2», T.) Ce tableau est signé N.-P. Bergeret, 1820.

En 1816, M. de Toumon, préfet de la Gironde, fit part au

(M Voir l'appréciation de ce tableau dans le Bulletin polymatique^ 1818. P 349.

ministre de rintoricur, M. le comte de Vaublanc, du dénuement de la plupart des églises de Bordeaux. Le ministre chargea M. Bergeret d'exécuter ce tableau pour la cathédrale.

M. Bergeret (Pierre-Nolasque), né à Bordeaux en 1782 (*), fut d'abord élève de M. Lacour père. Vers 1800, il partit pour Paris, où il entra dans Tatelier de Vincent et plus tard dans celui de Louis David. Au salon de 1806, M. Bergeret eut un véritable succès pour Fun de ses tableaux, dont le sujet était : Honneurs funèbres rendiis à Raphaël, Ce tableau, plae^ primitivement au château de la Malmaison, passa à Munich, puis fut vendu, après la mort du prince Eugène, à un amateur belge. Cette composition de M. Bergeret a été gravée à Teauforte par Pauquet père et retouchée au burin par Sixdeniers.

M. Bergeret est également l'auteur des dessins qui ont servi pour les bas-reliefs de la colonne Vendôme à Paris, et à Ik)rdeaux se trouvent aussi trois de ses tableaux : Au Musée, Y Empereur Charles-Quint, ramassant le pinceau de Titien, et le portrait en pied du roi Louis Philippe; et dans l'église Xotre-Dame, un Saint-Louis,

Saint Hilaii t». i*viM(ue lie Poitiers, t'*orivant contre l'ariamsrno

Ce tableau, commandé par le ministre de Tintérieur A Langlois (Jérôme-Marie), fut exposé à Paris, au salon de 1822, et quelque temps après donné par le Gouvernement, sur la demande de la duchesse d'Angouléme, à la cathédrale Saint- André. (H' 2»15, L' 1-50, T.)

Le saint évoque, assis sur un rocher, tient à la main gaucho une tablette, sur laquelle se déroule un phylactère; sa main droite tient une plume; saint Hilaire, la tète levée vers

1*) Nulice sur ce peintre dans le Catalogue du XÊuscc de Bordeaux, 1855, p. 5i.

SAIM-AiNDUÉ. 109

le ciel, invoque Finspiration divine. L'hérésie, personnifiée par un dragon lançant des flammes, est écrasée par le pied du saint prélat. Au fond du tableau, la mer, et dans le ciel sombre apparaît une gloire. Signé deux fois J.-M. Langlois, 1823.

Ce tableau, dit M. de Lamothe, fut exécuté d'après les idées données par M«' D'Aviau.

Jérôme-Marie Langlois (^) naquit à Paris en 1779; il entra dans Fatelier de David et remporta en 1805 le deuxième prix à récole de peinture, puis en 1809 le premier grand prix. (Cette même année, Vincent-Louis Pallière, de Bordeaux, eut le deuxième prix.) A son retour de Rome, Langlois exécuta pour le Gouvernement plusieurs travaux et aida son maître David dans quelques-uns de ses ouvrages ; dès 1808, il avait travaillé au tableau du sacre de Napoléon P^, Le 7 avril 18â8, Langlois fut nommé membre de Tlnstitut, en remplacement de Thévenin ; il mourut la n>ême année à Paris, le 8 décembre 1838. Le musée du Louvre possède de co peinlre deux tableaux.

I^e Martyre dt; Raint Sebastien.

Des soldats dépouillent saint Sébastien de ses vêtements et rattachent à un arbre; d'autres s'apprêtent à le percer de flèches. (H^3"60,L'2'"50, T.)

Ce tableau, donné par le Gouvernement à Téglise Saint- André, vers 1830, est signé Souchon.

M. Souchon (François), né à Alais (département du Gard), en 1786; élève de Louis-David, est devenu directeur de l'académie de peinture de Lille. Quelques tableaux de ce peintre

(M NoUce historique sur la me et les ouvrages de M- Langlois, par M. R. Rochette, secrétaire perpétuel de TAcadéniie des Beaux- Arts (Institut de France), lue en séance publique le 2 octobre 1847.

se trouvent inscrits dans les catalogues des expositions de IVis, 1827 et 1833.

M. Tabbé Pascal, dans son ouvrage : Itistitutton de l'Art chrétien^ t. Il, p. 10 (*), reproche aux artistes de représenter saint Sébastien sous des formes trop juvéniles ; cet écrivain s'exprime ainsi : a Une mosaïque placée dans Téglise de Sainte- D Eudoxie, à Rome, donne à ce saint une taille au-dessus de n) la moyenne, une physionomie de vieillard et une longue D barbe. Les peintres, les sculpteurs ont donc un très-grand » tort en faisant de ce martyr un jeune homme qui ressem- » ble beaucoup mieux à un Adonis qu'à un généreux confes- D seur de la foi. L'auteur de Y Essai sur l'Éducation de la » Noblesse {Pavis y 1749), dit que a l'on fut obligé d'ôter de y> l'église Saint-Marc de Florence un tableau de saint Sébastien , » parce que les religieux reconnurent qu'il y avait quelques y> femmes que la beauté de cette image avait touchée d'une » autre passion que celle qu'un martyr doit inspirer. » Ce tay> bleau était du dominicain Bartolomeo, mort à Florence en » 1517. Raphaël, dans un petit tableau sur bois, n'a pu ou » ira pas voulu se garantir d'un abus semblable. Le corps du » s;iint martyr est rayonnant de tous les charmes de la jcu- » nesse. » (Voir le chap. IV, T* partie.)

Le (^)iiroiineint3nl rîV"|ini'?s

a Le Christ, un roseau à la main, dé{X)uillé de ses vète- » ments et rouvert d'un manteau écarlate qu'on lui a mis

(*) Les observations de M. l'abbo Pascal, malgré les quelques criti(|uos de dêlails dont il a été l'objet, présentent, dans leur ensemble, des remarqnt's fort intéressantes et fort utiles pour les artistes; elles peuvent servir à la nrtificatiun d'anachronisnics et de types r<in«acrés par Tnsai^e, mais que V\n<~ toire et la raison réprouvent.

SAliM-lx>IDfiÉ. 111

> par dérision, est assis sur les degrés du prétoire. Un soldat,

> placé sur le devant à droite, et vu de dos, lui tient les mains » liées; d'autres soldats lui crachent au visage, le frappent }» de leurs roseaux, et lui font entrer de force sur la tête une

> couronne d'épines. Le prétoire est d'une architecture rusti- ^ que à bossages, et au-dessus de la porte de la prison on » voit le buste de Tibère avec cette inscription : tiberius C/î- » ZAR, placée là par le peintre pour indiquer que c'est sous le

> règne et par l'ordre de cet empereur que Jésus- Christ a élé

> crucifié. On lit au bas d'une marche : titianvs f. (^). d (H' 3"^â, L' 1»80, T. — Figure de grandeur naturelle.)

Copie du tableau original de Titien, faisant partie de la galerie du Louvre. Cette copie, quoique signée Mesener, porte également sur l'une des marches la signature de Titien. Cette scrupuleuse exactitude eût été plus heureuse dans la reproduction des qualités essentielles de l'œuvre originale.

Tiziano-Vecellio naquit à Piève^ près Cadore en Frioul, en 1477, et mourut de la peste à Venise en 1576 (*).

Le couronnement d'épines fut peint vers 1553; plusieurs graveurs l'ont reproduit. Tintoret en possédait une esquisse.

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