‹ Description des œuvres d'art qui décorent les édifices publics de la ville de BordeauxChapitre 43 sur 77 · in-lî, p · texte numérisé non relu

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Bordeaux, H. Paye. In-8o, 1848. T. H, p. 22.

376 ÉGLISK NOTRE-DAME

ICONOGRAPHIE

Plan de Vancim couvent. (Archives départementales.)

Plan de l'ancienne église Saint-Dominique à Bordeaux, par M. N

{Rapport de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, 1848, p. 4.)

Portail de l'église des Jacobins, bâti en 1707. (Dans rencadrement du plan de Bordeaux, par Lattre, 1755.)

Façade de l'église Notre-Dame, vue de la façade, par M. Bordes. {Histoire des Monuments anciens et modernes, t. II, p. 57.)

Le frère Jean André, d'après son portrait peint par lui-môme et actuellement au Louvre, dessiné et lithographie par Frédéric Legrip.

Cette lithographie accompagne la notice que vient de publier M. Ph. de Ghennevières, dans ses Portraits inédits d'artistes français. Paris, Vignères, in-f», 1863, 4« livraison.

AHCIEHHE ÉAUSE DE LA MAISOH- PROFESSE DES JÉSUITES (M*

L'église Saint-Paul, dans la niasse de sa construction, est une copie réduite, une pâle imitation du Jésus, à Rome, la plus ancienne église des Jésuites et la plus somptueuse de rOrdre («).

0) La description de cette église, précédée d*une notice historique sur l'ancienne Maison-Professe, a été déjà l'objet d'une publication sous le titre de : L'église Saint-Paul, ancimne église de la Maison-Professe des Jésuites de Bordeaux, 186S. Bordeaux, Lacaze, in-S», 63 pages.

(') c Le cardinal Alexandre Famèse, neveu du pape Paul III, et l'un des prélats les plus zélés pour l'honneur et la gloire de l'institution des Jésuites, voulut témoigner à cette association, d'une manière ostensible et durable, tout son intérêt et son dévouement ; or, dans cet enthousiasme, sa piété le porta tout naturellement à faire construire, pour cette compagnie, une église particulière qu'il voulait dédier à Jésus-Christ, chef et patron du nouvel ordre. Le moment choisi pour cette œuvre d'architecture était encore assez favorable : en effet, quelques-uns des artistes de l'époque dite de la Renaissance eiiataient encore, et l'on pouvait espérer un monument remarquable ; car Alexandre Farnèse, qui était un grand ami et protecteur des arts, portait une affection toute particulière à l'un d'eux, à Vignole, dont il avait apprécié les nombreux travaux. Le cardinal jeta donc les yeux, pour l'exécution de son projet, sur le talent de cet éminent artiste, et il le chargea positivement d'en composer le plan et les dessins. Pendant que Vignule travaillait à son projet, on s'occupa d'un emplacement convenable pour l'érection de l'édifice. Le choix tomba sur cette partie de Rome qui renfermait les petites églises de SaIntrAndré et de Santa-Maria délia Strada, ninées, à cette époque, au centre de deux îlots ou agglomérations de maisons. Cette détermination prise et le projet de Vignole accepté, le cardinal fit mettre immédiatement la main à

Bien que le Jésus n'ait pas été complètement terminé par le célèbre architecte Yignole, et que son élève, Jacques de La Porte, chargé d'achever Tœuvre de son maître, ait délaissé les données primitives pour s'abandonner à des idées personnelles qui nuisirent à Tunité de l'ensemble, la distribution du plan appartient au premier architecte, et, comme le dit M.Gailhabaud, présente un nouveau style d'église, € qu^on pourrait appeler celui de Yignole, mais auquel on a donné la qualification de Jésuitique. ]>

Nous renvoyons le lecteur aux savantes réflexions de M. Gailhabaud sur l'église du Jésus, prototype de toutes celles de l'Ordre, construite dans les xvii* et xvui* siècles. De belles planches, soigneusement gravées, présentent le plan, l'élévation de la façade et la coupe transversale de l'église du Jésus, et permettent de reconnaître combien l'église Saint- Paul de Bordeaux a des rapprochements intimes avec régliae mère.

La façade de Téglise Saint-Paul se divise en deux étages : la partie inférieure, ou rez-de-chaussée, de 30 mètres de développement, présente une décoration corinthienne; la porte, précédée d'un perron, donnant accès dans la nef, est de forme cintrée. Sur le tympan est un large cartouche sur lequel était sculpté le monogramme ou la devise des Jésuites : J. H. S. {Jésus hominvm salvator : Jésus sauveur des hommes). L'archivolte est surmontée de deux anges en demi relief tenant une couronne au-dessus d'un buste de saint François-Xavier, buste qui a été brisé en 1793. Six pilastres supportent une frise ornée de triglyphes et un entablement décoré d'oves, de denticules et de modillons. Comme on le

l'œuvre. On entreprit vivement les travaux de démolition; études 1*80 4568 (quelques auteurs disent 1575), on jeta les fondements de la nouvelle église. • (Gailhabaud, Monuments anciens et modernes. Paris, F. Didot, iSM, I. IV, période moderne.)

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voit, la fantaisie a présidé à cette décoration^ puisque nous retrouvons une frise dorique dans une composition corinthienne. Dans les intervalles des six pilastres de la façade, les trumeaux sont ornementés de cartouches, de mascarons, de palmes enlacées et de ^irlandes de fleurs. Toute cette sculpure est lourde, incorrecte et disgracieuse. A Test, le mur de clôture de Fancienne cour de la Maison-professe reproduit la disposition générale du rez-de-chaussée de la façade. Il est r^;rettable qu'à Topposé cette symétrie ne se reproduise pas, ce quMI était peui^tre possible de faire lors de la construction récente de la maison placée à Fouest du monument.

L'étage supérieur de Féglise, resté inachevé, indique par les chapiteaux des pilastres un projet d'ornementation en style composite. Au centre de cet étage, une baie centrale éclaire la tribune de l'orgue; à ses côtés, deux niches, destinées sans doute aux statues de saint Ignace, fondateur de l'Ordre, et de saint François-Xavier, patron de cette église.

Le faite se termine par un fronton triangulaire, ayant pour amortissem^t une croix. Le clocher, placé à l'angle sud-est de Fabside, est en grande partie moderne; il a été élevé, de 1853 à 1855, diaprés les plans et sous la direction de M. Burguet neveu, architecte de la ville.

L'intérieur de l'élise Saint-Paul, dont les dimensions ne sont pas d'un très grand développement (^), impressionne

(*) Voici les mesures de quelques églises ou chapelles des Jésuites dont les plans reproduisent celui du Jéna :

Église de Jésus à Rome, longueur prise dans œuvre, 72 mètres; largeur, 40 mètres.

figlise Saint-Paul à Bordeaux, longueur totale, 45 mètres; largeur, 18 mètres 70 centimètres; hauteur jusqu'à la voûte, 17 mètres.

Chapelle dn CoUége des Jésuites (ce plan est aux Archives départementales), longueur, 3S mètres; largeur, 18 mètres.

r.hapelle du Noviciat, longueur, 25 mètres; largeur, i3»33.

Église de la Gloriette àCaen. (Ses proportions se rapprochenl 4c celks d. U

néanmoins par un aspect de grandeur dû aux larges proportions de la nef, et surtout à la riche et monumentale composition du maitre-autel. Le plan, en forme de croix latine, est exactement celui du Jésus, à part le chevet, qui dans cette dernière église est de forme circulaire, tandis qu'à Saint-Paul il se termine carrément, et n'est légèrement arrondi que pour le placement du groupe en marbre qui couronne le tabernacle.

Le style corinthien est appliqué pour Fornementation de cette église ; dans la nef, des pilastres séparent trois arcades de S^SO d'ouverture. Ces pilastres supportent une large corniche se profilant autour de l'édifice, et recevant la retombée d'une voûte d'arête, oblongue en son plan, qui, vers la façade, se termine en demi-coupole.

Âu-Klessusderorguese voitun écusson portant trois oiseaux posés deux et un, mais dont le caractère n'est pas bien distinct. La tribune de l'orgue, soutenue par une voûte d'arête, présente cette particularité qu'il est bon de noter, et qui peut être con-

chapelle du Noviciat.) Les Jésuites en jetèrent les fondements en 1684. Le poète Segrais, comme premier échevin de la ville, en posa la première pierre, et cette église fut consacrée le 31 juillet 1689, sous \e nom de Sainte^atherine des Arts; elle reproduit exactement les dispositioos de Saint-Paul de Bordeaux, similitude qui nous frappa lorsque nous la visitâmes.

Voici l'extrait d'une lettre inédite du P. La Duquerie au savant Daniel Huet, qui nous fait connaître l'architecte de cette église, dont le nom doit s'iyouter i celui des artistes de l'Ordre déjà cités :

• Cette église est d'un excellent goût d'architecture, et ce fut par les soins du P. André (qu'il ne faut pas confondre avec l'auteur de YEssai sur le Beau), procureur du collège, lequel s'était rendu très habile dans rarcliitecture, qu'elle fut construite. Toute la ville, et surtout ceux qui ont praUqué le P. André, souhaiteraient que Mv** l'évèque d'Avranches le mît parmi les illustres de Caen. Quoiqu'il n'ait donné aucun ouvrage au public que cette ^lis<*, et quoiqu'il ait été très peu de temps dans les études, à cause des maux de tète violents dont il Ait attaqué lorsqu'il enseignait les classes d'humanités, l'on peut assurer néanmoins que c'était un génie rare pour les sciences, et surtout un goût exquis pour l'architecture, etc., etc. » Cet extrait nous a été communiqué par M. l'abbé Le Petit, secrétaire général de la Société française d'Archéologie.

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sidérée comme une réminiscence des constructions du moyen âge : c'est la présence d'arcs-formerets contre les murs.

Au milieu du transsept , dont les extrémités forment les chapelles principales, est une voûte sur pendentifs percée orbiculairement et destinée à supporter une coupole. 11 n'y a pas de basâtes dans cette église; mais de simples couloirs de SrGO pour le service des chapelles, et dans lesquels devaient être des tribunes, comme dans relise romaine qui a servi de type à celle-ci.

Remarquons aussi que Taxe de ce sanctuaire est dirigé vefs le midi ; c'est du reste une règle pour toutes les églises Jésuitiques (^).

L'ensemble des dispositions intérieures du monument présente plus de grâce que les constructions extérieures; mais une remarque qui n'échappe pas aux hommes de l'art, c'est la simplicité, l'aspect rude des voûtes, qui ne s'accordent pas avec la richesse de l'entablement et des parties inférieures. Cette simplicité s'explique par l'inachèvement de l'église, dont la coupole (projetée) et les pendentif étaient destinés à recevoir des peintures murales, des gloires et des apothéoses comme le P. Pozzi et Piètre de Gortoue en ont peint dans les églises du Jésus et de Saint-Ignace, à Rome (^).

0) L'abbé Pascal, Insl. de Vart chrétien, %• toI., p. 177.

O Depuis quelques années, la Titrerie religieuse est en grande Êivenr dans notre cité, et nos églises bordelaises peuvent offrir de belles Terriéres modernes; mais nous n'avons point de peintures murales (une seule & Saint-André, dans la chapelle Saint4oseph, peinte en |860 par M. Savinien Petit); car nous ne classons pas au nombre des peintures monumentales ces grandes figures de l'église Notre>Dame, exécutées comme des décorations théâtrales.

Personne n'ignore que presque toutes les églises de Paris possèdent des œuvres signées de nos peintres les plus célèbres et de jeunes artistes pleins d'avenir : A la Magdeleine, MM. Ziegler, Delaroche, Schnetz et Abel de Pujol; i Saint-Vincent de Paul, MM. Picot et Flandrin ; à Sainte^lotilde, M. W. Bouguereau, ancien élève de l'École municipale de Bordeaux ; à Notre-Dame de Urette, MM. Orsel et Perrin; enfin, pour abréger cette nomenclature bien incomplète, àSaini^knnain des Prés, les magnifiques peintures de M. Hippoljle Flandrin. Mais Paris n'est pas la seule ville où des travaux aussi méritants

Le mur du sanctuaire est décoré de grands panneaux sur lesquels se détachent des vases sacrés et les médaillons deJésus- Ghrist et de la Vierge ornés de rocailles et d'enroulements, le tout doré; mais c'est surtout la composition vraiment grandiose du maître-autel qui attire vivement FattentioD, avec son baldaquin s'élevant sur des pilastres et des colonnes en marbre, et ces grandes consoles soutenant un cyboriura, ayant au centre une gloire rayonnante Q) autour de laquelle volent des anges. Deux autres anges placés au dessus de cette gloire tiennent un cartouche portant le monogramme du Christ; puis, en arrière du tabernacle, se dresse magnifiquement, en marbre, le groupe de saint François-Xavier.

Toute cette composition est un peu théâtrale; néanmoins, Teffet en est très grandiose et Taspect incontestablement beau.

Les murs de cette église, les dalles qui recouvrent la nef et le sanctuaire ne présentent nulles traces d'inscriptions funéraires, et cependant deux prélats, dont la province de Guienne se glorifie, ont été inhumés dans cet édifice. Rappelons aussi que des Jésuites célèbres et de dignes ecclésiastiques reposent également dans ce saint lieu.

Nous n'avons pu que visiter les caveaux placés sous les bas- côtés de la nef; dans ces caveaux se voient les preuves évidentes d'inhumations nombreuses; mais il ne s'y trouve pas d'épitaphes et de tombeaux apparents.

Les seules inscriptions qui se lisent aujourd'hui sur les

aient été entrepris ; bornons-nons à citer les églises SainCrPhOippe, de Ntmes, Notre-Dame-de-Bon-Portyà Nantes, et la chapeUe de ThApital d'Angers, qui po»> sèdent d'importantes peintures murales, bien comparables, sinon supérieores, à celles de quelques-ans des artistes plus haut cités. Et nous ne corapcenons pas qu'on ne puisse exécuter à Bordeaux ce qui se foit dans des TtUes de second ordre.

(*) Ce nom sert à désigner ces grands soleils qu'on étale à l'orient des églises (il est ici au midi), c'est-ànlire ces rayonnements en bois doré dont on décore quelquefois le fond du sanctuaire. (Didron, Iconographie chrttietme.)

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piliers de la nef sont toutes modernes; elles rappellent de pieuses fondations> et les voici par ordre de date.

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