MOBILIER
Le mobilier de l'église Saint -Éloi appartient, dans son ensemble, à cette catégorie d'objets d'art dont la suppression n'amoindrirait pas la dignité de nos édifices religieux. Depuis longtemps, la Commission des monuments historiques, par de sages avis, s'opposait au placement de statues en plâtre et à d'autres projets de décoration ; mais tous ces conseils ont toujours été malheureusement dédaignés.
Voici les termes du rapport adressé à M. le Préfet de la
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Gironde en 1850, constatant que la Commission n'a jamais approuvé ces prétendus embellissements : c Un projet de pla-
> cernent de deux statues en plâtre a aussi été Tobjet de Texa-
> men de la Commission et a motivé un avis n^tif. L'inté-
> rieur de cette église n'offre déjà qu'un trop grand nombre
> de décors, la plupart d'un goût très équivoque, pour qu'il
> convienne d'augmenter le disparate et la profusion d'objets
> d'art empruntés à toutes les époques dont ce sanctuaire
> offre le spectacle, i
Cependant, l'administration nouvelle de la paroisse réalise des projets plus heureux. Une partie du maitre-autel en style grec, les pilastres en marbre placés autour du sanctuaire en 1823, viennent d'être enlevés, et les croisées de l'abside apparaissent dans leur style natif. Mais il faut que la fabrique en prenne franchement son parti ; la profusion d'ornements et de dorures ne dissimuleront jamais l'irrégularité, la pauvreté de l'édifice, c Le nettoiement et le rejoinlement des murs, la précaution de ne pas altérer les moulures anciennes, voilà les opérations les plus convenables et les plus urgentes pour donner à ce sanctuaire la décence que commande le culte (*). »
Si d'abondantes offrandes, de généreuses lai^esses enrichissent la paroisse, ne serait-il pas plus heureux de les mettre en réserve jusqu'à la construction, forcément prochaine, d'une nouvelle église paroissiale plus vaste, plus monumentale, et surtout plus éloignée de ce carrefour bruyant et populeux?
(*) Rapport de la Commission des Monuments fUstoriques, 1844, p. 19.