‹ Description des œuvres d'art qui décorent les édifices publics de la ville de BordeauxChapitre 46 sur 77 · OEUVRES DIVERSES · texte numérisé non relu

OEUVRES DIVERSES

A l'égard des autres tableaux de cette église, il suffira de les mentionner brièvement : Saint François-Régis évangdisant les populations du Vivarais et du Vêlais; Tobie et l'ange; une grande Mise en Croix; VAnge Gabriel et la Vierge, figures à mi-corps, isolées et composant la scène de l'Annonciation ; une Tête de saint Pierre; et quelques copies d'après les maîtres : une Descente de Croix, un saint Jean-Baptiste dans le désert, X Adoration des Bergers, d'après Le Guide (l'original est à Saint-Pétersbourg dans la galerie de l'Ermitage), et la copie réduite du Christ au bassin de Van-Dyck, du Musée d'Anvers, placée dans la sacristie; mais ces reproductions n'ont aucune valeur artistique; elles manquent de fidélité, et leur exécution est inhabile.

Il existait anciennement à la droite de la nef un autel de

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saint Ignace» où se trouvaient plusieurs tableaux représentant les martys de TOrdre des Jésuites. Ces tableaux ont disparu depuis longtemps.

Nous terminerons cette liste d^œuvres de peinture en signalant un portrait du père Texier, provincial des jésuites d'Aquitaine au xvii* siècle, très vrai d'aspect et très énergiquement peint. Ce portrait était, il y a quelques années, dans le réfectoire de Thospice des Enfants-Trouvés, et provenait de la Maison-professe. Il se trouve actuellement dans le couvent des Pères Jésuites, rue Margaux, où nous avons pu le voir, grâce à la bienveillance du supérieur de ces religieux.

Monument de la Semaine Sainte.

Le monument de la Semaine Sainte, représentant la vue du saint sépulcre, et à Thorizon la ville de Jérusalem, a été peint par MM. Bonnet et Vincent, de Bordeaux. L'effet lumineux et l'arrangement pittoresque de cette composition paraissent être inspirés de ce même sujet peint par Julien-Michel Gué pour l'église Saint-Nicolas de Graves, et que nous avons déjà signalé dans la description des œuvres d'art de cette paroisse.

Chemin de la Croix.

En 1841, d'après les archives de la fabrique, eut lieu l'installation du Chemin de la Croix. Cette dévotion, popularisée en Italie par le bienheureux Léonard de Port-Maurice dans le cours du siècle dernier, et qui ne date en France que d'une quarantaine d'années, a motivé, dans presque toutes les églises, l'apposition d'une série d'images non seulement sans aucun caractère monumental, mais presque toujours d'une laideur et d'une trivialité qui choquent les yeux les moins exercés.

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L'élise Saint-Paul a Tort heureusemenf évité cette expoution de littiochromiee ridicules; de simples médaillons, swr légendes et surmontés d'une croix, suffisent à la piété des fidèles.

Nous félicitons sincèrem^t l'administration paroisrâie d'avoir adopté ce dernier parti, et, a ce sujet, noiu ne pouvons hésiter à r^roduire les réflexions si autorisées de M. Viollet-le-Duc; réflexions que bon nombre d'églises de la Gironde devraient mettre à profit :

t L'idée de présenter aux fidèles les quatorze stations de Notre-Seigneur, depuis le moment où il fut livré par Judas jusqu'à sa mort, est certainement de nature à inspirer tes sentiments les plus fervents. La vue des souffrances 8uppo^ tées avec patience par le fils de Dieu est bien propre à raffermir les âmes affligées : aussi n'est-il pas, à notre sens, de spectacle plus touchant, dans nos églises, que la vue de ces femmes venant silencieusement s'agenouiller devant les 1er ribles scènes de la Passion, et tes suivre ainsi une à une jusqu'à la dernière. Pourquoi faut-il que ces prières si respectables (car elles ne sont inspirées ni par un désir ambitieux, ni par des souhaits indiscrets, mais par la douleur et lé besoin de consolation) soient adressées à Dieu devant des images presque toujours hideuses ou ridicules, qui déshonorent nos églises? Ces tableaux des stations sont fabriqués en bloc, à prix fixe, se paient au mètre ou en raison du plus ou moins de couleur dont ils sont barbouillés; ils sortent des mêmes ateliers qui envoient en province des devants de cheminée graveleux, des scènes bachiques pour les tavernes; et, il faut bien te dire, au point de vue de l'art, ces peintures n'ont même pas te mérite des papiers peints les plus vulgai- JBtKf l' '"^"B semble que les images qui doivent trouver place lUfiMr s les églises, même les plus humbles, pourraient Mre soûles à un centrale sévère de la part des memlwes éclairés

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du haut clergé. Qu'elles soient parfaites, cela est difficile; mais faudrait-il au moins qu'elles ne fussent pas, comme art, au-dessous de ce qu'on voit dans les cabarets; sinon, mieux vaut une simple inscription; si pauvre que soit Timagination de celui qui prie, elle lui peindra les scènes de la Passion d'une «manière plus noble et plus digne que ne le font ces tableaux grotesques (^). >

OBJETS MOBILIERS

La Chaire.

La chaire en pierre, placée au troisième pilier, près l'autel de la Vierge, présente en plan les cinq côtés d'un octogone dont les trois autres se noient dans le pilier. Cette chaire est ornée de panneaux de marbre sérancolin, et, sur les angles, de guirlandes de fleurs; la cuve est supportée par de larges feuilles d'acanthe. Un étroit passage en pénétration dans le massif donne accès du couloir dans la chaire. Tous les détails de ce meuble fixe sont d'une exécution bien faible, comparativement à l'ornementation du chœur, de la tribune de Torgue, et surtout des deux autels du transsept.

Hé tables des chapelles du transsepi.

Ces deux rétables, en bois de noyer, s'élèvent en placage sur le nu du mur; ils occupent entièrement le fond des chapelles du transsept, et se trouvent placés sous un fort arcdoubleau destiné à soutenir l'entablement intérieur qui se profile autour de Téglise.

(*) Dictionnaire raisonné de l'arckiteciure française du XI' au XVI* siècle, t. U, p. 256.

Le rétable de droite décore Tautel de la Vierge, autrefois désigné sous le vocable de Notre-Dame des Douleurs, et celui de gauche, Tautel du Sacré-Cœur, primitivement appelé Tautel de la Jeunesse. Nous avons déjà fait observer que les sujets des tableaux exposés au centre de ces retables concordaient parfaitement avec les anciennes dénominations de ces chapelles.

L'autel de la Vierge est composé de quatre colonnes à chapiteaux corinthiens, et dont les fûts, à cannelures, ornementés de culots courants, reposent sur de hauts piédestaux. Les colonnes du milieu sont en saillie sur celles des extrémités; mais toutes supportent une riche et large corniche cintrée en plan et en élévation. Au droit des colonnes du milieu, au-dessus de Tentablement de Tautel, se trouvent des urnes d'où s'élèvent des flammes, et sur les angles du couronnement de l'autel apparaissent deux anges gracieusement posés. Un attique, ayant au centre un médaillon, termine la partie élevée de ce rétable. Sur les côtés se développe un riche lambris, ne se raccordant pas très bien comme style avec l'ensemble de la composition , mais qui présente des moulures largement et purement profilées : sur ces mouliu^ se détachent de gracieuses guirlandes de fleurs et des travaux de sculpture d'une remarquable habileté.

Le second autel, sons le vocable du Sacré-Cœur, placé dans le transsept gauche, diffère complètement du précédent comme plan et comme silhouette. Moins gracieux peut-être dans son ensemble que l'autel de la Vierge, il offre des détails plus nombreux et plus riches ; les encadrements des jeunes saints Jésuites, saint Louis de Gonzague et saint Stanislas do Kotska ; la décoration de l'attique (^), et diverses autres parties

(*) Au sommet de l'attique se trouve une couronne et des lettres enlacées se détachant sur un cartouche. Ces initiales couronnées sont bien certainement celles du donateur de cet autel.

de ce rétable, sont d'une belle exécution et d'une charmante fantaisie.

Cependant, malgré la variété de leur arrangement, ces deux autels présentent une égale importance de masse; ils sont très symétriques comme décoration générale de Téglise, et doivent avoir été composés par le même artiste, exécutés par les mêmes praticiens.

Placés dans la nef d'une église gothique, ces autels, chefsd'oeuvre de menuiserie, seraient peut-être traités fort dédaigneusement, comme ne s'harmonisant pas avec l'édifice, et par notre temps de restauration, risqueraient d'être renversés pour faire place à des compositions pitoyables en style soi-disant moyen âge; mais ici, dans un monument du xvii* siècle, ces autels se trouvent pour ainsi dire chez eux, et seront soigneusement et religieusement conservés.

Le Orand Orgue i»j.

L'ancien buffet d'orgues de Saint- Paul, placé dans cette église à la fin du siècle dernier, était composé du grand orgue de Saint-Éloi et du positif (^) de l'église Sainte-Colombe. Au mois d'avril 1850 commencèrent les travaux du buffet que nous voyons aujourd'hui. Le plan et les dessins furent

{}) Pour tout ce qui est relatif aux orgues, consulter les travaux suivants :

Rapport, à la Société libre des Beaux-Arts, de M. Adrien de la Fage, sur l'orgue de l'église royale de Saint'Denis, 1845. Paris, Simon Richault.

Happorl de M. Félix Clément, sur l'orgue de Toulouse, adressé à M. le Ministre de l'Instruction publique et des Cultes, 1849.

Dictionnaire de M. Viollet-le-Duc, au mot Buffet d^orgues.

Institution de fart chrétien, par l'abbé Pascal, t. Il, p. 203.

L'orgue, sa connaissance, son administration et son jeu, par M. Régnier de Nancy.

(*) On appelle positif un petit orgue dont les tuyaux sont absolument séparés du grand, et qui, dans les anciennes orgues de France, est placé sur la partie avant de la tribune où Torgue est construit. (De la Fagp.)

tracés par M. Durassié, architecte à Bordeaux, et Fexécution confiée à M. Hugla, menuisier ébéniste. La statue de Sainte Cécile, qui décore le sommet du buffet, a été modelée par M. Louis de Coëffard; elle est en plâtre peint en imitation de bois. MM. Georges Wenner et Gotty, facteurs, ont confectionné les jeux de cet instrument.

Le 23 janvier 4851 eut lieu la cérémonie de la bénédiction de cet orgue par M'' le cardinal Donnet.

I^'orpue d'accoiiip.'ipiiement.

Ce petit orgue, composé de quatre jeux, placé près du sanctuaire, ouvrage de M. Georges Wenner, a été béni par M»' Dupuch, ancien évêque d'Alger, le 3 février 1853.

Banc d'ceuvre; abat- voix; ouvrages de menuiserie.

En 1840 et 1841, à la suite d'une restauration générale de l'église, le banc d'œuvre, l'abat-voix de la chaire, les boiseries du chœur fermant les tribunes et, le mobilier de la sacristie, furent faits et réparés par M. Aindas, menuisier de la paroisse.

Pour subvenir aux frais des réparations et ameublements qui viennent d'être signalés, les paroissiens, les membres de la fabrique et de hauts personnages, au nombre desquels il faut compter le comte de Chambord, donnèrent pour l'église d'abondantes offrandes.

ReliquaircR.

Dans la sacristie se trouvent dix -sept reliquaires en bois doré, de formes très variées; ils appartiennent aux xvu'et xviii* siècles. De tous ces reliquaires, le plus intéressant est

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celui que nous désignerons sous le nom de Reliquaire de saint Denis, bien quMl contienne des reliques de plusieurs martyrs.

Ce petit meuble a la forme d'un coffret surmonté de deux soclesy destinés très probablement à recevoir des statuettes. Voici les inscriptions qui se lisent sur ce reliquaire; nous les transcrivons telles qu'elles se présentent au lecteur :

LAVDATE BEATA GENS

DOMINVM IN CVJVS EST

SANCTIS DOMINVS

SVIS DEVSEJVS

DVM DIONYSIO CAPVT PRO CHRISTO AMPVTATVR, CALLi/E CAPVT AC IPSA

TOTA CHRrSTO PROSTERNITVR.

OPVS CONFFCTVM PARISIIS IN GRATIAM MONASTERII FVLIENTINORVM

BVRDEGALE CIV. ANNO. l6oa.

Nous ne pouvons expliquer comment l'église Saint-Paul se trouve en possession d'un ouvrage fait à Paris pour les Feuillants de Bordeaux (^) ; mais ce que nous devons constater, c'est que ce petit reliquaire et tous ceux qui se trouvent dans la sacristie s'harmonisent parfaitement avec l'ancienne décoration meublante de l'église, les rétables des chapelles du transsept et le grand autel.

(1) Les Feuillants (Réformés des Bernardins) s'établirent à Bordeaux en 1589, sous l'archevôque Antoine-Prévost de Sansac. La chapelle et les bâtiments du Lycée, compris entre les rues Montaig^ne et Saint-Antoine, faisaient anciennement partie du couvent des Feuillants. Il existe à la Bibliothèque impériale, section des estampes, topographie de la France, un dessin original représentant une vue cavalière du couvent des Feuillants de Bordeaux en 1707 .

Cloches.

Le 26 octobre 1846, M*' Donnet, archevêque de Bordeaux, fit la bénédiction d'une nouvelle cloche; elle pèse 44U kilog. et porte cette inscription :

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